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	<title>Cinéma asiatique &#8211; Les Écrans d&#039;Élodie</title>
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	<description>Mes critiques cinéma &#38; séries TV</description>
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	<title>Cinéma asiatique &#8211; Les Écrans d&#039;Élodie</title>
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		<title>Death Note : toutes les adaptations à la loupe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Oct 2020 10:01:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma asiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers Ciné]]></category>
		<category><![CDATA[Dramas & Séries TV]]></category>
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					<description><![CDATA[Films, série animée, j-drama, comédies musicales, jeux vidéos&#8230; Nous avons répertorié toutes les adaptations de Death Note ! L’œuvre culte de Tsugumi Oba et Takeshi Obata est devenue un incontournable de la culture pop japonaise et n&#8217;a décidément pas fini de faire parler d&#8217;elle, comme le démontre la sortie de la série TV Death Note&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Films, série animée, j-drama, comédies musicales, jeux vidéos&#8230; Nous avons répertorié toutes les adaptations de Death Note !</strong></p>
<p>L’œuvre culte de Tsugumi Oba et Takeshi Obata est devenue un incontournable de la culture pop japonaise et n&rsquo;a décidément pas fini de faire parler d&rsquo;elle, comme le démontre la sortie de la série TV <strong>Death Note</strong> (2015), mais aussi une comédie musicale avec le chanteur de K-pop Kim Junsu. Quelles sont les adaptations à voir absolument dans le large panel qui nous est offert ? Vous trouverez peut-être la réponse dans ce dossier.</p>
<blockquote><p><em>L’être humain dont le nom est écrit dans ce cahier meurt</em></p></blockquote>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-692" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-02.jpg" alt="" width="1000" height="665" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-02.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-02-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-02-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<h2><strong>Death Note, le manga</strong></h2>
<p>A l’origine, <strong>Death Note</strong> est donc un manga dont le scénario est signé Tsugumi Oba et les dessins Takeshi Obata. Composé de 13 volumes, il est d’abord prépublié au Japon dans le magazine <em>Weekly Shônen Jump</em> entre décembre 2003 et mai 2006, puis édité en douze tomes par Shueisha. Il s’exporte par la suite dans un grand nombre de pays, parmi lesquels la France où il est disponible chez Kana.</p>
<p>Lorsque le cahier de la mort atterrit dans les mains de Light Yagami, un lycéen surdoué, une vague de morts mystérieuses s’abat d’abord sur la région du Kanto, au Japon, avant de s’étendre à travers le monde. Les victimes ? Des criminels récidivistes terrassés par une crise cardiaque. Celle-ci survient 40 secondes après que Light Yagami a écrit leur nom dans le Death Note.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-696" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-manga-02.jpg" alt="" width="700" height="769" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-manga-02.jpg 700w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-manga-02-273x300.jpg 273w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /></p>
<p>Dégoûté par le monde qui l’entoure, qu’il juge gangréné par la corruption, le jeune homme fait sa propre justice pour combler les failles du système. Son but ? Créer un monde parfait dans lequel le Mal n’aura pas sa place. Mais n’est-il pas en train de se muer en monstre ? Bientôt, il s’aperçoit qu’il est adulé par la plupart des jeunes, qui le surnomment Kira (dérivé de la prononciation japonaise du mot anglais <em>killer</em>). Agissant en toute impunité contre les autorités, Light Yagami use de son pouvoir sous l’œil amusé de Ryuk, le dieu de la mort qui lui a confié ce cahier pour se distraire et dont seul le jeune homme perçoit la présence.</p>
<p>C’est alors qu’Interpol engage L, un mystérieux détective dont personne ne connaît la véritable identité et dont les capacités intellectuelles en font un adversaire de taille pour Light Yagami… Les deux jeunes hommes vont se livrer à un duel sans merci. Le vainqueur sera le premier à découvrir l’identité de l’autre…</p>
<blockquote><p><em>Dès lors que le Death Note tombe dans le monde des humains, il appartient à celui qui le trouve.</em></p></blockquote>
<p>Mêlant les genres du fantastique, de l’horreur et du thriller aux accents philosophiques, <strong>Death Note</strong> joue sur un scénario très dense, un découpage percutant et un graphisme soigné sans être tape-à-l’œil.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-695" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-manga-01.jpg" alt="" width="640" height="496" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-manga-01.jpg 640w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-manga-01-300x233.jpg 300w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<p>A travers les personnages de Light et L, <strong>Death Note</strong> confronte deux conceptions différentes de la justice : l’un prétend incarner une sorte de justice divine, tandis que l’autre croit en la justice humaine. A l’époque où le manga arrive dans nos contrées, certains y voient une allusion à l’obsession sécuritaire post-11 septembre. Aujourd’hui, avec la montée des fanatismes de tous bord, on peut dire que l’opposition entre Light et L est toujours d’actualité et qu’elle n’a pas fini de questionner nos propres convictions en matière de Liberté et de frontière entre le Bien et le Mal.</p>
<p>Mais <strong>Death Note</strong> est aussi l’histoire de la naissance d’un monstre, tout simplement, et le fait que ce monstre soit un adolescent en fait une œuvre particulièrement dérangeante. Le manga innove en faisant de ce monstre son personnage principal, dont il adopte le point de vue.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-697" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-manga-03.jpg" alt="" width="950" height="594" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-manga-03.jpg 950w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-manga-03-300x188.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-manga-03-768x480.jpg 768w" sizes="(max-width: 950px) 100vw, 950px" /></p>
<p>Voir dans ce choix narratif une forme de promotion de la violence auprès des jeunes serait une erreur. En effet, en exerçant son pouvoir, Light se coupe de tous liens affectifs possibles et se condamne à une éternelle souffrance. Toutefois, ce n’est pas pour rien si le personnage rencontre un grand succès : son cynisme fait écho à l’absence d’idéaux des jeunes d’aujourd’hui, qui n’ont plus foi en le monde des adultes. Pour couronner le tout, le personnage féminin principal, une idole de J-pop surnommée Misa Misa, entre volontairement dans une relation de soumission totale avec Light, qu’elle finit par seconder dans sa quête criminelle&#8230;</p>
<p>Sombre, perturbant et diaboliquement intelligent, <strong>Death Note</strong> est un manga phare de ces dernières années. A cette portée idéologique, il faut ajouter une réelle habileté du scénariste à créer du suspense et nous passionner par le duel psychologique qui se joue entre les deux principaux protagonistes, et qui se traduit par des dialogues denses convoquant des notions de psychologie et de profiling.</p>
<blockquote><p><em>Une personne qui devient possesseur d&rsquo;un Death Note peut obtenir un œil de dieu de la mort, lui permettant de connaître le nom et la durée de vie restante de celui ou celle qu&rsquo;elle regarde, en échange de la moitié du temps qui lui reste à vivre.<br />
</em></p></blockquote>
<p>Très vite, <strong>Death Note</strong> engendre un véritable phénomène de société chez les jeunes du monde entier. Il est également à l’origine d’une polémique : son héros, Light Yagami, est un lycéen cynique qui se mue en meurtrier, ce qui vaut alors au manga d’être interdit dans certaines villes d’Asie, notamment en Chine, sous prétexte qu’il ferait la promotion de la mort auprès des jeunes.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-688" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-05.jpg" alt="" width="1000" height="661" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-05.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-05-300x198.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-05-768x508.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<h2><strong>Death Note, les films live</strong></h2>
<p>En 2006, deux longs métrages adaptés de <strong>Death Note</strong> voient le jour au Japon en même temps qu’une série animée, dont nous vous parlons un peu plus loin. Ces deux films cinéma, <strong>Death Note</strong> et sa suite <strong>Death Note: The Last Name</strong>, sont réalisés par Shusuke Kaneko, et seront suivis en 2008 par un spin off, <strong>L: Change the World</strong>, réalisé par Hideo Nakata. Commençons par les films de Shusuke Kaneko, car ce sont surtout eux qui méritent l’attention.</p>
<p>Produits par NTV et distribués par Warner Bros Pictures Japan, <strong>Death Note</strong> et <strong>Death Note: The Last Name</strong> sortent en France chez Kazé fin 2006. Ils constituent une adaptation fidèle, sans être littérale, du manga. Aidé d’un budget confortable, Shusuke Kaneko signe un thriller fantastique sombre et bien ficelé, qui évite les pièges de la surenchère et vaut aussi bien pour son efficacité que pour son traitement des thèmes de fond. <strong>Death Note</strong> et <strong>Death Note: The Last Name</strong> sont des films à la fois divertissants et dérangeants : les touches d’ironie du manga sont bien présentes, de même que les retournements de situation glaçants.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-687" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-04.jpg" alt="" width="1000" height="687" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-04.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-04-300x206.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-04-768x528.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Le changement le plus frappant demeure le final du second film. Selon la rumeur, ce final correspondrait à celui que les créateurs du manga avaient prévu au départ, avant que leur éditeur ne leur demande de prolonger l’histoire de cinq tomes.</p>
<blockquote><p><em>Dans le monde des humains, les possesseurs de Death Notes ne peuvent voir leurs dieux de la mort respectifs que s&rsquo;ils touchent le cahier de l&rsquo;autre.<br />
</em></p></blockquote>
<p>Light Yagami est interprété par Tatsuya Fujiwara (<a href="http://caroline-leroy.eklablog.com/critique-battle-royale-director-s-cut-a167834174" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><strong>Battle Royale</strong></a>) et L par Kenichi Matsuyama (<strong>La Ballade de l’impossible</strong>, <strong>Gantz</strong>). Si la personnalité de Light peut paraître adoucie au premier abord, on retrouve fidèlement son évolution monstrueuse à mesure qu’il est gagné par son délire de justice et de grandeur. Visiblement inspiré par son personnage, Tatsuya Fujiwara restitue la froideur inquiétante du personnage sans jamais sombrer dans la caricature. Après tout, le film adopte en grande partie son point de vue, ce qui signifie qu’il doit nous embarquer avec lui dans sa quête. L’interprétation de l’acteur est réussie puisqu’il parvient à susciter à la fois l’empathie et l’horreur, comme le personnage du manga.</p>
<p>Pour l’accompagner, la créature Ryuk est réalisée en images de synthèse et interprétée par Shido Nakamura (<strong>Lettre d’Iwo Jima</strong>, <strong>The Neighbor No. Thirteen</strong>), qui s’approprie à merveille ce personnage de dieu de la Mort de bouffon au look menaçant. Les effets spéciaux consistant à donner vie à Ryuk et Rem s&rsquo;avèrent plutôt réussis mais seront, comme nous le verrons par la suite, dépassés dans la série TV de 2015.</p>
<p>Misa Misa est quant à elle interprétée par l’excellente Erika Toda (<strong>Liar Game</strong>), qui réussit à restituer le mélange de noirceur et de candeur enfantine et un brin pathétique de son personnage.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-685" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-02.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-02.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-02-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-02-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Mais la révélation est surtout Kenichi Matsuyama dans le rôle de L : on reste scotché par son travail de composition ! Il réussit l’impossible en imitant les attitudes et la gestuelle propres au mystérieux détective, et ce, avec le plus grand naturel ! L’incarnation est bluffante. Ce rôle a d’ailleurs propulsé Kenichi Matsuyama au sommet, au point que les producteurs ont tenté de prolonger le phénomène en dédiant un spin-off à son personnage.</p>
<p>Sorti au Japon en février 2008 et réalisé par Hideo Nakata (<strong>Ring</strong>), qui est habituellement une valeur sûre du cinéma, <strong>L: Change the World</strong> n’est malheureusement pas à la hauteur des attentes et déçoit sur tous les tableaux : scénario ridicule, réalisation sans saveur, acteurs secondaires lamentables (les méchants sont risibles)… Bref, oublions ce <strong>L: Change the World</strong> et restons-en aux deux films de Shusuke Kaneko !</p>
<blockquote><p><em>Si l&rsquo;on ne précise pas les circonstances de la mort, la cause par défaut est un arrêt cardiaque au bout de 40 secondes. Si l&rsquo;on commence à décrire la cause de la mort avant l&rsquo;expiration de ce délai, on obtient un délai supplémentaire de 6 minutes 40 secondes du monde des humains (soit dix fois la fenêtre de temps initiale de 40 secondes) pour en rédiger précisément les circonstances.</em></p></blockquote>
<p>En 2009, Warner Bros annonce avoir acquis les droits d’adaptation du manga pour les Etats-Unis. Le réalisateur Shane Black (<strong>Iron Man 3</strong>) est associé au film en 2011 mais celui-ci ne voit finalement pas le jour et le cinéaste se consacre à d’autres projets. Et c’est tant mieux car les changements annoncés ne suscitent pas l’enthousiasme : non seulement Ryuk y serait supprimé mais Light Yagami y poursuivrait une quête de vengeance et non de justice… Autant dire que les Américains n’ont rien compris au sens de l’histoire !</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-700" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-anime-01.jpg" alt="" width="600" height="600" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-anime-01.jpg 600w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-anime-01-300x300.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-anime-01-150x150.jpg 150w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></p>
<h2><strong>Death Note, la série animée</strong></h2>
<p>Lancée en même temps que les films, la série animée <strong>Death Note</strong> est signée Tetsuro Araki (<a href="http://caroline-leroy.eklablog.com/gungrave-saga-mafieuse-et-monstrueuse-a167858494" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><strong>Gungrave</strong></a>, <strong>L’Attaque des Titans</strong>) et produite au sein des studios Madhouse. Elle se décline en 37 épisodes diffusés sur NTV entre octobre 2006 et juin 2007. En France, elle est disponible en DVD chez Kana Home Vidéo.</p>
<p>A partir d’un scénario très cérébral, Tetsuro Araki délivre un récit tortueux et judicieusement teinté d’une atmosphère oppressante, voire inquiétante, faisant honneur à la noirceur du matériau d’origine. En plus de restituer avec une extrême fidélité l’intrigue du manga, la série animée <strong>Death Note</strong> joue habilement sur cette impression que Light se trouve constamment sur le fil du rasoir, ce qui rend le suspense de la série absolument palpitant, malgré un découpage moins rapide que dans la plupart des séries animées japonaises.</p>
<p>Le lecteur du manga pourra presque reprocher à l’anime de coller au matériau d’origine d’un peu trop près. Mais faut-il vraiment s’en plaindre compte tenu de la qualité du scénario ? D’autant que la mise en scène est loin d’être paresseuse : cadrages tortueux, esthétique cultivant les zones d’ombre, bande-son stressante aux accents mystiques&#8230; Utilisés dans les moments les plus inattendus, les chants grégoriens viennent souligner la rencontre contre nature qui s’opère via le Death Note entre les deux mondes, celui des humains et celui du shinigami Ryûk, figure tour à tour clownesque et funeste (et toujours jouée par le comédien Shido Nakamura). Une très belle adaptation.</p>
<blockquote><p><em>La personne qui touche le Death Note devient capable de voir et entendre l&rsquo;ancien propriétaire du cahier qu&rsquo;est le dieu de la Mort, même si elle n&rsquo;en est pas elle-même le nouveau propriétaire.<br />
</em></p></blockquote>
<h2><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-701" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-anime-02.jpg" alt="" width="900" height="563" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-anime-02.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-anime-02-300x188.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-anime-02-768x480.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></h2>
<h2></h2>
<h2><strong>Death Note, le roman spin-off</strong></h2>
<p>Ecrit par Nisio Isin et publié le 1<sup>er</sup> août 2006, le roman <strong>Death Note Another Note: The Los Angeles BB Murder Cases</strong> s’attarde sur la première rencontre entre L et Naomi Misora, une jeune femme agent du FBI que l’on retrouve dans l’œuvre d’origine (elle vient venger son fiancé Ray Penber, tué par Kira). Outre l’affaire de crimes en elle-même, le roman s’intéresse au personnage de Naomi Misora ainsi qu’à l’orphelinat de Watari, dans lequel sont élevés des petits génies comme L. On retrouve ainsi Mello, un personnage qui interviendra dans les derniers tomes du manga <strong>Death Note</strong>.</p>
<p>Le roman <strong>Death Note Another Note: The Los Angeles BB Murder Cases</strong> est disponible en France chez Kana.</p>
<h2><strong>Death Note, le jeu vidéo</strong></h2>
<p>Sans surprise, <strong>Death Note</strong> se décline également en jeu vidéo. Développé et publié par Konami sur Nintendo DS, le premier jeu, <strong>Death Note Kira Game</strong>, sort dans les bacs le 15 février 2007 au Japon. Il s’agit d’un jeu de stratégie dans lequel le joueur se met dans la peau soit de Light Yagami, soit de L, pour deviner l’identité de ses ennemis. Deux séquelles voient le jour dans les mois qui suivent : <strong>Death Note Successors to L</strong> en juillet 2007 et <strong>L the Prologue to</strong> <strong>Death Note &#8211; Spiraling Trap</strong> en février 2008. Dans ce troisième opus, le joueur est dans la peau d’un agent rookie du FBI qui doit s’échapper d’un hôtel tout en étant en contact avec L, qui lui donne au fur et à mesure des indices…</p>
<p>A noter que des personnages de <strong>Death Note</strong> apparaissent aussi dans la franchise <strong>Jump Super Stars</strong> (Nintendo), qui regroupe plusieurs personnages de mangas à succès publiés chez <em>Weekly Shônen Jump</em>… Autant dire que <strong>Death Note</strong> fait déjà partie des indispensables de la culture pop japonaise !</p>
<blockquote><p><em>Le suicide est une cause valide de mort. Fondamentalement, c&rsquo;est une éventualité envisagée par tous les humains et qui, de ce fait, n&rsquo;entre pas dans les « actes impensables ».<br />
</em></p></blockquote>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-698" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-musical-01.jpg" alt="" width="700" height="927" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-musical-01.jpg 700w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-musical-01-227x300.jpg 227w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /></p>
<h2><strong>Death Note, la comédie musicale</strong></h2>
<p>Cette année, en 2015, le phénomène <strong>Death</strong> <strong>Note</strong> revient en force puisqu&rsquo;une nouvelle adaptation vient de voir le jour au Japon et en Corée du Sud, sous forme de&#8230; comédie musicale ! On ne se refuse rien.</p>
<p>Composée en langue anglaise par un talent de Broadway, Frank Wildhorn, l’œuvre est d’abord lancée au Japon par l’agence HoriPro et se joue entre le 6 et le 29 avril 2015, avec successivement Kenji Urai et Hayato Kakizawa dans le rôle de Light Yagami et Teppei Koike dans le rôle de L.</p>
