<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	
	xmlns:georss="http://www.georss.org/georss"
	xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#"
	>

<channel>
	<title>Cinéma européen &#8211; Les Écrans d&#039;Élodie</title>
	<atom:link href="https://lesecransdelodie.com/category/cinema-europeen/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://lesecransdelodie.com</link>
	<description>Mes critiques cinéma &#38; séries TV</description>
	<lastBuildDate>Fri, 10 Sep 2021 10:52:34 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.7.1</generator>

<image>
	<url>https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/12/ecranelo-favicon-150x150.png</url>
	<title>Cinéma européen &#8211; Les Écrans d&#039;Élodie</title>
	<link>https://lesecransdelodie.com</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
<site xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">171265717</site>	<item>
		<title>Cloud Atlas : le pari fou des Wachowski et de Tom Tykver</title>
		<link>https://lesecransdelodie.com/cloud-atlas-le-pari-fou-des-wachowski-et-de-tom-tykver/</link>
					<comments>https://lesecransdelodie.com/cloud-atlas-le-pari-fou-des-wachowski-et-de-tom-tykver/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Jun 2021 14:44:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma européen]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma US & UK]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques Ciné]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lesecransdelodie.com/?p=825</guid>

					<description><![CDATA[Tom Hanks, Halle Berry, Bae Doona et Ben Whishaw sont les héros d&#8217;un film de science-fiction atypique sorti de l&#8217;imagination débordante des Wachowski. Un objet transgressif qui floute les barrières ethniques et de genre et nous fait voyager dans le temps. Six histoires imbriquées, plantant leur décor dans diverses régions de la planète, entre le&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-836" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-imgune.jpg" alt="Bae Doona (Cloud Atlas)" width="800" height="449" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-imgune.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-imgune-300x168.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-imgune-768x431.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></p>
<p><strong>Tom Hanks, Halle Berry, Bae Doona et Ben Whishaw sont les héros d&rsquo;un film de science-fiction atypique sorti de l&rsquo;imagination débordante des Wachowski. Un objet transgressif qui floute les barrières ethniques et de genre et nous fait voyager dans le temps.<br />
</strong></p>
<p>Six histoires imbriquées, plantant leur décor dans diverses régions de la planète, entre le XIX<sup>e</sup> et le XXIV<sup>e</sup> siècle, le tout porté par un casting quatre étoiles et dirigé par trois réalisateurs aussi inspirés que jusqu’auboutistes – j’ai nommé le duo Andy &amp; Lana Wachowski (à l&rsquo;époque, Andy n&rsquo;était pas encore devenu Lilly) et Tom Tykwer. On obtient <strong>Cloud Atlas</strong>, un blockbuster produit en dehors du circuit hollywoodien, tellement foisonnant qu’il frise parfois la surcharge, mais qui s’impose comme une épopée originale, parfois transgressive et finalement aussi touchante que stimulante.</p>
<h2>La SF est toujours vivante</h2>
<p>Lorsque j’ai découvert <strong>Cloud Atlas</strong>, j’ai ressenti comme une bouffée d’air frais et une pincée de soulagement. Il existe donc encore des blockbusters susceptibles de surprendre, me suis-je dit.</p>
<p>En effet, je venais de lire les line-up des studios hollywoodiens pour les prochains mois et j’étais dans cet état de frustration que ressentent à peu près tous ceux qui, comme moi, ont été émerveillés depuis leur enfance par le cinéma populaire américain dans ce qu’il a de plus noble, avec ses héros charismatiques, ses scènes d’action dantesques, ses folles idées de science-fiction.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-834" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-07.jpg" alt="" width="900" height="599" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-07.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-07-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-07-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></p>
<p>Aujourd’hui, que faut-il attendre ? Une pelletée de remakes, de reboots et de séquelles opportunistes, à quelques exceptions près. Pour la collection d’été 2013, il faudra donc faire avec <strong>Man of Steel</strong> (avec un Superman tout neuf mais dont on se fiche royalement), <strong>Wolverine : le combat de l’immortel</strong> (bref, encore un sous-<strong>X-Men</strong>), <strong>Kick-Ass 2</strong>, <strong>Very Bad Trip 3</strong>, <strong>Fast and Furious 6</strong> et les seconds opus de <strong>300</strong>, de <strong>Red</strong>, de <strong>Percy Jackson</strong> ou encore des <strong>Schtroumpfs 3D</strong>…</p>
