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	<title>Dramas &amp; Séries TV &#8211; Les Écrans d&#039;Élodie</title>
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	<description>Mes critiques cinéma &#38; séries TV</description>
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	<title>Dramas &amp; Séries TV &#8211; Les Écrans d&#039;Élodie</title>
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		<title>Death Note : toutes les adaptations à la loupe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Oct 2020 10:01:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma asiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers Ciné]]></category>
		<category><![CDATA[Dramas & Séries TV]]></category>
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					<description><![CDATA[Films, série animée, j-drama, comédies musicales, jeux vidéos&#8230; Nous avons répertorié toutes les adaptations de Death Note ! L’œuvre culte de Tsugumi Oba et Takeshi Obata est devenue un incontournable de la culture pop japonaise et n&#8217;a décidément pas fini de faire parler d&#8217;elle, comme le démontre la sortie de la série TV Death Note&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films, série animée, j-drama, comédies musicales, jeux vidéos&#8230; Nous avons répertorié toutes les adaptations de Death Note !</strong></p>
<p>L’œuvre culte de Tsugumi Oba et Takeshi Obata est devenue un incontournable de la culture pop japonaise et n&rsquo;a décidément pas fini de faire parler d&rsquo;elle, comme le démontre la sortie de la série TV <strong>Death Note</strong> (2015), mais aussi une comédie musicale avec le chanteur de K-pop Kim Junsu. Quelles sont les adaptations à voir absolument dans le large panel qui nous est offert ? Vous trouverez peut-être la réponse dans ce dossier.</p>
<blockquote><p><em>L’être humain dont le nom est écrit dans ce cahier meurt</em></p></blockquote>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-692" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-02.jpg" alt="" width="1000" height="665" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-02.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-02-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-02-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<h2><strong>Death Note, le manga</strong></h2>
<p>A l’origine, <strong>Death Note</strong> est donc un manga dont le scénario est signé Tsugumi Oba et les dessins Takeshi Obata. Composé de 13 volumes, il est d’abord prépublié au Japon dans le magazine <em>Weekly Shônen Jump</em> entre décembre 2003 et mai 2006, puis édité en douze tomes par Shueisha. Il s’exporte par la suite dans un grand nombre de pays, parmi lesquels la France où il est disponible chez Kana.</p>
<p>Lorsque le cahier de la mort atterrit dans les mains de Light Yagami, un lycéen surdoué, une vague de morts mystérieuses s’abat d’abord sur la région du Kanto, au Japon, avant de s’étendre à travers le monde. Les victimes ? Des criminels récidivistes terrassés par une crise cardiaque. Celle-ci survient 40 secondes après que Light Yagami a écrit leur nom dans le Death Note.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-696" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-manga-02.jpg" alt="" width="700" height="769" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-manga-02.jpg 700w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-manga-02-273x300.jpg 273w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /></p>
<p>Dégoûté par le monde qui l’entoure, qu’il juge gangréné par la corruption, le jeune homme fait sa propre justice pour combler les failles du système. Son but ? Créer un monde parfait dans lequel le Mal n’aura pas sa place. Mais n’est-il pas en train de se muer en monstre ? Bientôt, il s’aperçoit qu’il est adulé par la plupart des jeunes, qui le surnomment Kira (dérivé de la prononciation japonaise du mot anglais <em>killer</em>). Agissant en toute impunité contre les autorités, Light Yagami use de son pouvoir sous l’œil amusé de Ryuk, le dieu de la mort qui lui a confié ce cahier pour se distraire et dont seul le jeune homme perçoit la présence.</p>
<p>C’est alors qu’Interpol engage L, un mystérieux détective dont personne ne connaît la véritable identité et dont les capacités intellectuelles en font un adversaire de taille pour Light Yagami… Les deux jeunes hommes vont se livrer à un duel sans merci. Le vainqueur sera le premier à découvrir l’identité de l’autre…</p>
<blockquote><p><em>Dès lors que le Death Note tombe dans le monde des humains, il appartient à celui qui le trouve.</em></p></blockquote>
<p>Mêlant les genres du fantastique, de l’horreur et du thriller aux accents philosophiques, <strong>Death Note</strong> joue sur un scénario très dense, un découpage percutant et un graphisme soigné sans être tape-à-l’œil.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-695" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-manga-01.jpg" alt="" width="640" height="496" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-manga-01.jpg 640w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-manga-01-300x233.jpg 300w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<p>A travers les personnages de Light et L, <strong>Death Note</strong> confronte deux conceptions différentes de la justice : l’un prétend incarner une sorte de justice divine, tandis que l’autre croit en la justice humaine. A l’époque où le manga arrive dans nos contrées, certains y voient une allusion à l’obsession sécuritaire post-11 septembre. Aujourd’hui, avec la montée des fanatismes de tous bord, on peut dire que l’opposition entre Light et L est toujours d’actualité et qu’elle n’a pas fini de questionner nos propres convictions en matière de Liberté et de frontière entre le Bien et le Mal.</p>
<p>Mais <strong>Death Note</strong> est aussi l’histoire de la naissance d’un monstre, tout simplement, et le fait que ce monstre soit un adolescent en fait une œuvre particulièrement dérangeante. Le manga innove en faisant de ce monstre son personnage principal, dont il adopte le point de vue.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-697" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-manga-03.jpg" alt="" width="950" height="594" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-manga-03.jpg 950w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-manga-03-300x188.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-manga-03-768x480.jpg 768w" sizes="(max-width: 950px) 100vw, 950px" /></p>
<p>Voir dans ce choix narratif une forme de promotion de la violence auprès des jeunes serait une erreur. En effet, en exerçant son pouvoir, Light se coupe de tous liens affectifs possibles et se condamne à une éternelle souffrance. Toutefois, ce n’est pas pour rien si le personnage rencontre un grand succès : son cynisme fait écho à l’absence d’idéaux des jeunes d’aujourd’hui, qui n’ont plus foi en le monde des adultes. Pour couronner le tout, le personnage féminin principal, une idole de J-pop surnommée Misa Misa, entre volontairement dans une relation de soumission totale avec Light, qu’elle finit par seconder dans sa quête criminelle&#8230;</p>
<p>Sombre, perturbant et diaboliquement intelligent, <strong>Death Note</strong> est un manga phare de ces dernières années. A cette portée idéologique, il faut ajouter une réelle habileté du scénariste à créer du suspense et nous passionner par le duel psychologique qui se joue entre les deux principaux protagonistes, et qui se traduit par des dialogues denses convoquant des notions de psychologie et de profiling.</p>
<blockquote><p><em>Une personne qui devient possesseur d&rsquo;un Death Note peut obtenir un œil de dieu de la mort, lui permettant de connaître le nom et la durée de vie restante de celui ou celle qu&rsquo;elle regarde, en échange de la moitié du temps qui lui reste à vivre.<br />
</em></p></blockquote>
<p>Très vite, <strong>Death Note</strong> engendre un véritable phénomène de société chez les jeunes du monde entier. Il est également à l’origine d’une polémique : son héros, Light Yagami, est un lycéen cynique qui se mue en meurtrier, ce qui vaut alors au manga d’être interdit dans certaines villes d’Asie, notamment en Chine, sous prétexte qu’il ferait la promotion de la mort auprès des jeunes.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-688" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-05.jpg" alt="" width="1000" height="661" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-05.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-05-300x198.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-05-768x508.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<h2><strong>Death Note, les films live</strong></h2>
<p>En 2006, deux longs métrages adaptés de <strong>Death Note</strong> voient le jour au Japon en même temps qu’une série animée, dont nous vous parlons un peu plus loin. Ces deux films cinéma, <strong>Death Note</strong> et sa suite <strong>Death Note: The Last Name</strong>, sont réalisés par Shusuke Kaneko, et seront suivis en 2008 par un spin off, <strong>L: Change the World</strong>, réalisé par Hideo Nakata. Commençons par les films de Shusuke Kaneko, car ce sont surtout eux qui méritent l’attention.</p>
<p>Produits par NTV et distribués par Warner Bros Pictures Japan, <strong>Death Note</strong> et <strong>Death Note: The Last Name</strong> sortent en France chez Kazé fin 2006. Ils constituent une adaptation fidèle, sans être littérale, du manga. Aidé d’un budget confortable, Shusuke Kaneko signe un thriller fantastique sombre et bien ficelé, qui évite les pièges de la surenchère et vaut aussi bien pour son efficacité que pour son traitement des thèmes de fond. <strong>Death Note</strong> et <strong>Death Note: The Last Name</strong> sont des films à la fois divertissants et dérangeants : les touches d’ironie du manga sont bien présentes, de même que les retournements de situation glaçants.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-687" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-04.jpg" alt="" width="1000" height="687" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-04.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-04-300x206.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-04-768x528.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Le changement le plus frappant demeure le final du second film. Selon la rumeur, ce final correspondrait à celui que les créateurs du manga avaient prévu au départ, avant que leur éditeur ne leur demande de prolonger l’histoire de cinq tomes.</p>
<blockquote><p><em>Dans le monde des humains, les possesseurs de Death Notes ne peuvent voir leurs dieux de la mort respectifs que s&rsquo;ils touchent le cahier de l&rsquo;autre.<br />
</em></p></blockquote>
<p>Light Yagami est interprété par Tatsuya Fujiwara (<a href="http://caroline-leroy.eklablog.com/critique-battle-royale-director-s-cut-a167834174" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><strong>Battle Royale</strong></a>) et L par Kenichi Matsuyama (<strong>La Ballade de l’impossible</strong>, <strong>Gantz</strong>). Si la personnalité de Light peut paraître adoucie au premier abord, on retrouve fidèlement son évolution monstrueuse à mesure qu’il est gagné par son délire de justice et de grandeur. Visiblement inspiré par son personnage, Tatsuya Fujiwara restitue la froideur inquiétante du personnage sans jamais sombrer dans la caricature. Après tout, le film adopte en grande partie son point de vue, ce qui signifie qu’il doit nous embarquer avec lui dans sa quête. L’interprétation de l’acteur est réussie puisqu’il parvient à susciter à la fois l’empathie et l’horreur, comme le personnage du manga.</p>
<p>Pour l’accompagner, la créature Ryuk est réalisée en images de synthèse et interprétée par Shido Nakamura (<strong>Lettre d’Iwo Jima</strong>, <strong>The Neighbor No. Thirteen</strong>), qui s’approprie à merveille ce personnage de dieu de la Mort de bouffon au look menaçant. Les effets spéciaux consistant à donner vie à Ryuk et Rem s&rsquo;avèrent plutôt réussis mais seront, comme nous le verrons par la suite, dépassés dans la série TV de 2015.</p>
<p>Misa Misa est quant à elle interprétée par l’excellente Erika Toda (<strong>Liar Game</strong>), qui réussit à restituer le mélange de noirceur et de candeur enfantine et un brin pathétique de son personnage.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-685" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-02.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-02.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-02-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-02-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Mais la révélation est surtout Kenichi Matsuyama dans le rôle de L : on reste scotché par son travail de composition ! Il réussit l’impossible en imitant les attitudes et la gestuelle propres au mystérieux détective, et ce, avec le plus grand naturel ! L’incarnation est bluffante. Ce rôle a d’ailleurs propulsé Kenichi Matsuyama au sommet, au point que les producteurs ont tenté de prolonger le phénomène en dédiant un spin-off à son personnage.</p>
<p>Sorti au Japon en février 2008 et réalisé par Hideo Nakata (<strong>Ring</strong>), qui est habituellement une valeur sûre du cinéma, <strong>L: Change the World</strong> n’est malheureusement pas à la hauteur des attentes et déçoit sur tous les tableaux : scénario ridicule, réalisation sans saveur, acteurs secondaires lamentables (les méchants sont risibles)… Bref, oublions ce <strong>L: Change the World</strong> et restons-en aux deux films de Shusuke Kaneko !</p>
<blockquote><p><em>Si l&rsquo;on ne précise pas les circonstances de la mort, la cause par défaut est un arrêt cardiaque au bout de 40 secondes. Si l&rsquo;on commence à décrire la cause de la mort avant l&rsquo;expiration de ce délai, on obtient un délai supplémentaire de 6 minutes 40 secondes du monde des humains (soit dix fois la fenêtre de temps initiale de 40 secondes) pour en rédiger précisément les circonstances.</em></p></blockquote>
<p>En 2009, Warner Bros annonce avoir acquis les droits d’adaptation du manga pour les Etats-Unis. Le réalisateur Shane Black (<strong>Iron Man 3</strong>) est associé au film en 2011 mais celui-ci ne voit finalement pas le jour et le cinéaste se consacre à d’autres projets. Et c’est tant mieux car les changements annoncés ne suscitent pas l’enthousiasme : non seulement Ryuk y serait supprimé mais Light Yagami y poursuivrait une quête de vengeance et non de justice… Autant dire que les Américains n’ont rien compris au sens de l’histoire !</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-700" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-anime-01.jpg" alt="" width="600" height="600" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-anime-01.jpg 600w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-anime-01-300x300.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-anime-01-150x150.jpg 150w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></p>
<h2><strong>Death Note, la série animée</strong></h2>
<p>Lancée en même temps que les films, la série animée <strong>Death Note</strong> est signée Tetsuro Araki (<a href="http://caroline-leroy.eklablog.com/gungrave-saga-mafieuse-et-monstrueuse-a167858494" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><strong>Gungrave</strong></a>, <strong>L’Attaque des Titans</strong>) et produite au sein des studios Madhouse. Elle se décline en 37 épisodes diffusés sur NTV entre octobre 2006 et juin 2007. En France, elle est disponible en DVD chez Kana Home Vidéo.</p>
<p>A partir d’un scénario très cérébral, Tetsuro Araki délivre un récit tortueux et judicieusement teinté d’une atmosphère oppressante, voire inquiétante, faisant honneur à la noirceur du matériau d’origine. En plus de restituer avec une extrême fidélité l’intrigue du manga, la série animée <strong>Death Note</strong> joue habilement sur cette impression que Light se trouve constamment sur le fil du rasoir, ce qui rend le suspense de la série absolument palpitant, malgré un découpage moins rapide que dans la plupart des séries animées japonaises.</p>
<p>Le lecteur du manga pourra presque reprocher à l’anime de coller au matériau d’origine d’un peu trop près. Mais faut-il vraiment s’en plaindre compte tenu de la qualité du scénario ? D’autant que la mise en scène est loin d’être paresseuse : cadrages tortueux, esthétique cultivant les zones d’ombre, bande-son stressante aux accents mystiques&#8230; Utilisés dans les moments les plus inattendus, les chants grégoriens viennent souligner la rencontre contre nature qui s’opère via le Death Note entre les deux mondes, celui des humains et celui du shinigami Ryûk, figure tour à tour clownesque et funeste (et toujours jouée par le comédien Shido Nakamura). Une très belle adaptation.</p>
<blockquote><p><em>La personne qui touche le Death Note devient capable de voir et entendre l&rsquo;ancien propriétaire du cahier qu&rsquo;est le dieu de la Mort, même si elle n&rsquo;en est pas elle-même le nouveau propriétaire.<br />
</em></p></blockquote>
<h2><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-701" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-anime-02.jpg" alt="" width="900" height="563" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-anime-02.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-anime-02-300x188.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-anime-02-768x480.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></h2>
<h2></h2>
<h2><strong>Death Note, le roman spin-off</strong></h2>
<p>Ecrit par Nisio Isin et publié le 1<sup>er</sup> août 2006, le roman <strong>Death Note Another Note: The Los Angeles BB Murder Cases</strong> s’attarde sur la première rencontre entre L et Naomi Misora, une jeune femme agent du FBI que l’on retrouve dans l’œuvre d’origine (elle vient venger son fiancé Ray Penber, tué par Kira). Outre l’affaire de crimes en elle-même, le roman s’intéresse au personnage de Naomi Misora ainsi qu’à l’orphelinat de Watari, dans lequel sont élevés des petits génies comme L. On retrouve ainsi Mello, un personnage qui interviendra dans les derniers tomes du manga <strong>Death Note</strong>.</p>
<p>Le roman <strong>Death Note Another Note: The Los Angeles BB Murder Cases</strong> est disponible en France chez Kana.</p>
<h2><strong>Death Note, le jeu vidéo</strong></h2>
<p>Sans surprise, <strong>Death Note</strong> se décline également en jeu vidéo. Développé et publié par Konami sur Nintendo DS, le premier jeu, <strong>Death Note Kira Game</strong>, sort dans les bacs le 15 février 2007 au Japon. Il s’agit d’un jeu de stratégie dans lequel le joueur se met dans la peau soit de Light Yagami, soit de L, pour deviner l’identité de ses ennemis. Deux séquelles voient le jour dans les mois qui suivent : <strong>Death Note Successors to L</strong> en juillet 2007 et <strong>L the Prologue to</strong> <strong>Death Note &#8211; Spiraling Trap</strong> en février 2008. Dans ce troisième opus, le joueur est dans la peau d’un agent rookie du FBI qui doit s’échapper d’un hôtel tout en étant en contact avec L, qui lui donne au fur et à mesure des indices…</p>
<p>A noter que des personnages de <strong>Death Note</strong> apparaissent aussi dans la franchise <strong>Jump Super Stars</strong> (Nintendo), qui regroupe plusieurs personnages de mangas à succès publiés chez <em>Weekly Shônen Jump</em>… Autant dire que <strong>Death Note</strong> fait déjà partie des indispensables de la culture pop japonaise !</p>
<blockquote><p><em>Le suicide est une cause valide de mort. Fondamentalement, c&rsquo;est une éventualité envisagée par tous les humains et qui, de ce fait, n&rsquo;entre pas dans les « actes impensables ».<br />
</em></p></blockquote>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-698" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-musical-01.jpg" alt="" width="700" height="927" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-musical-01.jpg 700w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-musical-01-227x300.jpg 227w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /></p>
<h2><strong>Death Note, la comédie musicale</strong></h2>
<p>Cette année, en 2015, le phénomène <strong>Death</strong> <strong>Note</strong> revient en force puisqu&rsquo;une nouvelle adaptation vient de voir le jour au Japon et en Corée du Sud, sous forme de&#8230; comédie musicale ! On ne se refuse rien.</p>
<p>Composée en langue anglaise par un talent de Broadway, Frank Wildhorn, l’œuvre est d’abord lancée au Japon par l’agence HoriPro et se joue entre le 6 et le 29 avril 2015, avec successivement Kenji Urai et Hayato Kakizawa dans le rôle de Light Yagami et Teppei Koike dans le rôle de L.</p>
<p>C’est surtout le casting sud-coréen qui fait parler de lui : si l’interprète de Light Yagami, Hong Kwang Ho, est surtout connu dans le monde de la comédie musicale, celui de L est une véritable star internationale. Il s’agit en effet de <a href="https://www.stellarsisters.com/dorian-gray-kim-junsu-dans-sa-derniere-comedie-musicale/">Kim Junsu</a>, alias Xia Junsu du groupe de K-pop JYJ, pour qui la comédie musicale représente aujourd’hui l’essentiel de ses activités solo, et qui a reçu d&rsquo;excellentes critiques sur sa prestation dans le rôle de L.</p>
<p>Le show s&rsquo;est joué entre le 11 juin et le 11 août 2015 en Corée du Sud.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-699" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-musical-02.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-musical-02.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-musical-02-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-musical-02-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<blockquote><p><em>Si le Death note est volé et si son propriétaire est tué par le voleur, le droit de propriété est automatiquement transféré au voleur.</em></p></blockquote>
<h2><strong>Death Note, le drama</strong></h2>
<p>C’est tout nouveau, ça vient de sortir ! Réalisé par Ryuichi Inomata (<strong>Kaseifu no mita</strong>) et Ryo Nishimura, et écrit par Yoshihiro Izumi, le <a href="https://www.stellarsisters.com/death-note-2015-drama-critique/">drama <strong>Death Note</strong></a> s’étend sur 10 épisodes diffusés tous les dimanches sur NTV, depuis le 5 juillet 2015.</p>
<p>Pour l’instant, je n’ai vu que quatre épisodes, et si ce drama n’est pas exempt de quelques défauts, l’ensemble s’avère plutôt convaincant. L’idée de réaliser une série est bien plus intéressante que de rebooter les films, comme l’auraient fait les Américains : le format permet de s’étendre sur le développement des personnages et de les aborder sous un angle neuf. Cette fois, l’histoire a subi quelques modifications, et c’est une très bonne chose : il aurait été barbant de retrouver la trame à l’identique pour la énième fois, alors qu’il y a déjà eu tant d’adaptations.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-691" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-01.jpg" alt="" width="729" height="500" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-01.jpg 729w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-01-300x206.jpg 300w" sizes="(max-width: 729px) 100vw, 729px" /></p>