<p>C’est surtout le casting sud-coréen qui fait parler de lui : si l’interprète de Light Yagami, Hong Kwang Ho, est surtout connu dans le monde de la comédie musicale, celui de L est une véritable star internationale. Il s’agit en effet de <a href="https://www.stellarsisters.com/dorian-gray-kim-junsu-dans-sa-derniere-comedie-musicale/">Kim Junsu</a>, alias Xia Junsu du groupe de K-pop JYJ, pour qui la comédie musicale représente aujourd’hui l’essentiel de ses activités solo, et qui a reçu d&rsquo;excellentes critiques sur sa prestation dans le rôle de L.</p>
<p>Le show s&rsquo;est joué entre le 11 juin et le 11 août 2015 en Corée du Sud.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-699" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-musical-02.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-musical-02.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-musical-02-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-musical-02-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<blockquote><p><em>Si le Death note est volé et si son propriétaire est tué par le voleur, le droit de propriété est automatiquement transféré au voleur.</em></p></blockquote>
<h2><strong>Death Note, le drama</strong></h2>
<p>C’est tout nouveau, ça vient de sortir ! Réalisé par Ryuichi Inomata (<strong>Kaseifu no mita</strong>) et Ryo Nishimura, et écrit par Yoshihiro Izumi, le <a href="https://www.stellarsisters.com/death-note-2015-drama-critique/">drama <strong>Death Note</strong></a> s’étend sur 10 épisodes diffusés tous les dimanches sur NTV, depuis le 5 juillet 2015.</p>
<p>Pour l’instant, je n’ai vu que quatre épisodes, et si ce drama n’est pas exempt de quelques défauts, l’ensemble s’avère plutôt convaincant. L’idée de réaliser une série est bien plus intéressante que de rebooter les films, comme l’auraient fait les Américains : le format permet de s’étendre sur le développement des personnages et de les aborder sous un angle neuf. Cette fois, l’histoire a subi quelques modifications, et c’est une très bonne chose : il aurait été barbant de retrouver la trame à l’identique pour la énième fois, alors qu’il y a déjà eu tant d’adaptations.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-691" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-01.jpg" alt="" width="729" height="500" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-01.jpg 729w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-01-300x206.jpg 300w" sizes="(max-width: 729px) 100vw, 729px" /></p>
<p>Ce qui est intéressant, dans cette première partie du drama <strong>Death Note</strong>, c’est le regard porté sur Light Yagami : plutôt que de mettre l’emphase sur son arrogance, l’écriture, mais aussi l’interprétation habitée de Masataka Kubota (<strong>Fugainai Boku wa Sora o Mita</strong>), développent surtout l’extrême solitude du garçon, qui apparait comme un adolescent à la dérive. Du jour au lendemain, et alors qu’il ne communique plus avec son entourage, il se retrouve avec un pouvoir extraordinaire mais ô combien pervers entre les mains, celui de tuer d’un coup de crayon. Alors que fait-il ? Il fait ce que beaucoup d’ados feraient à sa place : il se renferme sur lui-même et devient accro. Autour de lui, personne ne s’aperçoit qu’il est en train de se muer en véritable psychopathe. Personne, à part Ryuk, qui l’observe ironiquement et parait encore plus grotesque et effrayant que dans les précédentes adaptations de <strong>Death Note</strong>.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-694" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-04.jpg" alt="" width="1000" height="563" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-04.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-04-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-04-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Une fois encore, le budget s’avère confortable, suffisamment en tout cas pour que les effets spéciaux passent à la vitesse supérieure : on le constate dès la première apparition de Ryuk, dont le rendu est pour ainsi dire assez stupéfiant, beaucoup plus abouti que dans les films. On reprochera tout de même au drama une mise en scène un peu inégale, qui alterne entre des scènes très soignées sur le plan de l’atmosphère, et d’autres plus impersonnelles. La musique n’y est pas pour rien : elle fait mouche dans les moments oppressants mais repose aussi en partie sur un thème principal assez insipide.</p>
<p>Au rang des défauts, on reprochera également une partie du casting secondaire, à commencer par l’interprète de Misa Misa, Sano Hinako (<strong>Jigoku Sensei Nube</strong>), qui est loin d’arriver à la cheville d’Erika Toda. Par ailleurs, les criminels intervenant au début de l’histoire sont parfois exaspérants à force d’être grotesques.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-693" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-03.jpg" alt="" width="1000" height="563" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-03.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-03-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-03-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>En revanche, le jeune Kento Yamazaki (<strong>L-DK</strong>, <strong>Runaway</strong>) relève très honorablement le défi de succéder à Kenichi Matsuyama dans le rôle de L. Et ce n’était pas gagné sachant à quel point ce dernier a marqué les esprits ! Moins excentrique que son prédécesseur, Kento Yamazaki parait un peu crispé dans les deux premiers épisodes mais prend rapidement de l’aisance et s’avère finalement assez charismatiue, livrant parfois des expressions de psychopathe assez réjouissantes. Son jeu reste moins élaboré que celui de Masataka Kubota mais il lui tient tête avec assurance.</p>
<p>En résumé, à défaut d’être la série de l’année, le drama <strong>Death Note</strong> vaut le coup d’œil aussi bien pour les novices que pour les initiés, qui prendront plaisir à redécouvrir les personnages sous un jour légèrement différent et apprécieront la noirceur du propos. Et puis, le drama a non seulement le bon goût de réactualiser l’univers du manga, notamment en faisant intervenir les réseaux sociaux, mais aussi de réserver deux surprises concernant des personnages secondaires… Je n’en dirai pas plus ! Allez, je vous lâche un indice : cela concerne les candidats à la succession de L…</p>
<p>Quelle sera la prochaine adaptation de <strong>Death Note</strong> ? En tout cas, celle-ci est prévue pour être diffusée <a href="http://www.ntv.co.jp/english/pressrelease/20150622.html">dans plus de 120 pays</a> via des plateformes web comme Crunchyroll, qui propose les épisodes du drama en streaming quelques jours après leur diffusion.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>BONUS : Death Note les films VS le drama</h2>
<p>&nbsp;</p>
<p>Après le dossier récapitulant toute la panoplie des adaptations de <strong>Death Note</strong>, voici un petit comparatif entre la série de NTV et l&rsquo;adaptation live de Shusuke Kaneko. La confrontation se justifie pleinement : le drama vient corriger certains défauts des films sans pour autant les enterrer, ces derniers possédant des qualités spécifiques.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-689" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-jdrama-vs-films.jpg" alt="" width="720" height="340" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-jdrama-vs-films.jpg 720w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-jdrama-vs-films-300x142.jpg 300w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px" /></p>
<h3><strong>Les films Death Note et Death Note The Last Name (2006)<br />
</strong></h3>
<p>Films réalisés par Shusuke Kaneko, avec Tatsuya Fujiwara, Kenichi Matsuyama et Erika Toda.</p>
<h4><strong>LES PLUS :</strong></h4>
<ul>
<li>Le scénario est bien ficelé et très fidèle au manga, malgré une fin différente.</li>
<li>Le découpage du récit et de l’action est mieux équilibré que dans le drama.</li>
<li>La mise en scène est sobre mais travaillée tout du long.</li>
<li>La prestation de Kenichi Matsuyama, qui reproduit avec exactitude les mimiques du personnage de L dans le manga, est saisissante.</li>
<li>Dans le rôle de Light, Tatsuya Fujiwara apporte un ton différent au personnage, auquel il ne ressemble pas, mais brille dans les scènes théâtrales qui clôturent les deux films.</li>
<li>Le choix d’Erika Toda dans le rôle de Misa Amane est judicieux : l&rsquo;actrice apporte davantage de relief au personnage du manga.</li>
<li>La voix de Ryuk est interprétée par Shido Nakamura, et on adore !</li>
<li>L’ambiance sonore est plus soignée que dans le drama, avec des musiques discrètes mais efficaces, auxquelles il faut ajouter les titres de Red Hot Chili Pepper dans les génériques.</li>
</ul>
<h4><strong>LES MOINS :</strong></h4>
<ul>
<li>Faute de suffisamment de place pour les dialogues, le duel entre Light et L ne met pas suffisamment l’emphase sur le jeu de manipulation psychologique et la manière dont les personnages eux-mêmes le décortiquent ouvertement dans le manga.</li>
<li>Near et Mello sont zappés puisque la fin a été changée.</li>
<li>Le personnage ajouté de la journaliste, qui éradique sa rivale grâce au Death Note, est un peu caricatural.</li>
<li>On regrette l&rsquo;absence des hommes d&rsquo;affaires de la compagnie Yotsuba, qui participaient beaucoup à élaborer la critique sociale dans le manga.</li>
</ul>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-705" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-01.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-01.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-01-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-films-01-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<h3><strong>Le j-drama Death Note (2015) </strong></h3>
<p>Réalisé par Ryuichi Inomata, Ryo Nishimura et Marie Iwasaki, avec Masataka Kubota, Kento Yamazaki et Sano Hinako.</p>
<h4><strong>LES PLUS :</strong></h4>
<ul>
<li>Le drama propose une vraie relecture de l&rsquo;univers du manga, en l&rsquo;actualisant avec les technologies modernes (réseaux sociaux, etc.).</li>
<li>La mise en scène fait des merveilles dans les scènes intimistes, permettant de détailler pas à pas tous les états d’âme les plus glauques de Light Yagami.</li>
<li>La psychologie des personnages est plus fouillée, en particulier celle de Light Yagami même s’il a subi quelques changements.</li>
<li>La tension psychologique entre Light et L est plus développée et plus fun, notamment grâce à une meilleure restitution des jeux de manipulations et des notions de profiling. Leur amitié manquée &#8211; avec sa connotation ambiguë &#8211; est davantage mise à l&rsquo;honneur.</li>
<li>Le choix d’acteur pour Light Yagami est judicieux : l&rsquo;acteur ressemble davantage au personnage et lui apporte plus d&rsquo;innocence au début du drama, pour en faire un personnage d&rsquo;une noirceur encore plus glaçante à l&rsquo;arrivée.</li>
<li>Joué par Kento Yamazaki, L apparait plus ambivalent et son cynisme ressort davantage.</li>
<li>L’actrice qui joue Near, Mio Yuki, a l’air d’une psychopathe ; le changement du personnage de Mello est osé mais c’est une excellente idée !</li>
<li>On retrouve les hommes d&rsquo;affaires de Yotsuba, ce qui permet de développer le propos sur la perte d&rsquo;idéaux de la jeunesse d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.</li>
<li>Les dieux de la mort bénéficient d&rsquo;un rendu plus précis.</li>
</ul>
<h4><strong>LES MOINS :</strong></h4>
<ul>
<li>Le récit est un peu déséquilibré, avec notamment un premier acte qui s’étire en longueur. L&rsquo;intérêt est clairement de développer la psychologie de Light, mais il aurait fallu que la série soit plus longue.</li>
<li>La mise en scène manque d’envergure dans les scènes censées être spectaculaires (voir le passage avec Raye Penber).</li>
<li>L’actrice qui joue Misa, Sano Hinako, est très mauvaise.</li>
<li>L&rsquo;ex-agent Naomi Misora a disparu de la circulation.</li>
<li>L’acteur qui interprète M. Yagami, Yutaka Matsushige, est monolithique et crispé.</li>
<li>Le thème musical principal, qui revient lourdement à chaque épisode, est raté.</li>
<li>Le bruitage qui marque la mise à mort des criminels par le Death Note est identique à celui des films&#8230; NTV aurait pu renouveler un peu les effets sonores !</li>
</ul>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-692" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-02.jpg" alt="" width="1000" height="665" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-02.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-02-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/death-note-2015-02-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
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		<title>Ne Coupez Pas ! : un film de zombies japonais dégénère</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Oct 2020 15:44:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma asiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques Ciné]]></category>
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					<description><![CDATA[Ce film de zombies japonais n&#8217;est pas exactement ce que vous croyez et mérite franchement le détour pour son inventivité folle. Phénomène du box-office japonais, Ne Coupez Pas ! de Shinichiro Ueda fait partie de la programmation du Festival du cinéma japonais contemporain Kinotayo 2019. Loin de se résumer à une parodie de film d’horreur,&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Ce film de zombies japonais n&rsquo;est pas exactement ce que vous croyez et mérite franchement le détour pour son inventivité folle.</strong></p>
<p>Phénomène du box-office japonais,<strong> Ne Coupez Pas !</strong> de Shinichiro Ueda fait partie de la programmation du Festival du cinéma japonais contemporain Kinotayo 2019. Loin de se résumer à une parodie de film d’horreur, <strong>Ne Coupez Pas !</strong> nous a arraché fou rire sur fou rire et nous a épatées par son scénario et sa mise en scène, qui relèvent du coup de génie.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-584" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-02.jpg" alt="Le film Ne Coupez Pas!" width="900" height="506" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-02.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-02-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-02-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></p>
<p><u>Synopsis</u> : Une équipe de film décide de tourner un film de zombies dans un entrepôt désaffecté. Le défi est de taille : d’une durée de trente minutes, le film doit être réalisé en un seul plan-séquence ! Alors que les acteurs enchaînent les prises ratées, de véritables zombies font leur entrée en scène…</p>
<p>Le parcours du film <strong>Ne Coupez Pas !</strong> a de quoi faire rêver n’importe quel jeune réalisateur. Tourné avec un budget d’environ 27 000 euros, <strong>Ne Coupez Pas !</strong> (aka <strong>One Cut of the Dead</strong>) est un film d’étudiants en cinéma dont la première sortie a eu lieu en novembre 2017 dans une petite salle d’art et d’essai de Tokyo.</p>
<p>Grâce au bouche-à-oreille, le film a attiré l’attention d’une société de production, Asmik Ace Entertainment Inc., qui lui a permis de sortir dans 300 salles sur tout le territoire japonais, avant d&rsquo;être propulsé à l&rsquo;international par le biais des festivals.</p>
<p><strong>Ne Coupez Pas !</strong> était projeté au Festival Kinotayo 2019 juste après la cérémonie d’ouverture, qui s’est déroulée le 17 janvier 2019 à la Maison de la Culture du Japon à Paris (MCJP) et à laquelle nous avons eu la chance d&rsquo;assister.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-586" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-04.jpg" alt="" width="900" height="600" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-04.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-04-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-04-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /><br />
Si vous craignez de voir une énième parodie de film d’horreur, <strong>Ne Coupez Pas !</strong> risque de vous prendre par surprise.</p>
<p>La première partie nous immerge dans un entrepôt abandonné depuis la Seconde Guerre Mondiale, sur le tournage d’un film d’horreur à petit budget. L’équipe travaille dans une ambiance délétère : le réalisateur est à moitié fou, les techniciens paraissent peu convaincus et l’actrice principale vient de rater sa 42<sup>e</sup> prise…</p>
<p>L’action commence, ou presque, lorsqu’un authentique zombie sorti de nulle part s’attaque à un technicien, provoquant la panique chez les acteurs et le staff…</p>
<p>A grand renfort d’hémoglobine et de maquillages, les scènes gore s’enchaînent généreusement à l’écran, mêlant les vrais et les faux zombies, avant que la caméra ne prenne en chasse l’actrice principale dans sa course folle pour échapper aux monstres sanguinaires.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-585" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-03.jpg" alt="" width="900" height="599" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-03.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-03-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-03-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /><br />
Tournée en plan-séquence à la manière d’un reportage, cette première partie de trente minutes relève de la prouesse technique, mais ressemble tout de même à un beau nanar, avec son scénario grotesque et ses acteurs au jeu inégal.</p>
<p>Lorsque survient prématurément le générique de fin au bout d’une demi-heure, le spectateur comprend qu’il lui faudra regarder l’heure qui suit pour comprendre exactement le sens de ce qu’il a vu.</p>
<p>La suite nous emmène un mois plus tôt, au moment de la genèse du projet. C’est là que l’action commence véritablement et que le film révèle ses intentions, jusqu&rsquo;à la dernière demi-heure complètement dingue, dans laquelle la mise en scène dévoile tout son génie.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-583" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-01.jpg" alt="" width="900" height="600" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-01.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-01-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-01-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /><br />
Afin de ne pas gâcher le plaisir de la découverte à nos lecteurs, je n’en dirais pas trop sur les ressorts de cette dernière demi-heure, si ce n’est que les personnages sont sur le fil du rasoir et que l’enchainement épique des situations fait à la fois monter l’adrénaline et l’hilarité chez le spectateur.</p>
<p>On pourrait comparer la construction de <strong>Ne Coupez Pas !</strong> à un système de poupées russes. Le principe du film dans le film est exploité à différents niveaux, jusque dans la fiction que tournent les personnages. On reste bluffé par la complexité que représentent la conception et la mise au point d’un tel film, et finalement par l’audace de l’entreprise.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-588" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-06.jpg" alt="" width="900" height="599" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-06.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-06-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-06-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /><br />
Entre satire du monde du cinéma (et de la télévision !) et hommage vibrant aux films d’horreur à petits budgets, <strong>Ne Coupez Pas !</strong> nous fait vivre à un rythme effréné une succession de situations de tournage toutes plus drôles et chaotiques les unes que les autres.</p>
<p>Le film ne prend pas pour autant de haut le travail de ces réalisateurs et techniciens qui rivalisent de créativité pour pallier le manque de budget. Au passage, à l&rsquo;heure où le digital envahit les blockbusters, quel plaisir de revoir des effets spéciaux et des maquillages traditionnels !</p>
<p>Quant aux acteurs, la surprise est que le jeu inégal de certains relevé dans la première demi-heure faisait partie intégrante du film. Ils sont tous absolument excellents, de Takayuki Higurashi en réalisateur dont les nerfs sont mis à rude épreuve, à Harumi Syuhama dans le rôle de son épouse incontrôlable, en passant par les interprètes des techniciens tous plus ou moins barjos qui forment l’équipe (mention à Manabu Hosoi en directeur photo poivrot).</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-587" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-05.jpg" alt="" width="900" height="599" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-05.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-05-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/ne-coupez-pas-05-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /><br />