<p>La sortie de suites n’est pas nouvelle et certaines des productions citées ci-dessous mériteront certainement le détour. Mais quand elle constitue quasiment à elle seule l’actualité de l’été en termes de blockbusters, il y a de quoi s’inquiéter. Notez également sur vos agendas l’arrivée des remakes d’<strong>Evil Dead</strong>, de <strong>Taxi Driver</strong>, de <strong>Massacre à la Tronçonneuse</strong> (« déjà-vu », dirait Néo).</p>
<p>Aujourd’hui, Hollywood insulte ses propres classiques, aligne les préquelles insipides de ses plus grands films (<strong>Prometheus</strong>), vide de leur substance les franchises les plus prometteuses (de<strong> Transformers </strong>à <strong>Transformers 3</strong>, on fait le grand écart), dilapide le patrimoine BD américain avec des films de super-héros ne misant que sur leur climax (<strong>Avengers</strong>, beaucoup de bruit pour rien).</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-835" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-08.jpg" alt="" width="900" height="599" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-08.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-08-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-08-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></p>
<p>Heureusement, il n’y a pas que le système hollywoodien dans la vie. Y compris quand on est cinéaste américain, qu’on est fan de science-fiction et que l’on aime se lancer des défis titanesques. Par exemple, porter à l&rsquo;écran le roman de David Mitchell <strong><i>Cartographie des Nuages</i></strong>, réputé inadaptable. Andy et Lana Wachowski, les auteurs de <strong>Matrix</strong>, l’ont bien compris.</p>
<h2>Les Wachowski, ambassadeurs de luxe de la culture Geek</h2>
<p>De toute façon, après le four commercial de leur dernière réalisation, le sympathique mais invendable <strong>Speed Racer</strong>,<b> </b>qui adaptait l’anime japonais du même nom et s’adressait véritablement à une niche, les Wachowski n’avaient guère le choix que d’aller voir ailleurs.</p>
<p>En bons ambassadeurs de la culture geek-option-manga qu’ils étaient, ils n’allaient tout de même pas faire des concessions et réaliser un produit rassembleur ! Ni réitérer l’expérience du film fauché à la <a href="https://www.stellarsisters.com/critique-ninja-assassin-de-james-mcteigue/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><strong>Ninja Assassin</strong></a> ! Puisque plus personne aux USA ne voulait leur confier 100 millions de dollars pour faire joujou, pourquoi pas l’Europe ?</p>
<p>Justement, Tom Tykwer, dont ils adulaient le premier film <strong>Cours Lola Cours</strong>, déclarait en 2009 qu&rsquo;il ambitionnait de porter à l’écran <em><strong>Cartographie des Nuages</strong></em>… En route pour l’Allemagne !</p>
<p>Mais au fait, comment les auteurs de <strong>Matrix </strong>ont-ils eu l’idée de se lancer dans une telle aventure ? La rumeur veut que l’impulsion ait été donnée en 2005 par Natalie Portman qui lisait le roman sur le tournage de <strong>V pour Vendetta*</strong>, dont les Wachowski étaient producteurs. Devant son enthousiasme, Lana Wachowski se serait à son tour plongée dedans pour ne plus s’en détacher.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-828" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-01.jpg" alt="" width="900" height="506" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-01.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-01-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-01-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></p>
<p><strong>Cloud Atlas </strong>a du surmonter son lot d’obstacles pour voir le jour, même une fois lancée la collaboration entre les Wachowski et Tom Tykwer. Au cours de ses quatre années de développement, le projet a plus d’une fois failli être abandonné. Mais la persévérance des cinéastes a fini par payer, soutenue en cela par les encouragements de Tom Hanks**, bien décidé à s’investir dans ce projet. A l’arrivée, <strong>Cloud Atlas</strong> bénéficie du budget confortable de 102 millions de dollars, ce qui en fait le film indépendant le plus cher de l’histoire du cinéma et le premier blockbuster allemand.</p>
<p>L’association de talents entre Lana &amp; Andy Wachowski et Tom Tykwer fait des étincelles : reposant sur un travail de narration et de montage aussi gigantesque que minutieux, <strong>Cloud Atlas</strong> nous embarque dans une épopée complexe, ambitieuse mais aussi – et cela fait vraiment plaisir à écrire en ces temps de disette créative occidentale – extrêmement originale.</p>
<p>L’histoire consiste en six récits parallèles et ancrés dans différents pays et différentes époques, avec un gap de 472 ans entre la période la plus ancienne (l’année 1879) et la plus futuriste (l’année 2321). Ou comment apporter un grand coup de frais au genre de la science-fiction mais aussi du film choral.</p>
<h2>Histoires transgressives</h2>
<p><strong>Cloud Atlas</strong> nous plonge ainsi dans un véritable tourbillon narratif. Le voyage en mer périlleux d’un jeune juriste blanc sur fond d’esclavage des Noirs au XIXe siècle (1849 : <i>The Pacific Journal of Adam Ewing</i>, réalisé par les Wachowski).</p>