<p>Ce qui est intéressant, dans cette première partie du drama <strong>Death Note</strong>, c’est le regard porté sur Light Yagami : plutôt que de mettre l’emphase sur son arrogance, l’écriture, mais aussi l’interprétation habitée de Masataka Kubota (<strong>Fugainai Boku wa Sora o Mita</strong>), développent surtout l’extrême solitude du garçon, qui apparait comme un adolescent à la dérive. Du jour au lendemain, et alors qu’il ne communique plus avec son entourage, il se retrouve avec un pouvoir extraordinaire mais ô combien pervers entre les mains, celui de tuer d’un coup de crayon. Alors que fait-il ? Il fait ce que beaucoup d’ados feraient à sa place : il se renferme sur lui-même et devient accro. Autour de lui, personne ne s’aperçoit qu’il est en train de se muer en véritable psychopathe. Personne, à part Ryuk, qui l’observe ironiquement et parait encore plus grotesque et effrayant que dans les précédentes adaptations de <strong>Death Note</strong>.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-694" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-04.jpg" alt="" width="1000" height="563" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-04.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-04-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-04-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Une fois encore, le budget s’avère confortable, suffisamment en tout cas pour que les effets spéciaux passent à la vitesse supérieure : on le constate dès la première apparition de Ryuk, dont le rendu est pour ainsi dire assez stupéfiant, beaucoup plus abouti que dans les films. On reprochera tout de même au drama une mise en scène un peu inégale, qui alterne entre des scènes très soignées sur le plan de l’atmosphère, et d’autres plus impersonnelles. La musique n’y est pas pour rien : elle fait mouche dans les moments oppressants mais repose aussi en partie sur un thème principal assez insipide.</p>
<p>Au rang des défauts, on reprochera également une partie du casting secondaire, à commencer par l’interprète de Misa Misa, Sano Hinako (<strong>Jigoku Sensei Nube</strong>), qui est loin d’arriver à la cheville d’Erika Toda. Par ailleurs, les criminels intervenant au début de l’histoire sont parfois exaspérants à force d’être grotesques.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-693" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-03.jpg" alt="" width="1000" height="563" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-03.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-03-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-03-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>En revanche, le jeune Kento Yamazaki (<strong>L-DK</strong>, <strong>Runaway</strong>) relève très honorablement le défi de succéder à Kenichi Matsuyama dans le rôle de L. Et ce n’était pas gagné sachant à quel point ce dernier a marqué les esprits ! Moins excentrique que son prédécesseur, Kento Yamazaki parait un peu crispé dans les deux premiers épisodes mais prend rapidement de l’aisance et s’avère finalement assez charismatiue, livrant parfois des expressions de psychopathe assez réjouissantes. Son jeu reste moins élaboré que celui de Masataka Kubota mais il lui tient tête avec assurance.</p>
<p>En résumé, à défaut d’être la série de l’année, le drama <strong>Death Note</strong> vaut le coup d’œil aussi bien pour les novices que pour les initiés, qui prendront plaisir à redécouvrir les personnages sous un jour légèrement différent et apprécieront la noirceur du propos. Et puis, le drama a non seulement le bon goût de réactualiser l’univers du manga, notamment en faisant intervenir les réseaux sociaux, mais aussi de réserver deux surprises concernant des personnages secondaires… Je n’en dirai pas plus ! Allez, je vous lâche un indice : cela concerne les candidats à la succession de L…</p>
<p>Quelle sera la prochaine adaptation de <strong>Death Note</strong> ? En tout cas, celle-ci est prévue pour être diffusée <a href="http://www.ntv.co.jp/english/pressrelease/20150622.html">dans plus de 120 pays</a> via des plateformes web comme Crunchyroll, qui propose les épisodes du drama en streaming quelques jours après leur diffusion.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>BONUS : Death Note les films VS le drama</h2>
<p>&nbsp;</p>
<p>Après le dossier récapitulant toute la panoplie des adaptations de <strong>Death Note</strong>, voici un petit comparatif entre la série de NTV et l&rsquo;adaptation live de Shusuke Kaneko. La confrontation se justifie pleinement : le drama vient corriger certains défauts des films sans pour autant les enterrer, ces derniers possédant des qualités spécifiques.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-689" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-jdrama-vs-films.jpg" alt="" width="720" height="340" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-jdrama-vs-films.jpg 720w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-jdrama-vs-films-300x142.jpg 300w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px" /></p>
<h3><strong>Les films Death Note et Death Note The Last Name (2006)<br />
</strong></h3>
<p>Films réalisés par Shusuke Kaneko, avec Tatsuya Fujiwara, Kenichi Matsuyama et Erika Toda.</p>
<h4><strong>LES PLUS :</strong></h4>
<ul>
<li>Le scénario est bien ficelé et très fidèle au manga, malgré une fin différente.</li>
<li>Le découpage du récit et de l’action est mieux équilibré que dans le drama.</li>
<li>La mise en scène est sobre mais travaillée tout du long.</li>
<li>La prestation de Kenichi Matsuyama, qui reproduit avec exactitude les mimiques du personnage de L dans le manga, est saisissante.</li>
<li>Dans le rôle de Light, Tatsuya Fujiwara apporte un ton différent au personnage, auquel il ne ressemble pas, mais brille dans les scènes théâtrales qui clôturent les deux films.</li>
<li>Le choix d’Erika Toda dans le rôle de Misa Amane est judicieux : l&rsquo;actrice apporte davantage de relief au personnage du manga.</li>
<li>La voix de Ryuk est interprétée par Shido Nakamura, et on adore !</li>
<li>L’ambiance sonore est plus soignée que dans le drama, avec des musiques discrètes mais efficaces, auxquelles il faut ajouter les titres de Red Hot Chili Pepper dans les génériques.</li>
</ul>
<h4><strong>LES MOINS :</strong></h4>
<ul>
<li>Faute de suffisamment de place pour les dialogues, le duel entre Light et L ne met pas suffisamment l’emphase sur le jeu de manipulation psychologique et la manière dont les personnages eux-mêmes le décortiquent ouvertement dans le manga.</li>
<li>Near et Mello sont zappés puisque la fin a été changée.</li>
<li>Le personnage ajouté de la journaliste, qui éradique sa rivale grâce au Death Note, est un peu caricatural.</li>
<li>On regrette l&rsquo;absence des hommes d&rsquo;affaires de la compagnie Yotsuba, qui participaient beaucoup à élaborer la critique sociale dans le manga.</li>
</ul>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-705" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-01.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-01.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-01-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-01-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<h3><strong>Le j-drama Death Note (2015) </strong></h3>
<p>Réalisé par Ryuichi Inomata, Ryo Nishimura et Marie Iwasaki, avec Masataka Kubota, Kento Yamazaki et Sano Hinako.</p>
<h4><strong>LES PLUS :</strong></h4>
<ul>
<li>Le drama propose une vraie relecture de l&rsquo;univers du manga, en l&rsquo;actualisant avec les technologies modernes (réseaux sociaux, etc.).</li>
<li>La mise en scène fait des merveilles dans les scènes intimistes, permettant de détailler pas à pas tous les états d’âme les plus glauques de Light Yagami.</li>
<li>La psychologie des personnages est plus fouillée, en particulier celle de Light Yagami même s’il a subi quelques changements.</li>
<li>La tension psychologique entre Light et L est plus développée et plus fun, notamment grâce à une meilleure restitution des jeux de manipulations et des notions de profiling. Leur amitié manquée &#8211; avec sa connotation ambiguë &#8211; est davantage mise à l&rsquo;honneur.</li>
<li>Le choix d’acteur pour Light Yagami est judicieux : l&rsquo;acteur ressemble davantage au personnage et lui apporte plus d&rsquo;innocence au début du drama, pour en faire un personnage d&rsquo;une noirceur encore plus glaçante à l&rsquo;arrivée.</li>
<li>Joué par Kento Yamazaki, L apparait plus ambivalent et son cynisme ressort davantage.</li>
<li>L’actrice qui joue Near, Mio Yuki, a l’air d’une psychopathe ; le changement du personnage de Mello est osé mais c’est une excellente idée !</li>
<li>On retrouve les hommes d&rsquo;affaires de Yotsuba, ce qui permet de développer le propos sur la perte d&rsquo;idéaux de la jeunesse d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.</li>
<li>Les dieux de la mort bénéficient d&rsquo;un rendu plus précis.</li>
</ul>
<h4><strong>LES MOINS :</strong></h4>
<ul>
<li>Le récit est un peu déséquilibré, avec notamment un premier acte qui s’étire en longueur. L&rsquo;intérêt est clairement de développer la psychologie de Light, mais il aurait fallu que la série soit plus longue.</li>
<li>La mise en scène manque d’envergure dans les scènes censées être spectaculaires (voir le passage avec Raye Penber).</li>
<li>L’actrice qui joue Misa, Sano Hinako, est très mauvaise.</li>
<li>L&rsquo;ex-agent Naomi Misora a disparu de la circulation.</li>
<li>L’acteur qui interprète M. Yagami, Yutaka Matsushige, est monolithique et crispé.</li>
<li>Le thème musical principal, qui revient lourdement à chaque épisode, est raté.</li>
<li>Le bruitage qui marque la mise à mort des criminels par le Death Note est identique à celui des films&#8230; NTV aurait pu renouveler un peu les effets sonores !</li>
</ul>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-692" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-02.jpg" alt="" width="1000" height="665" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-02.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-02-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-02-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
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		<title>Stranger Things S3 : des ados, des Russes et des monstres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jan 2020 17:45:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dramas & Séries TV]]></category>
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					<description><![CDATA[La série produite par Netflix s&#8217;offre une saison 3 encore plus spectaculaire que la précédente, avec des adultes réduits en bouillie, des espions russes et des ados en crise. Mon analyse. Mis à part si vous vivez sur une île déserte, vous avez forcément entendu parler de Stranger Things, la série fantastique des frères Duffer&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La série produite par Netflix s&rsquo;offre une saison 3 encore plus spectaculaire que la précédente, avec des adultes réduits en bouillie, des espions russes et des ados en crise. Mon analyse.<br />
</strong></p>
<p>Mis à part si vous vivez sur une île déserte, vous avez forcément entendu parler de <strong>Stranger Things</strong>, la série fantastique des frères Duffer produite par Netflix, et qui nous replonge dans l’ambiance kitsch des années 80 aux côtés d’une bande de mômes passionnés de jeux de rôles.</p>
<p>Depuis la saison 1, la bande de Mike (Finn Wolfhard) et le chef de la police locale, Jim Hopper (David Harbour), se débattent contre d’effrayantes créatures sorties d’un monde alternatif, le Monde à l’Envers, ou <em>Upside Down</em>. J’ai visionné la saison 3 et je reste attachée aux habitants de la petite ville de Hawkins et à leurs aventures fantastico-horrifiques, dont l’intrigue tourne cette fois autour d’expériences menées… par les Russes ! Je me suis livrée à une petite interprétation personnelle des enjeux de la saison 3.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-312" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-01.jpg" alt="" width="1250" height="703" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-01.jpg 1250w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-01-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-01-1024x576.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-01-768x432.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-01-1140x641.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1250px) 100vw, 1250px" /></p>
<h2>Comment j’ai découvert Stranger Things</h2>
<p>Il faut tout de même que je vous avoue une chose. Contrairement à la plupart des fans, je n’ai pas découvert l’univers de <strong>Stranger Things</strong> par la série, mais par le premier jeu vidéo disponible sur mobile depuis 2017. Ce petit jeu en pixel art nous invite à découvrir ce qui se trame à Hawkins et dans les environs, en incarnant tour à tour chacun des enfants de la bande de Mike.</p>
<p>Entre action, énigmes et parcours labyrinthique, dans le monde normal ou immergé dans l&rsquo;<em>upside down</em>, le jeu <strong>Stranger Things</strong> rappelle les bons vieux jeux des années 80 – à ceci près que le scénario est très étendu – et restitue à merveille l’ambiance de la série.</p>
<p>Chaque personnage possède ses propres talents, ce qui permet au joueur d’acquérir de nouveaux pouvoirs à mesure qu’il débloque les personnages. Le personnage ultime n’est autre qu’Eleven, alias Elfe, la jeune fille aux pouvoirs psychiques interprétée par Millie Bobby Brown dans la série.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-314" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-03.jpg" alt="" width="1200" height="600" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-03.jpg 1200w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-03-300x150.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-03-1024x512.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-03-768x384.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-03-1080x540.jpg 1080w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-03-1140x570.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></p>
<p>C’est donc après avoir exploré de fond en comble le premier jeu <strong>Stranger Things</strong> que je me suis mise à la série. Je connaissais ainsi les codes de cet univers et les lieux récurrents (la maison de Hopper, la cabane de Will, le cinéma, etc.), sans pour autant être capable de prédire le scénario (le jeu mentionne la disparition de Will, mais sans que cela constitue le point central de l’histoire).</p>
<p>Le jeu ne m’a donc en rien gâché le plaisir de la découverte. Il est tout de même fait mention, dans ce premier opus du jeu vidéo, des espions russes de la saison 3 et du code que Robin (Maya Hawke) parvient à décrypter !</p>
<h2>Décors de film d’horreur</h2>
<p>Fan de fantastique/horreur/SF depuis mon enfance, je n’ai eu aucun mal à me laisser absorber dans <strong>Stranger Things</strong>. Dès la saison 1, la série multiplie les clins d’œil et les références à des films culte tels que <strong>The Thing</strong> de John Carpenter, <strong>E.T.</strong> de Steven Spielberg ou encore <strong>Retour vers le Futur</strong> de Robert Zemeckis, autant de films qui ont marqué cette époque et continuent d’être adulés par les fans de fantastique.</p>
<p>J’avais peur que ces références envahissent la série et que celle-ci ne parvienne pas à trouver son identité, mais je me suis vite laissé absorber par l’histoire et identifiée aux personnages. Il faut dire que la mise en scène cultive une atmosphère mystérieuse et inquiétante grâce à une narration bien pensée, une cinématographie chiadée et une ambiance musicale captivante (le thème principal est une vraie réussite !).</p>
<p><strong>Stranger Things</strong> se distingue également par un sens du décor exceptionnel, qui participe pleinement à l’identité de la série. On se souviendra longtemps de la forêt interminable, des couloirs étouffants du laboratoire, mais aussi de la maison chaleureuse des Byers, qui se transforme en cours de route en décor de film d’horreur.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-313" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-02.jpg" alt="" width="1280" height="720" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-02.jpg 1280w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-02-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-02-1024x576.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-02-768x432.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-02-1140x641.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /></p>
<h2>Les enfants face à l’horreur ultime</h2>
<p>L’une des raisons pour lesquelles j’adore <strong>Stranger Things</strong> est que j’ai toujours été friande d’histoires confrontant le genre de l’horreur avec le monde de l’enfance. A titre d’exemple, je citerai l’incroyable roman <strong>Ça</strong> de Stephen King, qui demeure l’un des meilleurs de son auteur.</p>
<p>Ce roman, dans lequel des enfants sont confrontés à une horreur indicible (incarnée par un clown) que les adultes ne voient pas, fait partie des sources d’inspirations de <strong>Stranger Things</strong>. La récente adaptation cinématographique de <strong>Ça</strong> ne restitue pas la richesse thématique et émotionnelle du roman, ni même le mélange de fraîcheur et de terreur qui imprègne cette historie fleuve.</p>
<p>Même si le scénario de <strong>Stranger Things</strong> ne prétend pas aborder les mêmes questions de société que le roman de King, nous retrouvons dans la série cette confrontation entre les préoccupations propres à l’enfance (camaraderie, relations avec les parents, premiers émois amoureux, etc.) et l’horreur ultime, celle qui broie tout sur son passage et éteint à jamais la moindre étincelle de joie.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-316" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-05.jpg" alt="" width="1200" height="640" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-05.jpg 1200w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-05-300x160.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-05-1024x546.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-05-768x410.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-05-1140x608.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></p>
<p>A cette dualité, qui fait partie des éléments les plus touchants dans la franchise <strong>Stranger Things</strong>, s’ajoute une touche d’étrangeté avec la découverte du Monde à l’envers, qui ressemble à une version altérée et morte du monde normal.</p>
<h2>Les adultes en charpie</h2>
<p>Que vaut la saison 3 par rapport aux deux précédentes ? Autant vous prévenir tout de suite, aucune des deux séquelles n’égale, selon moi, la saison 1, qui reste la plus intense, la plus bizarre, la plus émouvante. Cependant, cette saison 3 tient ses promesses et offre de nombreuses satisfactions, tant sur le plan visuel que scénaristique.</p>
<p>Dans <strong>Stranger Things</strong> <strong>S3</strong>, la créature tapie dans le Monde à l’envers lance une offensive sur le monde normal en colonisant d’abord l’esprit des adultes. Guidé par Billy (Dacre Montgomery), qui se la joue playboy des eighties en gardien de piscine avant d’avoir l’esprit possédé, le fléau transforme les adultes en pantins prêts à se transformer en charpie pour fusionner avec lui – les effets spéciaux sont à ce titre bluffants et le rendu est parfaitement dégueulasse !</p>
<p>Outre les clins d’œil à peine déguisés à <strong>The Thing</strong> de Carpenter à travers les mutations de la créature, dont chaque cellule semble dotée d&rsquo;une forme d&rsquo;autonomie, l’intrigue n’est pas sans rappeler <strong>Body Snatchers</strong> (ou <strong>L’Invasion des Profanateurs de Sépultures</strong>), auquel la série emprunte l’idée du remplacement des personnes par des copies.</p>
<h2>Guerre des mondes</h2>
<p>Néanmoins, cet aspect me paraît secondaire dans l’intrigue de la saison 3, qui est plutôt placée sous le signe de la guerre des mondes. Ou plutôt des guerres des mondes : non seulement le monde normal affronte la créature du Monde à l’envers, mais les Américains affrontent les Russes ! Nous sommes en plein dans les préoccupations de l’époque de la Guerre froide !</p>
<p>De manière amusante, la série fait explicitement référence aux films adaptés du roman <strong>La Guerre des Mondes</strong>, de H. G. Wells lorsque la créature cherche les enfants dans le centre commercial en envoyant des tentacules qui lui servent d’yeux. On pense forcément à la séquence où Tom Cruise et Dakota Fanning se planquent dans la cave pour éviter le regard du tentacule équipe de caméra dans la version de Spielberg de la <strong>Guerre des Mondes</strong> !</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-317" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-06.jpg" alt="" width="800" height="823" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-06.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-06-292x300.jpg 292w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-06-768x790.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></p>
<p>Il n’est donc temporairement plus question, dans cette saison 3, d’entrer dans le Monde à l’envers, dont les portes ont été refermées par Elfe dans la saison 2. En envoyant son espèce d’araignée géante et gluante dans notre monde pour retrouver la jeune fille, le Demogorgon prépare-t-il une invasion ?</p>
<p>A la suite des événements de la saison 2, Will est le seul à ressentir la présence du monstre. Cet élément de l’histoire a toute son importance et m’inspire une interprétation personnelle de cette histoire.</p>
<p>A mes yeux, ce troisième opus repose sur une idée phare : le monde de l’enfance doit disparaître pour laisser place à l’inconnu. Tout est dit dans une courte séquence où Will, bouleversé, se confie à Mike après l’échec de son jeu de rôle qu’il a préparé.</p>
<p>Will aimerait retrouver sa bande d’amis comme avant, jouer au jeu de rôles comme avant. Sauf que les autres garçons de la bande, Mike le premier, sont travaillés par leurs hormones et veulent sortir avec des filles. Will voit son monde idéal menacé, perturbé par ce changement. Ce ne sont pas les filles en elle-même qui représentent une menace, mais le manque d’attention de ses amis, qui entraîne inexorablement le groupe vers sa dissolution.</p>
<p>Cette saison 3 raconte la fin d’un monde, celui de l’enfance. D’ailleurs, les personnages sont divisés en plusieurs groupes bien distincts dans cet opus.</p>