<strong>Ne Coupez Pas !</strong> est le film idéal pour une projection de festival : l’ambiance de la salle a vite tourné au fou rire collectif et nous avons bien profité du film !</p>
<p>Une seconde projection de <strong>Ne Coupez Pas !</strong> a eu lieu le 19 janvier à la MCJP, mais si vous êtes en région parisienne, il vous reste deux opportunités de le voir dans le cadre du festival Kinotayo 2019: le 25 janvier à 15h à la MCJP et le 1<sup>er</sup> février à 21h40 au Club de l’Étoile.</p>
<p>[UPDATE 27/01/19] <strong>Ne Coupez Pas !</strong> sortira en France le 27 mars 2019 chez Les Films de Tokyo. Vous pouvez aussi le voir en avant-première à Paris, Lyon, Chambéry et à Pau. La liste des séances se trouve sur le site Necoupezpas.com.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<blockquote><p><strong>Lire aussi | <a href="https://lesecransdelodie.com/destiny-the-tale-of-kamakura-enigmes-et-fantomes-japonais/">Critique. Destiny: the Tale of Kamakura, avec Masato Sakai</a></strong></p></blockquote>
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		<title>Destiny: the Tale of Kamakura : énigmes et fantômes japonais</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Oct 2020 15:41:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma asiatique]]></category>
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					<description><![CDATA[Ce film fantastique japonais avec Masato Sakai s&#8217;inspire du folklore local et a cartonné au box office japonais. Gros succès du box-office japonais, Destiny: The Tale of Kamakura était présenté au Festival du cinéma japonais contemporain Kinotayo 2019. Soutenu par des effets spéciaux épatants, Destiny: The Tale of Kamakura est un film original, drôle et&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Ce film fantastique japonais avec Masato Sakai s&rsquo;inspire du folklore local et a cartonné au box office japonais.<br />
</strong></p>
<p>Gros succès du box-office japonais, <strong>Destiny: The Tale of Kamakura</strong> était présenté au Festival du cinéma japonais contemporain Kinotayo 2019. Soutenu par des effets spéciaux épatants, <strong>Destiny: The Tale of Kamakura</strong> est un film original, drôle et enchanteur aux différents niveaux de lecture, qui doit son charme aussi bien à son univers insolite imprégné de folklore japonais, qu’à l’adorable duo d’acteurs formé par Masato Sakai et Mitsuki Takahata.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-577" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-06.jpg" alt="" width="980" height="551" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-06.jpg 980w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-06-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-06-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 980px) 100vw, 980px" /><br />
<u>Synopsis</u> : Après avoir épousé l’écrivain à succès Masakazu Isshiki, auteur de romans à mystères, la jeune Akiko emménage avec lui dans une ancienne demeure familiale située à Kamakura. Elle réalise bientôt que la ville est peuplée d’esprits, de yôkais et autres créatures surnaturelles. Parviendra-t-elle à s’adapter à ce monde étrange ?</p>
<p>Nous avons eu le plaisir de découvrir <strong>Destiny: The Tale of Kamakura</strong> au festival Kinotayo 2019. La projection était précédée d’une interview vidéo de Takashi Yamazaki (<strong>Always: Sunset on Third Street</strong>, <strong>Parasyte</strong>), réalisateur et scénariste du film. Ce dernier nous a ainsi révélé ce qui l’avait séduit dans l’univers du manga <strong>Kamakura Monogatari</strong> de Ryohei Saigan, auteur dont il a déjà adapté d’autres œuvres.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-575" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-04.jpg" alt="" width="900" height="592" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-04.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-04-300x197.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-04-768x505.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /><br />
<strong>Destiny: The Tale of Kamakura</strong> met en scène Akiko (Mitsuki Takahata) et Masakazu (Masato Sakai), un couple de jeunes mariés avec une forte différence d’âge. L’histoire semble se dérouler dans la première partie du XX<sup>e</sup> siècle, si l’on en croit les tenues vestimentaires et la vision désuète du mariage, mais cette donnée n’est pas aussi essentielle qu’elle en a l’air.</p>
<p>A la manière de la saga <strong>Harry Potter</strong>, le film nous fait vite oublier les règles du monde « normal » pour nous inviter à adopter un autre référentiel intégrant la présence du surnaturel et la communication avec l’au-delà.</p>
<p>Le basculement a lieu au cours d’une scène surréaliste, dans laquelle le jeune couple visite un marché peuplé de créatures en tous genres, mélange baroque aux accents animaliers renvoyant à l’univers fantasque du <strong>Voyage de Chihiro</strong> de Miyazaki.</p>
<p>Non seulement l’équipe des effets spéciaux semble s’être fait plaisir en créant les designs les plus fous pour ce bestiaire, mais le mélange entre les maquillages et le digital s’intègre admirablement dans les décors réels. Le film bénéficie d’ailleurs d’une photographie élégante réalisée par Kozo Shibasaki.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-576" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-05.jpg" alt="" width="900" height="599" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-05.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-05-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-05-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /><br />
Si les manifestations du fantastique sont nombreuses autour du couple Isshiki (parfois en arrière-plan ou dans un coin de l’écran), <strong>Destiny: The Tale of Kamakura</strong> raconte aussi une histoire d’amour, celle de deux époux qui doivent apprendre à vivre ensemble.</p>
<p>Le film se met au rythme d’Akiko et Masakazu en mettant en scène leur quotidien. Nous partageons leurs repas, leurs élans de tendresse ou leurs chamailleries, ce qui crée une intimité avec les deux personnages, qui vivent chacun à leur manière une révolution personnelle.</p>
<p>La vie commune n’est pas aussi idyllique que prévu. Non seulement les époux peinent parfois à communiquer, mais l’écrivain s’accroche à son univers personnel (fait de petits trains électriques, entre autres) et se montre réticent à voir son épouse y pénétrer, laissant parfois cette dernière un peu à l’abandon.</p>
<p>La découverte de Kamakura et de ses secrets, puis celle de l’au-delà de ce monde par Masakazu, apparaît comme une manière de parler de l’adaptation à la vie de couple, de la découverte de l’univers de l’autre et de la capacité à inviter l’autre dans son propre univers.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-573" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-02.jpg" alt="" width="1000" height="666" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-02.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-02-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-02-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><br />
Les acteurs sont absolument délicieux. Toujours très expressif, Masato Sakai (<strong>Legal High</strong>, <a href="https://www.stellarsisters.com/hanzawa-naoki-j-drama-critique/"><strong>Hanzawa Naoki</strong></a>) excelle dans le registre de l’écrivain rêveur découvrant l’intensité de ses propres sentiments. Il entretient une belle alchimie avec Mitsuki Takahata (<strong>Overprotected Kahoko</strong>), dont les regards candides et la voix enfantine participent énormément au charme du film.</p>
<p><strong>Destiny: The Tale of Kamakura</strong> développe aussi une galerie de personnages secondaires hauts en couleur à travers une succession de sous-intrigues un peu folles impliquant humains et créatures.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-572" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-01.jpg" alt="" width="1000" height="666" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-01.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-01-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-01-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Parmi les personnages secondaires, dont le côté monstrueux est souvent source de rigolade, on n’est pas prêt d’oublier l’ami humain transformé en grenouille géante, la mort au look androgyne en charge du quartier, les inspecteurs moitié kappa ou renard, ou encore le dieu de la poisse !</p>
<p>Le récit prend parfois le risque de s’égarer dans une profusion de sous-intrigues et d’enjeux autour des personnages secondaires, mais il trouve une conclusion particulièrement spectaculaire dans son dernier acte.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-574" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-03.jpg" alt="" width="1000" height="666" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-03.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-03-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/destiny-tale-of-kamakura-03-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Fourmillant d’idées visuelles, ce dernier ouvre encore plus grand les horizons de ce monde fantastique, pour nous entraîner dans un combat épique et démesuré, dans lequel l’amour doit triompher de la mort.</p>
<p><strong>Destiny: The Tale of Kamakura</strong> réussit ce que les films hollywoodiens ne parviennent plus à faire depuis des années : utiliser la fantaisie et le divertissement pour parler de sentiments adultes et raconter ainsi, avec une véritable intelligence narrative, une histoire riche en émotions.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<blockquote><p><strong>Lire aussi | <a href="https://lesecransdelodie.com/ne-coupez-pas-le-tournage-dun-film-de-zombies-degenere/">Ne Coupez Pas! : une expérience zombiesque hilarante</a></strong></p></blockquote>
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		<title>Azumi : le sabre d&#8217;Aya Ueto ne fait pas de détail !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Oct 2020 16:32:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma asiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques Ciné]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;actrice japonaise Aya Ueto incarne une héroïne d&#8217;action sans pitié dans Azumi et sa suite Azumi Death of Love ! Critique d&#8217;un diptyque très fun, dont on retient surtout l&#8217;opus signé Ryuhei Kitamura. Après le délirant Versus (2001), le claustro-disjoncté Alive (2002) et le très conceptuel Aragami (2003), Ryûhei Kitamura revient avec l’adaptation d’un manga&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&rsquo;actrice japonaise Aya Ueto incarne une héroïne d&rsquo;action sans pitié dans Azumi et sa suite Azumi Death of Love ! Critique d&rsquo;un diptyque très fun, dont on retient surtout l&rsquo;opus signé Ryuhei Kitamura.</strong></p>
<p>Après le délirant <strong>Versus</strong> (2001), le claustro-disjoncté <strong>Alive</strong> (2002) et le très conceptuel <strong>Aragami</strong> (2003), Ryûhei Kitamura revient avec l’adaptation d’un manga de Yû Koyama et publié au Japon en 1994, <strong>Azumi</strong>. Mélange de films d&rsquo;arts martiaux et de conte initiatique, <strong>Azumi</strong> est servi par un scénario solide et délivre une série de scènes de combat survoltée, mais maîtrisées, dont un final d&rsquo;anthologie. Avec son visage enfantin, Aya Ueto possède un charisme atypique qui participe au charme de ce film d&rsquo;action un peu fou, mais très facile à suivre.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-595" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-01.jpg" alt="" width="1000" height="651" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-01.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-01-300x195.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-01-768x500.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<h2>Un voyage cruel et sanglant</h2>
<p>Recueillie à l’âge de neuf ans par un maître en arts martiaux, Azumi grandit en compagnie d’un groupe de jeunes garçons. Isolés du monde extérieur, la jeune fille et ses amis sont formés par leur maître qui veut faire d’eux de redoutables combattants afin de leur confier une mission. Après plusieurs années d’entraînement, les jeunes comprennent la vraie nature de celle-ci : devenir assassins afin de supprimer tous les opposants au régime en place.</p>
<p>L’ouverture dévoile la rencontre d’Azumi (Aya Ueto) avec son maître (Yoshio Harada). La tonalité tragique qui n’est pas sans rappeler le magnifique OAV <strong>Kenshin, le Chapitre du Souvenir</strong>, un héros contemporain d’Azumi (le manga de Nobuhiro Watsuki est lui aussi sorti en 1994). Quelques années plus tard, au fin fond d&rsquo;un bois, des jeunes garçons et filles s&rsquo;entraînent au combat sans connaître le sort tragique que leur maître leur réserve.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-603" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-03.jpg" alt="" width="900" height="484" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-03.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-03-300x161.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-03-768x413.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></p>
<p>Le choc est brutal lorsque les personnages, encore innocents, sont pour la première fois confrontés à la cruauté de leur future condition d’assassin : pour faire partie de l’équipe, ils doivent assassiner leur meilleur ami. Cette épreuve est le début d’un parcours initiatique cruel et sanglant.</p>
<h2>Le style de Kitamura assagi</h2>
<p>Reposant sur une narration linéaire, <strong>Azumi</strong> impose une véritable efficacité du début à la fin. Toutefois, si l’on cherche à retrouver strictement la même ambiance que dans <strong>Versus</strong>, mieux vaut passer son chemin : le destin d’Azumi s’avère tragique même si Kitamura n’a pas pu résister à introduire quelques notes d’humour décalé à travers une galerie de méchants-psychopathes complètement déjantés.</p>
<p>Le tour de force est de passer brusquement de la comédie à la tragédie, et inversement, sans décrédibiliser les enjeux dramatiques de l&rsquo;histoire. L’exercice peut d’ailleurs s’avérer déstabilisant pour les spectateurs non-initiés au style du cinéaste : il n’est pas rare de voir s’intercaler entre deux scènes parfaitement sérieuses des épisodes absolument surréalistes, comme ce bras de fer hilarant entre deux guerriers complètement demeurés (parmi lesquels on retrouve tout de même Tak Sakaguchi de <strong>Versus</strong>, sachant qu’une pelleté d’habitués des films du cinéaste apparaissent dans le film).</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-596" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-02.jpg" alt="" width="900" height="486" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-02.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-02-300x162.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-02-768x415.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></p>
<p>A ce titre, un plan précis résume cette ambiguïté. Il implique Bijomaru, sorte de travesti tout droit sorti d’un épisode de <strong>Saint Seiya</strong> – soigneusement coiffé et maquillé, tout de blanc vêtu, il ne se déplace pas sans une rose à la main. Tandis que le jeune Hyûga (Kenji Kohashi) titube, ensanglanté, vers la jeune fille qu’il aime, Bijomaru fait son entrée dans le champ et en arrière-plan, le visage déformé par un sourire outrancièrement vicieux, au point qu&rsquo;il est très difficile de garder son sérieux. Tandis que Hyûga et son amie vivent une tragédie, l’attitude moqueuse et cynique de Bijomaru prend ostensiblement en complicité le spectateur.</p>
<p>Pour interpréter Bijomaru, Kitamura a convoqué pour l’occasion l’inénarrable Joe Odagiri (<strong>Hazard</strong>, <strong>Shinobi</strong>), l’un des acteurs les plus anti-conventionnels de l’archipel nippon, qui semble s&rsquo;en donner à coeur joie dans le rôle de ce psychopathe à la fois comique et effrayant.</p>
<h2>Aya Ueto ange de la mort</h2>
<p>Azumi est quant à elle interprétée par Aya Ueto, 18 ans, dont Azumi est le premier rôle sur grand écran. Son visage presque irréel de poupée contraste avec la violence extrême du film. Elle incarne à merveille la dualité de son personnage tour à tour innocent et meurtrier, sentimentale avec ses amies mais froide comme de la glace avec ses ennemis.</p>
<p>Contrairement à la plupart des héroïnes, Azumi n’est pas aliénée par une romance puisqu&rsquo;elle tue l’homme qu’elle aime dès le début du film, tout comme la plupart des héros masculins doivent bien souvent perdre une femme qui leur est chère pour trouver leur voie en tant combattant. L’héroïne suit alors un parcours initiatique au cours duquel elle découvre l’amour, l’amitié, le sens de l’honneur mais aussi la cruauté du monde des adultes et plus précisément du monde des hommes.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-607" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-07.jpg" alt="" width="800" height="450" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-07.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-07-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-07-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></p>
<p>Ces découvertes lui permettent d’affirmer ses propres valeurs mais aussi de réaliser le caractère irrémédiable de sa condition, cristallisée dans la séquence au cours de laquelle la douce Yae (Aya Okamoto) tente de l’initier à la féminité &#8211; leur relation est peut-être bien la véritable romance du film. Habillée en kimono et maquillée comme une femme, la tueuse apparaît soudain innocente et vulnérable, c’est-à-dire exposée à la violence masculine. Le destin fait son oeuvre : une bande de voyous les agresse sexuellement et l&rsquo;oblige à reprendre les armes. Alors qu&rsquo;elle découvre sa féminité, Azumi se mue en une sorte d&rsquo;ange de la mort qui punit les barbares, mais aussi les hommes qui agressent les femmes.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-604" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-04.jpg" alt="" width="900" height="482" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-04.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-04-300x161.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-04-768x411.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></p>
<p>Marquées par des influences aussi diverses que <strong>Baby Cart</strong> et <strong>Matrix</strong>, les scènes d’action misent sur le spectacle plus que sur les prouesses martiales, mais s&rsquo;avère extrêmement jubilatoires. Les mouvements sont rapides, la mise en scène maîtrisée et l&rsquo;on sent la montée d&rsquo;adrénaline du combat. Kitamura assagit quelque peu son style (l&rsquo;exubérance de <strong>Versus</strong> est mise en sourdine), mais se fait tout de même plaisir avec des plans novateurs.</p>
<p>Outre l’affrontement entre le Singe et l’informateur du maître, une scène qui semble tout droit sortie d’un jeu vidéo (effets sonores à l’appui), l’action utilise des mouvements de caméra inédits, comme ce fameux plan à 360 degrés qui tourne à plusieurs reprises autour d’Azumi et de Bijomaru (ce que Kitamura appelle la « caméra fantôme »). Malgré ses fantaisies, le réalisateur rend hommage aux <em>chambara</em> en adoptant un style plus classique, plus sobres, dès lors que le maître est mis au premier plan. Le mélange stylistique fonctionne avec une étrange fluidité.</p>
<h2>1 femme contre 200 hommes</h2>
<p>Enfin, <strong>Azumi</strong> doit surtout sa réputation à sa dernière scène monumentale : véritable déluge d’images survoltées, avec des cadavres qui voltigent dans tous les sens comme s’il en pleuvait, ce final dantesque met en scène Azumi contre 200 hommes enragés et s’offre une chorégraphie admirablement orchestrée, qui rivalise sans difficulté avec le climax de <strong>Kill Bill Volume 1</strong>.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-605" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-05.jpg" alt="" width="900" height="482" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-05.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-05-300x161.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-05-768x411.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></p>