<p>L’histoire d’amour homosexuelle et épistolaire entre un jeune compositeur et son amant (1936 : <i>Letters from Zedelghem</i>, réalisé par Tom Tykwer).</p>
<p>L’enquête d’une journaliste décidée à révéler au grand jour les agissements douteux d’une compagnie pétrolière (1973 : <i>Half-Lives : The First Luisa Rey Mystery</i>, réalisé par Tom Tykwer).</p>
<p>Les déboires d’un éditeur endetté puis enfermé par son frère dans une maison de retraite qui a tout d’une prison (2012 : <i>The Ghastly Ordeal of Timothy Cavendish</i>, réalisé par Tom Tykwer).</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-831" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-04.jpg" alt="" width="900" height="600" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-04.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-04-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-04-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></p>
<p>La rencontre de Sonmi-451, une serveuse-clone travaillant dans un bar, avec un jeune révolutionnaire à Néo-Séoul (2144 : <i>An Orison of Sonmi-451</i>, réalisé par les Wachowski).</p>
<p>La quête scientifique d’une ethnologue assistée par un indigène halluciné (2321 : <i>Sloosha&rsquo;s Crossin&rsquo; an&rsquo; Ev&rsquo;rythin&rsquo; After</i>, réalisé par les Wachowski).</p>
<p>Toutes ces histoires, si différentes qu’elles soient en termes de genre comme d’esthétique, entretiennent des liens qui se révéleront au fil du métrage.</p>
<p>Grâce à un montage précis et constamment mis au service de l’émotion, la trame globale de <strong>Cloud Atlas</strong> se déplie avec une rare fluidité sans jamais perdre le spectateur en route, l’esthétique propre à chaque époque insufflant à celle-ci une ambiance immédiatement identifiable sans pour autant que l’ensemble ne manque d’unité visuelle.</p>
<p>Les décors s’avèrent parfois très chiadés, notamment dans les parties futuristes : ainsi, lorsque Sonmi-451 découvre le monde, il suffit de voir avec quelle efficacité l’organisation sociale du Néo-Séoul de 2144 est suggérée en quelques plans.</p>
<p>Histoires d’amour, d’amitié, de trahison ou de rédemption, tous ces récits parlent non seulement de condition humaine, à l’échelle individuelle comme collective, mais ont aussi en commun de mettre en scène leurs protagonistes dans une situation d’aliénation qui se solde par une évasion, souvent doublée d’une transgression.</p>
<p>Transgression du jeune juriste blanc et de l’esclave noir qui se lient d’amitié au XIX<sup>e</sup> siècle, transgression des septuagénaires/octogénaires qui s’évadent de leur pension pour aller s’éclater dans un pub et peut-être retrouver leur amour de jeunesse, transgression de la femme-objet sexuel qui se mue en messie…</p>
<h2>Un casting multi-ethnique</h2>
<p><strong>Cloud Atlas</strong> est porté par un casting quatre étoiles qui mérite d’être cité dans son intégralité, tant l’investissement de chacun est visible : Tom Hanks, Halle Berry, Hugh Grant, Susan Sarandon, Hugo Weaving (<strong>Matrix</strong>), Jim Broadbent (<strong>Moulin Rouge!</strong>, <strong>Harry Potter 6</strong>), Jim Sturgess (<strong>Across the Universe</strong>), Ben Whishaw (<strong>Le Parfum</strong>) mais aussi la star chinoise Zhou Xun (<strong>Suzhou River</strong>) et l’actrice coréenne Bae Doo Na (<strong>The Host</strong>, <strong>Sympathy for Mr. Vengeance</strong>).</p>
<p>Soulignons les origines ethniques variées du casting, puisque tous les acteurs et actrices mentionnés ci-dessus jouent plusieurs rôles et apparaissent ainsi dans à peu près chaque récit, avec les maquillages qu’il faut pour les faire passer d’une ethnie à l’autre mais aussi d’un sexe à l&rsquo;autre !</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-829" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-02.jpg" alt="" width="900" height="599" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-02.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-02-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-02-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></p>
<p>Dès l’instant où l’on a compris ce principe, il y a quelque chose d’étrange mais aussi de très amusant dans le jeu consistant à reconnaître chacun et à découvrir leurs visages au fil des histoires. Et si certaines transformations demeurent faciles à repérer (Hugo Weaving en infirmière en chef démoniaque, Halle Berry en bourgeoise blanche effacée, Bae Doo Na en européenne…), d’autres se révèlent nettement plus ardues à déceler (défis du moment : reconnaître Tom Hanks dans l’histoire de 2012, ou encore Zhou Xun dans les années 70).</p>
<p>Avec ces transformations, le film introduit une idée absente du roman, celle de la réincarnation et donc du karma, et ajoute au côté transgressif qui habite cet enchevêtrement de récits. Que nous le voulions ou non et quelque soit notre degré d’humanisme, nous avons tous tendance à nous définir par notre identité sexuelle et par notre appartenance ethnique avant tout le reste, ces deux caractéristiques ayant d’ailleurs tendance à biaiser inconsciemment notre regard sur l’autre.</p>