<h2>Turbulences romantiques</h2>
<p>Mon petit groupe favori est celui formé par Dustin (Gaten Mattarazzo), Erica (Priah Ferguson), Steve et Robin. Inutile de vous dire que j’ai totalement craqué pour Erica, avec ses expressions et son phrasé à mourir de rire, mais aussi pour le couple formé par Steve et Robin (du moins avant la fausse note de la fin, celle qui met la romance à plat pour faire du politiquement correct).</p>
<p>Je suis par ailleurs toujours conquise pas Millie Bobby Brown dans le rôle d’Eleven, avec son regard d&rsquo;une étonnante profondeur pour son âge. J&rsquo;aurais tout de même préféré que son amitié avec Max (Sadie Sink, très bonne dans cette saison) soit développée davantage. Mike est le grand perdant de cet opus : effacé, sans développement, il apparaît comme le faire-valoir d’Eleven dans la saison 3.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-315" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-04.jpg" alt="" width="1200" height="640" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-04.jpg 1200w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-04-300x160.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-04-1024x546.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-04-768x410.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/stranger-things-3-04-1140x608.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></p>
<p>Mon personnage préféré reste cependant Hopper, toujours aussi attachant avec sa dégaine de bourrin au grand cœur. Avant d’affronter les créatures effrayantes envoyées par le Demogorgon, Hopper doit faire face à une épreuve de taille : le passage à l’adolescence de sa fille adoptive ! Et comme on s’en doute, ce n’est pas triste. Eleven et sa nouvelle meilleure copine, Max, semblent parler une langue étrangère devant notre pauvre shérif qui n’a d’autre choix que de demander conseil à Joyce Byers (Winona Ryder) &#8211; des conseils plus ou moins avisés.</p>
<p>La romance manquée entre Hopper et Joyce fait également partie des charmes de la série : à l’heure où leurs enfants découvrent leurs premiers émois, les adultes ne sont guère plus habiles dans leurs tentatives d’approche !</p>
<p>La saison 3 s’achève sur un drame qui bouleverse la donne dans la série : la disparition de Hopper ! Sauf que David Harbour sera semble-t-il bel et bien de retour dans la saison 4… Est-il mort ou prisonnier des russes ? Le mystère reste entier, mais je doute que les showrunners renoncent au personnage le plus populaire de la série.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
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		<title>Maniac : Emma Stone et Jonah Hill nous font délirer</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jan 2020 23:44:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dramas & Séries TV]]></category>
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					<description><![CDATA[Ma critique complète de la série Maniac, une série TV pas comme les autres avec Emma Stone à découvrir absolument. Minisérie américaine produite par Netflix, Maniac met en vedette Emma Stone et Jonah Hill en cobayes d’une mystérieuse expérience scientifique. Avec son scénario labyrinthique abolissant les frontières entre la réalité, l’imaginaire et l’illusion, Maniac utilise&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Ma critique complète de la série Maniac, une série TV pas comme les autres avec Emma Stone à découvrir absolument.<br />
</strong></p>
<p>Minisérie américaine produite par Netflix, <strong>Maniac</strong> met en vedette Emma Stone et Jonah Hill en cobayes d’une mystérieuse expérience scientifique. Avec son scénario labyrinthique abolissant les frontières entre la réalité, l’imaginaire et l’illusion, <strong>Maniac</strong> utilise la fantaisie pour évoquer des sujets graves tels que la dépression et les troubles mentaux. Le voyage est insensé, mais il est plein de surprises et d’émotions.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-351" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-09.jpg" alt="" width="1200" height="800" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-09.jpg 1200w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-09-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-09-1024x683.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-09-768x512.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-09-1140x760.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></p>
<p>Owen Milgram (Jonah Hill) est un marginal qui souffre de délire schizophrène et paranoïaque. Annie Landsberg (Emma Stone) est dépressive et traumatisée par un drame personnel. Les deux jeunes gens se rencontrent en rejoignant un groupe de cobayes lancé par une grande entreprise pharmaceutique. Ils ont accepté de tester un traitement novateur censé les guérir de leurs troubles mentaux.</p>
<p>Disponible sur Netflix depuis le 21 septembre 2018, <strong>Maniac</strong> est le remake d’une série norvégienne du même nom produite par Rubicon TV. Je n’ai pas vu l’original, mais le drama écrit par Patrick Somerville et réalisé par Cary Fukunaga (que je connaissais grâce au film <strong>Sin Nombre</strong>) prend dès le départ des libertés avec son matériau d’origine, dont l’intrigue se déroulait dans un hôpital psychiatrique.</p>
<p>La série <strong>Maniac</strong> américaine plante son décor dans un laboratoire dont le style rétrofuturiste nous replonge directement dans l’ambiance des années 80. A moins que le décor ne soit en réalité l’imaginaire sans borne des personnages, qui semblent coincés entre différents niveaux de réalité tout au long de ces dix épisodes.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-344" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-02.jpg" alt="" width="1200" height="630" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-02.jpg 1200w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-02-300x158.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-02-1024x538.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-02-768x403.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-02-1140x599.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></p>
<p>Le docteur James Mantleray (Justin Theroux), qui dirige l’expérience, et le docteur Azumi Fujita (Sonoya Mizuno), qui en a conçu le système informatique, croyaient avoir tout prévu : des patients n’ayant rien à perdre et prêts à se plier à leurs règles dictatoriales, des méthodes de diagnostic uniques en leur genre (avec un décompte de points des plus mystérieux !), des écrans affichant des graphiques dignes de ce bon vieux MS-DOS et un superordinateur hébergé dans une pièce recouverte de boutons qui clignotent de partout.</p>
<p>Cependant, ils n’avaient pas prévu que les hallucinations d’Owen et d’Annie se connecteraient pour faire vivre aux deux patients des aventures communes. Pas plus qu’ils n’avaient imaginé que l’intelligence artificielle qui coordonne le tout se mettrait à dérailler.</p>
<p>Avec sa structure originale consistant à empiler les strates narratives, <strong>Maniac</strong> nous entraîne dans une succession d’histoires dans l’histoire. Chaque univers simulé par le superordinateur est régi par ses propres codes et propose une quête étrange aux personnages. Qui ne rêve pas d’être le protagoniste principal d’une aventure inspirée de ses films préférés ? Que les personnages deviennent les héros d’une comédie ringarde des années 80, d’un film noir absurde ou d’une fiction d’heroic fantasy à la Tolkien, le récit est d’une grande cohérence et se révèle extrêmement ludique à suivre.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-350" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-08.jpg" alt="" width="1200" height="799" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-08.jpg 1200w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-08-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-08-1024x682.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-08-768x511.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-08-1140x759.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></p>
<p>Le secret de cette magie ? L’émotion. Aussi troublant soit le scénario et aussi hilarantes soient certaines situations, les états émotionnels d’Owen et d’Annie dessinent le fil rouge de l’intrigue. Après tout, ce sont ces états qui colorent les univers dans lesquels ils sont projetés. Dans la réalité, Annie et Owen traversent tous deux une période difficile de leur vie, entre la première qui ne se remet pas de la disparition d’une personne proche et le second qui a pleinement conscience d’être la honte de sa famille. <strong>Maniac</strong> parle de dépression, de deuil et de reconstruction, et le fait avec plus de finesse qu’il n’y paraît. Chaque détail des hallucinations a sa signification, chaque rencontre entre Owen et Annie est porteuse de sens dans leur vie.</p>
<p>Soutenue par la bande-son atmosphérique de Dan Romer (la piste <em>Blind Spots</em> est magnifique), la réalisation de Cary Fukunaga est ambitieuse et s’appuie sur un travail visuel chiadé, conférant à chaque monde visité par Owen et Annie une esthétique particulière – la partie faisant référence à <strong>Eyes Wide Shut</strong> est superbe. S’il cultive un ton décalé, le réalisateur laisse aussi chacun de ses acteurs prendre possession de son personnage et imprimer sa marque dans les scènes dramatiques comme dans les moments de comédie.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-346" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-04.jpg" alt="" width="1200" height="800" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-04.jpg 1200w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-04-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-04-1024x683.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-04-768x512.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-04-1140x760.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-347" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-05.jpg" alt="" width="1200" height="799" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-05.jpg 1200w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-05-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-05-1024x682.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-05-768x511.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-05-1140x759.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" />Jonah Hill et Emma Stone, qui avaient déjà travaillé ensemble 11 ans auparavant dans <strong>Supergrave</strong>, cultivent une extraordinaire alchimie et ont en commun de se mettre entièrement au service de leur personnage respectif. Il m’a fallu quelques séquences pour reconnaître Emma Stone, la star de <strong>La La Land</strong>, qui affiche pendant une bonne partie de la série un look négligé, un air renfermé, mais apporte une réelle profondeur au personnage d’Annie, à mesure que celle-ci se défait de sa carapace. Jonah Hill réalise également un beau travail d’acteur jouant aussi bien sur sa démarche, sa voix que ses expressions pour créer l’attitude d’Owen. Son allure un peu gauche participe à définir le ton de la série.</p>
<p>Les personnages secondaires s’avèrent tout aussi pittoresques. Justin Theroux (<strong>Mulholland Drive</strong>) est excellent en savant fou tétanisé par une mère castratrice. Sonoya Mizuno (<strong>La La Land</strong>) impose quant à elle un style inimitable avec sa démarche voûtée, son look de personnage de BD et sa cigarette au bec – de nombreux fanarts d’Azumi Fujita circulent déjà sur la toile. Ma préférée reste tout de même Sally Field (<strong>Brothers &amp; Sisters</strong>, <strong>Lincoln</strong>) dans le rôle du superordinateur qui perd la boule. L’actrice tient en réalité un double rôle, mais je vous laisse découvrir le second.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-348" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-06.jpg" alt="" width="1200" height="800" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-06.jpg 1200w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-06-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-06-1024x683.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-06-768x512.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-06-1140x760.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></p>
<p>Il va sans dire que diverses théories circulent déjà sur la fin de la série, qui laisse judicieusement quelques interrogations, comme toutes les bonnes histoires de ce genre. En somme, <strong>Maniac</strong> est une série à la fois profonde et drôle, qui fait doucement rêver et voyager et donne parfois envie de sombrer un peu dans la folie. Rien que pour voir ce que ça donne.</p>
<p>Pour finir, j’ai adoré entendre une réplique mémorable de la série à chaque apparition du logo Paramount dans le générique de fin…</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<blockquote><p><strong>A LIRE</strong></p>
<p><a href="https://lesecransdelodie.com/stranger-things-s3-analyse/"><strong>Stranger Things 3 : la guerre des mondes à Hawkins</strong></a></p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-343" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-01.jpg" alt="" width="900" height="1200" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-01.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-01-225x300.jpg 225w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/maniac-netflix-01-768x1024.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></p>
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		<title>The Rain, Saison 1 : survival post-apocalyptique au Danemark</title>
		<link>https://lesecransdelodie.com/the-rain-saison-1-quand-la-pluie-tue/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jan 2020 23:35:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dramas & Séries TV]]></category>
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					<description><![CDATA[Cette série danoise fait honneur au genre du survival post-apocalyptique grâce à une réalisation soignée et un casting rafraîchissant. Disponible sur NETFLIX depuis le 4 mai 2018, The Rain est la première commande danoise du géant américain. Soutenue par une réalisation classieuse et un scénario solide, cette série post-apocalyptique entretient intelligemment son suspense et apporte&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Cette série danoise fait honneur au genre du survival post-apocalyptique grâce à une réalisation soignée et un casting rafraîchissant.</strong></p>
<p>Disponible sur NETFLIX depuis le 4 mai 2018, <strong>The Rain</strong> est la première commande danoise du géant américain. Soutenue par une réalisation classieuse et un scénario solide, cette série post-apocalyptique entretient intelligemment son suspense et apporte un coup de frais au genre grâce à la jeunesse de ses personnages. La sauce prend très vite, l’action est au rendez-vous et le voyage n’est pas aussi prévisible qu’on pourrait le croire.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-333" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-02.jpg" alt="" width="1080" height="1600" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-02.jpg 1080w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-02-203x300.jpg 203w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-02-691x1024.jpg 691w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-02-768x1138.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-02-1037x1536.jpg 1037w" sizes="(max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /></p>
<p><u>Synopsis</u> : Du jour au lendemain, la pluie propage un virus foudroyant qui décime la majeure partie de la population scandinave. Six ans plus tard, Simone et son frère Rasmus quittent le refuge dans lequel ils sont restés confinés depuis la catastrophe. Ils rejoignent un groupe de jeunes gens et s’embarquent dans un voyage dangereux, au cours duquel ils feront de multiples rencontres et devront absolument éviter tout contact avec la pluie.</p>
<h2>Quand la pluie tue</h2>
<p>Créée par Jannik Tai Mosholt, Esben Toft Jacobsen et Christian Potalivo, la série <strong>The Rain</strong> s’attaque à un genre familier pour qui s’intéresse au cinéma d’horreur : le survival post-apocalyptique, option thriller pandémique. Un genre on ne peut plus difficile à renouveler, puisque la série passe après quelques monuments comme <strong>28 Jours Plus Tard</strong> (Danny Boyle) et la série <strong>The Walking Dead</strong> (Frank Darabont, Robert Kirkman). Nombreux sont ceux qui se sont cassé les dents en s’essayant au genre sans avoir véritablement quelque chose à dire – il suffit de regarder le risible <a href="https://www.stellarsisters.com/monde/critique-world-war-z-de-marc-forster-et-avec-brad-pitt/"><strong>World War Z</strong></a> pour s’en convaincre.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-338" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-07.jpg" alt="" width="1920" height="1080" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-07.jpg 1920w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-07-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-07-1024x576.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-07-768x432.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-07-1536x864.jpg 1536w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-07-1140x641.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /></p>
<p>Le premier épisode débute sur les chapeaux de roues, au moment où le monde est englouti par cet étrange virus transporté par la pluie. L’idée est d’autant plus terrifiante que la pluie est habituellement source de vie, de fertilité, et qu’elle apporte ici la mort, en plus de s’insinuer partout. Les événements s’enchaînent très vite dans la première demi-heure : le père qui emmène sa famille pour échapper à un danger qu’il refuse d’expliquer, la panique dans les embouteillages, la fuite jusqu’au bunker… Le virus occupe le premier plan dans cet épisode 1, qui comporte son lot de morts spectaculaires voyant les victimes se contorsionner en projetant de magnifiques gerbes de sang.</p>
<h2>Passage à l&rsquo;âge adulte</h2>
<p>Le virus ne reste pas longtemps la star de la série : l’attention se porte très vite vers des enjeux d’ordre humain, dès lors que Simone et son frère Rasmus se trouvent livrés à eux-mêmes, avec leurs peurs et leurs espoirs, dans l&rsquo;espace confiné et débilitant du bunker. La jeune fille, qui est encore adolescente, doit prendre en charge l’éducation de son frère de 10 ans, une situation qui s’avère durer plus longtemps que prévu. Finiront-ils par revoir la lumière du jour ? Qu’est devenu leur père, qui leur a fait promettre de ne pas sortir et d’attendre son retour ?</p>
<p>Leur véritable voyage débute par la rupture de cette promesse, dernier symbole d’une autorité parentale qui n’a plus de sens. Devenus respectivement jeune adulte et adolescent, Simone et Rasmus rejoignent un groupe de jeunes gens et découvrent un monde cruel, en décrépitude, dans lequel ils devront survivre. Autant dire que le passage à l’âge adulte se fait dans la douleur.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-337" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-06.jpg" alt="" width="1308" height="870" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-06.jpg 1308w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-06-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-06-1024x681.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-06-768x511.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-06-1140x758.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1308px) 100vw, 1308px" /></p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-334" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-03.jpg" alt="" width="1920" height="1080" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-03.jpg 1920w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-03-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-03-1024x576.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-03-768x432.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-03-1536x864.jpg 1536w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-03-1140x641.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /></p>
<p>Avec sa réalisation soignée, qui alterne entre des scènes d’action à suspense et les moments plus contemplatifs portés par une bande son aérienne, <strong>The Rain</strong> réussit pleinement son pari de nous plonger dans une ambiance de fin du monde, où les adultes semblent avoir abandonné les jeunes, où les liens sociaux ont été remplacés par la quête forcenée de nourriture.</p>
<p>Il faut voir la vision de la capitale, Copenhagen, avec ses rues vides jonchées de déchets, ses bâtiments en ruine, ses zones d’ombre qui abritent peut-être des monstres prêts à tout pour trouver à manger. La série <strong>The Rain</strong> n’est pas véritablement une histoire de zombies, mais elle en emprunte parfois les codes pour créer un sentiment de menace permanente.</p>
<p>Si la plupart des films catastrophe centrent leur attention sur les parcours individuels de survivants, <strong>The Rain</strong> s’intéresse à un groupe de jeunes gens qui ont choisi de s’entraider pour survivre, mais aussi pour avancer. Si les personnages de <strong>Walking Dead</strong> s’établissent pour recréer une société, les personnages de <strong>The Rain</strong> sont toujours en mouvement.</p>
<p>Voyageant à travers le pays en direction de la frontière suédoise, ils se sont fixé un objectif, une quête qui leur permet d’avancer. Lors de leurs escales, ils découvrent d’autres survivants, seuls ou organisés, et font quelques mauvaises rencontres. Ils sont également pris en chasse par une bande de mercenaires sans foi ni loi, dont l’attirail compte quelques sympathiques gadgets futuristes.</p>
<p><img decoding="async" class="size-full wp-image-336" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-05.jpg" alt="" width="1600" height="1066" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-05.jpg 1600w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-05-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-05-1024x682.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-05-768x512.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-05-1536x1023.jpg 1536w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-05-1140x760.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /></p>
<h2>Les personnages, l&rsquo;atout de The Rain</h2>
<p>Le concept du road movie post-apocalyptique n’est pas sans évoquer <strong>La Route</strong>, le roman de Cormack McCarthy adapté au cinéma par John Hillcoat. Tout comme le roman, le film m’avait déçue par son nihilisme et ses personnages sans chaleur. <strong>The Rain</strong> prend la direction inverse : le drama nous immerge dans un monde nihiliste, mais apporte de la vie, de l’espoir et quelques touches de romantisme. L’idée de s’intéresser à des jeunes qui se trouvent, pour certains, à un âge où ils se cherchent encore, pour les confronter à une succession de situations de crise où l’entraide est déterminante pour s’en sortir joue à plein pour faire <strong>The Rain</strong> une déclinaison du genre rafraîchissante.</p>