<p>Avec son esthétique et sa tonalité très « kitamuresque » et son héroïne s’appropriant les codes masculins, <strong>Azumi</strong> est un divertissement aussi généreux, porteur d’une énergie rare et d’un véritable amour des différents genres auxquels il fait référence. En ce qui nous concerne, <strong>Azumi</strong> nous a donné une furieuse envie d’attraper sur le champ un katana !</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<blockquote><p><strong>Lire aussi | </strong><a href="https://www.stellarsisters.com/kinotayo-2019-ne-coupez-pas-de-shinichiro-ueda/"><strong>Ne Coupez Pas ! : comédie zombiesque déjantée</strong></a></p></blockquote>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-606" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-06.jpg" alt="Aya Ueto (Azumi)" width="1024" height="768" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-06.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-06-300x225.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-06-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<h2>Azumi &#8211; Death of Love (Azumi 2)</h2>
<p>Réalisé par Shusuke Kaneko, <strong>Azumi 2, Death or Love</strong> est la suite du film de Ryuhei Kitamura sorti deux ans plus tôt. Adapté de l&rsquo;œuvre de Yu Koyama, <strong>Azumi</strong> se présentait comme un manga-live mêlant avec une rare aisance l&rsquo;action, le drame et la fantaisie façon Kitamura, c&rsquo;est-à-dire délirante. Le réalisateur Shusuke Kaneko (<strong>Gamera</strong>, <strong>Death Note</strong>) reprend le flambeau à la réalisation, épaulé par Yoshiaki Kawajiri (<strong>La Cité Interdite</strong>, <strong>Ninja Scroll</strong>) en tant que scénariste. L&rsquo;univers du premier film est-il respecté ou travesti ? Le résultat laisse mitigé mais ne fait pas honte au précédent. Et Shu Oguri est de retour !</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-597 size-full" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-2-01.jpg" alt="Aya Ueto et Shun Oguri" width="1000" height="676" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-2-01.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-2-01-300x203.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-2-01-768x519.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Azumi et Nagara sont les seuls survivants de la mission imposée par leur maître. Cette mission est cependant loin d&rsquo;être achevée et les deux jeunes gens se lancent à la poursuite d&rsquo;un tyran du nom de Masayuki Sanada, un homme cruel qui possède aussi de redoutables gardes du corps. Mais Azumi n&rsquo;a pas dit son dernier mot.</p>
<p><strong>Azumi 2, Death or Love</strong> débute juste après la fin de <strong>Azumi</strong> : l&rsquo;héroïne interprétée par Aya Ueto se retrouve seule en compagnie de Nagara (Yuma Ishigaki) et il leur reste à assassiner Masayuki Sanada (Mikijiro Hira) pour achever leur mission. Dès le début du film, l&rsquo;action commence, il semble qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas une minute à perdre tant pour les personnages que pour le metteur en scène. On remarque cependant immédiatement que ce dernier est nettement moins à l&rsquo;aise que Kitamura pour filmer les combats qui se révèlent très confus. Mais peut-être nous réserve-t-il le meilleur pour la fin.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-598" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-2-02.jpg" alt="" width="1000" height="676" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-2-02.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-2-02-300x203.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-2-02-768x519.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Azumi et Nagara vont rencontrer tout un tas de personnages aussi hauts en couleur que dans l&rsquo;opus précédent et sur ce plan, l&rsquo;univers du premier film est parfaitement respecté, avec cette rencontre plaisante entre décor de <i>chambara</i>, ambiance manga et jeu vidéo.</p>
<p>On retrouve avec plaisir vers la fin du film une atmosphère qui évoque <strong>Ninja Scroll</strong>, lorsque Azumi doit traverser une forêt et affronter successivement plusieurs adversaires étranges (un homme araignée, une femme dont la vitesse défie l&rsquo;entendement) avec des costumes parfois à mourir de rire (celui de Dame Kûnyo surtout !) et des armes plus perverses les unes que les autres.</p>
<p>La palme du meilleur concept de scène revient incontestablement à l&rsquo;excellent affrontement entre Azumi et l&rsquo;homme araignée interprété par Tak Sakaguchi (<strong>Versus</strong>), une séquence efficace et imaginative. Quant au moment le plus chaud, il s’agit bien sûr de celui où Kozue transperce rageusement de son sabre un beau jeune homme contre un arbre, avec un air vicieux dont seule Chiaki Kuriyama (<strong>Battle Royale</strong>, <strong>Kill Bill</strong>) a le secret.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-599" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-2-03.jpg" alt="" width="1000" height="676" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-2-03.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-2-03-300x203.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-2-03-768x519.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Heureusement que certaines scènes se distinguent par leur fantaisie car dès lors que les combats adoptent un style plus classique, le rendu s’avère brouillon. Non que les chorégraphies soient absentes, mais la réalisation de Shusuke Kaneko ne leur rend guère justice. La maîtrise du champ et de l’espace laisse parfois à désirer. On grimace ainsi lorsqu&rsquo;un combattant encerclé par ses ennemis se retrouve caché par l&rsquo;un d&rsquo;eux au moment de l&rsquo;attaque…</p>
<p>Les enjeux dramatiques sont un peu à l&rsquo;image de l&rsquo;action : mi-figue mi-raisin. Les fans du premier apprécieront de retrouver l&rsquo;héroïne vêtue de sa légendaire cape, une héroïne qui se définit comme une sorte de pendant féminin à Kenshin et qui reste un personnage féminin atypique dans le cinéma d&rsquo;action.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-600" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-2-04.jpg" alt="" width="1000" height="676" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-2-04.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-2-04-300x203.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-2-04-768x519.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Pourtant, le scénariste Yoshiaki Kawajiri commet une belle faute de goût dès le début du film en tentant de « féminiser » le personnage à travers ses contacts avec des enfants. S’il y avait bien une erreur à en pas faire, c’était précisément celle d’utiliser des ressorts aussi clichés : non seulement ce genre d’attitude est incohérent avec tout ce qui a été dit dans l’opus précédent (Azumi renonçant à la féminité pour se défendre contre les violeurs de son amie), mais il eut été bien plus pertinent de la voir se montrer maladroite avec ces enfants en voulant bien faire.</p>
<p>Quant au développement des autres personnages, le film reste en surface. Des enjeux se dessinent ici et là pour certains d&rsquo;entre eux, mais leur évolution s&rsquo;arrête pile au moment où ils commencent à prendre un peu de consistance. Le cas le plus flagrant est le personnage de Kozue (Chiaki Kuriyama), dont on peine à comprendre véritablement les motivations, faute de développement. On passera sur les flash-back à rallonge et gnangnan sur Nachi.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-602" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-2-06.jpg" alt="" width="900" height="675" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-2-06.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-2-06-300x225.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/azumi-2-06-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></p>
<p>Le film nous permet de retrouver Shun Oguri (<strong>Hana Yori Dango</strong>), qui avait été clairement lésé dans le film précédent. A l&rsquo;époque, Kitamura avait recruté de jeunes acteurs sans leur préciser si leur personnage survivraient à la première scène de massacre. Le personnage de Shun Oguri faisait partie des pertes. Il réapparaît dans <strong>Azumi 2</strong> dans un rôle mystérieux que le scénario justifie maladroitement, mais qu&rsquo;importe !</p>
<p>A l’arrivée, <strong>Azumi 2, Death or Love</strong> laisse sur sa faim si l&rsquo;on a adoré le premier opus, mais demeure un divertissement sympathique dont quelques scènes tirent leur épingle du jeu. A voir pour le fun uniquement.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<blockquote><p><strong>Lire aussi | <a href="https://lesecransdelodie.com/destiny-the-tale-of-kamakura-enigmes-et-fantomes-japonais/">Destiny: Tale of Kamakura : enquête et folklore japonais</a></strong></p>
<p><strong>Lire aussi | </strong><a href="https://lesecransdelodie.com/ne-coupez-pas-le-tournage-dun-film-de-zombies-degenere/"><strong>Ne Coupez Pas! Un film de zombie dégénère en massacre</strong></a></p></blockquote>
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		<title>This Charming Girl : être une femme célibataire en Corée du Sud</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2020 07:50:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma asiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques Ciné]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;actrice coréenne Kim Ji-Soo interprète une femme célibataire et ordinaire dans son tout premier long métrage, un film émouvant signé Lee Yoon-Ki. Notre critique. Premier long métrage de Lee Yoon-Ki, This Charming Girl s&#8217;inspire d&#8217;une nouvelle de Wu Ae-Ryung intitulée Jeong-Hae et a aquis une aura internationale lors de sa sortie, puisqu’il a obtenu le New&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&rsquo;actrice coréenne Kim Ji-Soo interprète une femme célibataire et ordinaire dans son tout premier long métrage, un film émouvant signé Lee Yoon-Ki. Notre critique.</strong></p>
<p>Premier long métrage de Lee Yoon-Ki, <strong>This Charming Girl</strong> s&rsquo;inspire d&rsquo;une nouvelle de Wu Ae-Ryung intitulée <strong>Jeong-Hae</strong> et a aquis une aura internationale lors de sa sortie, puisqu’il a obtenu le New Currents Award au festival du film de Busan 2004 et le Lotus du Jury au Festival du Film Asiatique de Deauville 2005. Tranche de vie intimiste délicatement interprétée par Kim Ji Soo, <strong>This Charming Girl</strong> est à son époque l&rsquo;un des premiers films à normaliser la vie d&rsquo;une femme célibataire en Corée du Sud.</p>
<h2>La vie d&rsquo;une femme seule</h2>
<p>Jeong-Hae mène une vie paisible et monotone à Séoul, partageant son temps entre le bureau de poste où elle travaille et son appartement qu’elle occupe seule. Un jour, elle ramène chez elle un chaton égaré qui lui rappelle l’époque où sa mère était encore en vie. Ces souvenirs du passé font resurgir des traumatismes jusqu’alors enfouis au plus profond d’elle-même et qui vont bouleverser son existence trop lisse.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-560" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/this-charming-girl-01.jpg" alt="" width="1000" height="679" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/this-charming-girl-01.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/this-charming-girl-01-300x204.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/this-charming-girl-01-768x521.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>La vie de Jeong-Hae n’a pourtant rien de bien palpitant. Employée au guichet de la poste, où elle côtoie des collaborateurs et clients qui n’ont rien de passionnant eux non plus, elle partage son temps libre entre ses dîners au restaurant entre collègues et ses soirées télé en solitaire dans son petit appartement. Son monde semble très restreint, et pourtant elle se satisfait de cette vie.</p>
<p>Cette « fille charmante » est-elle heureuse ou malheureuse ? Nul ne le sait puisqu’elle n’exprime ses émotions qu’en de rares occasions et maintient une attitude posée, mais distante. On devinera plus tard que derrière ce visage angélique se cachent des cicatrices profondes.</p>
<p>Des évènements vont progressivement bouleverser son univers. L’adoption d’un petit chaton, dont l’attitude craintive et indépendante lui rappelle peut-être sa propre existence, est un premier changement. Puis des rencontres vont créer une petite révolution chez elle, lui ouvrir des portes et l’amener à bousculer elle-même son quotidien.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-561" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/this-charming-girl-02.jpg" alt="" width="1000" height="679" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/this-charming-girl-02.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/this-charming-girl-02-300x204.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/this-charming-girl-02-768x521.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Jeong-Hae n’a rien à voir avec l’héroïne traditionnelle du film romantique, toujours avide de rencontrer l’amour vrai. Elle n’attend rien, se suffit à elle-même, et le film n’émet aucun jugement sur son mode de vie solitaire ni sur son attitude effacée. Et même si le passé douloureux qui va resurgir au cours du film peut en partie expliquer cette tendance à se couper du monde, celle-ci appartient peut-être aussi tout simplement à sa nature.</p>
<p>Jeong-Hae fait partie de ces nombreuses personnes qui peuplent nos grandes villes et que l’on ne voit pas vraiment, que l’on heurte peut-être parfois sans le savoir, comme le fait ce vendeur de chaussures qu’elle rencontre au cours du film ou même son ex-mari, un homme peu délicat.</p>
<h2>Kim Ji Soo, la révélation du film</h2>
<p>Avec sensibilité et délicatesse, Lee Yoon-Ki filme le quotidien de Jeong-Hae sans jamais verser dans le voyeurisme. La personnalité de cette jeune femme peut-être pas aussi banale qu’elle en a l’air se dessine progressivement, à travers ses réactions parfois singulières aux événements auxquels elle fait face mais aussi à travers ses souvenirs. Le réalisateur traduit habilement les bouleversements intérieurs de Jeong-Hae en utilisant la caméra à l’épaule, allant même jusqu’à suivre le fil de ses pensées.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-562" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/this-charming-girl-03.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/this-charming-girl-03.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/this-charming-girl-03-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/this-charming-girl-03-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Les flash-back sont d’ailleurs particulièrement bien amenés : d’abord lumineux comme dans un rêve lorsqu’ils évoquent les souvenirs de la mère, puis de plus en plus proches du réel jusqu’à l’absence totale de transition avec le présent, à mesure qu’ils remontent jusqu’à un traumatisme ancien.</p>
<p>Révélation du film, Kim Ji-Soo accomplit une belle performance d&rsquo;actrice. Évoluant devant la caméra avec un naturel sidérant alors qu’elle occupe presque chaque plan, l&rsquo;actrice parvient à faire exister son personnage et à transmettre ses émotions avec une grande subtilité, à tel point que Jeong-Hae paraît plus vraie que nature.</p>
<p><strong>This Charming Girl</strong> est un drame psychologique poignant et dresse avec finesse et empathie le portrait d’une femme qui reprend contact avec la vie, un personnage atypique dans le paysage du cinéma coréen. Un beau film, tout simplement.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
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		<title>The Bride With White Hair : le chef d’œuvre de Ronny Yu</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Oct 2020 11:49:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma asiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques Ciné]]></category>
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					<description><![CDATA[Leslie Cheung et Brigitte Lin sont les vedettes de cette épopée romantique et fantastique réalisée par Ronny Yu. Un classique du cinéma de Hong Kong. Une histoire d’amour bouleversante, deux visages emblématiques du cinéma de Hong Kong, un pur chef-d’œuvre… The Bride With White Hair est réalisé en 1993 par Ronny Yu et s’inspire d’un&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Leslie Cheung et Brigitte Lin sont les vedettes de cette épopée romantique et fantastique réalisée par Ronny Yu. Un classique du cinéma de Hong Kong.<br />
</strong></p>
<p>Une histoire d’amour bouleversante, deux visages emblématiques du cinéma de Hong Kong, un pur <span class="st">chef-d’œuvre</span>… <strong>The Bride With White Hair</strong> est réalisé en 1993 par Ronny Yu et s’inspire d’un roman des années 50,<strong> La Légende de la Sorcière aux Cheveux Blancs</strong>, de Liang Yu Sheng.</p>
<p>L’intrigue plante son décor dans un contexte historique réel, au moment de la transition entre la dynastie Ming et la dynastie Qing (milieu du 17e siècle), mais nous plonge dans un monde fantastique où la magie et les créatures démoniaques ont toute leur place. Dans cet univers cruel, deux êtres vont s’aimer et se déchirer. Egalement connu sous le titre <strong>Jiang Hu</strong>, le film <strong>The Bride With White Hair</strong>, qui fait partie de mes films préférés, est ressorti dans les salles françaises le 25 décembre 2019.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-549" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-02.jpg" alt="" width="748" height="521" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-02.jpg 748w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-02-300x209.jpg 300w" sizes="(max-width: 748px) 100vw, 748px" /></p>
<p>L’ouverture du film est d’une rare poésie. Au sommet d’une falaise, un homme âgé garde jalousement une fleur fabuleuse aux pouvoirs d’immortalité. Quand deux soldats réclament la fleur pour sauver l’Empereur mourant, l’homme refuse. Mais il se souvient de sa bien-aimée… Alors surnommée la Louve, celle-ci l’avait sauvé des loups quand il était enfant. Des années plus tard, elle était devenue le bras armé d’un clan rebelle ennemi du sien.</p>
<p>Les quelques flashbacks qui traversent les premières minutes de bobine mélangent souvenirs du quotidien et souvenirs fantasmés et sont d’une beauté à couper le souffle, de l’entraînement de Zhuo Yi Hang (magnifiques plans en ombre chinoise) à sa rencontre émouvante avec la petite fille.</p>
<p>La transition entre l’enfance et l’âge adulte se déroule dans la pièce où Yi Hang est mis en accusation par son clan pour ses actions anti-conformistes, une situation annonciatrice du destin de ce personnage éternellement jugé coupable.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-551 size-full" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-04.jpg" alt="Brigitte Lin (The Bride With White Hair)" width="740" height="1043" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-04.jpg 740w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-04-213x300.jpg 213w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-04-727x1024.jpg 727w" sizes="(max-width: 740px) 100vw, 740px" /></p>
<p>Dès la première apparition de La Louve à l’âge adulte, une tension érotique s’installe entre celle-ci et Yi Hang, alors même qu’ils sont supposés être ennemis. Cette tension s’exprime à travers une succession de confrontations, jusqu’à la consommation de leur passion sous une cascade dans l’antre de la Louve, là où personne ne peut les atteindre.</p>
<p>La scène d’amour peut paraître naïve (les personnages sont manifestement censés être plus jeunes que les acteurs!), mais elle prend tout son sens dès lors qu’elle est mise en miroir avec la jalousie, l’ambition et la perversion qui consument les autres personnages, dans un camp comme dans l’autre.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-550" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-03.jpg" alt="" width="781" height="498" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-03.jpg 781w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-03-300x191.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-03-768x490.jpg 768w" sizes="(max-width: 781px) 100vw, 781px" /></p>
<p>Les amants évoluent dans un monde où les sentiments et la notion de choix n’ont pas leur place. Ni même l’individualité, comme en témoigne l’émotion de la Louve lorsque son amant lui offre quelque chose qu’elle n’a jamais eu : un nom.</p>