<p>Il y a donc quelque chose de très osé dans les maquillages et les changements de sexe de ces acteurs et actrices, lesquels se prêtent d’ailleurs tous au jeu sans aucune retenue, sous l’œil bienveillant de Tom Tykwer et d’Andy et Lana (ex-Larry) Wachowski.</p>
<p>Mieux, en plus d’imaginer un monde en 2144 où tout le monde aurait les yeux bridés (ce qui n’est pas invraisemblable),<strong> Cloud Atlas</strong> met en miroir l’allusion à l’esclavage au 19<sup>e</sup> siècle avec le futur de 2321, où les tribus de Blancs apparaissent comme vulnérables face au peuple détenteur de la technologie et représenté par le personnage de Halle Berry.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-833" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-06.jpg" alt="" width="900" height="598" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-06.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-06-300x199.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-06-768x510.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></p>
<p>Nul besoin de discours appuyé contre le racisme, il suffit de mettre en scène l’ironie de l’Histoire, avec ses retournements de situation au fil des époques, et d’opposer l’impermanence de l’enveloppe charnelle à l’éternité de l’âme.</p>
<p>Ambitieux et osé jusqu’à la dernière minute de bobine, <strong>Cloud Atlas</strong> comporte bien quelques petites baisses de rythme ça et là, ce qui n’a rien d’étonnant pour un métrage de 2h45. Mais l’ensemble, en plus d’être intelligent et étonnamment touchant, demeure extraordinairement bien ficelé et rythmé compte tenu de la complexité de l’entreprise. Il fallait le faire.</p>
<h2>Les Wachowski à contre-courant</h2>
<p>Je l’avoue, si j’ai toujours eu entière confiance en Tom Tykwer, surtout depuis <strong>Le Parfum</strong> (le roman de Patrick Süskind était lui aussi compliqué à adapter), je n’aurais pas imaginé il y a une dizaine d&rsquo;années faire à ce point l’éloge des Wachowski.</p>
<p>A l’époque de <strong>Matrix</strong>, certains amateurs de japanimation et de cinéma de Hong Kong – et j’en faisais partie – reprochaient aux Wachowski d’avoir pillé quelques chefs d’œuvres asiatiques pour toucher le jackpot avec un film rassembleur. D’autant que les opus 2 et 3 de la trilogie <strong>Matrix </strong>étaient loin d’être à la hauteur du premier ; et ce, même si <strong>Matrix Reloaded</strong> possède ce versant monstrueux qui le rend unique en son genre, avec ses personnages tout droit sortis d’une BD (Monica Bellucci en pin-up totalement irréelle, Collin Chou en garde du corps très manga), ses acteurs laissés en roue libre (qui ne se souvient pas des jurons de Lambert Wilson ?), ses courses-poursuites interminables et totalement insensées (pour rappel, une portion d’autoroute a été construite spécialement pour l’occasion).</p>
<p>En fin de compte, l’opus le plus intéressant et le plus réussi de la saga n’est autre qu’<strong>Animatrix</strong>, succession de courts métrages-spin off ancrés dans l’univers de <strong>Matrix</strong>, supervisés par les Wachowski et réalisés par quelques grands noms de l’animation, parmi lesquels Yoshiaki Kawajiri (<strong>Ninja Scroll</strong>), Shinichiro Watanabe (<strong>Cowboy Bebop</strong>) et Peter Chung (<strong>Aeon Flux, la série</strong>).</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-832" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-05.jpg" alt="" width="900" height="598" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-05.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-05-300x199.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-05-768x510.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-835" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-08.jpg" alt="" width="900" height="599" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-08.jpg 900w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-08-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2021/06/cloud-atlas-08-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></p>
<p>Avec le recul, il semble que les Wachowski n’aient jamais pu – et peut-être jamais voulu – se fondre dans le moule hollywoodien. Alors que le succès de <strong>Matrix</strong> laissait présager d’une carrière toute tracée dans l’univers balisé des studios, ils n’ont cessé d’emprunter par la suite les chemins les plus inattendus, quand ils n’ont pas agi à contre-courant des attentes, tout en restant résolument ancrés dans le cinéma populaire, sur le plan esthétique comme des genres visités.</p>
<p>Le premier symptôme n’était autre que <strong>V pour Vendetta</strong> (2006), film d’anticipation et de héros masqué dont ils confiaient la réalisation à James McTeigue. Porter à l’écran la BD noire d’Alan Moore et David Lloyd, avec son message politique violent et anarchiste, était déjà gonflé : la plupart des histoires de héros masqués à l’américaine prônent des valeurs plutôt conservatrices, les méchants étant généralement des hors-la-loi.</p>