<p>L’atout de <strong>The Rain</strong> réside ainsi dans ses protagonistes et leurs interactions. Le personnage qui ressort immédiatement est sans conteste Simone, qui fait une héroïne battante et pleine de convictions, ce qui fait véritablement du bien dans le monde désabusé des fictions occidentales. L’actrice Alba August interprète avec énergie et naturel cette jeune femme qui affirme peu à peu une personnalité de leader. Elle entretient aussi une bonne alchimie avec Mikkel Boe Følsgaard (<strong>Royal Affair</strong>), qui interprète Martin, un personnage charismatique dont on a plaisir à découvrir la personnalité tout au long de la série. Moins expérimenté, le jeune Lucas Lynggaard Tønnesen s’en sort plutôt bien dans le rôle de Rasmus, même si son personnage aurait gagné à être affiné sur le plan de l’écriture.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-340" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-09.jpg" alt="" width="1920" height="1080" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-09.jpg 1920w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-09-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-09-1024x576.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-09-768x432.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-09-1536x864.jpg 1536w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-09-1140x641.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" /></p>
<p>Certains membres du groupe nous sont dévoilés au fil de leurs actions et de leurs paroles, mais aussi à travers de brefs flash backs. Ces derniers permettent d’entrevoir à quoi ressemblait leur vie au moment où le virus s’est déclaré et apportent ainsi un éclairage intéressant sur leurs actions. Mon coup de cœur parmi les personnages secondaires va vers Lea (Jessica Dinnage), qui se révèle étonnamment touchante. Les trois autres, Béatrice (Angela Bundalovic), Jean (Sonny Lindberg) et Patrick (Lukas Løkken), apportent tous à leur manière un petit supplément d’âme à la série.</p>
<p>Si les mystères entretenus tout au long de la série trouvent pour la plupart des réponses dans l’épisode 8, le dénouement fait habilement émerger de nouveaux enjeux, ouvrant la voie vers une suite.<strong> The Rain </strong>Saison 2 a déjà été annoncée et je m’en réjouis ! En attendant, je vais me plonger dans l’OST très atmosphérique de la série, au rythme de Tricky, Unkle, mais aussi tout un tas d’artistes scandinaves que j’ai bien envie de découvrir.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<blockquote><p><strong>A LIRE</strong></p>
<p><a href="https://lesecransdelodie.com/maniac-emma-stone-et-jonah-hill-nous-font-delirer/"><strong>Maniac : Emma Stone et Jonah Hill dans une série délicieusement surréaliste</strong></a></p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-332" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-01.jpg" alt="" width="700" height="1037" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-01.jpg 700w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-01-203x300.jpg 203w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/the-rain-serie-01-691x1024.jpg 691w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /></p>
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		<title>Chef(s) : ah bon, la fiction française se réveille ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Nov 2019 19:16:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dramas & Séries TV]]></category>
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					<description><![CDATA[Ma critique assassine de Chef(s), série française culinaire avec Clovis Cornillac. La cuisine, c’est la vie… Mais pas dans les créations originales françaises, qui ne font pas le poids face aux dramas coréens ou japonais pour restituer l’ambiance d’une cuisine. Chers amis sériephiles, il me faut vous faire part d’une expérience surréaliste, vécue hier soir&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-263" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/11/chefs-france2-01.jpg" alt="" width="1000" height="361" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/11/chefs-france2-01.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/11/chefs-france2-01-300x108.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/11/chefs-france2-01-768x277.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p><strong>Ma critique assassine de Chef(s), série française culinaire avec Clovis Cornillac. La cuisine, c’est la vie… Mais pas dans les créations originales françaises, qui ne font pas le poids face aux dramas coréens ou japonais pour restituer l’ambiance d’une cuisine.</strong></p>
<p>Chers amis sériephiles, il me faut vous faire part d’une expérience surréaliste, vécue hier soir en me branchant sur France 2. Je reviens alors d’un délicieux dîner au Bistrot de Pékin, près des Champs-Élysées à Paris, et je me dis qu’il serait merveilleux de prolonger l’expérience gustative en regardant une série TV culinaire, quitte à la prendre en cours de route.</p>
<p>J’ai vu les affiches de <strong>Chef(s)</strong>, placardées sur les bus de la capitale, et j’ai lu des critiques dithyrambiques faisant suite à la diffusion des deux premiers épisodes. Des critiques qui se gargarisent de voir la fiction française se réveiller enfin, et qui nous exhortent de conseiller à nos parents, amis, collègues, voisins, chiens et chats compris, de regarder la suite ! « <em>Faites passer le mot, pour que l’audience de la première chaîne publique soit la plus forte possible</em> », lance avec zèle <a href="https://www.telerama.fr/series-tv/il-faut-regarder-chefs-mercredi-sur-france-2,122669.php">Télérama</a>, cependant que <a href="https://www.20minutes.fr/television/1543859-20150218-chefs-france-2-comment-tourner-serie-culinaire-credible">20minutes</a> nous fait saliver sur une ambiance et un rythme de fou furieux : « <em>La vie d’une brigade, son rythme infernal, sa discipline écrasante, sa rigueur au millimètre </em>».</p>
<p>De retour après un succulent émincé de porc parfumé au poisson, je me branche donc sur France 2. Chouette, l’épisode 3 de <strong>Chef(s)</strong> vient de commencer et l’épisode 4 est diffusé juste après. Comme souvent avec les séries françaises, je ne crains pas de m’aliéner trop longtemps à un horaire précis : de toute façon, il n’y a que 6 épisodes en tout donc trois soirées à tout casser.</p>
<p>Quelle n’est pas ma surprise en découvrant la série dont il est question, et surtout le décalage entre la description des journalistes et la dure réalité… Non, la fiction française ne se réveille toujours pas.</p>
<p>L’idée d’une série culinaire met pourtant l’eau à la bouche. En effet, il aurait été dommage pour l’univers de la fiction française, qui manque cruellement de variété et de peps, de ne pas rebondir sur le succès des émissions télévisées gastronomiques. <strong>Master Chef</strong>, <strong>Top Chef</strong>, <strong>Le Meilleur Pâtissier</strong>, <strong>Un Dîner Presque Parfait</strong> mais aussi les émissions de sauvetage comme <strong>Norbert et</strong> <strong>Jean </strong>ou <strong>Cauchemar en Cuisine</strong>…</p>
<p>Nous nous sommes tous surpris, un jour ou l’autre, à suivre l’une de ces émissions, à trembler pour les candidats, à saliver sur les plats préparés avec passion. Évidemment, il aurait été maladroit de la part des créateurs de la série <strong>Chef(s)</strong> de chercher à restituer à l’identique l’ambiance des émissions de téléréalité. Toutefois, entre reproduire cet esprit bisounours et le repousser au point de jouer la carte du somnifère archi-dépressif, il y a quand même toute une gamme de possibilités. Des possibilités que les créateurs de la série n’ont visiblement pas envisagées une seule seconde. Ils nous avaient promis une série qui sortirait des sentiers battus en évacuant le genre du polar. Pour ma part, j’ai vu un thriller glauque dans une cuisine.</p>
<p>Le plat pourrait s’intituler : « huis clos culinaire sur lit de déprime française » Garanti sans épices ni assaisonnement.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-266" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/11/chefs-france2-hugo-becker-0.jpg" alt="" width="800" height="534" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/11/chefs-france2-hugo-becker-0.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/11/chefs-france2-hugo-becker-0-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/11/chefs-france2-hugo-becker-0-768x513.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></p>
<p>Mesdames et Messieurs, si vous rêvez de devenir cuisinier, ne regardez surtout pas <strong>Chef(s)</strong>. Le réalisateur Arnaud Malherbe et sa coscénariste Marion Festraëts, anciens journalistes tous les deux, ont résolument décidé de vous saper le moral.</p>
<p>Et ils s’y emploient avec ferveur : personnages qui tirent la tronche (l’un d’entre eux sort de prison, ça donne le ton), image sombre teintée d’un jaune dégueulasse, réalisation tellement soporifique qu’elle ferait passer Hou Hsiao Hsien pour un rival de Michael Bay, bande son qui aurait tout aussi bien pu être celle d’un film d’auteur russe…</p>
<p>J’ai vite compris ma douleur.<strong> Chef(s) </strong>se refuse à toute marque de sympathie à l’égard du spectateur. Rien, vous n’aurez rien d’attrayant dans <strong>Chef(s)</strong>. Pas une note d’humour, pas de passion ni d’émotion, pas de modernité. A la place, rien que de la froideur et de la mauvaise humeur.</p>
<p>N’ayant pas vu les épisodes 1 et 2, je ne vais pas entrer dans un commentaire profond des enjeux dramatiques et je ne livrerai que des impressions sommaires sur ce plan. J’ai lu la <a href="https://www.huffingtonpost.fr/2015/02/11/chefs-france-2-clovis-cornillac-anne-charier-arnaud-malherbe-realisme_n_6654490.html">note d’intention</a> de la série et je crois savoir que les concepteurs ont eu envie d’explorer l’ambiance d’une cuisine comme un monde à part, envisagée comme un huis clos, et où les rapports humains sont empreints de violence, de jalousie, de harcèlement sexuel, etc. Soit.</p>
<p>Le parti pris est louable et ressemble un peu à celui de la récente série sud-coréenne <a href="https://www.stellarsisters.com/dramas/critique-drama-misaeng-tvn-im-si-wan-kang-ha-neul-kang-so-ra/"><strong>Misaeng</strong></a>, diffusée entre octobre et décembre 2014 sur tvN, et qui parle du monde du travail dans les grandes entreprises sud-coréennes à travers le point de vue de jeunes recrues confrontées à des codes rigides, une pression hiérarchique écrasante, du harcèlement moral ou sexuel. Si <strong>Misaeng</strong> dépeint une dureté et une violence dans un milieu idéalisé par les jeunes, les personnages n’en sont pas moins profondément humains et les scènes sont abordées avec un vrai point de vue. C’est toute la différence avec <strong>Chef(s)</strong> et ses prétentions de thriller en cuisine.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-264" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/11/chefs-france2-03.jpg" alt="" width="800" height="492" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/11/chefs-france2-03.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/11/chefs-france2-03-300x185.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/11/chefs-france2-03-768x472.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></p>
<p>J’ai vu de la violence, certes, j’ai même vu un cadavre se balader dans un sac de golf, mais rien qui m’apprenne quoique ce soit sur l’univers fascinants des grands restaurants. J’ai entendu des remarques misogynes, oui, mais cette misogynie est tellement banalisée dans les thrillers français, à la télévision comme au cinéma, que je me suis sentie agressée plus qu’autre chose. Le seul point positif de la série est Hugo Becker, l’interprète du personnage principal, qui attire l’attention par sa présence. A la limite, je suis intéressée de le voir dans autre chose.</p>
<p>Avec tout ça, on se demande bien pourquoi <strong>Chef(s)</strong> essaie de se faire passer pour ce qu’il n’est pas, c’est-à-dire une série culinaire. Et surtout pas un polar, hein, parce que le réalisateur voulait faire quelque chose de différent. Le problème, c’est que le suspense de la série, ou du moins les éléments qui essaient de créer un suspense, n’ont pas grand-chose à voir avec l’art culinaire. Je m’attendais à sentir l’émulation entre les commis, à m’investir dans leur quête de dépassement de soi, à sentir l’émotion culinaire. Or il n’y a pas de scène d’action culinaire à proprement parler (du moins dans les épisodes 3 et 4, encore une fois).</p>
<p>Sans faire un remake du <strong>Festin Chinois</strong> (Tsui Hark), un peu d’action autour des plats n’aurait pas été du luxe. On voit bien passer quelques plats ici et là, mais l’image est tellement laide que les créations ne font pas rêver, elles ne sont pas appétissantes parce qu’elles n’ont pas de présence physique à l’écran. Au moins, les cadreurs de <strong>Master Chef </strong>et <strong>Top Chef</strong> savent filmer les assiettes… Dans <strong>Chef(s)</strong>, les personnages pourraient tout aussi bien être garagistes que l’ambiance n’en serait pas affectée.</p>
<p>Les interventions d’un certain Matsumoto, passionné des légumes qui trie sur le volet les chefs auxquels il vendra ses productions, ont retenu mon attention. Chouette, un personnage japonais dans une série française ! On se calme tout de suite. Le personnage et sa culture sont abordés de manière si rébarbative, prétentieuse et clichée (ah, ces poncifs sur les Asiatiques qui parlent par métaphores, ça me manquait…) que les amoureux du Japon seront vite écœurés.</p>
<p>Le comble de la vulgarité est atteint quand Matsumoto se fait redresser les bretelles par le personnage d’Anne Charrier, à coup d’allusions débiles à ses origines et – tenez-vous bien – à ses yeux bridés ! Une fois que la femme quitte la pièce, Matsumoto dit à haute voix : « <em>Quelle femme ! </em>», là où le spectateur se dit « <em>Quelle conne !</em> ».</p>
<p>Si c’est ça un personnage féminin fort pour les séries françaises, c’est-à-dire une imbécile qui sort des insultes racistes pour montrer qu’elle a du caractère, et si mettre un Asiatique dans une série signifie obligatoirement entendre ce genre de remarques, je préfère retourner vers les dramas coréens ou japonais. Quant aux scènes d’arts martiaux, je préfère revoir celles bien plus riches de sens de <a href="https://www.stellarsisters.com/monde/hanzawa-naoki-j-drama-critique/"><strong>Hanzawa Naoki</strong>, incroyable drama bancaire japonais</a> diffusé sur TBS en 2013 et dans lequel le personnage, un salaryman, se défoule chaque soir après le boulot dans une salle de kendo.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-265" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/11/chefs-france2-04.jpg" alt="" width="800" height="532" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/11/chefs-france2-04.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/11/chefs-france2-04-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/11/chefs-france2-04-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></p>
<p>Justement, Arnaud Malherbe et Marion Festraëts feraient bien mieux de regarder des dramas japonais (au hasard, <strong>Bambino</strong>!, une série culinaire datant de 2007). Ça leur apprendrait à construire une histoire à suspense, à développer des personnages attachants, à planter des enjeux dramatiques, sérieux ou non, et à les agrémenter du petit soupçon de fantaisie indispensable pour accrocher le spectateur, au lieu de se prendre pour des auteurs de films abscons de festival.</p>
<p>La cuisine, c’est la vie, et ils nous livrent une production sordide et mollassonne. N’importe quel drama japonais moyen d’aujourd’hui est bien plus efficace, plus moderne et plus émouvant que ce que j’ai vu hier soir.</p>
<p>Devant ce refus foncièrement énervant de faire de la fiction populaire, refus qui n’aurait de légitimité que s’il existait vraiment une fiction populaire française, on se dit qu’une adaptation littérale des téléréalités culinaires aurait finalement été plus judicieuse. Pas étonnant que <strong>Chef(s)</strong> ait fait <a href="https://www.rtl.fr/culture/medias-people/audiences-tv-la-serie-chefs-depassee-par-les-experts-sur-tf1-7776663730">moins bien que <strong>Les Experts</strong></a> hier soir : 14,4% de parts de marché pour France 2, face à 20,5% pour TF1 et 13,7% pour France 3, qui projetait le sempiternel <strong>Des Racines et des Ailes</strong>. Autant dire que <strong>Chef(s)</strong> échoue à créer la sensation en tant que nouveauté. Sur la durée, le snobisme ne séduit pas.</p>
<p>Après le générique de fin de l’épisode 4 (arrêt sur image sur un décor vieillot dans les ocres-marrons, laissant apparaitre en transparence la gueule maussade de Clovis Cornillac), j’ai zappé sur TF1 et je suis tombée sur la célèbre série policière américaine. Tout d’un coup, même devant les scènes d’autopsie, j’ai eu l’impression de revivre.</p>
<p>Quant aux journalistes qui ont encensé <strong>Chef(s)</strong>, on a aussi envie de les secouer. C’est bien de vouloir encourager la fiction française et c’est sympa de soutenir les copains, puisque les créateurs de la série sont d’anciens journalistes. Mais croyez-moi, se voiler la face à ce point-là n’est pas la solution à la disette artistique dont nous souffrons actuellement à la télévision française.</p>
<p>A ce rythme-là, on aura bientôt droit à une fiction noire inspirée des <strong>Reines du Shopping</strong>, façon film d’auteur turc.</p>
<p>Au final, je préfère revenir vers le drama japonais <strong>Bambino!</strong>, avec ses personnages attachants, sa réalisation énergique et Jun Matsumoto, toujours plus frais qu’un Clovis Cornillac déprimé…</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Les Revenants S2 : l&#8217;échec de Canal Plus en 3 points</title>
		<link>https://lesecransdelodie.com/les-revenants-saison-2-lechec-de-canal-plus-en-3-points/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Nov 2019 13:30:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dramas & Séries TV]]></category>
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					<description><![CDATA[Après trois ans d&#8217;absence, Les Revenants, saison 2, arrivait enfin sur les écrans le 28 septembre 2015. Les audiences ne sont pas au rendez-vous : seulement 610.000 spectateurs au compteur le premier soir, alors qu&#8217;ils étaient en moyenne 1,4 million en 2012 pour la saison 1. Consternée par l&#8217;absence de remarque de la presse française,&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-376 size-full" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-s2-imgune.jpg" alt="Les Revenants S2 : coup de gueule" width="529" height="340" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-s2-imgune.jpg 529w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-s2-imgune-300x193.jpg 300w" sizes="(max-width: 529px) 100vw, 529px" /></p>
<p>Après trois ans d&rsquo;absence, <strong>Les Revenants, saison 2</strong>, arrivait enfin sur les écrans le 28 septembre 2015. Les audiences ne sont pas au rendez-vous : seulement 610.000 spectateurs au compteur le premier soir, alors qu&rsquo;ils étaient en moyenne 1,4 million en 2012 pour la saison 1. Consternée par l&rsquo;absence de remarque de la presse française, qui se contente toujours de flatter les chaînes de télévision, je me suis fendue d&rsquo;une petite analyse personnel de cet échec cuisant et je l&rsquo;ai publiée sur <a href="http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1428576-les-revenants-saison-2-un-echec-cuisant-pour-canal-plus-inevitable-pour-3-raisons.html" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">Le Plus du Nouvel Obs</a>. Et hop! Plus de 65.000 vues!</p>
<p>Bonne lecture!&#8230;</p>
<p>Ouf ! Il était temps ! On croyait que ce jour n’arriverait jamais, mais nos espoirs ont finalement été récompensés. Que dis-je, le miracle dont nous n’osions même plus rêver s’est enfin produit&#8230; Ce dont je suis en train de vous causer, ce n’est pas du redressement de la courbe du chômage, ni même de la découverte d’une espèce alien dans l’univers (oui, j’en rêve depuis que je suis petite). Non, il s’agit tout simplement de la sortie de la saison 2 de la série <strong>Les Revenants</strong> !</p>
<p>Après trois ans d’intense réflexion, de tergiversation à n’en plus finir et de communiqués dans tous les sens, Canal Plus se jette à l’eau et diffuse la suite de l’une des meilleures françaises de ces dernières années. L’événement marque la fin de ce que je nommais jusqu’à récemment « L’Étrange affaire des Revenants qui ne revinrent jamais »…</p>
<p>Malheureusement, celle-ci se solde par un verdict sans appel : près de <a href="https://www.liberation.fr/direct/element/audiences-les-revenants-sont-revenus-mais-pas-leur-public_19096/" target="_blank" rel="follow noopener noreferrer">60% d’audience</a> en moins pour le premier épisode ! Mais faut-il vraiment être surpris ?</p>
<h1><strong>1. La faute au réalisateur et aux scénaristes</strong></h1>
<p>Amis spectateurs, si vous ne vous rappelez pas de tous les personnages de l’univers foisonnant des « Revenants », pas de panique, vous ne souffrez pas d’Alzheimer. Vous avez juste vécu, depuis trois ans, votre vie de sériephile (et votre vie tout court), comme tout le monde. De l’eau a coulé sous les ponts, et même des torrents d’eau : vous avez eu le temps de voir les saisons 5 de <strong><a href="http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1385684-game-of-thrones-saison-5-episode-10-cersei-et-jon-snow-en-martyrs-l-hiver-est-arrive.html" target="_blank" rel="follow noopener noreferrer">Game of Thrones</a></strong>, <strong><a href="http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1249475-the-walking-dead-saison-5-ca-trucide-ca-gicle-ca-explose-un-episode-1-jouissif.html" target="_blank" rel="follow noopener noreferrer">Walking Dead</a></strong> ou <strong><a href="http://leplus.nouvelobs.com/contribution/309474-downton-abbey-la-serie-tele-so-british-qui-cartonne.html" target="_blank" rel="follow noopener noreferrer">Downton Abbey</a></strong>, et si vous avez un peu de curiosité intellectuelle, vous avez même découvert quelques séries scandinaves ou asiatiques.</p>
<p>On se demande quels trésors le scénario peut bien receler pour que son créateur ait mis trois ans à accoucher de son bébé. En tout cas, l&rsquo;histoire a intérêt à être à la hauteur. Trois ans, tout de même.</p>