<p>Leslie Cheung et Brigitte Lin Ching Hsia incarnent ces deux amants avec une grâce qui n’a d’égal que leur immense présence à l’écran. Malgré leur âge (elle avait 39 ans et lui 37), ils ressemblent à deux adolescents en pleine découverte du sentiment amoureux.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-552" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-05.jpg" alt="" width="620" height="420" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-05.jpg 620w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-05-300x203.jpg 300w" sizes="(max-width: 620px) 100vw, 620px" /></p>
<p>Leslie Cheung est tout simplement sublime dans le rôle de ce guerrier tiraillé entre son amour et ses responsabilités écrasantes. Brigitte Lin trouve quant à elle son plus beau rôle : elle est d’une incroyable beauté dans le costume de la Louve et impose une majesté intimidante rien que par la force de son regard. Malgré le sang versé lors des scènes de combat ahurissantes qui ponctuent le film, l’héroïne de <strong>The Bride With White Hair</strong> est une femme pure, qui vit dans l’absolu et possède une forme d’innocence désarmante.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-553 size-full" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-07.jpg" alt="Leslie Cheung (The Bride With White Hair)" width="750" height="884" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-07.jpg 750w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-07-255x300.jpg 255w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /></p>
<p>L’autre couple marquant du film est celui des deux siamois, interprétés par un Francis Ng Chun Yu (<strong>The Mission</strong>, <strong>Full Alert</strong>) qui s’emploie dans chaque scène à exprimer la folie de son personnage, et par une Elaine Lui (<strong>Dr Wong et les pirates</strong>) démente, au rire aussi irritant que son personnage est mauvais.</p>
<p>L’association de Ronny Yu à la réalisation et de Peter Pau à la photographie fait des miracles : chaque plan est porteur d’émotion et de poésie. Le style visuel est travaillé dans le détail et reste cohérent de la première à la dernière image du film.</p>
<p><strong>The Bride With White Hair</strong> a été réalisé à la même période que le superbe <strong>Green Snake</strong> de Tsui Hark. Cette époque est un âge d’or du cinéma fantastique et d’arts martiaux de Hong Kong. Les effets visuels étaient encore artisanaux et les cinéastes les plus visionnaires déployaient des trésors d’imagination pour créer des univers visuels riches et signifiants. Ces deux films ont en commun une esthétique évoquant un opéra et des personnages devenus iconiques.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-554" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-08.jpg" alt="" width="600" height="414" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-08.jpg 600w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-08-300x207.jpg 300w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></p>
<p>Visiblement inspiré par ses acteurs, le réalisateur Ronny Yu n’hésite pas à les filmer en très gros plans et utilise les changements de maquillages pour exprimer les bouleversements intérieurs des personnages. Les costumes sont à ce titre somptueux. Il faut dire qu’ils ont été réalisés par la Japonaise Emi Wada, à qui l’on doit les costumes de <strong>Ran</strong> (Akira Kurosawa) et de <strong>Hero</strong> (Zhang Yi Mou).</p>
<p>Dirigées par Philip Kwok, les scènes d’action ne cherchent pas le réalisme. Il s’agit une fois encore d’exprimer l’état d’esprit des personnages et les enjeux dramatiques. A ce titre, le fameux plan séquence où Yi Hang, ivre, utilise une brindille pour se battre contre des guerriers ennemis illustre  son refus d’assumer le rôle de chef de guerre qui lui est imposé. Le style de combat de Yi Hang évoque davantage une danse, tandis qu’il terrasse ses adversaires avec une « arme » inoffensive.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-548 size-full" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-01.jpg" alt="Leslie Cheung et Brigitte Lin (The Bride With White Hair)" width="910" height="629" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-01.jpg 910w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-01-300x207.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/the-bride-with-white-hair-01-768x531.jpg 768w" sizes="(max-width: 910px) 100vw, 910px" /></p>
<p><strong>(Spoiler alert</strong>) Et quand la Louve se transforme en sorcière aux cheveux blancs, il faut le voir pour le croire ! Volontairement outrancier, le moment est resté culte. La belle ne fait pas les choses à moitié quand elle décide de découper ses adversaires en morceaux ! Et le pire, c’est que la scène n’en demeure pas moins émouvante. <strong>(fin des spoilers)</strong></p>
<p><strong>The Bride With White Hair</strong> est l’histoire d’une passion, d’un amour impossible qui entraîne inexorablement les deux amants vers une issue fatale. Véritable tourbillon d’émotions, de violence et de poésie, <strong>The Bride With White Hair</strong> est un classique emblématique du cinéma de Hong Kong des années 1990 – une époque où les moyens étaient plus réduits que dans les blockbusters chinois actuels, mais où tout semblait encore possible.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<blockquote><p>Vous aimerez aussi</p>
<p><a href="https://lesecransdelodie.com/critique-detective-dee-le-mystere-de-la-flamme-fantome/"><strong>Critique de Detective Dee: Le Mystère de la Flamme Fantôme</strong></a></p></blockquote>
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		<title>Interview : Jackie Chan parle de New Police Story</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Apr 2020 17:55:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma asiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers Ciné]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;acteur chinois Jackie Chan a donné une table ronde en France lors de la sortie du film New Police Story. Elodie était invité à l&#8217;événement et en a gardé un bon souvenir. En 2005, Jackie Chan était venu passer quelques jours à Paris pour rencontrer son public français, donner une Master Class et participer à&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L&rsquo;acteur chinois Jackie Chan a donné une table ronde en France lors de la sortie du film New Police Story. Elodie était invité à l&rsquo;événement et en a gardé un bon souvenir. </strong></p>
<p>En 2005, Jackie Chan était venu passer quelques jours à Paris pour rencontrer son public français, donner une Master Class et participer à une table ronde avec une poignée de journalistes français. Une table ronde d&rsquo;une heure trente qui s&rsquo;est déroulée à l&rsquo;Hotel du Crillon, Place de la Concorde à Paris, et à laquelle j&rsquo;ai eu l&rsquo;honneur d&rsquo;assister, aux côtés de confrères d&rsquo;<strong><em>Ecran Large</em></strong>, <strong><em>Mad Movies</em></strong>, <strong><em>Cinémasie</em></strong>, <strong><em>HK Cinemagic</em></strong> et quelques autres.</p>
<p>Si cette interview commence un peu à dater, j&rsquo;ai grand plaisir à la remettre au goût du jour puisque la légende vivante des arts martiaux ne s&rsquo;est pas seulement exprimée sur son film du moment – <strong>New Police Story</strong> de Benny Chan – mais aussi sur son expérience hollywoodienne. Il est rare de voir un acteur de ce calibre parler de l&rsquo;industrie dominante avec une telle franchise et une telle lucidité, comme vous allez le découvrir.</p>
<p>En d&rsquo;autres termes, cette interview est toujours d&rsquo;actualité et l&rsquo;analyse de Jackie Chan peut largement s&rsquo;appliquer à l&rsquo;expérience d&rsquo;autres acteurs asiatiques qui tentent aujourd&rsquo;hui, huit ans plus tard, leur chance à Hollywood&#8230;</p>
<figure id="attachment_746" aria-describedby="caption-attachment-746" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-full wp-image-746" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-03.jpg" alt="" width="800" height="528" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-03.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-03-300x198.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-03-768x507.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-746" class="wp-caption-text">Jackie Chan dans New Police Story (2004)</figcaption></figure>
<h2>Table ronde avec Jackie Chan</h2>
<p><strong>Que ressentez-vous vis-à-vis de cet hommage qui vous est rendu à travers le festival Paris Cinéma ?</strong></p>
<p>Jackie Chan : Je suis très surpris de recevoir ce prix qui est très particulier pour moi, parce qu’il ne vient pas d’un pays asiatique. J’ai l’habitude en Asie, que ce soit à Taiwan, à Singapour, en Chine, ou quelque partie de la Chine que ce soit, de recevoir des prix. Chaque fois qu’ils pensent à remettre des prix, ils se disent : « D’abord on va remettre un prix à Jackie Chan ». Donc avoir un prix aux États-Unis ou en France, c’est un véritable honneur pour moi.</p>
<p><strong>A propos de <em>New Police Story</em>, comment le projet a-t-il été initié?</strong></p>
<p>Quand j’ai achevé <strong>Rush Hour 2</strong> et <strong>Shanghai kid 2</strong>, le gouvernement de Hong Kong m’a demandé de revenir afin de continuer à faire des films à Hong Kong. J’ai créé une société de production qui s’appelle JCE, parce que je n’avais pas le temps de faire autre chose que de produire des films.</p>
<p>Puis Benny Chan est venu me voir avec le scénario de <strong>New Police Story</strong>. Pour le choix de l’acteur principal, il hésitait entre Jacky Cheung, un chanteur (ndlr : vu aussi dans <strong>Une Balle dans la tête</strong>, de John Woo), et Tony Leung Kar-Fai (ndlr : vu dans <strong>Victim</strong>, de Ringo Lam). Mais je me suis dit que ces deux acteurs ne pouvaient pas jouer des superflics, que le seul à Hong Kong à pouvoir jouer un superflics, c’était moi. A ce moment-là, j’avais d’autres choses à faire et j’ai dû quitter Hong Kong, mais mon manager a insisté.</p>
<p>Le budget s’élevait à l’époque à 2 millions de dollars et il m’a dit que je devais essayer quand même. Ça tombait bien parce que j’avais envie d’interpréter un rôle plus dramatique et de faire une pause de la comédie, alors j’ai accepté. Et au final, le budget est monté à 15 millions de dollars.</p>
<figure id="attachment_756" aria-describedby="caption-attachment-756" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-full wp-image-756" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-13.jpg" alt="" width="800" height="400" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-13.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-13-300x150.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-13-768x384.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-756" class="wp-caption-text">Nicholas Tse et Jackie Chan dans New Police Story (2004)</figcaption></figure>
<p><strong>Au début du film, on vous voit vomir, boire, pleurer en vous traînant par terre… On a alors l’impression que vous voulez casser cette image très forte que vous avez construite. Était-ce volontaire ?</strong></p>
<p>Oui, parce que je voulais vraiment changer de personnage. Je voulais montrer au public que je n’étais pas seulement un combattant et un comique mais aussi un très bon acteur (rires). A l’issue de ces dix dernières années, où j’ai fait surtout des comédies, j’ai réalisé que je voulais changer et prendre une direction comme l’a fait Robert De Niro, c&rsquo;est-à-dire montrer que je peux tout faire, tout essayer.</p>
<p>Et d’ailleurs, quand vous voyez les vomissements, dans tous les films ils ne vomissent qu’en une fois et après c’est fini. Regardez-moi dans <strong>New Police Story</strong> ! Je vomis, je vomis, je vomis… ça dure longtemps parce que j’ai ingurgité deux grandes bouteilles d’eau avant de tourner cette scène ! Je voulais vraiment montrer que je pouvais le faire.</p>
<p>C’était la même chose quand je devais pleurer et c’était d’ailleurs extrêmement difficile. Personne ne devait me parler dans ces moments-là parce que je devais me concentrer sur l’état de tristesse dans lequel se trouvait mon personnage. Il fallait que je sois vraiment dans sa peau.</p>
<figure id="attachment_742" aria-describedby="caption-attachment-742" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-full wp-image-742" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/crime-story-01.jpg" alt="" width="800" height="451" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/crime-story-01.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/crime-story-01-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/crime-story-01-768x433.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-742" class="wp-caption-text">Jackie Chan dans Crime Story (1993)</figcaption></figure>
<p><strong>Maintenant que vous avez fait <em>New Police Story</em>, qui est un film au ton très sérieux, est-ce que vous réévaluez <em>Crime Story</em>, le film que vous aviez fait en 1993 avec Kirk Wong?</strong></p>
<p>C’est très différent. Dans <strong>Crime Story</strong>, le personnage est en quelque sorte un superhéros : il ne tombe jamais, il a une grande confiance en soi et il sait qu’il va réussir. Ce n’est pas une vision réaliste du policier parce que rien ne l’effraie. C’est un superflic que rien ne peut arrêter, il n’est pas humain.</p>
<p>Dans <strong>New Police Story</strong> au contraire, je joue un personnage qui a perdu toute confiance en lui, qui pense qu’il n’atteindra jamais son but parce qu’il n’a pas réussi à combattre ses ennemis. Donc les deux rôles n’ont rien à voir.</p>
<p><strong>Ces dernières années la santé du cinéma hongkongais n’était pas florissante, mais depuis quelques temps les choses semblent s’améliorer. Est-ce que les nouveaux accords avec la Chine, en particulier la levée des quotas sur les productions de Hong Kong, ont changé quelque chose ?</strong></p>
<p>C’était difficile et cela devient effectivement plus facile avec les accords. Pour commencer, le gouvernement chinois permet maintenant aux Chinois de faire du tourisme et d’aller à Hong Kong, donc la Chine est en train de s’ouvrir. C’est la même chose en ce qui concerne les tournages : auparavant, lorsqu’on tournait un film avec la Chine, il fallait obligatoirement qu’au moins deux des comédiens viennent de Chine continentale. Ce n’est plus le cas maintenant et c’est devenu plus facile pour nous de tourner des films avec la Chine.</p>
<figure id="attachment_757" aria-describedby="caption-attachment-757" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-full wp-image-757" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/police-story-01.jpg" alt="" width="800" height="600" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/police-story-01.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/police-story-01-300x225.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/police-story-01-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-757" class="wp-caption-text">Jackie Chan dans Police Story (1985)</figcaption></figure>
<p><strong>Selon vous, est-ce que la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997 a changé le contenu même des films ?</strong></p>
<p>Rien n’a réellement changé depuis 1997, si ce n’est que les comédiens et réalisateurs eux-mêmes ont changé. Avant 1997, quand ils voulaient exprimer quelque chose contre la Chine, ils le faisaient en toute liberté puisque rien n’était diffusé en Chine. Depuis 1997, étant donné que la Chine s’est ouverte et que le public chinois est devenu un marché, ils font plus attention à ce qu’ils disent. Ils le font d’autant plus que leurs films n’ont accès ni au marché américain, ni européen, ni japonais.</p>
<p>D’autre part, le marché local est en train de mourir parce que films sont piratés dès leur sortie. Ceci dit, le gouvernement chinois est lui aussi en train de changer, de s’améliorer et de s’ouvrir. Même l’avis des réalisateurs les plus politisés est en train d’évoluer.</p>
<p><strong>Il y a actuellement une série de grosses coproductions Chine/Hong Kong ou purement hongkongaises, notamment <em>Seven Swords</em> de Tsui Hark. D’autre part, des personnes John Woo et Jet Li reviennent aussi au pays pour tourner des films de chevalerie. Comment voyez-vous ces projets ?</strong></p>
<p>Nous avons en effet de grosses productions qui arrivent, mais elles sont en partie produites par des studios américains… C’est vrai, les Américains accordent de l’importance au marché chinois, mais c’est parce que le marché américain sera toujours là pour couvrir. Si des films comme <strong>Seven Swords</strong> ou <strong>Hero </strong>(ndlr : respectivement de Tsui Hark et Zhang Yi Mou) étaient réalisés aux États-Unis, le budget serait de 150 millions de dollars. En Chine, ils les tournent pour 10 millions de dollars, et ils savent qu’ils se rembourseront avec le marché américain. Donc pour eux le marché asiatique, c’est du bonus.</p>
<figure id="attachment_758" aria-describedby="caption-attachment-758" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-full wp-image-758" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/rush-hour-2-01.jpg" alt="" width="800" height="450" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/rush-hour-2-01.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/rush-hour-2-01-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/rush-hour-2-01-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-758" class="wp-caption-text">Jackie Chan et Chris Tucker dans Rush Hour 2 (2001)</figcaption></figure>
<p><strong>C’est vrai qu’ils sont financés par des studios américains mais ils sont aussi réalisés par des Chinois. Vous n’avez pas l’impression qu’en faisant ces films épiques la Chine se réapproprie sa propre culture, après avoir été pillée par Hollywood ?</strong></p>
<p>Je ne crois pas que les Américains pensent de cette manière. Tout ce qu’ils savent c’est que leur cinéma est commercialement arrivé à ses limites : ils ont déjà atteint le milliard de dollars de recettes et ne peuvent pas monter plus haut. Ils savent aussi que la Chine, c’est l’avenir, parce qu’il y a 1,3 milliard de personnes rien que là-bas, ce qui représente un énorme marché. Mais ils ne savent pas comment faire des films chinois. Alors que peuvent-ils faire ? Ils peuvent faire comme Miramax et dépenser 30 millions pour faire dix films. Et rien qu’en distribuant un seul de ces films, tout l’argent leur reviendra. Alors qu’avec 30 millions de dollars, ils ne peuvent même pas produire un seul film américain. L’intérêt pour les Américains est d’avoir de bons réalisateurs chinois pour des budgets dérisoires, mais qui en Chine représentent des grosses productions.</p>
<p>Les Américains se constituent aussi de cette façon une bibliothèque de titres qu’ils peuvent revendre à la télévision ou sur le câble, ce qui leur permet de préparer des revenus pour l’avenir. En fait, je pense qu’aux États-Unis, tout est une question de business. Ils ne prennent pas en compte l’aspect politique. Ils voient surtout qu’ils peuvent utiliser des talents locaux à bas prix. De notre côté, nous y gagnons aussi car nous avons des choses à apprendre des Américains. Par exemple, nous apprenons à faire le packaging, les Américains sont très bons pour ça.</p>
<p><strong>Qu’est-ce que vous entendez par packaging ?</strong></p>
<p>Là-bas, même un très mauvais film peut marcher parce qu’il est emballé dans un bon packaging. Nous au contraire, nous ne savons pas lancer nos productions sur le marché américain ou européen, même les plus beaux films. Quand j’ai achevé <strong>Rush Hour</strong>, par exemple, j’étais très déçu, j’avais des regrets et je suis rentré à Hong Kong en me demandant pourquoi j’avais fait un film aussi nul. En plus, les Américains n’étaient pas sûrs qu’il marcherait et pensaient déjà à le sortir directement en vidéo, marché sur lequel je suis très populaire.</p>
<p>Au moment de la sortie en salles, ils l’avaient emballé dans toute une promotion comme ils savent si bien le faire et le film a rencontré un grand succès. Et il a fallu tourner <strong>Rush Hour 2</strong>. Cette fois encore, le film a fait un carton alors que je le détestais, mais tout était dans la promotion. Par ailleurs, il y a d’autres avantages à travailler avec les Américains. Nous utilisons leur argent pour lancer de nouveaux talents, de nouveaux réalisateurs ou de nouveaux comédiens. En fait, c’est un échange qui profite des deux côtés.</p>