<p>Quelques années plus tard, les Wachowski revenaient avec <strong>Speed Racer</strong> (2008), l’adaptation d’une série animée japonaise des années 60. Avec son esthétique radicale, ses séquences de voitures démentes, ses traits d’humour grotesques et ses effets de montage cartoonesques reprenant les codes visuels des dessins-animés de sport japonais, <strong>Speed Racer</strong> tenait du suicide commercial mais, avec ses défauts et ses maladresses, témoignait d’une sincérité respectable, en plus d’innover par l’emploi de procédés techniques révolutionnaires (pour l’occasion, les Wachowski ont élaboré la technique de la 2D ½).</p>
<p>En plus de marquer leur rencontre artistique avec Tom Tykwer, <strong>Cloud Atlas</strong> confirme s’il le fallait la contradiction qui caractérise le cinéma des Wachowski. Un cinéma qui appartient bel et bien à l’univers des blockbusters populaires mais qui témoigne plus que jamais d’une tendance chronique à l’anticonformisme. En vérité, on commence sérieusement à se demander si l’adéquation de la saga <strong>Matrix </strong>avec les exigences des studios hollywoodiens n’était pas accidentelle dans le parcours des cinéastes. Aujourd’hui, Andy et Lana Wachowski apparaissent plus que jamais comme des auteurs en marge du système. Espérons qu’ils le restent !</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<p><em>Première publication de l&rsquo;article le 13 avril 2013 sur StellarSisters.com</em>.</p>
<p>*Source : <a href="https://www.hollywoodreporter.com/news/andy-lana-wachowski-cloud-atlas-7-revelations-368141" target="_blank" rel="noopener noreferrer">The Hollywood Reporter</a></p>
<p>**Interview des Wachowski dans <a href="https://film.avclub.com/the-wachowskis-explain-how-cloud-atlas-unplugs-people-f-1798234238" target="_blank" rel="noopener noreferrer">The A.V. Club</a></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://lesecransdelodie.com/cloud-atlas-le-pari-fou-des-wachowski-et-de-tom-tykver/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">825</post-id>	</item>
		<item>
		<title>La Plateforme : de l&#8217;horreur gratinée dans votre assiette</title>
		<link>https://lesecransdelodie.com/la-plateforme-film-netflix-de-lhorreur-gratinee-dans-votre-assiette/</link>
					<comments>https://lesecransdelodie.com/la-plateforme-film-netflix-de-lhorreur-gratinee-dans-votre-assiette/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Nov 2020 11:36:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma européen]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques Ciné]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lesecransdelodie.com/?p=765</guid>

					<description><![CDATA[Violent, politique, dérangeant, La Plateforme (Netflix) est un film d’horreur espagnol qui vaut le coup d’œil… à condition d’avoir l&#8217;estomac bien accroché. C&#8217;est en naviguant sur Netflix avec la ferme intention de sortir de mon train-train quotidien que je suis tombée sur le film La Plateforme, ou El Hoyo en espagnol, un mélange incroyable de&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Violent, politique, dérangeant, La Plateforme (Netflix) est un film d’horreur espagnol qui vaut le coup d’œil… à condition d’avoir l&rsquo;estomac bien accroché.</strong></p>
<p>C&rsquo;est en naviguant sur Netflix avec la ferme intention de sortir de mon train-train quotidien que je suis tombée sur le film <strong>La Plateforme</strong>, ou <strong>El Hoyo</strong> en espagnol, un mélange incroyable de huis-clos psychologique et de survival. A la fois efficace en tant que film d&rsquo;horreur et intelligent en tant que film politique aux accents philosophiques, cet objet étrange passionnera les amateurs de concepts allégoriques poussés à l&rsquo;extrême, même si certaines scènes sont à la limite du soutenable.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-787" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/11/la-plateforme-netflix-01.jpg" alt="" width="800" height="450" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/11/la-plateforme-netflix-01.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/11/la-plateforme-netflix-01-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/11/la-plateforme-netflix-01-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></p>
<h2>Manger ou être mangé</h2>
<p>Goreng se réveille enfermé dans une cellule située au 48ème étage d&rsquo;une prison à multiples niveaux. Il fait la connaissance de son codétenu, Trimagasi, qui lui explique qu&rsquo;une plateforme passe tous les jours d&rsquo;un étage à l&rsquo;autre, en commençant par le haut, pour distribuer de la nourriture. Chaque mois, les détenus se réveillent à un étage différent. Peu à peu, Goreng découvre les règles cruelles qui régissent ce monde absurde.</p>