<p>Si l’on se fie à la communication autour de cette saison 2, il semblerait qu’il y ait un coupable tout désigné : c’est Fabrice Gobert, réalisateur et scénariste, qui porte le chapeau. Explication de l’auteur : « <em>On a essayé d’aller le plus vite possible pour faire une saison 2 qui soit une opportunité de creuser un peu plus les éléments mis en place, mais c’était compliqué à écrire</em>« , explique-t-il à <a href="https://www.20minutes.fr/television/1647787-20150707-revenants-cinq-nouvelles-choses-sait-saison-2" target="_blank" rel="follow noopener noreferrer">20 minutes</a>.</p>
<p>Vous vous demandez peut-être à quelle date serait sortie la saison 2 si le cinéaste avait décidé de prendre son temps… Peut-être en 2022, qui sait ?</p>
<p>À sa décharge, Fabrice Gobert n’est pas le seul impliqué dans l’affaire. <a href="https://www.lexpress.fr/culture/tele/les-revenants-saison-2-cimetiere-m-etait-conte_1715550.html" target="_blank" rel="follow noopener noreferrer">Selon l’Express</a>, le scénario aurait été écrit et réécrit « à huit mains » : le scénariste Emmanuel Carrère aurait ainsi rejoint M. Gobert très tôt dans le processus d’écriture, avant d’être remplacé par une certaine Audrey Fouché, elle-même suivie par l’arrivée de Coline Abert et Fabien Adda&#8230; Vous me suivez toujours ? Je n’ose pas imaginer le bazar juridique pour la rédaction du générique.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-374" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-s02-03.jpg" alt="" width="1000" height="500" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-s02-03.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-s02-03-300x150.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-s02-03-768x384.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<h1><strong>2. La mauvaise foi de Canal Plus</strong></h1>
<p>Quoiqu’il en soit, Canal Plus se décharge de toute responsabilité : la chaîne se serait, paraît-il, accordée au planning de la société Haut et Court. Pas de souci pour Fabrice de la Patellière, à la tête de la direction de la fiction chez Canal Plus : « <em><strong>Les Revenants </strong>ne peut s’écrire qu’au rythme de Fabrice et de son équipe. Et c’est quelque chose qu&rsquo;on accepte puisque c’est la seule manière d’avoir un objet unique</em>« , confie-t-il sur <a href="http://www.toutelatele.com/les-revenants-moins-de-la-moitie-du-public-revenu-pour-la-saison-2-76199" target="_blank" rel="follow noopener noreferrer">Toutelatélé</a>.</p>
<p>Soit Canal Plus est complètement à la masse, soit c’est de la pure mauvaise foi. On a peine à imaginer que la chaîne n’ait pas un tout petit peu secoué les puces de Haut et Court pour accélérer le schmilblick, compte tenu de la nécessité de surfer sur le succès de la saison 1.</p>
<p>La notion d’opportunité commerciale serait donc inconnue au bataillon, chez Canal Plus…. Ben voyons. Canal Plus est quand même, à ma connaissance, l’un des plus grands groupes audiovisuels français, ce qui veut dire que la question de sa crédibilité à l’international se pose un peu elle aussi.</p>
<p>D’ailleurs, le même Fabrice de la Patellière tenait un tout autre discours, en octobre 2014, sur <a href="https://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2014/10/13/pour-canal-comme-pour-la-production-francaise-il-s-agit-de-montrer-que-la-france-peut-etre-un-acteur-international_4505129_1655027.html" rel="follow">Lemonde.fr</a> : « <em>Pour Canal Plus, comme pour la production française, il s’agit de montrer que la France peut être un acteur international. Maintenant que nous suscitons la curiosité et plus du tout l’indifférence ou le mépris, l’enjeu devient presque industriel</em>. »</p>
<p>En attendant, pendant que l’équipe des <strong>Revenants</strong> s’amusait à repousser toujours plus la mise en route de la saison 2, les droits de diffusion de la saison 1 se sont vendus sur plus de <a href="https://www.lepoint.fr/series-tv/les-revenants-braquo-series-francaises-les-cles-du-succes-12-09-2015-1964252_2115.php" target="_blank" rel="follow noopener noreferrer">114 territoires</a>, parmi lesquels de gros producteurs de séries comme les États-Unis, la Turquie ou le Royaume-Uni. Le feuilleton a même reçu une <a href="https://www.huffingtonpost.fr/2015/09/27/les-revenants-saison-2-createur-serie_n_7736288.html" target="_blank" rel="follow noopener noreferrer">bonne review de Stephen King </a>! De quoi faire rêver n’importe quel scénariste… et les concurrents de Canal Plus.</p>
<p>Cerise sur le gâteau, <strong>Les Revenants</strong> a fait l’objet d’un remake américain, <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Returned" target="_blank" rel="follow noopener noreferrer">The Returned</a></strong>, qui sans surprise est sortie des tuyaux avant la saison 2 du drama français. Cela avait l’air d’une blague.</p>
<h1><strong>3. Cette maudite industrialisation…</strong></h1>
<p>Dans les colonnes de <a href="https://www.lexpress.fr/culture/tele/les-revenants-saison-2-cimetiere-m-etait-conte_1715550.html" target="_blank" rel="follow noopener noreferrer">L’Express</a>, la productrice Caroline Benjo (Haut et Court) ajoute quelques précisions pour expliquer le retard : « <em>Nous ne voulions pas céder à la pression du temps</em>« <em>.</em> Oui, ça, nous l’avions remarqué, Madame. »<em>Nous sommes en France. Le processus d&rsquo;industrialisation des séries ne nous a pas encore atteints. Il faut continuer de fonctionner de cette façon très artisanale.</em> »</p>
<p>Ah, voilà enfin un élément d’explication intéressant ! Et voilà qui contredit un peu la vision de Fabrice de la Patellière. Le processus d’industrialisation des séries ne les aurait donc pas encore atteints. Ou plutôt, il ne les aurait TOUJOURS pas atteints. La Société Haut et Court a tout de même Canal Plus derrière elle et cela fait quand même un bout de temps que Canal Plus produit des séries, il me semble. La faute à qui, à Haut et Court ou Canal Plus ? Qu’est-ce qui cloche en France ?</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-375" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-s02-04.jpg" alt="" width="880" height="495" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-s02-04.jpg 880w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-s02-04-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-s02-04-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 880px) 100vw, 880px" /></p>
<p>Si <strong>Les Revenants</strong> avait été une série américaine, le lancement de la saison 2 aurait débuté dès les premiers chiffres d’audience. Pour rappel, ces derniers s’élevaient à 1,4 million d’abonnés suspendus à leur écran dès le premier épisode. Les scénaristes américains auraient su tirer parti de l’effet de la saison 1. Ah, cette industrialisation… quelle plaie !</p>
<p>Même chose ailleurs : en Corée du Sud, sur une chaîne câblée comme <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Orion_Cinema_Network" target="_blank" rel="follow noopener noreferrer">OCN</a>, qui produit des séries depuis moins de dix ans, une telle absurdité ne se serait jamais produite. Sur OCN, la saison de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Vampire_Prosecutor" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><strong>Vampire Prosecutor</strong></a> sortait en octobre 2011 et la saison 2 en septembre 2012. Quant à la série policière <strong><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/God%27s_Quiz" target="_blank" rel="follow noopener noreferrer">God’s Quiz</a></strong>, elle compte déjà 4 saisons de 10 à 12 épisodes depuis 2010.</p>
<p>Plus proche géographiquement, la Suède n’a pas atteint le niveau d’industrialisation de la Corée ou des États-Unis. Pourtant, la saison 2 de l’excellent feuilleton <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Real_Humans_:_100_%25_humain" rel="follow">Real Humans</a></strong> a mis moins de 2 ans à sortir. Ce n’est pas encore l’efficacité américaine, mais c’est toujours plus rapide que chez Canal.</p>
<h1><strong>Résultat : nous sommes tous passés à autre chose</strong></h1>
<p>Trois ans d’attente pour la saison 2 d’un carton international comme <strong>Les Revenants</strong>, c’est inadmissible. La production comptait visiblement sur l’attachement des fans pour reproduire le succès de la saison 1, alors que nous sommes tous passés à autre chose. C’est triste à dire mais c’est comme ça.</p>
<p>En fin de compte, Canal Plus et ses partenaires montrent surtout leur inefficacité, apportant une preuve de plus de la lourdeur et du manque de compétitivité à long terme du système français. Ce n’est pas parce que certaines de nos séries <a href="https://www.lepoint.fr/series-tv/les-revenants-braquo-series-francaises-les-cles-du-succes-12-09-2015-1964252_2115.php" rel="follow">se sont vendues à l’international</a> qu’il faut se reposer sur ses lauriers, surtout à un moment charnière où le marché est en train de muter.</p>
<p>La question n’est pas de savoir ce qui doit primer entre l’art et l’industrialisation : pour faire de bonnes séries, l’un ne va pas sans l’autre. Si les décideurs d’une chaîne comme Canal Plus, qui ont le mérite d’avoir des ambitions artistiques, ne réagissent pas en investissant dans un modèle plus performant, la France sera vite dépassée.</p>
<p>Je souhaite malgré tout une amélioration des scores d&rsquo;audience à Fabrice Gobert, Haut et Court et Canal Plus pour cette saison 2 des <strong>Revenants</strong> car j’ai adoré la saison 1. Et je m’efforcerai de regarder cette suite très bientôt. Car l’ironie dans tout cela, c’est que je pars en voyage dans les prochains jours… J’espère que le blu-ray ne mettra pas trois ans à sortir.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<p><em>(NDLR : Cet article a été publié le 29 septembre 2015 sur <a href="http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1428576-les-revenants-saison-2-un-echec-cuisant-pour-canal-plus-inevitable-pour-3-raisons.html">Le Plus / L&rsquo;Obs</a> et édité par Louise Auvitu)</em></p>
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		<title>Les Revenants S1 : enfin une bonne série française !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Nov 2019 13:23:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dramas & Séries TV]]></category>
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					<description><![CDATA[Critique de la série Les revenants de Fabrice Gobert. Une lueur d&#8217;espoir pour la télévision française ? La France produit parfois de bonnes séries télévisées ! Diffusée entre le 26 novembre et le 17 décembre 2012 sur Canal Plus, la saison 1 de Les Revenants faisait naître un espoir inédit dans le cœur des sériephiles&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-362" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-01.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-01.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-01-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-01-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p><strong>Critique de la série Les revenants de Fabrice Gobert. Une lueur d&rsquo;espoir pour la télévision française ?</strong></p>
<p>La France produit parfois de bonnes séries télévisées ! Diffusée entre le 26 novembre et le 17 décembre 2012 sur Canal Plus, la saison 1 de <strong>Les Revenants</strong> faisait naître un espoir inédit dans le cœur des sériephiles avertis, celui que notre beau pays posséderait encore des talents capables de faire des étincelles dans ce format télévisuel. Et qu’il leur serait possible d’obtenir les moyens de le faire.</p>
<p>Série chorale et thriller fantastique en huit épisodes,<strong> Les Revenants</strong> séduit aussi bien par la qualité de son scénario et de son interprétation que par son atmosphère particulièrement soignée, tant sur le plan visuel que sonore. Cerise sur le gâteau, <strong>Les Revenants</strong> tire intelligemment parti des leçons narratives enseignées par les feuilletons américains tout en conservant une identité bien française. Que demande le peuple ? Seule ombre au tableau, le manque de réactivité des décideurs face au succès de cette saison 1…</p>
<p>Avec son budget d’un peu plus d’un million d’euros par épisode (11 millions d’euros au total), <strong>Les Revenants</strong> a attiré environ 1,4 million de téléspectateurs par épisode, soit 23,3 % des abonnés Canal Plus, et a donc réussi le pari de séduire un public français peu habitué à voir ses productions locales explorer le genre du fantastique. Je ne vais pas y aller par quatre chemins : la communication était certes réussie, avec son jeu d’affiches mystérieuses en miroir, mais le succès s’explique avant tout par une qualité d’écriture et de réalisation assez inédite dans le paysage des productions françaises.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-367" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-06.jpg" alt="" width="1000" height="563" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-06.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-06-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-06-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Le réalisateur n’est autre que Fabrice Gobert, à qui l’on doit le long-métrage <strong>Simon Werner a disparu</strong>, thriller lycéen qui témoignait déjà d’une belle sensibilité artistique et d’une capacité à distiller un mystère à travers l’exploration d’un réseau de personnages intrigants. Le film m’avait toutefois laissé un léger arrière-goût de frustration tant l’univers dépeint aurait mérité une exploration encore plus approfondie. Et je m&rsquo;étais alors fait la réflexion que Fabrice Gobert eut gagné à explorer le format de la série télévisée. C’est chose faite avec <strong>Les Revenants</strong> et le résultat surpasse toutes mes attentes.</p>
<p>Mais à l’origine de la série, il y a un film intitulé <strong>Les Revenants</strong> et réalisé en 2004 par Robin Campillo, avec Géraldine Pailhas et Jonathan Zaccaï dans les rôles principaux ainsi que, dans un rôle secondaire, Frédéric Pierrot que l’on retrouvera également dans la série. Variation sous hypnose du thème de <strong>L’Invasion des profanateurs de sépulture</strong>, <strong>Les Revenants</strong> est un film étrange, mystérieux, porté par une ambiance à la fois envoûtante et oppressante. L’histoire partait d’un postulat simple : et si les morts revenaient à la vie et tentaient de se réinsérer dans le monde des vivants ?</p>
<p>Dans la série <strong>Les Revenants</strong>, Fabrice Gobert change légèrement la donne : les morts ne sortent plus de leur tombe comme dans le film de Campillo (une référence à l’univers de George Romero) mais ils réapparaissent de manière inexpliquée, arrivant d’on ne sait où. D’autre part, si le film de Campillo s’agrémentait d’un propos sociologique sur la difficulté d’intégrer une population réfugiée et culturellement inadaptée (dans la vie active, les morts ne parvenaient pas à suivre le rythme de travail des vivants), la série de Gobert s’intéresse davantage au versant psychologique de l’histoire. Un traitement dans la pure tradition du genre du fantastique, en somme.</p>
<h2><strong>La Mort, sa vie, son œuvre</strong></h2>
<p>Dès le générique, le ton est donné : esthétiquement superbe et bercé par un morceau de Mogwaï, dont la partition hantera subtilement toute la série, les images font alterner l’ampleur des décors naturels avec les intérieurs sombres et renfermés pour faire apparaître des personnages évanescents – tantôt des vivants, tantôt des morts. Fabrice Gobert installe d’emblée un climat envoûtant et anxiogène pour tisser ensuite, au fil des épisodes, un univers complexe à travers une narration divisée en huit chapitres dont chacun, ou presque, portera le nom d’un personnage.</p>
<p>Tout se passe dans une petite ville imaginaire, moderne mais isolée du monde par son ancrage dans les montagnes. Ici, la jeune Camille (Yara Pilartz), morte quelques années auparavant dans un accident de car avec ses camarades de classe, revient à la vie pour retrouver ses parents mais aussi sa sœur jumelle Léna (Jenna Thiam), devenue jeune adulte alors qu’elles se sont quittées adolescentes. De l’autre côté de la rue, Simon (Pierre Perrier) tente de revenir auprès d’Adèle (Clothilde Hesmé), la femme qu’il était sur le point d’épouser, sauf que celle-ci vit en couple avec un autre homme, et qui plus est un policier qui la surveille de près.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-363" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-02.jpg" alt="" width="1000" height="671" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-02.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-02-300x201.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-02-768x515.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Il faut aussi compter avec la résurrection d’un enfant mutique assassiné au cours d’un cambriolage dans les années 70, de l’épouse d’un retraité disparue des décennies auparavant, d’une médium aux méthodes peu orthodoxes et même d’un tueur en série ! De quoi bouleverser le quotidien tranquille de ce village au premier abord sans histoires, de cette communauté dont les convictions vont vaciller.</p>
<p><strong>Les Revenants</strong> tire sa force d’un traitement du sujet aussi bien à l’échelle sociale qu’individuelle, les deux se révélant inextricablement liés puisque les bouleversements intérieurs des habitants vont peu à peu faire basculer la communauté dans une psychose diffuse mais de plus en plus incontrôlable.</p>
<p>Par leur seule présence, les revenants font ressurgir les secrets de famille, les relations dysfonctionnelles, la honte des vivants face aux effets du deuil. Autant de traumatismes qui restaient jusqu’alors profondément enfouis dans les consciences, tout comme les mystères du lac bordant le village demeuraient engloutis jusqu’à ce que des phénomènes paranormaux ne fassent leur apparition.</p>
<p>Le décor, splendide, tient à ce titre une place importante dans le récit : cerné par les montagnes et les forêts à perte de vue, le village est aussi séparé de la civilisation par un immense barrage qui agit comme un personnage du film à part entière, un pare-feu contre les terreurs sourdes de l’inconscient.</p>
<p>Si les morts n’ont aucun souvenir de leur résurrection, ni même de leur passage de vie à trépas, ils manifestent pour certains une urgence de vivre qui se heurtera à l’incompréhension, au refus voire à la colère des vivants. C’est le cas de la jeune Camille qui semble vivre sa puberté à l’accéléré et fonce tête baissée dans sa quête existentielle, à la recherche de ses premiers émois avec le petit ami de sa sœur. C’est aussi le cas de Simon qui tente désespérément de reprendre sa relation avec Adèle là où leur histoire s’était arrêtée.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-364" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-03.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-03.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-03-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-03-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Au contraire du film de Robin Campillo où les revenants fonctionnaient au ralenti, ici ce sont les vivants qui se montrent les plus apathiques. Au point d’avoir, pour certains, oublié le sens de leur existence, qu’ils soient dans la révolte comme Léna, ou qu’ils se terrent dans leur appartement et dans leurs phobies comme Julie. Certains se sont depuis longtemps enfermés dans le passé, comme Adèle qui semble vivre dans une autre réalité faite de dénégation ; d’autres, tels que l’inquiétant Thomas (Samir Guesmi), ne demandent qu’à rencontrer l’étincelle qui les fera sombrer dans une paranoïa toxique.</p>
<p>À première vue, on se dit que Fabrice Gobert a étudié attentivement la narration de feuilletons américains récents tels que <strong>Lost</strong> ou <strong>Walking Dead</strong>, en lui associant toutefois une atmosphère plus proche d’un <strong>Twin Peaks</strong>. Cependant, il serait réducteur de ne voir <strong>Les Revenants</strong> que par rapport à l’ombre tutélaire des séries d’outre-Atlantique.<strong> Les Revenants</strong> demeure avant tout une histoire à la française, de par son décor – les paysages splendides de la région d’Annecy sont formidablement exploités – mais aussi de par l’écriture et la caractérisation de ses personnages.</p>
<p>Dans une série américaine, les protagonistes auraient suivi un cheminement implacable les menant inéluctablement vers une forme de résolution cathartique. Cette mécanique, qui s’appuie sur l’idée que les personnages doivent véhiculer des valeurs morales, fait le succès des productions américaines depuis des décennies, à la télévision comme au cinéma. Mais elle distingue aussi ces dernières des productions européennes, et notamment françaises quand elles sont réussies, qui instillent à leurs personnages une psychologie plus réaliste, échappant à la nécessité d’une résolution idéologique.</p>
<p>Ainsi, <strong>Les Revenants</strong> reste purement français dans son traitement des personnages. Ces derniers évoluent sensiblement tout au long de la série mais demeurent jusqu’au bout empreints d’une complexité et d’une instabilité qui leur confèrent un certain mystère. Nul ne saura véritablement ce qui se passe dans la tête de Camille, ni l’origine des pulsions meurtrières de Serge (Guillaume Gouix).</p>
<p>Comme dans<strong> Simon Werner a disparu</strong>, Fabrice Gobert accorde toute son attention à la qualité d&rsquo;interprétation. Cela paraît logique mais cet aspect crucial est pourtant négligé dans la plupart des productions françaises s’inscrivant dans les genres du fantastique ou de l’horreur.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-368" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-07.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-07.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-07-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-07-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Si <strong>Les Revenants</strong> bénéficie de la présence de confirmés tels que Frédéric Pierrot, touchant dans le rôle du père en quête de rédemption, Anne Consigny en mère fragile et aveugle, ou même Céline Salette en agoraphobe aux prises avec les démons de son passé, la série révèle aussi deux actrices à fort potentiel dans les rôles des jumelles : Yara Pilartz, tour à tour glaçante et attendrissante en Camille, et Jenna Thiam, flamboyante dans le rôle de sa sœur jumelle Léna, se révèlent toutes deux à la hauteur du traitement complexe de leur personnage respectif.</p>
<p>La saison 1 des <strong>Revenants</strong> s’achève sur un épisode impressionnant marqué par une rupture de ton : plus proche d’un film de zombies, le final délaisse l’angoisse diffuse des épisodes précédents pour jouer la carte d’un climat horrifique plus franc. En outre, les dernières minutes n’apportent pas toutes les réponses aux questions distillées au fil des épisodes. Rien d’étonnant à cela puisqu’une saison 2 est déjà en route. Cette fin donne donc pleinement satisfaction dans la mesure où elle conclut l&rsquo;essentiel des enjeux dramatiques tout en soulevant d’autres questions afin de mettre l’eau à la bouche.</p>