<figure id="attachment_743" aria-describedby="caption-attachment-743" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-full wp-image-743" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/drunken-master-01.jpg" alt="" width="800" height="516" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/drunken-master-01.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/drunken-master-01-300x194.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/drunken-master-01-768x495.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-743" class="wp-caption-text">Jackie Chan et Simon Yuen dans Drunken Master (1978)</figcaption></figure>
<p><strong>Puisque vous voulez prendre un tournant dans votre carrière en accordant plus d’importance à l’aspect dramatique, pourquoi continuez-vous justement à tourner des séquelles comme les <em>Rush Hour</em> que vous semblez détester ?</strong></p>
<p>Parce que l’Amérique, c’est du business. Je vais être honnête : faire un film américain, c’est un moyen de me promouvoir dans le monde et de faire de l’argent. Au contraire quand je vais à Hong Kong, j’ai ma propre équipe, je fais les films que je veux faire et je soutiens de nouveaux talents. Le but est donc différent.</p>
<p>En fait, j’utilise l’argent qui me vient des Etats-Unis pour l’investir dans mes projets à Hong Kong. Sinon, où est-ce que je trouverais cet argent ? En plus, les Américains continuent de se protéger. Un film comme <strong>New Police Story</strong> est bien meilleur qu’un <strong>Rush Hour</strong>, mais aux Etats-Unis, vous ne pouvez le sortir qu’en vidéo. En revanche, vous pouvez sortir <strong>Rush Hour</strong> en salles, aussi mauvais soit ce film. Les Américains ont également de bonnes relations dans le monde entier, donc lorsqu’ils sortent un film directement en vidéo, tout le monde fait la même chose. Et s’ils optent pour une sortie en salles, alors le monde entier fait pareil.</p>
<p>En fait, tout le monde suit ce que font les Américains. Donc vous avez besoin des Américains pour vous faire connaître dans le monde entier. C’est pourquoi j’accepte de faire des <strong>Rush Hour 5</strong>. Et le jour où il n’y aura plus de public pour les<strong> Rush Hour</strong>, ils me proposeront des <strong>Shanghai Night</strong>, <strong>Shanghai Dawn</strong>, <strong>Shanghai Evening</strong>,<strong> Shanghai Morning</strong>… (<em>rires</em>) Les Américains mettent tellement d’argent dans un film qu’ils ne peuvent jamais rien tenter de nouveau.</p>
<p>Mais vous savez, même à Hong Kong ce genre de chose arrive : Il y a eu <strong>Project A 1</strong> et <strong>2</strong>, mais aussi <strong>Armour of God 1</strong> et <strong>2</strong>, etc. C’est inévitable ! Quand j’ai fait <strong>Police Story</strong>, je ne pensais faire qu’un seul film. Mais avec le succès, les producteurs m’ont tout de suite appelé pour en faire un deuxième. Alors j’ai dit que dans celui-là j’allais mourir. Ils m’ont dit : <em>« Non, tu ne peux pas mourir parce qu’on tient un filon ! »</em>. En même temps, j’ai bien vu qu’il y avait vraiment une demande parce que quand j’arrive à la douane aux Etats-Unis et en Europe, on me demande : <em>‘’Alors Jackie, c’est pour quand <strong>Rush Hour 3</strong> ?’’</em>. Je me doute bien qu’en France, c’est plutôt quand je parle de <strong>Drunken Master 3</strong> que tout le monde m’encourage ! (rires) D’ailleurs j’y pense, mais c’est très difficile.</p>
<p><strong>Pourquoi n’utilisez-vous pas le pouvoir que vous avez acquis aux États-Unis avec les <em>Rush Hour</em> pour pousser les films de Hong Kong vers le marché américain ?</strong></p>
<p>Il faut que vous compreniez que pour chaque film qui sort aux États-Unis, il y a 30 millions de dollars investis dans la promotion. Mais quand c’est un film de Hong Kong, ils ne sont pas prêts à dépenser plus de 10 ou 20 000 dollars. En plus il faut faire le doublage en anglais. Voilà pourquoi les films arrivent directement en vidéo.</p>
<figure id="attachment_752" aria-describedby="caption-attachment-752" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-full wp-image-752" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-09.jpg" alt="" width="800" height="527" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-09.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-09-300x198.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-09-768x506.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-752" class="wp-caption-text">New Police Story (2004) de Benny Chan</figcaption></figure>
<p><strong><br />
Il y a actuellement beaucoup de grosses productions hongkongaises avec des vedettes japonaises, coréennes ou d’autres pays d’Asie. Quelle est l’influence de ce phénomène sur la nature même du film hongkongais?</strong></p>
<p>Effectivement. En fait, à Hong Kong, il y a un gros problème de piratage qui plombe le marché, et actuellement les producteurs et les réalisateurs ont perdu confiance et n’investissent plus dans les nouveaux talents. Moi j’ai commencé dans <strong>Drunken Master</strong>, mais cela fait presque trente ans et je suis toujours là, alors que je suis à l’âge où je devrais prendre ma retraite. Je ne suis pas le seul, depuis un moment on voit toujours les mêmes visages et le public se dit : <em>‘’Ca y est, encore Jackie ! Encore Sammo Hung !’ »</em>.</p>
<p>Or lorsque le câble est arrivé, le public a commencé à voir des séries télévisées japonaises. C’étaient des séries qui ne marchaient pas forcément au Japon, mais pour nous elles représentaient une ouverture vers de nouveaux visages. La même chose s’est produite avec les séries coréennes. Et c’est pourquoi on m’a dit un jour de ne plus employer d’actrices hongkongaises mais de prendre des actrices coréennes dans mes films.</p>
<p>En même temps, il faut effectivement qu’on s’unisse tous ensemble, parce que l’Asie est en train de devenir trop « américaine »… Tous les jeunes s’habillent comme des rappeurs, mangent des hamburgers, écoutent Madonna, et il faut absolument que les marchés asiatiques s’unissent. Un seul marché, comme celui de Hong Kong, est trop petit pour faire face à la culture américaine. Il faut penser plus grand, à l’échelle de l’Asie, et il est donc nécessaire que les stars de ces pays travaillent ensemble. C’est ce que j’ai fait dans mon dernier film,<strong> The Myth</strong>, dans lequel il y a une actrice coréenne (ndlr : Kim Hee Sun, vue dans <strong>Bichunmoo</strong>) et une actrice indienne (ndlr : Mallika Sherawat), parce que l’Inde aussi est un pays important. Maintenant, est-ce que ce film va marcher ? On verra.</p>
<p><strong>Est-ce pour la promotion de nouveaux talents que le casting de <em>New Police Story</em> est majoritairement jeune ? On constate la même chose avec les récentes productions Jackie Chan, où l’on retrouve notamment Daniel Wu (<em>ndlr : Joe dans</em><em> New Police Story</em>) ou Stephen Fung (<em>ndlr : Enter the Phoenix, Gen-X cops</em>)…</strong></p>
<p>Oui, et j’avais déjà commencé dans les années 90 à utiliser systématiquement de nouveaux talents. Pour ce qui est de Daniel, je l’ai rencontré à une fête et j’ai décidé de signer avec lui. A présent je le représente en tant qu’agent. J’ai aussi décidé de promouvoir Stephen Fung, qui est un jeune réalisateur, et je lui ai fait confiance en mettant deux millions dans son film <strong>Enter the Phoenix</strong> (ndlr : Jackie Chan est aussi producteur exécutif sur <strong>House of Fury</strong>, de Stephen Fung). Je soutiens ces nouveaux talents, nous en avons besoin.</p>
<figure id="attachment_755" aria-describedby="caption-attachment-755" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-full wp-image-755" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-12.jpg" alt="" width="800" height="450" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-12.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-12-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-12-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-755" class="wp-caption-text">New Police Story (2004) de Benny Chan</figcaption></figure>
<p>Dans cette optique, je travaille justement sur un nouveau projet, celui de construire une école qui s’appellera Martial Arts Movies School. D’autre part, je suis aussi président de l’association des cascadeurs, des réalisateurs, des acteurs, des cameramen… tout ce qui concerne les films d’arts martiaux, je suis sur tous les fronts. Ce qui se passe à Hong Kong en ce moment, c’est qu’il y a souvent trois films qui se tournent en même temps mais personne n’est jamais disponible. Quand j’appelle un chef opérateur pour venir sur un tournage, il me répond qu’il est devenu chauffeur de taxi. Alors j’en appelle un autre, qui me dit qu’il est devenu conducteur de bus… Et du coup on se retrouve toujours avec les mêmes personnes, c&rsquo;est-à-dire Sammo partout…</p>
<p><strong>Pourquoi est-il si important pour vous qu’il y ait un minimum d’effets spéciaux et qu’un maximum de cascades soit véridique ?</strong></p>
<p>Il est très important de se différencier des autres et en ce qui me concerne j’ai toujours voulu être au-dessus. En plus, c’est la seule chose que je sais faire. Je viens d’une industrie du cinéma, celle de Hong Kong, qui est très pauvre et où on apprend tout sur le tas. Mais si vous me mettez en face d’un ordinateur, je ne sais pas m’en servir. J’ai bien essayé de faire un film avec des effets spéciaux. Je devais tourner devant un écran bleu, et on me disait : <em>« Cours ! Regarde autour de toi !&#8230; Et maintenant, il faut que tu aies peur ! »</em>. Mais peur de quoi ? Quand je fais mes cascades, là j’ai peur ! J’ai peur de ce qui se passe et de ce que je dois faire. Les gens comme Spielberg sont des malins mais moi je ne sais pas faire ça.</p>
<p>Il y a d’ailleurs un scénario que je développe depuis quelques années, et que je ne sais pas comment mettre en forme : je voudrais que ce soit un film muet en noir et blanc. Il y a tellement de technologie maintenant au cinéma que j’ai envie de revenir aux origines, avec les dialogues, les intertitres, c’est à dire la base du cinéma.</p>
<p><strong>Est-ce une manière de rendre hommage à Chaplin ou Buster Keaton, ceux qui vous ont influencé ?</strong></p>
<p>On peut voir ça comme ça. Mais je pensais surtout à ce qui se passe actuellement au cinéma : avec l’invasion des effets spéciaux, il n’y a plus rien d’humain. Avant il y avait des films comme <strong>West Side Story</strong>, <strong>La Mélodie du Bonheur</strong>, c’étaient des films importants. Et maintenant vous voyez des films que vous oubliez à peine sorti de la salle.</p>
<p>C’est la même chose pour les chansons : une chanson comme celle de <strong>Bodyguard </strong>(Jackie Chan se met à chanter le refrain <em>I will always love you</em>, de Whitney Houston), c’est une très bonne chanson dont vous vous souvenez même 20 ans après ! Aujourd’hui, les choses vont trop vite, comme sur MTV où la musique est toujours la même (Jackie Chan mime le rap) : dès que vous avez fini de voir le clip, vous ne vous rappelez plus ce que la personne chantait. Mais bon, ce qui est bien c’est que c’est rythmé, donc quand je m’entraîne le matin, ça me convient parfaitement. (<em>Rires</em>)</p>
<p><strong>A propos de cascades véridiques, avez-vous vu Tony Jaa dans <em>Ong Bak</em> et qu’est-ce que vous en pensez ?</strong></p>
<p>Oui, bien sûr, je l’ai vu. Il fait exactement comme Sammo moi faisions dans les années 70 ou 80 : à l’époque, on se portait réellement les coups et nos cascades étaient faites de manière très violente. Mais on a fini par se dire que ce n’était que du cinéma. Est-ce que ça valait vraiment le coup de se frapper et de risquer de se blesser ? L’autre problème est qu’il y a beaucoup d’enfants qui regardent ces films. C’est pour cela que je me suis mis à faire des la comédie dans lesquelles il n’y a pas de sang. Evidemment, quand j’étais jeune, j’adorais voir cette violence. C’est juste que lorsque votre public s’élargit, vous prenez conscience qu’il faut penser aux enfants. Maintenant quand je regarde la télévision et que je vois les combats d’ultimate fighting, je déplore leur façon d’utiliser les arts martiaux pour promouvoir la violence. Les valeurs des arts martiaux sont avant tout le respect et le pouvoir de l’esprit.</p>
<figure id="attachment_747" aria-describedby="caption-attachment-747" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-full wp-image-747" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-04.jpg" alt="" width="800" height="527" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-04.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-04-300x198.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-04-768x506.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-747" class="wp-caption-text">New Police Story (2004) de Benny Chan</figcaption></figure>
<p>Dans un film comme <strong>New Police Story</strong>, il y a de la violence mais elle est mise au service de l’histoire : dans la scène du début avec le gang, j’ai voulu expliquer pourquoi mon personnage était devenu aussi triste. Mon but a toujours été de dévoiler ce qu’il y avait derrière la violence, au lieu de me contenter de la montrer. Ce que je critique c’est quand les personnages sabrent le champagne parce qu’ils ont réussi à tuer tout le monde. Dans mes films, je veux montrer que chaque fois que je prends un coup, j’ai mal, et qu’il ne faut pas faire comme moi. Le cinéma, c’est comme une école, c’est un moyen d’apprentissage.</p>
<p><strong>Dans les années 80-90 à Hong Kong, il y avait beaucoup de films à la John Woo, avec les chorégraphies, de la fantaisie. A présent, le cinéma de Hong Kong revient vers des situations plus réalistes. Qu’est-ce que vous en pensez ?</strong></p>
<p>Ce qui est important c’est surtout que chaque réalisateur ou acteur ait son style : Chow Yun Fat utilise des armes à feu, Jackie Chan fait des vrais combats d’arts martiaux avec des cascades. Avant, l’ordre d’importance à Hong Kong était le suivant : d’abord les cascades, ensuite l’action, puis la comédie. L’histoire arrivait en bout de course : peu importait la raison pour laquelle les gens se battaient, le but était qu’ils se regardent pour finir par se taper dessus. Et même dans des films contemporains, on voyait des acteurs voler dans tous les sens et donner vingt coups sans que la personne en face ne tombe.</p>
<p>Personnellement je n’aime pas ce cinéma-là, et aujourd’hui, les choses ont changé : c’est le drame qui passe en premier, ensuite l’histoire, puis les acteurs et au final l’action. En ce qui me concerne, quand je réalise ou que je produis, j’essaie de faire en sorte de ne pas surenchérir.<b><br />
</b></p>
<p><strong>Que pensez-vous du succès de <em>Crazy Kung-fu</em>, de Stephen Chow ?</strong></p>
<p>Je trouve que c’est intéressant. Il utilise la culture chinoise, mais il le fait avec les effets spéciaux, et j’aime bien la manière dont il a réussi à mélanger les deux. Mais aux États-Unis, ils ont du mal à comprendre ce film parce qu’il leur manque des éléments.</p>
<p><strong>Est-ce que vous comptez refaire un jour un film de kung fu à l’ancienne afin de revenir aux origines du genre ?</strong></p>
<p>Il y a effectivement un projet que j’aimerais réaliser. Je voudrais aussi faire une série télévisée pour apprendre aux gens ce que sont les arts martiaux, d’où ils viennent, comment on utilise un bâton, etc. Ce serait comme un documentaire destiné au marché américain et européen, pas au marché chinois. J’ai aussi un projet sur le tourisme dans lequel je ferais le guide pour faire découvrir les villes dans lesquelles j’ai voyagé, les endroits où aller dans Bangkok, Singapour, etc.</p>
<p>Et pourquoi pas un documentaire destiné au marché chinois intitulé « Jackie Chan vous présente Paris » ? (<em>rires</em>) J’ai tellement été en Europe que je pourrais indiquer au public de Pékin ou de Hong Kong où aller manger dans toutes les grandes villes d’Europe, ils me feraient confiance.</p>
<p><strong>A Hong Kong, vous êtes en quelques sortes un monument, et d’ailleurs il y a un Jackie Chan grandeur nature qui nous accueille quand on arrive là-bas. Avez-vous un devoir culturel vis-à-vis de Hong Kong ?</strong><br />
Je le fais déjà moi-même par automatisme, je représente ma culture un peu comme vous représentez la France quand vous allez en Asie. C’est plutôt un devoir de citoyen.</p>
<p><strong>Et comment occupez-vous votre temps à Paris ?</strong></p>
<p>Honnêtement, je dors toute la journée ! (<em>rires</em>) Quand je suis à Hong Kong, je suis tout le temps occupé. Donc lorsque je suis à Paris, comme je n’ai rien à faire le matin, je dors… Je suis sur le point de repartir pour la Corée pour deux jours afin d’enregistrer la chanson de <strong>The Myth</strong>. Puis j’ai deux jours de promotion à Pékin, et ensuite je reviens dans la foulée à Hong Kong. Deux jours plus tard, je doit encore me rendre en Chine pour une œuvre de charité qui est l’ouverture de L’Ecole de l’Espoir, de Jackie Chan, une école pour les enfants.</p>
<figure id="attachment_751" aria-describedby="caption-attachment-751" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-full wp-image-751" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-08.jpg" alt="" width="800" height="528" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-08.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-08-300x198.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-08-768x507.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-751" class="wp-caption-text">New Police Story (2004) de Benny Chan</figcaption></figure>
<p><strong>Avez-vous eu des propositions de réalisateurs français ?</strong><br />
J’attends toujours une proposition de ce réalisateur français très connu qui a travaillé deux fois avec Jet Li…</p>
<p><strong>Luc Besson ?</strong></p>
<p>Oui, Luc Besson ! Pourquoi toujours Jet Li et jamais moi ? J’attends toujours ! (<em>rires</em>)</p>
<p><strong>D’ailleurs, une rumeur parlait d’un projet où vous partageriez la vedette avec Jet Li, qu’est-ce qu’il en est maintenant ?</strong><br />
Oui, nous avons effectivement un projet ensemble et il est toujours en développement. Nous avons déjà étudié trois versions du scénario, et cela fait dix ans qu’on en parle. Ce projet est donc toujours en cours. (<em>Update : Jackie Chan et Jet Li ont finalement tourné en semble en 2008 dans <strong>The Forbidden Kingdom</strong></em>)</p>
<p><strong>Quels sont vos prochains projets ?</strong></p>
<p>Je viens de finir un film qui s’appelle <strong>The Myth</strong>, qui est plutôt une fantaisie. Je viens aussi d’achever le scénario d’un film dans lequel je joue le méchant qui kidnappe quelqu’un. Mais c’est un méchant gentil. (rires) Ensuite je reviendrai aux États-Unis pour tourner <strong>Rush Hour 3. </strong>Par ailleurs, j’ai eu l’idée d’une histoire qui se passe au Cambodge. J’ai rencontré Zhang Yi Mou il y a un mois et je lui en ai parlé. Quand il a lu l’histoire, il a été impressionné parce que c’est une histoire très choquante. Il a accepté de diriger le film et j’interprèterai donc le rôle principal. Pour lui comme pour moi ce film représente un vrai challenge, et je pense que tout le monde va pleurer en le voyant. Le tournage de ce film devrait se dérouler l’année prochaine.</p>
<p><strong>Rédaction et participation à la table ronde : Elodie Leroy</strong><b><em><br />
Article publié le 7 juillet 2005 sur DVDRama.com</em></b></p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-749" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-06.jpg" alt="" width="700" height="930" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-06.jpg 700w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-06-226x300.jpg 226w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /></p>
<h2>New Police Story : la critique</h2>
<p><strong>New Police Story</strong> marque le retour de Jackie Chan au genre du film d’action casse-cou qui fit sa notoriété, loin des tièdes buddy movies hollywoodiens dont il nous a abreuvés ces dernières années.</p>
<p>Pour ce dernier volet de la célèbre saga des <strong>Police Story</strong> initiée en 1986, il a fait appel à Benny Chan, dont il avait déjà produit le <strong>Gen-X Cops</strong> en 1999. La difficulté était de rester fidèle aux précédents opus tout en les renouvelant, une entreprise particulièrement périlleuse dans le contexte actuel de l’industrie cinématographique de Hong Kong où le genre est devenu moribond. Force est pourtant de constater que le pari est réussi : <strong>New Police Story</strong> en étonnera plus d’un grâce à son ton résolument dramatique et sentimental qui, allié à une pléiade de scènes d’action toutes plus spectaculaires les unes que les autres, distille un curieux parfum de nostalgie.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-744" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-01.jpg" alt="" width="800" height="528" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-01.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-01-300x198.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-01-768x507.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><br />