<p>Premier film de <span class="aCOpRe">Galder Gaztelu-Urrutia, <strong>La Plateforme</strong> repose sur un concept d&rsquo;enfermement proche de celui de <strong>Cube</strong>. Cette production sortie en 2019 sur Netflix est d&rsquo;ailleurs l&rsquo;une des meilleures tentatives du genre depuis le film culte de Vincenzo Natali. </span><span class="aCOpRe"><br />
</span></p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-788" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/11/la-plateforme-netflix-02.jpg" alt="" width="800" height="450" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/11/la-plateforme-netflix-02.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/11/la-plateforme-netflix-02-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/11/la-plateforme-netflix-02-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></p>
<p><span class="aCOpRe"><strong>La Plateforme</strong></span> débute sur une séquence intrigante &#8211; un chef cuisinier inspecte scrupuleusement les plats luxueux et gourmands préparés par ses troupes &#8211; dont nous découvrirons le sens par la suite. Les règles de la prison dans laquelle Goreng a accepté de se rendre s&rsquo;avèrent particulièrement perverses : ceux d&rsquo;en-bas mangent les restes laissés par ceux d&rsquo;en haut. En d&rsquo;autres termes, ceux des niveaux supérieurs mangent abondamment et ceux d&rsquo;en-bas meurent de faim.</p>
<p>Décidé à rester civilisé, Goreng refuse dans un premier temps de se plier aux règles, écœuré qu&rsquo;il est par le système, et accessoirement par le comportement de son codétenu, qui se gave comme un porc pendant les quelques minutes de repas quotidien et affiche un profond mépris pour les personnes des niveaux inférieurs. Comme on s&rsquo;en doute, le jeune homme réalise vite qu&rsquo;il n&rsquo;a pas d&rsquo;autre choix que de mettre lui aussi les doigts sur ces restes répugnants. Bientôt, Trimagasi l&rsquo;entraîne dans un débat sans fin sur la nécessité de manger au lieu d&rsquo;être mangé, une idée cruelle à prendre au sens propre comme au figuré.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-791" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/11/la-plateforme-netflix-05.jpg" alt="" width="800" height="436" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/11/la-plateforme-netflix-05.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/11/la-plateforme-netflix-05-300x164.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/11/la-plateforme-netflix-05-768x419.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></p>
<p>« Vous avez de la chance d&rsquo;être dans un niveau intermédiaire. En bas, vous ne survivrez pas », avertit Trimagasi, que notre héros soupçonne bientôt de s&rsquo;être livré à des actes criminels dans les niveaux inférieurs. Des idées folles sont évoquées (du cannibalisme ?), la tension psychologique s&rsquo;installe entre les deux hommes. <strong>La Plateforme</strong> s&rsquo;intéresse avant tout à la nature humaine brute, celle qui révèle son visage grimaçant en situation de survie. Jusqu&rsquo;où un être humain est-il prêt à aller quand il meurt de faim ?</p>
<h2>« Mi Caracol&#8230; »</h2>
<p>Loin de se limiter à un pamphlet contre le monde capitaliste, <strong>La Plateforme</strong> utilise son concept effrayant pour saisir quelque chose de notre époque. Dans ce système hiérarchisé, les comportements se radicalisent. Les switchs incessants entre les niveaux, qui obligent les détenus à expérimenter toutes les classes sociales, permettent d&rsquo;aller plus loin dans l&rsquo;exploration idéologique que ne le faisait <strong>Snowpiercer</strong>, le film de Bong Joon Ho dans lequel les différences sociales étaient symbolisées par les wagons d&rsquo;un train.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-789" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/11/la-plateforme-netflix-03.jpg" alt="" width="800" height="436" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/11/la-plateforme-netflix-03.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/11/la-plateforme-netflix-03-300x164.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/11/la-plateforme-netflix-03-768x419.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></p>
<p>L&rsquo;un décide de faire passer sa survie avant tout le reste. L&rsquo;autre se sent investi d&rsquo;une mission d&rsquo;humanisme déconnectée de la nature humaine. Un autre se soumet à la première personne qui prend un ascendant sur lui en lui confiant un rôle à jouer. Enfin, il y a ceux qui entendent sauver tout le monde, quitte à appliquer des méthodes dignes des pires régimes totalitaires. Le personnage le plus paradoxale est celui de cette femme qui cherche son enfant à tout prix, ce qui est une preuve d&rsquo;humanité, mais se comporte en parfaite psychopathe avec les hommes.</p>