<p>Malheureusement, il faudra s’armer de patience car nous ne sommes pas près d&rsquo;en voir la couleur. Et c’est là où le bât blesse cruellement.</p>
<h2><strong>Une saison 2 fin 2014 ? Mieux vaut tard que jamais…</strong></h2>
<p>Non, vous ne rêvez pas, la saison 2 n&rsquo;arrivera qu&rsquo;en automne 2014.<br />
Récapitulons. La saison 1 des <strong>Revenants</strong> a été diffusée entre novembre et décembre 2012. Compte tenu du succès de la série, nous étions en droit d’attendre une suite dès l’année suivante. Or il aura fallu attendre le mois d’avril 2013 pour que l’équipe annonce fièrement, lors d’une conférence de presse organisée par le Festival Séries Mania, que le tournage de la saison 2 était prévu pour débuter en… février 2014 ! Et l’équipe de préciser que l’écriture avait déjà commencé depuis plusieurs semaines. Il était temps ! Apparemment, il leur faudra près d’un an pour finaliser une saison 2 (plaît-il ?) qui, selon la pratique française ayant cours aujourd’hui, ne fera à tous les coups que 6 à 8 épisodes. Nous nageons dans l’absurdité la plus totale.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-366" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-05.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-05.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-05-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-05-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Aux États-Unis, en Angleterre ou même en Corée du Sud, une telle aberration ne se serait jamais produite car, dans ces pays, la production des séries télévisées obéit à un modèle industrialisé. Aux USA, où l’écriture, la préparation, le tournage, la postproduction et la diffusion respectent une organisation permettant de réagir très vite aux scores d’audience, une rallonge de quelques épisodes pour la saison 1 des <strong>Revenants</strong> aurait même très certainement été possible.</p>
<p>En effet, des scénaristes anglo-saxons n’auraient pas attendu la fin de la diffusion de la saison 1 pour plancher sur la suite. Ils n&rsquo;auraient pas attendu trois ou quatre mois de plus comme l&rsquo;équipe des <strong>Revenants</strong>. Non, ils auraient réagi immédiatement afin de ne pas laisser retomber l’effet de la saison 1.</p>
<p>Ainsi, dans un monde idéal, dans un univers alternatif fantasmé par ces amateurs de séries qui aimeraient voir bien voir les Français s&rsquo;exprimer davantage à travers ce format, la société de production Haut et Court aurait été à même de fournir la saison 2 dès la rentrée de septembre 2013. Mais nous parlons ici d’un monde fantasmé des séries françaises, qui fonctionnerait selon le modèle des Américains, des Anglais ou bien des Coréens, mais qui parlerait de la France et des Français. Or nous sommes en France, le pays où la télévision prend un minimum de risques, pour un minimum de créativité et de souplesse. Le pays où les chaînes de télé n’ont toujours pas compris le sens du terme compétitivité dès lors qu’il se décline à l’international.</p>
<p>Car c’est bien de cela dont il faut se préoccuper aujourd’hui avec le développement massif d’offres numériques : la compétitivité. Il se trouve que la série <strong>Les Revenants</strong> connaît un excellent accueil dans les pays où elle a été achetée, notamment en Angleterre, où elle a été diffusée à partir du 9 juin 2013. En se révélant incapable de fournir la suite dès l’année suivante, le système français montre son inefficacité, sa lourdeur. Et lorsque la saison 2 arrivera sur le marché international, l’effet de la saison 1 sera en grande partie retombé (sans compter que les jeunes acteurs auront grandi). « Création originale Canal Plus » ou non.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-365" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-04.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-04.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-04-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/les-revenants-04-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Précisons au passage que si les États-Unis et l’Angleterre ont une expérience des séries télévisées de plusieurs décennies, le modèle sud-coréen est encore relativement jeune. Et il nous coiffe déjà au poteau sur tous les tableaux, notamment en termes de rythme de production et de réactivité (sans parler de la qualité des scénarios et de la réalisation, mais <strong>Les Revenants</strong> constitue sur ce plan un mauvais exemple puisqu’il s’agit d’une des seules séries françaises à pouvoir se mesurer aux productions étrangères).</p>
<p>Partis comme nous sommes, avec un système sclérosé qui met des années à réagir à un succès pourtant immédiat comme celui des <strong>Revenants</strong> (1,4 million de téléspectateurs dès le premier épisode), les séries françaises ne pourront jamais s’imposer sur le marché international. Elles sont en train de rater le coche du numérique. Même Canal Plus, qui a au moins le mérite de fournir des « créations originales » (ce qui est la moindre des choses) ne parviendra jamais à suivre le rythme de ses concurrents étrangers.</p>
<p>Si le modèle français n’est pas revu en profondeur, il y a fort à parier que <strong>Les Revenants</strong> demeure encore pour un bon moment l’exception qui confirme la règle dans le paysage déprimant des séries TV françaises…</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
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		<title>Les César, célébration du cinéma français&#8230; Nan, j&#8217;déconne !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Aug 2019 20:43:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dossiers Ciné]]></category>
		<category><![CDATA[Dramas & Séries TV]]></category>
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					<description><![CDATA[J&#8217;ai écrit ce billet de protestation sur Agoravox en 2013, après avoir regardé avec consternation la 38e Cérémonie des Césars 2013&#8230; L&#8217;article a attiré plus de 17000 visiteurs ! Le cinéma français a-t-il perdu ses valeurs ? C’est la question que l&#8217;on pouvait légitimement se poser vendredi soir dernier devant la 38e Cérémonie des César.&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>J&rsquo;ai écrit ce billet de protestation sur Agoravox en 2013, après avoir regardé avec consternation la 38e Cérémonie des Césars 2013&#8230; L&rsquo;article a attiré plus de 17000 visiteurs !</strong></p>
<p>Le cinéma français a-t-il perdu ses valeurs ? C’est la question que l&rsquo;on pouvait légitimement se poser vendredi soir dernier devant la <strong>38<sup>e</sup> Cérémonie des César</strong>.</p>
<p>Absence de passion, manque de respects envers les aînés, mépris des techniciens, blagues déplacées voire misogynes, langage vulgaire… Tel était le programme que nous avaient réservé Antoine De Caunes, Jamel Debbouze et une grande partie de ceux qui ont fait un détour par la scène du Théâtre du Châtelet. Le propos de ce billet n’est pas de commenter le palmarès, ce que d’autres ont déjà fait abondamment dans la presse, mais de livrer et d’expliquer le sentiment de consternation teinté de tristesse que nous a laissé cette soirée.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-881" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/amour-haneke-01.jpg" alt="" width="800" height="450" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/amour-haneke-01.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/amour-haneke-01-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/amour-haneke-01-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></p>
<h2>Paillettes et private jokes</h2>
<p>Ce jour-là, donc, j’ai assisté à l’un des spectacles les plus affligeants qu’il m’ait été donné de voir ces dernières années à la télévision : la 38<sup>e</sup> Cérémonie des César !</p>
<p>Cérémonie ? Moi, j’ai dit Cérémonie, bizarre, comme c’est étrange. Pourquoi aurais-je dit « Cérémonie », bizarre… Où était le glamour, où était le frisson, où était la passion ; et surtout, où était l’hommage au cinéma ?</p>
<p>Ce que j’ai vu à l’écran ressemblait davantage à une soirée ratée entre potes dans un bistrot de luxe, où chacun irait de sa petite blague, quitte à verser dans le <em>private joke</em>, histoire de maintenir l’assemblée à peu près éveillée. A ceci près que la fête mobiliserait un budget conséquent et une gigantesque équipe de techniciens, afin que mesdames et messieurs les « stars » se sentent bien chez eux.</p>
<p>Certes, les Cérémonies des César ont toujours été barbantes. Rien à voir avec les Oscars, dont les soirées sont envahies d&rsquo;images de films et rythmées par des morceaux de musique et autres festivités. Toutefois, chaque année en France, on se réjouit de voir un réalisateur, une actrice ou un acteur que l’on admire recevoir son prix (cette année, le prix décerné à l&rsquo;acteur belge Matthias Schoenaerts, que j&rsquo;ai adoré dans <strong>De Rouille et d&rsquo;Os</strong> et <strong>Bullhead</strong>, m&rsquo;a fait chaud au cœur). Ne serait-ce que pour ces quelques secondes de discours ému, d’hommage aux partenaires ou collaborateurs, le spectateur a l’impression de ne pas avoir complètement perdu son temps en regardant l’émission en direct, et non en replay sur YouTube.</p>
<p>Mais cette année-là, malgré quelques discours touchants, la Cérémonie des César dans son ensemble m’a plongée dans un état d’exaspération, voire de révolte. Au point que, croyez-le ou non, moi qui m’énerve de l’intervention de plus en plus intrusive de Twitter à la télévision (oui, je sais, il faudra s&rsquo;y faire), je me suis prise à tweeter plusieurs fois dans la soirée sur le tag #Cesar2013 !</p>
<h2>Tenues de soirée et bras ballants</h2>
<p>Est-ce le manque de classe des intervenants qui m’a le plus exaspérée ?<br />
Pour commencer, au risque de verser dans le « people », la première chose qui frappe est l’incapacité des Français à apporter du rêve sur un tapis rouge. Non, ce ne sont pas des considérations accessoires : une fois par an, aux César, nos stars sont censées nous donner cela – du glamour, du rêve. Faire rêver fait partie de la fonction des stars dans la société. C&rsquo;est ce qui justifie, aux yeux du public, le luxe dans lequel elles évoluent.</p>
<p>Aux Etats-Unis, il faut les voir, les actrices, déambuler sur les tapis rouge avec un maintien parfait, des silhouettes vertigineuses soulignées par des robes aux tissus somptueux, aux couleurs flamboyantes (aux Golden Globes 2013, le rouge était la <em>it-color</em>). On se souvient encore de la superbe robe blanche d’<a href="https://s.plurielles.fr/mmdia/i/66/3/anne-hathaway-sur-le-tapis-rouge-des-oscars-2009-2762663twuum.jpg?v=1">Anne Hathaway aux Oscar 2009</a>, ou de la robe mauve de <a href="https://www.puretrend.com/media/enceinte-natalie-portman-est-tout_m484056">Natalie Portman aux Oscars 2011</a> (enceinte et toujours aussi gracieuse). Magique.</p>
<p>En France, rien de tout cela. Les actrices portent des robes qui ne leur vont pas, se tiennent de manière disgracieuse, les bras ballants et les épaules tombantes, quand elles ne trébuchent pas en route. Bref, elles ne font pas rêver, à quelques exceptions près (Virginie Ledoyen, Céline Salette et quelques autres avaient fait un effort. Bérénice Béjo, quant à elle, avait opté pour un étrange style fée des bois). La tenue de <a href="http://www.purepeople.com/article/cesar-2013-charlotte-gainsbourg-divine-et-emue-illumine-le-defile-de-stars_a116141/1">Charlotte Gainsbourg cette année</a>, par exemple, n’était pas aussi laide à l’écran que sur les photos, mais est-ce vraiment une tenue de soirée ? D’ailleurs, quelle est cette nouvelle mode, chez les actrices françaises, consistant depuis quelques années à ne pas mettre de soutien-gorge ?</p>
<p>Il y avait tout de même un petit mieux par rapport à la cérémonie de l’année dernière, aux César 2012, où l’on avait véritablement touché le fond en matière de mode – le traumatisme causé par <a href="http://www.purepeople.com/media/sylvie-testud-lors-de-la-37eme_m801488">l’horrible complet de Sylvie Testud</a>, décolleté jusqu’au nombril, avec rien en-dessous (pas même un soutif), m’a laissé de profondes blessures.</p>
<p>De leur côté, les acteurs ne brillent pas non plus par leur prestance et semblent avoir définitivement adopté le port de l’uniforme façon <em>men in black</em>. L&rsquo;austérité est de rigueur. Un petit détour par les cérémonies sud-coréennes prouve pourtant qu’un homme peut s’extirper de la malédiction du tout-en-noir et rester élégant, tel <a href="https://www.hancinema.net/photos/photo270568.jpg">Joo Won aux KBS Drama Awards 2012</a> ou même <a href="https://kdramachoa.com/wp-content/uploads/2012/12/shinee-minho.jpg">Choi Minho tout de bleu vêtu aux SBS Drama Awards 2012</a>. Même en noir, il est possible d&rsquo;apporter un peu de fantaisie en jouant sur les textures comme <a href="https://i1058.photobucket.com/albums/t413/javabeansdb/news/2012/news12a/12bda_kimsoohyun4.jpg">Kim Soo Hyun aux MBC Drama Awards 2012</a>. Plus proche de nous, les Anglais donnaient aussi le ton aux récents Bafta Awards, avec des tenues élégantes et plus osées que les Français. Même <a href="https://www.dailymail.co.uk/tvshowbiz/article-2276677/BAFTA-Awards-2013-Marion-Cotillard-reveals-Dior-panel-dress.html">Marion Cotillard</a> s&rsquo;habille mieux à l&rsquo;étranger.</p>
<p>Pour ces César 2013, je me demande bien ce que les magazines people auront bien pu inventer pour vanter les mérites du tapis rouge… S’ils veulent être invités l’année prochaine, il y a intérêt à faire preuve d’imagination (bon courage, les gars !).</p>
<p>Ces considérations vestimentaires peuvent paraître futiles mais elles expriment le premier manquement de nos stars à leur fonction dans la société. Sans surprise, ces tenues allaient de pair avec un manque d’élégance dans les comportements, cependant que le luxe était vanté à plus d’une reprise (la mention des costumes Lanvin, du Fouquet’s, etc.).</p>
<h2>La palme de la vulgarité</h2>
<p>Reste à déterminer qui, d’Antoine De Caunes en maître de cérémonie, de Jamel Debbouze en président ou de tous les remettants, remporte la palme de la vulgarité.</p>
<p>Attardons-nous un instant sur Antoine De Caunes. Maître de Cérémonie entre 1996 et 1999 puis en 2008, 2009 et de 2011 à 2013, l’ancien animateur de <strong>Nulle Part Ailleurs</strong>, aujourd’hui acteur, scénariste et réalisateur, peut se targuer de détenir le record du nombre de présentations des César. Jusqu’à présent, j’ai toujours apprécié son humour cinglant et pince-sans-rire, même s&rsquo;il s&rsquo;égare parfois un peu trop, et avec plus ou moins de bonheur, dans le registre politique. Mais cette année, je ne sais pas ce qui lui a pris mais M. De Caunes s’est littéralement vautré avec des blagues toutes moins drôles les unes que les autres. L’animateur s’est même montré à plus d’une reprise déplaisant, notamment lorsqu’il s’est livré à un speech misogyne à l’adresse d’Aurélie Filippetti, Ministre de la Culture.</p>
<p>Réserver une petite vanne à cette dernière sur ses écrits érotiques passés aurait été une chose, mais choisir cet argument comme angle unique de son discours, après avoir lancé au cours de la soirée quelques piques sur la parité, en est une autre. On est à la limite de l&rsquo;insulte.</p>
<p>M. De Caunes, si l’exercice ne vous inspire plus, il est peut-être temps de passer le flambeau.</p>
<p>Mais là n’est pas le pire, loin de là. Ce n’est qu’une goutte d’eau venue faire déborder un vase déjà bien rempli par la vulgarité et le manque de respect qui caractérisait cette soirée.</p>
<p>Parlons du niveau de langue employé. Faut-il rappeler le devoir de chacun, dans une cérémonie de ce genre, de s’exprimer dans un langage correct ? Pour rappel, il s’agit d’une cérémonie &#8211; oui, une cérémonie &#8211; au cours de laquelle sont remis les prix décernés par l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma, soit une institution à caractère culturel. Aussi nos acteurs, réalisateurs et techniciens sont-ils censés incarner, le temps d’une soirée, une discipline comprise dans ce que l’on appelle la Culture &#8211; si pompeux ce mot soit-il devenu de nos jours, apparemment.</p>
<p>On a souvent reproché aux César d&rsquo;être trop guindés. Mais il y a peut-être un malentendu sur ce reproche : c&rsquo;était la froideur du public qui était pointée du doigt. Cette année, le relâchement était de mise sur la scène&#8230; devant un public toujours aussi glacial.</p>
<p>D&rsquo;autre part, si un écart de langage peut produire son effet et s’avérer très drôle quand tout le monde s’exprime dans un langage juste ce qu&rsquo;il faut châtié, j’ai du mal à accepter d’entendre tous les remettants s’exprimer comme s’ils étaient au bar ou dans le hall de leur immeuble. Il y a des moments pour chaque chose, pour être familier, pour être cool mais aussi pour être digne et avoir de la tenue. Est-ce trop demander que d’attendre un peu de classe de la part des intervenants à la Cérémonie des César ?</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-882" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/le-prenom-01.jpg" alt="" width="800" height="533" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/le-prenom-01.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/le-prenom-01-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/le-prenom-01-768x512.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/le-prenom-01-272x182.jpg 272w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></p>
<p><em>« Nan, j’déconne ! Ça va, calmez-vous, les mecs, on rigole ! »</em>, disait Jamel Debbouze, Président de la Cérémonie (mais qui a eu l&rsquo;idée saugrenue de le mettre à cette place ? Sa carrière cinématographique justifie-t-elle un tel honneur ?), juste avant de remettre le César du Meilleur Film à <strong>Amour</strong> de Michael Haneke. Ne parlons même pas de Lambert Wilson qui, non content de nous avoir réservé un sketche pitoyable au moment de remettre le César du Meilleur Espoir Féminin, mâchait du chewing-gum pendant la soirée.</p>
<p>Qu’est-ce qui explique un tel relâchement de la part des intervenants ? Une explication possible : ces « stars » sont blasées par ce genre cérémonie. Et peu importe si d’autres, toujours dans l’ombre, rêvent de monter un jour sur scène pour se voir remettre une récompense.</p>
<p>Ainsi, il n’est pas outrancier de mettre un mot sur l’attitude de nos « stars » : le mépris.<br />
Le mépris des confrères et des techniciens était d’ailleurs manifeste chez un certains nombre d’invités.</p>
<p>L’année dernière, nous avons eu droit à une Mathilde Seigner venue remettre, complètement bourrée, le prix du meilleur second rôle masculin à Michel Blanc (étrangement absent de la soirée cette année), humiliant au passage ce dernier en soulignant qu’elle aurait préféré que Joey Starr soit récompensé. L’ancienneté et le talent de M. Blanc ne méritait-il pas un peu de respect ? Il paraît que Joey Starr l’avait fait boire de l’alcool avant la soirée, confiait-il lui-même récemment à <em>La Nouvelle République</em>…</p>
<p>En tout cas, il avait dû être sacrément déçu de ne pas avoir eu le prix ! C&rsquo;est sans doute ce qui explique qu&rsquo;il ait gâché cette année son moment de gloire à Valérie Benguigui, lauréate du César du meilleur second rôle féminin pour <strong>Le Prénom</strong>. Mais alors qu’il était du devoir du maître de cérémonie de recadrer l’acteur afin qu’il mette en sourdine sa rustrerie, Antoine De Caunes a préféré enfoncer le clou en priant gentiment l’actrice, pourtant visiblement émue, d’activer et de foutre le camp.</p>
<h2>La cérémonie où l&rsquo;on se moque des techniciens</h2>
<p>De leur côté, les Kaïra ont mis beaucoup de zèle à ruiner le moment de gloire des ingénieurs du son du film <strong>Cloclo</strong>. Alors que les trois lauréats, visiblement peu habitués à s’exprimer en public (tout le monde n’est pas coaché pour l’exercice), faisaient timidement leur discours, les Kaïra ont entrepris de divertir la salle en faisant de la trottinette sur la scène – avec la complicité d’Antoine De Caunes, bien entendu. C’est aussi ça, la classe française. Du coup, légèrement distraite, je n&rsquo;ai rien écouté au discours, je l&rsquo;avoue. Naaan, j’déconne !</p>
<p>En vérité, je n’ai jamais vu un tel mépris des autres que pendant cette soirée des César 2013. Je n’ai jamais vu des « stars » afficher aussi ostensiblement leur dédain pour les personnes qu’ils considèrent comme ayant un statut inférieur ou une célébrité moindre.</p>
<p>Comme nous le savons, le milieu du cinéma est extrêmement hiérarchisé. Il n’y a qu’à mettre les pieds sur un plateau de tournage pour s’en rendre compte. Malgré tout, l&rsquo;esprit d&rsquo;équipe, nécessaire à une production aussi laborieuse que celle d&rsquo;un film, y est tout aussi palpable. Ainsi, en général, lors de cérémonies officielles, le cinéma est à l’honneur pour ses qualités artistiques mais aussi pour l’investissement des équipes, que certains primés n&rsquo;hésitent pas à souligner. Mais pas aux César 2013, la cérémonie où l&rsquo;on se moque des ingénieurs du son. De même, habituellement, les acteurs nouveaux dans la « famille du cinéma » manifestent leur respect vis-à-vis des plus anciens.</p>
<p>Certains sont même gênés d&rsquo;être primés face à des vétérans. Ces valeurs se sont visiblement perdues en route, si l’on en croit l’attitude de M. Starr, dont la filmographie certes intéressante mais pas encore aussi fournie que celle de Mme Benguigi, qui a plus d&rsquo;ancienneté dans le métier, ne justifie pas qu’il affiche un tel manque de respect. Si j&rsquo;étais lui, je lui ferais des excuses.</p>
<p>Mais naaaan, j’déconne !</p>
<p>Quelques minutes plus tard, Kevin Costner, tiré du long sommeil dans lequel il était plongé pendant tout le reste de la soirée, recevait son César d&rsquo;Honneur. Sincèrement touché, il rendait hommage au passage à tous les chauffeurs et techniciens qui se lèvent tôt pour assurer le confort des autres.</p>
<p>Seul temps fort de la soirée, le discours émouvant de Kevin Costner était précédé d&rsquo;un superbe montage d’images de ses films réalisé en coulisse par des petites mains dont nous ne saurons pas les noms (pensez-vous !) mais qui ont su saisir sa présence, son regard, à travers des morceaux choisis de <strong>Danse avec les Loups</strong>, <strong>Sens Unique</strong>, <strong>Robin des Bois</strong> ou encore<strong> Les Incorruptibles</strong>.</p>
<p>En somme, Kevin Costner était la seule véritable star de la soirée, la seule qui nous a apporté un peu de rêve, d’émotion et des valeurs – celles du cinéma. En bref, tout ce que nos « stars » ont piétiné tout au long de cette pathétique soirée, avec la bénédiction d’Antoine De Caunes, de Jamel Debbouze et de toute l’Académie. Une soirée, au cours de laquelle, le chapitre Costner mis à part, nous n&rsquo;avons pas vu beaucoup d&rsquo;images de cinéma.</p>