A Hong Kong, Chan Kwok Wing était considéré comme le plus doué des policiers, jusqu’à ce que son équipe de jeunes inspecteurs soit spectaculairement décimée par un mystérieux gang dont les pièges s’inspirent des jeux vidéo… Parce qu’il n’a pas pu sauver ceux qu’il considéraient comme ses enfants, la vie de Wing s’est effondrée. Il a sombré dans l’alcool, incapable de faire face à son métier et à sa fiancée dont le jeune frère est au nombre des victimes. Lorsque Fung, un jeune homme qui se dit policier, découvre son idole au plus bas, il décide de l’aider à se reconstruire…</p>
<p>Passé le choc que représente la vision d’un Jackie Chan titubant à la sortie d’un bar et vomissant dans le caniveau, on se retrouve plongé dans un véritable drame. L’inspecteur Chan n’est plus qu’une loque hagarde dont la vie s’est arrêtée à la mort tragique de ses collègues, un an plus tôt. <strong>New Police Story</strong> bifurque alors vers le flash-back afin d’expliquer l’inexplicable. On apprend sans grande surprise que Jackie était bien entendu le meilleur flic de tout Hong Kong, celui sur lequel tout le monde se reposait.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-745" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-02.jpg" alt="" width="800" height="528" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-02.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-02-300x198.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-02-768x507.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><br />
Lorsque surgit de nulle part le mystérieux gang de la Banque d’Asie – une bande de cinq guignols assoiffés de sang aux méthodes très spéciales – il n’a pas douté un instant de pouvoir les neutraliser. Mais l’arrogance dont il a fait preuve en prétendant pouvoir les arrêter en moins de trois heures lui a coûté très cher. Les guignols, menés par un Daniel Wu survolté, sont des petits malins et entraînent l’inspecteur Chan et ses hommes dans un piège mortel qui donne lieu à l’une des meilleures scènes du film.</p>
<p>Une scène intense, éprouvante et émouvante qui annonce la couleur en renouant avec la philosophie qui a fait le succès du cinéma d’action de Hong Kong : mêler intimement l’action et le drame, faire en sorte que l’un se nourrisse de l’autre afin de décupler l’impact final. Tout le contraire des vaines tentatives hollywoodiennes où la scène d’action n’est qu’une pause dans l’intrigue, généralement annoncée par une musique rap de bas étage. Dans <strong>New Police Story</strong>, la scène du jeu vidéo est construite en un crescendo saisissant où notre héros s’avère même incapable de déployer à leur maximum ses légendaires aptitudes martiales, et s’achève sur l’image surréaliste d’un Jackie Chan impuissant et en larmes.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-754" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-11.jpg" alt="" width="800" height="530" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-11.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-11-300x199.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-11-768x509.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><br />
Que l’on se rassure malgré tout, Jackie n’a rien perdu de sa réjouissante mégalomanie et s’il apparaît comme un ange déchu dans la majeure partie de <strong>New Police Story</strong>, silhouette accablée et visage défait, il en est bel et bien le cœur, le centre absolu et incontestable. Entouré de la jeune génération incarnée ici par Nicholas Tse et Daniel Wu, deux acteurs qu’il a contribué à imposer au grand public avec <strong>Gen-X Cops</strong> il y a quelques années, il prouve une fois de plus qu’il reste indispensable, qu’il est et restera toujours le meilleur.</p>
<p>On le comprend de façon flagrante lors de la scène de course-poursuite démente à travers la ville où il se livre à d’impressionnantes cascades du haut d’un toit avant de sauter sur un bus en marche, maladroitement imité de loin par un Nicholas Tse complètement dépassé. Cette scène rappelle la poursuite urbaine de <strong>Ong Bak</strong> où le procédé comique résidait dans le contraste entre l’agilité surnaturelle de Tony Jaa et la balourdise de son compère tentant de reproduire ses exploits avec ses capacités d’homme ordinaire.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-750" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-07.jpg" alt="" width="800" height="528" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-07.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-07-300x198.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-07-768x507.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><br />
De la même façon, ce n’est pas un hasard si le plus redoutable adversaire de Jackie Chan est un jeune surdoué en arts martiaux et non Yu Rong Guang, combattant connu des aficionados du genre et relégué ici à un rôle mineur exempté de scènes d’action. Outre le fait que l’on salue au passage la volonté louable de l’acteur de propulser à l’écran de jeunes talents tels que Andy On, effectivement stupéfiant de rapidité et de fluidité dans une scène qui renvoie directement à <strong>Police Story 1</strong>, on sent que Jackie n’est pas encore disposé à passer la main.</p>
<p>Quant à ses protégés susmentionnés, si Daniel Wu, d’ordinaire excellent, a tendance à surjouer quelque peu au début du film avant de se rattraper très dignement vers la fin, Nicholas Tse apporte en revanche à <strong>New Police Story</strong> une fraîcheur constante et bienvenue. Mignon, espiègle et touchant, il va jusqu’à voler la vedette à son aîné dans certaines scènes.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-748" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-05.jpg" alt="" width="800" height="528" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-05.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-05-300x198.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-05-768x507.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><br />
Le refus de vieillir de Jackie Chan apparaît cependant nettement moins sympathique lorsqu’il place Charlie Yeung, de vingt ans sa cadette, dans le rôle de sa gentille fiancée. Un casting aberrant qui constitue le reproche majeur que l’on peut faire à <strong>New Police Story</strong>, mais qui peut s’expliquer en partie par la dramatique pénurie d’actrices de plus de trente-cinq ans à Hong Kong, considérées comme « trop vieilles », au contraire des acteurs qui ne sont pas pris au sérieux en deçà de cet âge et accèdent à la reconnaissance vers la quarantaine.</p>
<p>On aurait souhaité à Charlie Yeung, actrice lumineuse et spontanée, un rôle plus valorisant pour son grand retour au cinéma après plusieurs années d’absence. On attend donc avec d’autant plus d’impatience de la retrouver dans <strong>Seven Swords</strong> de Tsui Hark fin 2005.</p>
<p><strong>New Police Story</strong> n’en demeure pas moins un spectacle euphorisant où l’on n’hésite pas à pleurer entre deux incroyables bastons, preuve que le sentimentalisme exacerbé qui a fait le charme du cinéma de Hong Kong de la grande époque n’est pas mort. Il existe une alternative aux polars cyniques et ultra réalistes devenus récemment les seuls films d’action exportables de l’ancienne colonie : Jackie Chan !</p>
<p><strong>Caroline Leroy</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-753" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-10.jpg" alt="" width="800" height="531" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-10.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-10-300x199.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/new-police-story-10-768x510.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></p>
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		<title>SARS Wars : zombies et gangsters à Bangkok</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Dec 2019 18:45:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Une pandémie ravage Bangkok en transformant ses habitants, les innocentes lycéennes comme les gangsters, en zombies assoiffés de sang&#8230; Réalisé par Taweewat Wantha en 2004, SARS Wars pousse le genre du film de zombies au paroxysme de l&#8217;horreur&#8230; et du délire ! Un film absurde, mais mortellement drôle, d&#8217;autant que la réalisation est suffisamment inventive&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<figure id="attachment_357" aria-describedby="caption-attachment-357" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-357 size-full" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/12/sars-wars-01.jpg" alt="" width="800" height="450" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/12/sars-wars-01.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/12/sars-wars-01-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/12/sars-wars-01-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-357" class="wp-caption-text">SARS Wars : Bangkok Zombie Crisis</figcaption></figure>
<p><strong>Une pandémie ravage Bangkok en transformant ses habitants, les innocentes lycéennes comme les gangsters, en zombies assoiffés de sang&#8230;</strong></p>
<p>Réalisé par Taweewat Wantha en 2004, <strong>SARS Wars</strong> pousse le genre du film de zombies au paroxysme de l&rsquo;horreur&#8230; et du délire ! Un film absurde, mais mortellement drôle, d&rsquo;autant que la réalisation est suffisamment inventive pour captiver le spectateur jusqu&rsquo;au bout.</p>
<p>Un étrange virus baptisé SARS 4 sévit sur le continent africain et se propage dans le monde entier. Arrivé à Bangkok, un insecte porteur introduit la maladie dans un immeuble résidentiel. Pendant ce temps, une jeune fille du nom de Liu est kidnappée par une bande de gangsters qui réclame une rançon à son père, le Maître Thep. Ce dernier n&rsquo;a pas dit son dernier mot et envoie son plus fidèle disciple, Khun Krabii, libérer sa fille. Toutefois, le Maître ne résiste pas à la tentation de revenir sur le terrain. Par malchance, les gangsters et l&rsquo;otage sont précisément cachés dans l&rsquo;immeuble où prolifère le SARS 4.</p>
<p>Alors que certains s&rsquo;escriment à faire revivre le genre indémodable du film de zombies – Romero en tête avec <strong>Land of the Dead</strong>, Danny Boyle avec <strong>28 jours plus tard</strong> ou encore Zack Snyder avec <strong>L&rsquo;Armée des Morts</strong> –, quelques rebelles osent jouer la carte de la parodie. On se souvient notamment de la tentative d&rsquo;Edgar Wright en 2004 avec le sympathique <strong>Shaun of the Dead</strong>. Mais dans nos contrées occidentales, le film de zombies reste avant tout une affaire sérieuse. Et pour cause, c&rsquo;est la fin du monde pourri dans lequel nous vivons qui est mise en scène, un monde qui mérite bien d&rsquo;être frappé par le Châtiment Divin. A l&rsquo;inverse, les cinéastes asiatiques semblent avoir décidément du mal à prendre le genre au sérieux.</p>
<p>Au Japon, la bande à Kitamura nous envoyait déjà il y a quelques années le survitaminé <strong>Versus</strong>, avec sa horde de morts vivants transformés en punching-ball, puis le délirant <strong>Battlefield Baseball</strong>, avec ses zombies joueurs. De son côté, Sakichi Satô nous livrait récemment <strong>Tokyo Zombie</strong>, film apocalyptique déjanté dans lequel deux ouvriers adeptes du jiu-jitsu sont aux prises avec une invasion d&rsquo;outre-tombe.</p>
<p>C&rsquo;est au tour de la Thaïlande de pervertir les codes instaurés par Romero et consort avec <strong>SARS Wars</strong>, ovni cinématographique jonglant avec les genres comme ses personnages jonglent avec les cadavres. Aux péripéties zombiesques de <strong>SARS Wars</strong>, il faut en effet ajouter quelques gunfights, les méfaits d&rsquo;un anaconda mais aussi une touche de science-fiction, un zest de comédie musicale ou encore une pincée d&rsquo;érotisme SM. Bienvenue dans le monde barjo de <strong>SARS Wars</strong>, immense bazar savamment orchestré par Taweewat Wantha, cinéaste jusqu&rsquo;alors inconnu au bataillon mais bien décidé à mettre en œuvre ses idées les plus farfelues dans un esprit tout à la fois satirique et bon enfant.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-358" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/12/sars-wars-02.jpg" alt="" width="600" height="900" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/12/sars-wars-02.jpg 600w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/12/sars-wars-02-200x300.jpg 200w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></p>
<p>Partant du concept archi connu du virus se propageant dans un espace clos, en l&rsquo;occurrence un immeuble résidentiel, <strong>SARS Wars</strong> a tout d&rsquo;abord l&rsquo;insolence de se moquer ouvertement, ne serait-ce qu&rsquo;à travers son titre, de la récente épidémie mortelle du SRAS, ou plutôt de l&rsquo;incompétence du gouvernement thaï à faire face à ce type de catastrophe. Aucun virus ne peut plus franchir les frontières de la Thaïlande, clame fièrement la Ministre de la Santé devant les caméras. Comme il fallait s&rsquo;y attendre, cette déclaration est illico presto suivie par l&rsquo;arrivée d&rsquo;un insecte porteur du SARS 4, un voyage de l&rsquo;Afrique à la Thaïlande mis en scène de manière cartoonesque. Bien entendu, la maladie se transmet d&rsquo;abord par le biais de l&rsquo;Occidental de service (souvent grand fauteur de trouble dans les films thaïs), un habitant de l&rsquo;immeuble qui est sur le point d&rsquo;être le théâtre d&rsquo;un véritable carnage.</p>
<p>Car si le ton général est à l&rsquo;humour totalement absurde, <strong>SARS Wars</strong> ne renie pas l&rsquo;une des principales règles du film de zombies : du sang, du sang et encore du sang. Entre les arrachages de têtes ou de membres à tout bout de champ et les morsures féroces, les zombies n&rsquo;épargnent personne. Les victimes sont tout à la fois les gangsters en planque, tout aussi incompétents que les flics (voir l&rsquo;inoubliable scène de la balle ricochant dans l&rsquo;ascenseur), que la commère de l&rsquo;immeuble ou encore la fille sexy circulant en nuisette dans son salon.</p>
<p>Les jeunes en prennent eux aussi pour leur grade, trop occupés qu&rsquo;ils sont à se shooter dans les boîtes de nuit pour s&rsquo;apercevoir qu&rsquo;ils sont en train de se faire dévorer tout crus par des zombies – grand moment surréaliste en perspective. Les quatre héros se disputent incontestablement la palme du personnage le plus pittoresque, entre Master Thep qui joue les superhéros avec son épée de jedi rechargeable, son élève neuneu Khun Krabii affublé d&rsquo;une tenue de cosplayer et qui sort des pansements et autres gadgets de sa braguette, ou encore la jolie scientifique qui cache sous sa blouse blanche un accoutrement SM.</p>
<p>Affirmant ouvertement ses inspirations, Taweewat Wantha fait quelques clins d&rsquo;œil appuyés à <strong>L&rsquo;Armée des Morts </strong>de Zack Snyder, notamment à travers une hilarante scène d&rsquo;accouchement (et tout ce qui s&rsquo;ensuit), tout en se moquant au passage des tics des films d&rsquo;action actuels (le héros et l&rsquo;héroïne qui valsent au beau milieu d&rsquo;un combat, la scène d&rsquo;habillage à la Rambo de Master Thep) et de la tendance des grosses productions à inclure systématiquement certains ingrédients destinés à attirer le public (scènes érotiques, présence d&rsquo;un monstre).</p>
<p>Mais au contraire de <strong>Shaun of the Dead</strong> qui restait trop référentiel, au point de ne jamais vraiment réussir à innover, <strong>SARS Wars</strong> tire le meilleur parti de ses références tout en conservant une identité propre à travers quelques idées narratives sympathiques, telles que l&rsquo;intervention de séquences animées pour les flash-backs les plus trash.</p>
<p>Soutenue par une direction de la photographie soignée, privilégiant les tons flashy, et par une bande son toujours au diapason avec les délires barrés qui se jouent à l&rsquo;écran, la mise en scène révèle une approche très dynamique de l&rsquo;action et s&rsquo;appuie sur un montage rythmé mais jamais épileptique. Ces qualités formelles font toutes la différence entre <strong>SARS Wars</strong> et le tout venant des parodies de films d&rsquo;horreur à la <strong>Scary Movie</strong>, dont les réalisateurs ont trop souvent tendance à oublier que rire des films des autres n&#8217;empêche pas de faire du cinéma. De la graine de film culte, on en redemande.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
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		<title>Critique : Detective Dee, le Mystère de la Flamme Fantôme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Dec 2019 16:14:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma asiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques Ciné]]></category>
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					<description><![CDATA[Tsui Hark démontre qu&#8217;il est toujours capable de surprendre avec un polar en costume mâtiné de fantastique et ponctué de scènes d&#8217;action virtuoses. Pour les aficionados comme aux novices curieux de ce que peut offrir aujourd&#8217;hui le cinéma d&#8217;action hongkongais quand il est inspiré, Detective Dee était le film d&#8217;aventures à ne manquer sous aucun&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Tsui Hark démontre qu&rsquo;il est toujours capable de surprendre avec un polar en costume mâtiné de fantastique et ponctué de scènes d&rsquo;action virtuoses.</strong></p>
<p>Pour les aficionados comme aux novices curieux de ce que peut offrir aujourd&rsquo;hui le cinéma d&rsquo;action hongkongais quand il est inspiré, <strong>Detective Dee</strong> était le film d&rsquo;aventures à ne manquer sous aucun prétexte.</p>
<p>Chef de file du renouveau du cinéma populaire hongkongais des années 90, Tsui Hark est l&rsquo;auteur de la saga des <strong>Il était une fois en Chine</strong>, qui a élevé l&rsquo;acteur et artiste martial Jet Li au rang d&rsquo;icône de l&rsquo;héroïsme chinois, mais aussi de quelques classiques tels que <strong>The Lovers</strong>, <strong>Le Festin Chinois</strong> ou encore <strong>The Blade</strong>.</p>
<p>En tant que producteur, on lui doit notamment la légendaire trilogie du <strong>Syndicat du Crime</strong> mais aussi les <strong>Histoires de Fantômes Chinois</strong> et le <i>wu xia pian</i> <strong>L&rsquo;Auberge du Dragon</strong>. Des films cultes qui ont assuré le rayonnement du cinéma hongkongais et qui continuent d&rsquo;inspirer des cinéastes du monde entier.Tous ces films ont fait la gloire du cinéma de Hong Kong des années 90.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-464" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-imgune.jpg" alt="" width="1200" height="798" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-imgune.jpg 1200w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-imgune-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-imgune-1024x681.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-imgune-768x511.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-imgune-1140x758.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></p>
<p><u>Synopsis</u> : 690, sous la Dynastie des Tang. Tout commence par une énigme. Alors que l&rsquo;impératrice Wu Zetian (625 – 705), seule et unique femme à avoir jamais régné sur l&rsquo;Empire du Milieu, s&rsquo;apprête à accéder au trône, une succession de meurtres secoue le palais. Soupçonnant un complot destiné à la faire tomber, l&rsquo;impératrice fait appel au seul homme qu&rsquo;elle estime capable de résoudre l&rsquo;affaire : le juge Dee Renjie, qu&rsquo;elle a elle-même fait enfermer huit ans auparavant pour s&rsquo;être opposé à elle. Avec l&rsquo;aide de Jing, Grand Officier et favorite de l&rsquo;impératrice, et de Donglai, un officier impulsif aux méthodes violentes, le juge Dee mène une enquête périlleuse.</p>