<p>La force du film <strong>La Plateforme</strong> est de coller du début à la fin au point de vue d&rsquo;un seul individu qui assiste impuissant à sa propre déshumanisation pour survivre dans un système aussi cruel qu&rsquo;il est aveugle sur la souffrance de ses sujets. S&rsquo;ajoute à cela une étrange comparaison entre ceux qui ont la malchance de ce faire piéger et les escargots, un parallèle que n&rsquo;aurait pas renié le mangaka Junji Ito (<strong>Uzumaki</strong>). Vous ne regarderez plus jamais vos escargots de Bourgogne de la même manière !</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-790" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/11/la-plateforme-netflix-04.jpg" alt="" width="700" height="402" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/11/la-plateforme-netflix-04.jpg 700w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/11/la-plateforme-netflix-04-300x172.jpg 300w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /></p>
<p>Audacieux, dérangeant, le film <strong>La Plateforme</strong> ne ménage pas le spectateur en matière d&rsquo;horreur. Je préfère prévenir les courageux qui se lanceront dans l&rsquo;aventure : certaines scènes sont insoutenables, même pour les habitués du cinéma d&rsquo;horreur. Elles sont appuyées par une réalisation organique qui prend un malin plaisir à offrir un rendu réaliste des textures. Et bien entendu, la fin du film nous laisse avec différentes interprétations possibles. Vous êtes prévenus.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<blockquote><p><strong>A LIRE </strong></p>
<p><a href="https://lesecransdelodie.com/midnight-meat-train-bradley-cooper-chasse-par-un-boucher/">Critique du film Midnight Meat Train, avec Bradley Cooper</a></p></blockquote>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://lesecransdelodie.com/la-plateforme-film-netflix-de-lhorreur-gratinee-dans-votre-assiette/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">765</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Critique : Danny The Dog, avec Jet Li</title>
		<link>https://lesecransdelodie.com/critique-danny-the-dog-jet-li/</link>
					<comments>https://lesecransdelodie.com/critique-danny-the-dog-jet-li/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Oct 2020 16:40:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma européen]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques Ciné]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lesecransdelodie.com/?p=610</guid>

					<description><![CDATA[Jet Li et Morgan Freeman partagent l&#8217;affiche d&#8217;un film d&#8217;action touchant produit par Luc Besson. Réalisé par Louis Leterrier, Danny The Dog est la second collaboration de Jet Li avec le second Luc Besson. J&#8217;attendais beaucoup de ce film, puisque j&#8217;avais eu la chance, grâce à des connections, de faire plusieurs visites sur le tournage&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Jet Li et Morgan Freeman partagent l&rsquo;affiche d&rsquo;un film d&rsquo;action touchant produit par Luc Besson.</strong></p>
<p>Réalisé par Louis Leterrier, <strong>Danny The Dog</strong> est la second collaboration de Jet Li avec le second Luc Besson. J&rsquo;attendais beaucoup de ce film, puisque j&rsquo;avais eu la chance, grâce à des connections, de faire plusieurs visites sur le tournage des scènes d&rsquo;action dirigées par le chorégraphes d&rsquo;arts martiaux Yuen Woo Ping. Le film a quelque peu tardé à sortir, mais l&rsquo;attente en valait la peine.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-612" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/danny-the-dog-02.jpg" alt="" width="1000" height="658" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/danny-the-dog-02.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/danny-the-dog-02-300x197.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/danny-the-dog-02-768x505.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><br />
Après un parcours décevant à Hollywood, clôt dernièrement par le catastrophique <strong>En Sursis</strong>, Jet Li revient sur les écrans français avec <strong>Danny The Dog</strong>, seconde collaboration avec le producteur Luc Besson après le sympathique <strong>Le Baiser Mortel du Dragon</strong>. Cette fois c’est Louis Leterrier, réalisateur du <strong>Transporteur</strong>, qui est aux commandes.</p>
<p>Si le précédent opus du jeune réalisateur ne brillait pas par sa subtilité, il signe avec <strong>Danny the Dog</strong> un film non seulement original mais aussi étonnamment touchant, en plus de nous faire découvrir la star chinoise sous un autre jour.</p>
<blockquote><p><strong>Lire aussi | </strong><a href="https://www.stellarsisters.com/interview-de-jet-li-danny-the-dog/"><strong>Interview : Jet Li raconte le tournage de Danny The Dog</strong></a></p></blockquote>