<p>Les César, une farce ? Naaan, j’déconne !</p>
<p>Comme disait Lino Ventura dans <strong>Les Tontons Flingueurs</strong> : les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<p><em>A noter que cet article a également été publié lundi 25/02 sur <a href="https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/cesar-2013-la-honte-du-cinema-131311">Agoravox</a> sous le titre « César 2013 : la honte du cinéma français » (j&rsquo;avais peur que le mot « déconne » ne passe pas), puis sur <a href="https://www.stellarsisters.com">Stellarsisters.com</a>.</em></p>
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		<title>TPMP : Enora Malagré embrassée de force : dérapage ou agression sexuelle ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Aug 2019 20:35:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dramas & Séries TV]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
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					<description><![CDATA[Le mardi 28 octobre 2014, sur le plateau de Touche Pas à mon Poste, le « jeu du bisou » a donné lieu à un baiser forcé de Jean-Michel Maire à Enora Malagré. Dérapage ou agression sexuelle ? Choisissez votre camp. J&#8217;ai choisi le mien. L’incident était-il imprévu ou mis en scène ? En tout&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le mardi 28 octobre 2014, sur le plateau de Touche Pas à mon Poste, le « jeu du bisou » a donné lieu à un baiser forcé de Jean-Michel Maire à Enora Malagré. Dérapage ou agression sexuelle ? Choisissez votre camp. J&rsquo;ai choisi le mien.</strong></p>
<p>L’incident était-il imprévu ou mis en scène ? En tout cas, il est probable que bon nombre de spectatrices se soient identifiées à la chroniqueuse. Et mine de rien, c’était bref mais violent. Et éloquent sur le respect de la télé française vis-à-vis des femmes. La vidéo est disponible en replay sur le site de D8. Apparemment, ils en sont fiers. Quoique, à y regarder de plus près, ils ont soigneusement évité de l’inclure dans le best of de la semaine et de l’évoquer dans leur communication Twitter et Facebook… Quant aux retombées dans la presse : nada.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-136" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/tpmp-enora-malagre-imgune.jpg" alt="" width="620" height="465" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/tpmp-enora-malagre-imgune.jpg 620w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/tpmp-enora-malagre-imgune-300x225.jpg 300w" sizes="(max-width: 620px) 100vw, 620px" />Mais avant d’en venir à l’événement qui m’a poussé à écrire ce billet, laissez-moi vous raconter une anecdote personnelle.</p>
<p>Il y a quelques années de cela, sur mon lieu de travail, j’ai assisté à un épisode qui m’a laissée pantoise entre une technicienne audiovisuelle et l’un des directeurs de la société où je travaillais. Cela s’est produit en plein après-midi, au cours de l’une des nombreuses séances de « déconnade » qui ponctuaient nos journées (et ralentissaient notre travail), à coup de hurlements et de rires gras.</p>
<p>En plein délire, plusieurs collègues masculins taquinent la technicienne, vingt-deux ans à tout casser, depuis un bon quart d’heure. Habituée à une certaine dose de bruit dans cette entreprise, je ne prête pas vraiment attention à tout cela. Jusqu’à ce que la jeune fille, encouragée par ces messieurs, interpelle familièrement notre directeur commercial, la quarantaine, situé dans la pièce voisine. Alors que les rires éclatent, j’entends glisser la porte coulissante qui sépare les deux pièces. Le directeur interpellé surgit brusquement et s’avance d’un pas déterminé vers la jeune fille. Bientôt, elle se retrouve coincée en position assise sur une table, le dos au mur, cependant que le bonhomme commence à déboucler sa ceinture, mimant le début d’une tentative de viol et répétant : « Comment tu m’as parlé, toi ? ». Un peu sonnée, la jeune fille s’excuse platement, le bras tendu pour le repousser. « Je déconne », conclut le bonhomme quelques secondes plus tard, relâchant sa prise et en rebouclant sa ceinture. Gros éclat de rire général, du moins parmi la population masculine de la pièce. Quant à moi, je reste pétrifiée, les doigts figés sur mon clavier, tout comme les autres femmes situées dans les parages.</p>
<p>L’épisode n’a duré que quelques secondes mais il m’a suffisamment marquée pour que j’en parle aujourd’hui. N’étant pas proche de cette technicienne, je n’ai jamais abordé le sujet avec elle par la suite.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-135" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/tpmp-enora-malagre-04.jpg" alt="" width="640" height="360" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/tpmp-enora-malagre-04.jpg 640w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/tpmp-enora-malagre-04-300x169.jpg 300w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" />Il y a quelques jours, sur le plateau de <strong>Touche Pas à mon Poste</strong>, il s’est produit quelque chose de choquant qui m’a rappelé le charmant épisode décrit plus haut. Difficile de dire s’il s’agit d’un véritable dérapage ou si la situation a été mise en scène – après tout, c’est de la télé, nous dira-t-on. Mouais.</p>
<p>Cela s’est passé mardi 28 octobre 2014. La victime présumée : Enora Malagré. Le coupable présumé : Jean-Michel Maire, avec la complicité active de Jean-Luc Lemoine. Ce qui m’a choquée : des coups de langues forcés de Jean-Michel Maire sur le visage d’une Enora Malagré retenue de force par un autre collègue, le tout sous les encouragements du public.</p>
<p>Si cette scène était répétée, elle était d’un goût plus que douteux, pour ne pas dire totalement indigne pour les personnes impliquées. Si elle est n’était pas prévue, on peut parler alors bel et bien d’une agression sexuelle. En direct à la télé.</p>
<p>Pour voir cet inoubliable moment de télé qu’est le « Jeu du bisou » dans son intégralité, c’est ici.<br />
[update 15-10-2016: l’extrait n’est malheureusement plus disponible et introuvable sur le web]</p>
<p>Nous devons donc cet épisode glauque à ce qu’ils appellent le « Jeu du Bisou ». Le principe ? Les chroniqueurs se badigeonnent de rouge à lèvres et sont soumis à un jeu de devinettes. Celui qui trouve la bonne réponse le premier a le droit d’embrasser deux autres joueurs pour les éliminer. Si le jeu s’avère vite assez crade dans la pratique, l’élimination de Valérie Benaïm et Isabelle Morini-Bosc se déroulent de manière plutôt bon enfant. Mais le meilleur reste à venir. Car dans le dernier round, Enora Malagré fait partie des finalistes aux côtés de Jean-Luc Lemoine et surtout Jean-Michel Maire, qui comme nous le savons entretient un personnage de vieux beau obsédé sexuel.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-134" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/tpmp-enora-malagre-03.jpg" alt="" width="670" height="440" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/tpmp-enora-malagre-03.jpg 670w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/tpmp-enora-malagre-03-300x197.jpg 300w" sizes="(max-width: 670px) 100vw, 670px" />Lorsque Jean-Michel Maire gagne le jeu, il doit embrasser ses deux collègues. Or le bonhomme s’est badigeonné non seulement la bouche mais aussi la langue de rouge à lèvre, suggérant qu’il ne va pas se contenter de quelques bisous. L’affaire se déroule dans la rigolade avec sa victime masculine, Jean-Luc Lemoine, qui se retrouve la joue décorée de rouge comme ses collègues. Avec Enora Malagré, les choses se gâtent. Quand il lui saisit sans ménagement le visage, la chroniqueuse signifie explicitement et de manière très sonore son refus et parvient à se dégager de sa chaise. Poursuivie autour de la table par un Jean-Michel Maire qui n’a visiblement cure de son refus, la jeune femme insiste : « Nan, dans tes rêves ! Tu me dégoûtes, je veux pas ! Non ! ». Tout cela aurait peut-être pu s’arrêter si Thierry Moreau n’avait pas attrapé la jeune femme par la main, et surtout si Jean-Luc Lemoine n’était pas intervenu. Sans qu’on sache quelle mouche l’a piqué, ce dernier prend en traître Enora Malgré en la saisissant par les poignets et en la retournant avant de l’immobiliser fermement. Se sentant pousser des ailes, Jean-Michel Maire met son projet à exécution : tandis que la chroniqueuse se débat énergiquement, il lui saisit la tête de force, la tenant par les cheveux avec une main et levant son visage de l’autre, avant de la lécher allègrement…</p>
<p>Cela ne dure que quelques secondes mais voir une jeune femme se faire immobiliser et traiter de la sorte est très violent. D’autant que le public encourage ! Pendant quelques secondes, on se croirait devant une scène de viol collectif. Au milieu de ce vacarme hilare, une petite voix suraiguë, celle de Cyril Hanouna, tente timidement d’arrêter les deux hommes. Au final, Enora Malgré sera brièvement réconfortée par l’animateur. Elle reprendra vite le contrôle d’elle-même et retournera sagement à sa place, menaçant pathétiquement Jean-Michel Maire de le démolir à la radio.</p>
<p>Si je résume l’épisode, nous avons eu droit à une agression sexuelle en direct à la télévision. Oui, Messieurs, Mesdames. Lorsqu’une dit très clairement « Non ! », se fait immobiliser de force et subit des attouchements à caractère sexuel sous la contrainte, on parle d’agression sexuelle.<br />
Voici très précisément ce qu’en dit le Droit français, Code pénal, article 222-22 : « Constitue une agression sexuelle toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise ». Pour ceux qui en doutent encore : oui, se faire lécher est sexuel. Ajoutons que la présence d’un complice constitue une circonstance aggravante.</p>
<p>Mais le pire est peut-être ce qui se passe ensuite. Enora Malagré ébouriffée, retrouvant son calme et revenant à sa place, tout en lançant quelques boutades. Il ne faut pas blâmer Enora Malagré de son manque de révolte : elle est en direct à la télévision, elle se comporte de manière professionnelle. De toute façon, ce genre d’agression « pour déconner » est très perverse : elle oblige la victime à accepter la chose afin de rester intégrée au groupe – et de garder son job. Tout naturellement, la victime arbore immédiatement après une attitude cool afin de garder la face. Comme le fit il y a quelques années ma jeune collègue, qui est devenue toute rouge mais a commencé à rire jaune dans les secondes qui ont suivi son humiliation.<br />
Si elle l’ouvre, on lui dira qu’elle n’a pas d’humour, qu’elle se victimise, qu’elle est une chieuse. Car si l’objet du litige constitue un manque de respect total, on pourra toujours dire qu&rsquo; »il n’y a pas mort d’homme ». Et finalement, personne ne sera solidaire.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-133" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/tpmp-enora-malagre-02.jpg" alt="" width="396" height="294" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/tpmp-enora-malagre-02.jpg 396w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/tpmp-enora-malagre-02-300x223.jpg 300w" sizes="(max-width: 396px) 100vw, 396px" />Certes, il n’y a pas mort d’homme, me direz-vous. Il y a pire que se faire lécher le visage (quoique, il s’agit tout de même de Jean-Michel Maire, pas de Brad Pitt). Mais en acceptant une atteinte de ce genre, Enora Malagré fait acte de soumission et repousse insidieusement ses limites de tolérance. Ses collègues grignotent une partie du territoire sacré que l’on nomme « respect ». Quelle sera la prochaine frontière abattue par Jean-Michel Maire ou ses collègues ? A quand un jeu dans <strong>TPMP</strong> consistant à lécher les seins des perdants, et surtout des perdantes ?</p>
<p>Il ne m’appartient pas de présumer des sentiments d’Enora Malgré vis-à-vis de cet épisode. Mais une chose est sûre, en tant que spectatrice, la pilule a du mal à passer. Je ne pense pas être la seule chez qui cette scène a ravivé des souvenirs de comportements sexistes, d’attouchements voire de violences en entreprise, en milieu étudiant ou encore en soirée.</p>
<p>Ce soir-là, dans <strong>Touche Pas à mon Poste</strong>, nous avons assisté à la prise de pouvoir d’un homme sur une femme, avec la complicité d’un autre homme et avec emploi de la force physique, le tout sous les applaudissements. Le message renvoyé est édifiant : pour les hommes, il s’agit ni plus ni moins que d’une incitation à l’agression sexuelle, ou du moins d’une dédramatisation de ce type d’agression. Pour les femmes, d’un encouragement à se taire et à accepter l’idée que l’on peut être agressée de cette manière à tout moment, que cela fait partie du jeu.</p>
<p>Il est vrai que Touche Pas à mon Poste n’en est pas à son coup d’essai en termes de manque de respect des femmes. Rarement une émission n’aura connu une telle dégringolade sur ce thème. Il n’y a qu’à voir la manière dont Nabilla Bénattia était traitée la semaine précédente par Julien Courbet, qui remplaçait Cyril Hanouna. Il faut voir aussi, dans le « off » présenté par Jean-Luc Lemoine, la manière dégradante dont Jean-Michel Maire parle des filles du public (je cite : « je vais la niquer, celle-là »), comme s’il revendiquait un droit de cuissage sur ces filles qui n’ont pas la parole – et sont donc forcément disponibles. Le 28 octobre 2014, il a exercé son droit de cuissage sur sa collègue.</p>
<blockquote><p><a href="https://lesecransdelodie.com/confessions-intimes-1-pourquoi-ces-emissions-sont-toxiques/"><em><strong>LIRE &#8211; Confessions intimes : pourquoi ces émissions sont toxiques</strong></em></a></p></blockquote>
<p>Je suis sidérée de voir que cet épisode qui s’apparente à de la téléréalité trash (celle-là même que critique tant Enora Malagré) n’ait pas fait de vague dans la presse, notamment sur le web où l’on a pris l’habitude de décortiquer le moindre mot de travers. Rien sur les sites dédiés au divertissement, rien sur les plateformes participatives des gros médias. Rien, à part sur une poignée de sites people, où l’on fait circuler l’extrait.</p>
<p>Sur Télé7jours, on parle tout de même d’un « dérapage », mais sur Closer, on décrit la scène de manière racoleuse en insistant sur la résistance de la chroniqueuse : « C’était sans compter sur l’aide de Jean-Luc Lemoine, qui a fini par attraper cette pauvre Enora et la tenir fermement pour que Jean-Michel Maire puisse mettre sa sentence à exécution… Et ce dernier lui a carrément léché le visage ! […] C’est ce qu’on appelle un BBB : un bisou bien baveux ! ». Apparemment, c’est drôle et c’est surtout sexy.</p>
<p>Quant aux comptes Twitter et Facebook officiels de <strong>Touche Pas à mon Poste</strong>, ils évitent soigneusement le sujet en axant leur communication sur le comportement de Gilles Verdez pendant le jeu…Il faut dire que l’épisode représente un échec cuisant pour Cyril Hanouna, qui en tant que MC aurait dû canaliser l’agressivité de ses collègues masculins vis-à-vis de sa collègue féminine. C’est une question de respect, avant tout envers elle mais aussi envers ses spectateurs, qui sont aussi, parfois, des spectatrices.</p>
<p>Il n’y a pas si longtemps, les médias du web ont fait tout un pataquès de l’emploi maladroit du mot « mongolienne » par Enora Malgré. Quand la même chroniqueuse se fait agresser sur le plateau, personne ne l’ouvre. Comme d’habitude en France, on s’insurge contre des paroles, mais on ne questionne pas les actes. En plus de témoigner du manque de respect dont les femmes sont de plus en plus l’objet à la télévision française, cet épisode démontre à quel point nos médias ont besoin de revoir leurs priorités en matière d’indignation.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
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		<title>Confessions intimes – 2 : précis scénaristique de l’émission</title>
		<link>https://lesecransdelodie.com/confessions-intimes-2-precis-scenaristique-de-lemission/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Aug 2019 20:29:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dramas & Séries TV]]></category>
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					<description><![CDATA[Entre voyeurisme et valeurs réactionnaires, notre précis des scénarios types utilisés dans ces programmes&#8230; Dans le chapitre précédent, nous avons décrypté les mécanismes de Confessions intimes et ses avatars, ces magazines-vérités qui gangrènent la télévision française actuelle (Tellement vrai, C’est ma vie et autres joyeusetés). D’aucuns diront qu’il suffit de ne pas regarder ces émissions.&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Entre voyeurisme et valeurs réactionnaires, notre précis des scénarios types utilisés dans ces programmes&#8230;</strong></p>
<p>Dans le <a href="https://lesecransdelodie.com/confessions-intimes-1-pourquoi-ces-emissions-sont-toxiques/">chapitre précédent</a>, nous avons décrypté les mécanismes de <strong>Confessions intimes</strong> et ses avatars, ces magazines-vérités qui gangrènent la télévision française actuelle (<strong>Tellement vrai</strong>, <strong>C’est ma vie</strong> et autres joyeusetés). D’aucuns diront qu’il suffit de ne pas regarder ces émissions. Mais il faut voir la réalité en face : si ces concepts sont déclinés à l’infini, c’est parce qu’ils ont su trouver leur public. Ce constat est d’autant plus déplorable que ces programmes, en plus de témoigner d’une véritable paresse créative de la part de nos chaînes de TV, colportent des stéréotypes pernicieux, quand ils ne se laissent pas aller à diffuser des images franchement douteuses.</p>
<p>L’opération <strong>Confessions intimes</strong> orchestrée par Rémi Gaillard a fait grand bruit : un responsable de TF1 a déclaré au Huffington Post qu’il n’excluait pas une action en justice pour diffamation, avant que l’humoriste publie sur sa page Facebook plusieurs des SMS bourrés de fautes d’orthographes que la journaliste avait envoyés à Ludivine et Aurélien pendant le tournage. Bref, la crédibilité de l’émission en a pris un coup. Pourtant, l’aventure continue sur TF1 : <strong>Confessions intimes</strong> persiste à nous gratifier chaque semaine de reportages tournant autour de ses thématiques préférées.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-126 size-full" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_marionjollesgrosjean.jpg" alt="Marion Jollès dans Confessions Intimes" width="584" height="360" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_marionjollesgrosjean.jpg 584w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_marionjollesgrosjean-300x185.jpg 300w" sizes="(max-width: 584px) 100vw, 584px" /><br />
Mais au fait, quelle est la cible de ces magazines télévisuels ?</p>
<p>La profusion de spots dédiés aux produits de régime, antirides et produits ménagers qui entrecoupent les programmes en dit long : le cœur de cible serait féminin. Oui mais nous parlons bien du cœur de cible, et pas forcément du public dans sa globalité, du moins si l’on en croit la multiplication des reportages consacrés à des (très) jeunes filles fières de leur physique et s’exhibant complaisamment devant les caméras.</p>
<p>Il suffira de parcourir la page Facebook de l’émission pour s’apercevoir que sous couvert de s’intéresser aux individus, <strong>Confessions intimes</strong> n’aborde en réalité qu’un nombre limité de sujet. Très limité. En vérité, on peut les compter sur les doigts de la main. C’est ainsi que je me suis livrée à un petit inventaire des scénarios-types de ce programme, des sujets que l’on retrouve d’ailleurs dans toutes les émissions de ce genre même si le ton est différent. A la manière des genres cinématographiques, ces sujets-types possèdent leurs codes, leurs archétypes. Ce qui veut dire qu’à force de répétition, ces chaînes de TV colportent les pires stéréotypes.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-114" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_05.jpg" alt="" width="480" height="270" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_05.jpg 480w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_05-300x169.jpg 300w" sizes="(max-width: 480px) 100vw, 480px" /><br />
On pourrait synthétiser ces clichés de la manière suivante :</p>
<ul>
<li>Femmes : il faudra choisir entre la mère ou la salope, la première ayant définitivement abandonné toute envie de séduction et la seconde se distinguant par un narcissisme pathologique et une arrogance extrême.</li>
<li>Hommes : Messieurs, choisissez votre camp entre deux espèces bien distinctes : l’insupportable macho ou la lavette, toute la palette de caractères situés entre les deux n’ayant pas droit de cité.</li>
<li>Provincial vs citadin : le premier représente la facette plus ou moins arriérée du Français d’aujourd’hui et le second son côté parfaitement superficiel.</li>
</ul>
<h2><strong>Fan de </strong></h2>
<p><em>Le pitch</em> : Monsieur entretient une passion excessive, que ce soit pour une star, pour sa moto ou pour un loisir quelconque. Passion que Madame ne supporte plus, ce qui la pousse à se conduire en véritable mégère. Comment le couple sortira-t-il de l’impasse?</p>
<p>Le canevas est fort bien reconstitué par Rémi Gaillard et ses complices dans « <em>Marre de vivre avec un éternel gamin</em> », diffusé le 16 avril (un prix d’interprétation pour Ludivine ?). Dans <strong>Confessions intimes</strong>, nous avons ainsi régulièrement droit au fan de Johnny Hallyday qui néglige sa femme, au sosie de Claude François qui néglige sa femme, à l’obsédé des bagnoles qui néglige sa femme… Le maître du genre demeure bien sûr le passionné des camions, personnage-culte qui nous a tous beaucoup marqués (« <em>J’aime les camions plus que ma femme</em> », rediffusé le 30 avril 2013). Le bonhomme a même une page Facebook de fans qui comporte plus de 1000 membres.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-125" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_10.jpg" alt="" width="540" height="304" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_10.jpg 540w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_10-300x169.jpg 300w" sizes="(max-width: 540px) 100vw, 540px" />ertes, en prenant ces reportages au premier degré, ces personnes paraissent pathétiques. Mais à y regarder de plus près, il y a quelque chose de dérangeant dans le monde défendu par ces émissions : le simple fait d’avoir un centre d’intérêt, ou pire, une passion, est-il donc si déviant ? Ainsi, un être humain normalement constitué se doit d’avoir un univers étriqué avec rien qui dépasse, pas même un soupçon de fantaisie.</p>