<p>Il n&rsquo;est nul besoin d&rsquo;être féru d&rsquo;Histoire de Chine pour comprendre l&rsquo;intrigue de <strong>Detective Dee</strong> : une fois le contexte historique et politique planté, avec une clarté exemplaire, le récit prend la forme d&rsquo;une enquête policière au cours de laquelle Dee Renjie et ses deux collaborateurs vont tenter de découvrir l&rsquo;identité et le mobile du tueur, à la manière d&rsquo;un polar à l&rsquo;occidentale.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-463" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-09.jpg" alt="" width="1600" height="1067" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-09.jpg 1600w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-09-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-09-1024x683.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-09-768x512.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-09-1536x1024.jpg 1536w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-09-1140x760.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /></p>
<p>Grâce à un scénario bien ficelé, <strong>Detective Dee</strong> ménage son suspense jusqu&rsquo;au bout, tout en offrant un juste équilibre entre la reconstitution historique, réalisée grâce à un travail minutieux sur les décors et les costumes, et la fantaisie, qui s&rsquo;exprime à travers quelques touches de surnaturel mais aussi des séquences d&rsquo;action ambitieuses.</p>
<p>Chorégraphiés par Sammo Hung, les combats font virevolter les acteurs et chatoyer les couleurs pour venir flatter la rétine, Tsui Hark prouvant au passage qu&rsquo;il n&rsquo;a rien perdu de sa maîtrise du cadre et du mouvement.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-459" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-05.jpeg" alt="" width="1200" height="675" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-05.jpeg 1200w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-05-300x169.jpeg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-05-1024x576.jpeg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-05-768x432.jpeg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-05-1140x641.jpeg 1140w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-458" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-04.jpg" alt="" width="2000" height="1333" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-04.jpg 2000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-04-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-04-1024x682.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-04-768x512.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-04-1536x1024.jpg 1536w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-04-1140x760.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px" /></p>
<p>La scène de combat la plus réussie est la course poursuite dans le Marché Fantôme, au cours duquel Dee, Jing et Donglai affrontent un ennemi capable de se démultiplier. A ce titre, le décor très chiadé du Marché Fantôme donne vie à un monde souterrain stimulant l&rsquo;imagination et apportant d&rsquo;autant plus de relief à l&rsquo;univers très riche de <strong>Detective Dee</strong>.</p>
<p>Interprété avec humour par le charismatique et éclectique Andy Lau (<strong>Infernal Affairs</strong>, <strong>Les Seigneurs de la Guerre</strong>), le juge Dee est un personnage historique très présent dans la littérature chinoise puisqu&rsquo;il est le héros de nombreux romans policiers. Outre ses deux acolytes que l&rsquo;on croirait sortis d&rsquo;une bande-dessinée (mention à Deng Chao, excellent en officier albinos), l&rsquo;attraction majeure de <strong>Detective Dee </strong>n&rsquo;est autre que l&rsquo;impératrice Wu Zetian, figure contestée dans son pays.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-460" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-06.jpg" alt="" width="1166" height="778" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-06.jpg 1166w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-06-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-06-1024x683.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-06-768x512.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-06-1140x761.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1166px) 100vw, 1166px" /></p>
<p>Si l&rsquo;accès au trône par une femme était mal perçu à l&rsquo;époque, Wu Zetian est encore aujourd&rsquo;hui décrite dans les livres d&rsquo;Histoire chinois comme un fléau pour l&rsquo;Empire. Un portrait au vitriol que l&rsquo;on retrouve notamment dans le roman historique <strong><i>L&rsquo;Impératrice de Chine</i></strong> de Lin Yutang, publié en France.</p>
<p>Pourtant, cette version fait à présent l&rsquo;objet de révisions. Connue pour ses méthodes cruelles et ses pratiques de sorcellerie, l&rsquo;impératrice l&rsquo;est également pour ses compétences politiques et ses actions en faveur de l&rsquo;éducation des femmes et de l&rsquo;allègement des taxes pour les paysans.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-462" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-08.jpg" alt="" width="760" height="1140" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-08.jpg 760w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-08-200x300.jpg 200w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-08-683x1024.jpg 683w" sizes="(max-width: 760px) 100vw, 760px" /></p>
<p>Ces nuances ne pouvaient échapper à un réalisateur comme Tsui Hark, connu pour son affection pour les personnages féminins forts. C&rsquo;est lui-même qui avait remis les femmes d&rsquo;action au goût du jour dans le cinéma hongkongais des années 90 après une période dominée par les héros masculins.</p>
<p>Le portrait de Wu Zetian dans <strong>Detective Dee</strong> joue la carte de l&rsquo;ambigüité. « <em>Pour réussir, il faut être prêt à tuer ses proches</em>« , déclare l&rsquo;impératrice à sa favorite. Mais au cynisme évident de la souveraine s&rsquo;ajoute une dignité et une stature qui doit beaucoup à l&rsquo;interprétation de Carina Lau (<strong>Nos Années Sauvages</strong>). Le cinéaste nous rappelle du même coup, avec la construction du Bouddha géant à côté du palais, que la période des Tang fut marquée par une vie culturelle très active.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-461" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-07.jpeg" alt="" width="1200" height="800" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-07.jpeg 1200w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-07-300x200.jpeg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-07-1024x683.jpeg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-07-768x512.jpeg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-07-1140x760.jpeg 1140w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-457" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-03.jpg" alt="" width="1600" height="1066" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-03.jpg 1600w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-03-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-03-1024x682.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-03-768x512.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-03-1536x1023.jpg 1536w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-03-1140x760.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /></p>
<p>Plus captivant et limpide que <strong>Seven Swords</strong>, <strong>Detective Dee</strong> ressuscite la fantaisie qui habitait le cinéma hongkongais il y a vingt ans, tout en lui imprimant une touche résolument moderne grâce à l&rsquo;ampleur des moyens déployés (hormis un ou deux effets pyrotechniques, les effets spéciaux sont impressionnants).</p>
<p>Si l&rsquo;on ajoute à cela les clins d&rsquo;œil à quelques personnages mythiques du cinéma hongkongais, tels que la mariée aux cheveux blancs de <a href="https://www.stellarsisters.com/monde/critique-jiang-hu-leslie-cheung/"><strong>Jiang Hu</strong> (Ronnie Yu)</a> ou Invisible Asia de <strong>Swordsman 2</strong>, le plaisir est assuré pour l&rsquo;amateur du genre. Les autres profiteront pleinement de la générosité et la créativité du spectacle.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<p><em>Article publié sur <a href="http://cinema.jeuxactu.com/critique-cinema-detective-dee-le-mystere-de-la-flamme-fantome-13579.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Filmsactu.com</a> le 19 avril 2011</em></p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-455" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-01.jpg" alt="" width="1294" height="1000" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-01.jpg 1294w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-01-300x232.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-01-1024x791.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-01-768x594.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/detective-dee-01-1140x881.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1294px) 100vw, 1294px" /></p>
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		<title>Too Many Ways To Be No. 1 : en plein délire avec Lau Ching Wan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Dec 2019 17:18:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma asiatique]]></category>
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					<description><![CDATA[Cet objet étrange non identifié, mais absolument hilarant, est une sorte de parodie avant l&#8217;heure des films de Triades qui feront la notoriété de la Milky Way dans les années suivantes. Un petit bijou du cinéma hongkongais des années 90 avec Lau Ching Wan. Réalisé en 1997, Too Many Ways To Be No. 1 fait&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Cet objet étrange non identifié, mais absolument hilarant, est une sorte de parodie avant l&rsquo;heure des films de Triades qui feront la notoriété de la Milky Way dans les années suivantes. Un petit bijou du cinéma hongkongais des années 90 avec Lau Ching Wan.<br />
</strong></p>
<p>Réalisé en 1997, <strong>Too Many Ways To Be No. 1</strong> fait partie des productions marquant les débuts de la Milkyway Image, société de production fondée un an auparavant par un certain Johnnie To, que l&rsquo;on ne présente plus pour les amateurs de cinéma HK. Si Johnnie To est uniquement crédité en tant que producteur, d&rsquo;aucuns le soupçonnent d&rsquo;avoir participé à la réalisation du film. A l&rsquo;affiche, nous retrouvons l&rsquo;inimitable Lau Ching Wan, qui entame alors une fructueuse collaboration avec To – les deux hommes ont travaillé ensemble sur plus d&rsquo;une dizaine de films.</p>
<p>S&rsquo;agissant de l&rsquo;univers et des thèmes, <strong>Too Many Ways To Be No. 1</strong> préfigure largement des productions qui feront la célébrité de la société à travers le monde (<strong>The Mission</strong>, <strong>Election</strong>, etc.). Sur le plan de la narration et des événements rocambolesques qui forment le scénario, c&rsquo;est autre chose : <strong>Too Many Ways To Be No. 1</strong> nous invite à entrer dans un délire invraisemblable mais extrêmement drôle, mené par un Lau Ching Wan excellent en gangster complétement dépassé par ce qui lui arrive&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-296" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/toomanyways_01.jpg" alt="" width="316" height="450" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/toomanyways_01.jpg 316w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/toomanyways_01-211x300.jpg 211w" sizes="(max-width: 316px) 100vw, 316px" /></p>
<p><strong>Too Many Ways To Be </strong><strong>No. 1</strong> nous invite à suivre les déboires de Wong Ah-Kau (Lau Ching Wan), un gangster trentenaire œuvrant dans le monde de la mafia hongkongaise depuis l&rsquo;adolescence.</p>
<p>Après avoir consulté un voyant qui lui apprend qu&rsquo;il est sur le point de prendre une décision primordiale pour son avenir, Kau se voit confronté à un choix qui lui ouvre deux chemins possibles : partir en Chine continentale pour exécuter un contrat, ou se rendre à Taïwan pour en exécuter un autre. <strong>Too Many Ways To Be No. 1</strong> nous propose de suivre successivement les deux scénarios possibles.</p>
<p>Vous l&rsquo;aurez deviné : dans les deux cas, rien ne se déroule comme prévu. Quelle que soit la destination choisie, Kau perd le contrôle des événements et voit sa vie basculer dans le cauchemar. Cependant, si l&rsquo;une des possibilités ne le mène qu&rsquo;à une mort lamentable, l&rsquo;autre lui laisse un espoir de réussite, à ceci près que le prix à payer s&rsquo;avère de taille.</p>
<p>Parodie délirante et sans concession des films de Triades, <strong>Too Many Ways To Be No. 1</strong> s&rsquo;appuie sur un scénario bien pensé, dont aucun détail n&rsquo;a été placé au hasard, et cela, en dépit de l&rsquo;apparente confusion qui règne à l&rsquo;écran.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-299" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/toomanyways_04.jpg" alt="" width="630" height="274" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/toomanyways_04.jpg 630w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/toomanyways_04-300x130.jpg 300w" sizes="(max-width: 630px) 100vw, 630px" /></p>
<p>Aux péripéties rocambolesques et au rythme effréné du film vient se greffer un second degré omniprésent. <strong>Too Many Ways To Be No. 1</strong> doit sa tonalité loufoque au jeu outré des comédiens, une surenchère typique des films HK des années 90 (ici poussée à l&rsquo;extrême), mais aussi à l&rsquo;ironie et à l&rsquo;absurdité des situations.</p>
<p>Le sort stupéfiant que connaît l&rsquo;un des membres de la bande de Kau au bout d&rsquo;un quart d&rsquo;heure de bobine annonce la couleur, en plus de mériter d&rsquo;entrer dans les annales des morts les plus comiques vues au cinéma.</p>
<p>Malencontreusement renversé par une voiture conduite par son propre camp, Bo (Cheung Tat Ming) subit un massage cardiaque quelque peu brutal qui se solde par un passage d&rsquo;anthologie au cours duquel le pauvre bougre, un trou béant dans le thorax, se lève soudain pour débiter une anecdote dans un anglais approximatif tout en crachant ses tripes sur ses compagnons médusés.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-298" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/toomanyways_03.jpg" alt="" width="500" height="282" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/toomanyways_03.jpg 500w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/toomanyways_03-300x169.jpg 300w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></p>
<p>Le film a été classé catégorie III lors de sa sortie hongkongaise en raison de ses effusions d&rsquo;hémoglobine, auxquelles s&rsquo;ajoute la présence d&rsquo;une scène de sexe, très cocasse elle aussi, ce qui tend à prouver que le Comité de Censure local n&rsquo;a décidément aucun humour.</p>
<p>On retrouve dans <strong>Too Many Ways To Be No. 1</strong> les figures typiques du genre tels que les caïds à la mine patibulaire, les sous-fifres décervelés ou encore les prostituées désabusées. A ceci près que dans le film de Wai Ka Fai, les gangsters ont troqué le kung-fu pour des bagarres de chiffonniers et les caïds sont susceptibles de les surpasser en stupidité (mention spéciale aux jumeaux ennemis, Frère Blackie et Frère White).</p>
<p>Au programme : des séquences inoubliables de panique collective, des doigts coupés pour un oui ou pour un non, des balles perdues qui ricochent pour transpercer systématiquement la mauvaise personne.</p>
<p>Des Triades hongkongaises, chinoises et taïwanaises, aucune culture de gang n&rsquo;est épargnée. Il n&rsquo;est pas non plus question d&rsquo;associer au milieu un quelconque esprit chevaleresque à la sauce John Woo.</p>
<p>Quant à Wong Ah Kau, dont le film adopte entièrement le point de vue, il se démarque de tous les autres par son attitude détachée, parfois amorphe.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-297" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/toomanyways_02.jpg" alt="" width="480" height="360" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/toomanyways_02.jpg 480w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/toomanyways_02-300x225.jpg 300w" sizes="(max-width: 480px) 100vw, 480px" /></p>
<p>Aliéné à une bande d&rsquo;abrutis, dépassé par des événements qui s&rsquo;enchaînent à cent à l&rsquo;heure autour de lui, il se trouve entraîné dans une spirale qui le mène inexorablement vers sa chute. La question est de savoir si, après avoir touché le fond, le bonhomme parviendra enfin à se prendre en main. Même quand tout semble s&rsquo;arranger, il n&rsquo;est jamais à l&rsquo;abri d&rsquo;un soudain retournement de situation ou d&rsquo;une catastrophe imprévue.</p>
<p>Pour filmer cette agitation permanente, souvent proche de l&rsquo;hystérie, Wai Ka Fai s&rsquo;en donne à cœur joie et s&rsquo;autorise toutes les fantaisies, laissant libre cours à sa créativité débordante. Il semble que la caméra du réalisateur ait la faculté de se balader absolument n&rsquo;importe où, fondant parfois en pleine fusillade sur un personnage pour lui tourner autour avant d&rsquo;en saisir un autre.</p>
<p>Le réalisateur use et abuse d&rsquo;effets de caméra osés, des effets dont on retiendra notamment des plans à 360 degrés à en faire pâlir de jalousie Ryuhei Kitamura, des contre-plongées déformantes sur Kau ou encore une scène de baston entièrement filmée à l&rsquo;envers.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-301" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/toomanyways_06.jpg" alt="" width="500" height="283" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/toomanyways_06.jpg 500w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/toomanyways_06-300x170.jpg 300w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></p>
<p>Cette audace formelle participe énormément au charme de ce film visuellement stimulant dans lequel tous les tics de réalisation récurrents dans les polars hongkongais en prennent eux aussi pour leur grade. Pour compléter le tableau, ajoutons l&rsquo;utilisation récurrente d&rsquo;un thème musical cheap et obsédant à souhait, dont le style n&rsquo;est pas sans rappeler le thème culte de <strong>The Mission</strong>.</p>
<p>Le regard moqueur que Wai Ka Fai porte sur les Triades – et pas seulement sur les films qui leur sont destinés – est largement servi par une brochette de comédiens décomplexés parmi lesquels on citera bien sûr Lau Ching Wan, comme à son habitude excellent, mais aussi Francis Ng, plus survolté que jamais.</p>
<p>Fait amusant, les deux acteurs se retrouvent la même année dans le fabuleux <strong>Full Alert</strong> de Ringo Lam, un polar nihiliste d&rsquo;une noirceur absolue qui les met en scène dans un face-à-face psychologique mémorable, voire traumatisant. Lau Ching Wan et Francis Ng n&rsquo;ont pas seulement pour point commun d&rsquo;avoir révélé avec les années un talent et un éclectisme exceptionnels, mais aussi celui de faire preuve d&rsquo;une absence totale de souci de leur image.</p>
<p>Ainsi, tandis que Francis Ng déploie une impressionnante panoplie d&rsquo;expressions ahuries traduisant la débilité profonde de son personnage, expressions que Wai Ka Fai se plaît à filmer en gros plan, Lau Ching Wan n&rsquo;hésite pas à se montrer à plat ventre par terre en train de bouffer de la merde.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-300" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/toomanyways_05.jpg" alt="" width="500" height="277" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/toomanyways_05.jpg 500w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/toomanyways_05-300x166.jpg 300w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></p>
<p>Autour d&rsquo;eux, on retrouve les actrices Carman Lee (<strong>Le Temple Du Lotus Rouge</strong>, <strong>Lifeline</strong>) et Ruby Wong (<strong>PTU</strong>, <strong>Expect The Unexpected</strong>), des habituées de la Milkyway. Parmi les acolytes de Kau, on reconnaîtra Matt Chow, co-scénariste du film, mais aussi l&rsquo;immanquable Elvis Tsui (<strong>Sex And Zen</strong>, <strong>The Lovers</strong>), dont chaque intervention verbale provoque immanquablement le fou rire.</p>
<p>Le tour de force de Wai Ka fai est de réussir à captiver jusqu&rsquo;à la dernière minute avec cette histoire totalement invraisemblable, sans jamais que le rythme ou l&rsquo;humour ne s&rsquo;essouffle. De par ses trouvailles innombrables, <strong>Too Many Way To Be </strong><strong>No. 1</strong> reste à ce jour l&rsquo;une des productions les plus enthousiasmantes de la Milkyway, cet OVNI cinématographique révélant au passage de la part de la future équipe de<strong> The Mission</strong> et de <strong>PTU</strong> un sens de l&rsquo;autodérision réjouissant.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<blockquote><p><strong>&gt; A découvrir | <a href="https://lesecransdelodie.com/what-price-survival-le-sabreur-manchot-selon-daniel-lee/">What Price Survival? : le mythe du sabreur manchot revisité</a></strong></p></blockquote>
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