<p>Il faut tout de même apporter une nuance à ce principe, nuance induite par une conception du couple héritée du système patriarcal : les hommes, en éternels gamins qu’ils sont, sont les seuls habilités à posséder un jardin secret. Ils ont le monopole de la fantaisie, même s’ils ont parfois besoin d’être recadrés. Sous prétexte de les mettre dans le droit chemin, ces émissions pointent également du doigt leurs épouses qui apparaissent comme dépourvues de culture et d’imagination. Elles occupent en effet la double-place paradoxale de reine/esclave domestique. Ce rôle, elles le revendiquent avec une certaine ferveur, encouragées en cela par l’inénarrable Karine Grandval, la psy de <strong>Confessions intimes</strong>, qui n’en rate jamais une dès lors qu’il s’agit d’indiquer à chacun quelle est sa juste place au sein du foyer.</p>
<p>S’agissant du privilège des hommes d’avoir droit à une passion, il existe une exception, incarnée par un jeune homme de 20 ans passionné par un soap opéra, dans « <em>Mon fils est accro aux Feux de l’amour</em> » (<strong>Confessions intimes</strong> du 12 mars). Dans ce cas précis, il est clair que le sujet doit tout bonnement et simplement renoncer à sa passion. Le reportage aboutit tout de même à la destruction de toute sa collection de vidéos et de magazines accumulée sur des années. Une telle violence à l’encontre du jardin secret d’un jeune homme de 20 ans était-elle nécessaire ?</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-123" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_03.jpg" alt="" width="570" height="238" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_03.jpg 570w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_03-300x125.jpg 300w" sizes="(max-width: 570px) 100vw, 570px" />l fallait peut-être lire une autre crainte dans sa séance de « rééducation ». Il n’y a qu’à voir l’agressivité et le stress de la mère, qui a elle-même sollicité l’émission et qui ne cesse de répéter « <em>tu n’es pas normal</em> » à son fils. Tout cela parce que celui-ci se passionne pour une série a priori destinée aux femmes. Au cours du reportage, cette mère va jusqu’à l’emmener dans une boîte de nuit afin de l’obliger à draguer des filles, ce qu’il se montre bien évidemment incapable de faire sous l’œil d’une mère aussi castratrice ! Ce jeune homme était-il soupçonné d’être homosexuel ? Le terme ne sera pas prononcé. Mais l’acharnement de la psy, Karine Grandval, à détruire toute trace de sa série préférée est éloquent : elle le traite comme s’il était atteint d’une pathologie qu’il ne faut surtout pas essayer de comprendre mais simplement éradiquer (aucune question ne sera posée au garçon sur l’ambiance familiale, alors qu’il semble évident que le problème, s’il y en a un, vient de là).</p>
<p>Le spectateur, quant à lui, sera libre de penser que le fan « déviant », celui qui confond réalité et fantasme et a besoin de se faire soigner, c’est avant tout celui qui harcèle sa star en squattant les alentours de son domicile. Justement, dans le reportage, le jeune homme a rencontré son actrice préférée lors d’une projection organisée par un cinéma. Il n’a montré aucun signe de déséquilibre.</p>
<h2><strong>Miroir, mon beau miroir</strong></h2>
<p><em>Le pitch</em> : Madame est obsédée par son apparence et passe son temps à se contempler dans un miroir. Tremblant à l’idée de voir apparaître une ride ou de lire « +0,1 » sur sa balance, Madame développe des complexes irrationnels que Monsieur (qui n’est généralement pas un canon) peine à comprendre. Bien souvent, elle trouvera la solution à tous ses problèmes non pas en fréquentant un cabinet de psy, ni même en découvrant les joies de la lecture, mais en pénétrant dans une clinique de chirurgie esthétique.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-115" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_imgune.jpg" alt="" width="480" height="270" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_imgune.jpg 480w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_imgune-300x169.jpg 300w" sizes="(max-width: 480px) 100vw, 480px" />ous disions que les femmes n’avaient pas droit à des centres d’intérêt, à un peu de fantaisie… Avions-nous donc tort ? Absolument pas ! Le « centre d’intérêt » de ces femmes se résume à leur petite personne. Une manière d’entériner le cliché voulant que les femmes soient des êtres autocentrés, dont la seule préoccupation est l’apparence physique. Des femmes dévoilées sous un jour résolument pragmatique, donc, comme dans le thème précédent. A ceci près que ce pragmatisme n’est pas justifié par le besoin de faire tourner un foyer, mais s’avère dédié à la seule alternative qui semble permise aux femmes à la TV française aujourd’hui : être belle.</p>
<p>Outre leur caractère sexiste, ces sujets ont pour effet pernicieux de banaliser la chirurgie esthétique. Ainsi, dans le monde magique de <strong>Confessions intimes</strong>, on se rend chez son chirurgien plasticien comme on irait chez son dentiste, c’est-à-dire avec un soupçon d’angoisse mais guère plus. Une mentalité qui n’est jamais questionnée par les journalistes auteurs (ou coupables) de ces sujets.</p>
<p>Dans les épisodes les plus trash, que l’on pourrait faire entrer dans la sous-catégorie « <em>Méchante reine de Blanche-Neige</em> », Madame est non seulement narcissique mais elle entretient aussi une rivalité pathologique avec sa fille, l’empêchant ainsi de s’épanouir. Ce fut le cas dans le sujet « <em>Miroir, Miroir, dis moi que je suis plus belle que ma fille</em> » (<strong>Confessions Intimes,</strong> 9 avril 2013), épisode qui mettait en scène une mère narcissique rabaissant constamment sa fille sur le plan physique et oubliant sa position de mère. Cet épisode trouvait une conclusion consternante puisqu’elle s’achevait par une opération esthétique sur la jeune fille (une liposuccion), dans la joie et la bonne humeur. Au passage, la jeune fille, plutôt jolie, était âgée d’à peine plus de 20 ans et avait déjà subi une opération des seins. Non seulement aucun regard critique n’était apporté sur la décision de cette pauvre gamine, victime tout à la fois d’une mère toxique (si l’on prend le reportage au 1<sup>er</sup> degré) et de l’hyper-sexualisation du corps féminin dans la société, mais la relation mère/fille était présentée comme assainie après l’opération… Un happy end, en quelque sorte.</p>
<p>Encore une fois, il est certain que le reportage ne restitue pas la réalité de la relation entre ces deux femmes. Quelque soit cette réalité, l’équipe de <strong>Confessions intimes</strong> se rend responsable du propos développé par son reportage, propos d’autant plus malsain que la victime est très jeune.</p>
<h2>Super Size Me</h2>
<p><em>Le pitch</em> : Madame est obsédée par ses kilos. Logiquement, elle a besoin que toute la France soit au courant afin de perdre du poids. Dans certains cas, elle a de bonnes raisons de vouloir maigrir car ses kilos en trop menacent sa santé. Dans d’autres, elle est juste un peu ronde, voire parfaitement normale.</p>
<p>Le sujet sexiste par excellence. M6 lui a même dédié un programme à part entière : nous parlons bien sûr de l’édifiant <strong>Belle toute nue</strong>, d’abord diffusé sur Téva. Ne niez pas, vous l’avez déjà regardé vous aussi. Ce genre est à rapprocher du précédent : il s’agit une fois de plus d’une personne, le plus souvent une femme voire une adolescente, littéralement obsédée par son physique. Sauf que cette fois, ce n’est pas parce qu’elle se prend pour une déesse mais pour les raisons inverses : elle a d’énormes complexes.</p>
<p>Sous des dehors de quête d’affirmation se soi, le propos est toujours le même : nous démontrer que tout ce qui compte, pour une femme, c’est l’apparence physique. Sous entendu : pour une femme, la beauté est non seulement le seul talent féminin qui soit, mais aussi le principal indicateur de bonheur.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-113" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_04.jpg" alt="" width="500" height="277" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_04.jpg 500w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_04-300x166.jpg 300w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /><br />
Ces reportages sont également l’occasion, pour les journalistes, de filmer des jeunes filles en petite tenue dans leur chambre, se regardant l’air angoissé dans un miroir. Le tout sous couvert de déballer les complexes intimes de la participante, y compris lorsque celle-ci est une adolescente. Il semble que le CSA ne voie rien à redire à cela.</p>
<p>A propos de kilos en trop, il faudrait un jour que quelqu’un se dévoue pour faire une petite expérience : prendre tous les programmes d’une journée sur toutes les chaînes, en incluant les publicités, les magazines, les talk shows, etc., et compter le nombre de fois où l’ont parle du poids des femmes. Le résultat devrait être ahurissant.</p>
<h2><strong>Moi… Lolita</strong></h2>
<p><em>Le pitch</em> : une (très) jeune fille s’abîme jour et nuit dans la contemplation d’elle-même. Ses loisirs préférés ? Se faire belle, bien sûr, mais aussi faire du shopping. Son ambition dans la vie ? Devenir une star.</p>
<p>La variante djeuns du thème « <em>Miroir, mon beau miroir</em> » mérite que l’on s’y attarde. Comme dans le cas précédent, la jeune fille s’avère dénuée de tout univers intérieur et de tout projet professionnel. Son niveau de réflexion avoisine le zéro absolu, au point que l’on se demande si elle sait encore écrire vu qu’elle n’a jamais dû ouvrir un seul bouquin de sa vie. Ce qui n’empêche pas la voix-off du reportage de parler d’elle comme d’une « personnalité à part », comme si sa vacuité intellectuelle lui donnait un prestige particulier. Comme de bien entendu, cette caricature de la jeune fille d’aujourd’hui s’avère arrogante à l’extrême, voire franchement tête à claque (voir la fameuse Jessica de « <em>Je suis belle et j’assume</em> », <strong>Confessions intimes</strong>). A noter également que cette jeune fille, lorsqu’elle est célibataire, ne pense pas spécialement à se trouver un petit ami. Comme si son obsession de beauté était déconnectée de la fonction première de soin que l’on peut accorder à son apparence, à savoir la séduction, et se justifier par le seul besoin d’être admirée par… par qui, au fait ? Pas les autres, on suppose, ou par les caméras.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-124" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_08.jpg" alt="" width="640" height="352" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_08.jpg 640w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_08-300x165.jpg 300w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><br />
Lorsqu’un tel sujet est diffusé, il suffit de lire les réactions sur les forums débattant de ces émissions pour se rendre compte du rapport ambigu à ces jeunes filles que ce type d’émission encourage auprès du public féminin. Tout est calculé pour que les sujets apparaissent tour à tour comme détestables et admirables, afin qu’elles inspirent tout à la fois le mépris et l’envie. A noter que ce type de personnage existe aussi au masculin (voir le récent « <em>Je suis né pour être une star</em> », <strong>Confessions intimes</strong>) mais dans ces cas-là, au contraire de la jeune fille qui finira par obtenir une séance photo, le jeune homme, lui, devra réaliser le caractère ridicule de son obsession. Eh oui, dans le monde merveilleux de Confessions intimes, les ambitions sont décidément sexuées.</p>
<p>Si ce type de sujet peut s’intéresser à des garçons, les participants sont en grande majorité des jeunes filles ou jeunes femmes. Parfois des jeunes filles sorties tout juste de l’adolescence. Ce qui nous ramène à la question posée précédemment : le public-cible est-il exclusivement féminin ? Pas sûr si l’on en croit la manière dont ces programmes filment les participantes dans leur chambre ou dans leur salle de bain à moitié dénudées, parfois en sous-vêtements, ou bien prenant des poses sexy dans le cadre de séances photos coquines.</p>
<h2><strong>Damien* est de retour</strong></h2>
<p><em>(*Appellation en référence à l’enfant démoniaque du film La Malédiction de Richard Donner) </em></p>
<p><em>Le pitch</em> : Monsieur et Madame ne parviennent pas à gérer leur enfant (à mettre éventuellement au pluriel), lequel se comporte, il faut le dire, en véritable petit démon. Insolent, irrespectueux, parfois violent, l’enfant fait endurer un calvaire à ses parents, qui ne lui ont visiblement pas socialisé correctement. Bien sûr, à la fin de l’émission, même le plus hargneux des marmots nous semblera irrésistiblement mignon. Oui, car au fond, ce n’est qu’un enfant.</p>
<p>Au programme des réjouissances, démission du père et sentiment d’hyper-culpabilité de la mère. La femme moderne est montrée du doigt comme inapte à gérer son foyer ; et ce, même si cette femme moderne est bien souvent une femme au foyer (un constat frappant sur les programmes de M6, chaîne qui ne semble pas avoir entendu parler du concept de population active féminine). L’homme moderne est lui aussi montré du doigt comme incapable d’assurer son rôle de « chef de famille », une notion qui n’a plus cours aujourd’hui mais qui fait bel et bien partie du langage employé par notre chère Karine Grandval (<strong>Confessions intimes</strong>), véritable garante du système patriarcal.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-113" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_04.jpg" alt="" width="500" height="277" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_04.jpg 500w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_04-300x166.jpg 300w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /><br />
Il est fort probable que bon nombre de ces enfants ne soient pas aussi ingérables que ces émissions ne le laissent penser. A la grande époque de <strong>Super Nanny</strong>, en 2006, des parents avaient ainsi fait savoir que leurs enfants avaient été poussés par les journalistes à commettre des bêtises dans la cuisine, au mépris de toute considération de sécurité. Cette affaire a vaguement fait parler d’elle à l’époque car la famille s’était brouillée avec tout son voisinage suite à la diffusion de l’émission. Les suites de l’affaire n’ont pas été dévoilées.</p>
<p>On se demande aussi ce que ces enfants penseront à l’âge adulte, lorsqu’ils découvriront qu’ils ont été montrés à la télévision sous ce jour déplorable. Tout ça pour un petit moment de célébrité. Certes, comme l’a prouvé Rémi Gaillard, les journalistes manipulent les participants et scénarisent les sujets. Mais trêve de misérabilisme : il appartient aux parents de prendre leurs responsabilités ! N’ont-ils pas peur que leurs enfants les haïssent des années après ? Par exemple s’ils ont subi du harcèlement à l’école suite à ces émissions. Pour aller plus loin, à une époque pas si lointaine, il était considéré comme prudent de ne pas exposer ses enfants devant les caméras. Ils pouvaient par exemple devenir la cible de kidnappeurs, si les parents s’avéraient avoir une situation sociale aisée, ou même de pédophiles. Aujourd’hui, exposer ses enfants est devenu normal. Que penser des chaînes qui exploitent l’image de ces enfants, mais aussi de ces parents qui viennent pleurnicher devant les caméras alors qu’ils n’hésitent pas mettre en danger leur progéniture ?</p>
<h2><strong>Little Miss Sunshine</strong></h2>
<p><em>Le pitch</em> : Une combinaison des genres « <em>Damien est de retour</em> » et <em>« Moi… Lolita</em> ». Cette fois, nous avons droit à un enfant, garçon ou fille, qui se prend pour une star. Quand c’est un garçon, c’est en général parce qu’il a développé une compétence particulière, comme le chant ou la danse. Quand c’est une fille, devinez pour quelle raison elle se prend pour une star ? Parce qu’elle est la plus belle. Dans le monde magique de <strong>Confessions intimes</strong>, les ambitions sexuées apparaissent dès l’enfance.</p>
<p>Dans ces reportages, la mère apparait plus que jamais comme esclave des caprices de son enfant, tandis que le père est en général absent ou effacé. Le spectateur, quant à lui, tend à sympathiser avec le frère ou la sœur qui se retrouve réduit à l’état de mobilier, tandis que la « star » prend toute la place. Là où ces sujets se distinguent du genre « <em>Damien est de retour</em> », c’est dans le point de vue ambigu adopté par les journalistes qui semblent donner raison à ces enfants qui auraient pourtant bien besoin d’être recadrés. Ainsi, il n’est pas rare que le sujet se solde par la victoire de l’enfant dans un concours de beauté. L’occasion pour les cameramen de faire des plans bien racoleurs sur des petites filles attifées en femmes.</p>
<p>A quand un reportage explicitement pédophile ? On n’en est pas loin. On ne peut pas légiférer sur tout. Mais s’il est un terrain où les pouvoirs publics devraient peut-être poser un cadre, c’est sur l’exploitation de l’image des enfants. Il est temps qu’une loi interdise les concours de mini-miss !</p>
<h2><strong>Non, ma femme, tu n’iras pas danser</strong></h2>
<p><em>Le pitch</em> : Monsieur est extrêmement jaloux et ne supporte pas que Madame sorte de la maison. Dans les épisodes les plus trash, Monsieur persécute Madame au quotidien, la somme d’effectuer les tâches domestiques et de lui apporter son café, avant de l’insulter dès qu’elle enfile des talons aiguilles.</p>
<p>Le jour où le canular de Rémi Gaillard a été diffusé, c’est-à-dire le 9 avril 2013, nous avions pu découvrir dans la foulée un sujet de ce genre, qui s’intitulait « <em>Je ne veux pas être une femme soumise »</em>. Les séquences mises en scène se sont révélées particulièrement choquantes puisque le jeune homme rabaissait son amie à la moindre occasion et n’hésitait pas à la traiter de « pute » dès qu’elle faisait un effort pour s’habiller. Pire, il allait jusqu’à la brutaliser devant les caméras. La séquence s’est déroulée dans une boîte de nuit et je peux vous dire que dans la vraie vie, si j’assistais à un tel incident, je soupçonnerais immédiatement l’homme de frapper sa compagne dans le privé. Mais dans le monde magique de <strong>Confessions intimes</strong>, et notamment dans l’imaginaire sans borne de Karine Grandval, envoyée en mission pour sauver ce couple de la séparation, ce genre de comportement témoigne juste d’un <em>« trop plein d’amour</em> » de la part d’un jeune homme « <em>un peu trop traditionnel </em>» (citations véridiques).</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-112" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_02.jpg" alt="" width="480" height="270" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_02.jpg 480w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/confessions_intimes_02-300x169.jpg 300w" sizes="(max-width: 480px) 100vw, 480px" /><br />
Cette séquence dérangeante a très certainement été orchestrée par l’équipe de <strong>Confessions intimes</strong>. Il n’empêche que la première chose que l’on pense, à la vue d’un tel épisode de la vie de couple, c’est que nous avons affaire à un cas de violence conjugale. Avec le recul, on se dit qu’il est très peu probable qu’un homme qui bat sa compagne accepte de voir les caméras débarquer chez lui. Seulement voilà : ce sont ces images choquantes que l’on retiendra de ce jeune couple. Et de ce jeune homme, que la présentatrice Marion Jollès Grosjean a fièrement taxé de « <em>machiste</em> » lors de la reprise du reportage après la pub (ce qui fait doucement rigoler quand on sait à quel point l’émission est sexiste). Le verdict est donné, l’image du jeune homme définitivement entachée.</p>
<p>Quelle que soit la réalité du couple, le propos du reportage était bel et bien d’encourager les femmes maltraitée à accepter les « petits défauts » de leur compagnon, le harcèlement étant ici vu comme une preuve d’amour. Où sont les féministes quand on a besoin d’elles ?</p>
<p>A noter également que, quand <strong>Confessions intimes</strong> nous dégote un couple de ce genre, l’homme se trouve très souvent avoir des origines maghrébines ou africaines. Allo, SOS racisme, est-ce que vous me recevez ?</p>
<p><strong>En conclusion…</strong></p>
<p>Clichés sexistes ou racistes, destruction de l’image du couple, dévalorisation de la cellule familiale, hypersexualisation des enfants, tels sont les idéaux propagés par ces programmes dans les esprits naïfs, ceux qui prennent ces reportages au premier degré. On aimerait que les associations luttant contre les différentes formes de discrimination (sexisme, racisme, homophobie…) ne se contentent pas de s’exprimer lorsqu’une affaire défraie la chronique ou qu’un politicien profère une parole de trop, mais qu’elles se penchent aussi sur ces émissions du quotidien, sans doute considérées comme inoffensives, alors que leur effet est extrêmement pervers car insidieux et agissant sur le long terme.</p>
<p>Aujourd’hui, on parle de moralisation de la vie politique française. A quand une moralisation de la télévision française ? Devant la profusion, dans ces émissions, de clichés sexistes ou sociaux mais aussi d’images sexualisées d’adolescents ou d’enfants, on s’étonne de l’immobilisme du CSA. Mine de rien, depuis que les vannes ont été ouvertes par la téléréalité, la télévision française est devenue extrêmement violente et amorale. On pourra arguer qu’il suffit de ne pas regarder ces programmes, voire de ne pas avoir de télévision. Certes, cette position se défend mais elle demeure un choix personnel. La passivité de nos institutions mais aussi de nos journalistes face aux dérives des émissions dites de divertissement fait peur.</p>
<p>D’autre part, d’un simple point de vue créatif, il faut savoir que ces programmes mobilisent des scénaristes et prennent des slots qui pourraient être réservés au développement de fictions télévisuelles françaises. La France a accumulé un retard inouï en la matière, au contraire d’autres pays d’Europe ou d’Asie qui ont décidé de ne pas voir la prédominance des séries américaines comme une fatalité. Le résultat se voit directement sur Internet : les jeunes téléchargent davantage de séries coréennes ou japonaises qu’ils ne regardent des séries TV françaises.  Un constat bien triste compte tenu de l’aura de notre cinéma.  C’est d’autant plus triste que la France fourmille de talents qui ne demandent qu’à s’exprimer mais qui se retrouvent relégué au registre amateur, tandis que nos chaînes de télé dilapident leur argent dans des fumisteries obscènes telles <strong>Confessions intimes</strong>, reposant sur des sujets fournis non plus par les journalistes eux-mêmes mais par n’importe quel quidam qui ressent soudainement le besoin de faire parler de lui.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<p>Et si vous êtes encore convaincus que tout le monde prend ces reportages au douzième degré, je vous encourage à faire une petite recherche sur Internet afin de découvrir les commentaires des spectateurs sur divers forums&#8230;</p>
<blockquote><p><a href="https://lesecransdelodie.com/confessions-intimes-1-pourquoi-ces-emissions-sont-toxiques/"><em><strong>LIRE &#8211; Confessions Intimes &#8211; 1 : Pourquoi ces émissions sont toxiques</strong></em></a></p></blockquote>
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