<p><strong>Danny The Dog</strong> fait le pari risqué de jouer la carte du drame dans un film d’action, tout en partant sur un postulat de départ qui a de quoi surprendre : Jet Li, connu dans son pays natal pour des rôles de héros mythiques, interprète ici Danny, un homme coupé du monde et élevé comme un chien !</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-613" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/danny-the-dog-03.jpg" alt="Jet Li et Morgan Freeman" width="1000" height="671" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/danny-the-dog-03.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/danny-the-dog-03-300x201.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/danny-the-dog-03-768x515.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Dès l’ouverture, l’idée est pleinement assumée puisque Bart, brillamment interprété par Bob Hoskins, retire le collier de Danny et lui donne l’ordre de se battre en prononçant le mot « attaque ! ». Dès lors, son esclave passe d’un état de quasi autisme à celui d’une rage qui semble incontrôlable, ce qui donne lieu à une première scène d’action d’une violence rarement vue ces dernières années dans une production destinée à un large public.</p>
<p>Ce premier combat annonce la couleur : dans <strong>Danny The Dog</strong>, pas question de planer avec des acteurs câblés et filmés au ralenti. Mis à part l’emploi de quelques effets de changement de vitesse, le directeur d&rsquo;action Yuen Woo Ping (<strong>Il était une fois en Chine</strong>, <strong>Matrix</strong>, <strong>Tigre et Dragon</strong>) signe des chorégraphies impressionnantes et nous offre des combats brutaux où Jet Li déploie une fureur qu’on ne lui connaissait plus depuis longtemps – il faut remonter jusqu’à 1988 avec <strong>Born To Defend</strong> pour le voir se mettre dans un état comparable.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-615" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/danny-the-dog-06.jpg" alt="" width="1000" height="367" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/danny-the-dog-06.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/danny-the-dog-06-300x110.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/danny-the-dog-06-768x282.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" />Le résultat est non seulement étonnant de rapidité mais aussi d’une fluidité qui rappelle les meilleurs moments du cinéma d’arts martiaux chinois : finies les coupures intempestives après chaque mouvement comme c’est trop souvent le cas dans les productions occidentales intégrant des arts martiaux, le montage est ici efficace et percutant mais laisse l’opportunité aux combattants d’enchaîner jusqu’à dix mouvements sur un même plan, ce qui devrait ravir les amateurs du genre.</p>
<p>Mais <strong>Danny The Dog</strong> est aussi une aventure humaine, l’histoire d’un homme reclus qui va redécouvrir des sentiments enfouis depuis des années. Sans rentrer dans des subtilités freudiennes, le personnage est traité avec force et émotion du début à la fin, et la violence des combats trouve son sens en contrastant avec la chaleur humaine dégagée par les scènes réunissant Danny et le duo formé par Sam (Morgan Freeman) et Victoria (Kerry Condon). Grâce à eux, Danny va enfin découvrir le monde.</p>
<p>Le changement dans l’univers affectif de Danny se reflète visuellement dans le film puisque l’image, précédemment dominée par des tons froids, glisse peu à peu vers des tons chauds, cependant que la réalisation adopte un style tout en sobriété et en douceur, s’opposant de façon saisissante au découpage serré des scènes d’action, afin de mettre l’accent sur la découverte des sens à travers les choses les plus élémentaires de la vie.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-614" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/danny-the-dog-05.jpg" alt="" width="1000" height="662" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/danny-the-dog-05.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/danny-the-dog-05-300x199.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/danny-the-dog-05-768x508.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Plus connu pour ses qualités d’artiste martial, Jet Li nous montre ici une facette inattendue de son jeu et son interprétation est sans doute l’une des meilleures surprises du film. Surprenant par ses expressions enfantines, fort bien exploitées dans le film, l’icône martiale se révèle extraordinairement attachant dans son portrait d’égaré constamment tiraillé entre deux extrêmes, capable de dégager une innocence désarmante comme de se déchaîner dans la violence la plus destructrice.</p>
<p>L’alchimie entre Jet Li et ses deux partenaires est d’ailleurs parfaite : Morgan Freeman, formidable dans son rôle de musicien tranquille qui prend Danny sous son aile comme un père, et Kerry Condon en jeune fille fraîche et malicieuse apportent tous deux une générosité grâce à laquelle l’évolution du personnage de Danny reste crédible jusqu’au bout.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-616" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/danny-the-dog-07.jpg" alt="" width="1000" height="652" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/danny-the-dog-07.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/danny-the-dog-07-300x196.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/10/danny-the-dog-07-768x501.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>A la fois touchant et surprenant, <strong>Danny The Dog</strong> s’impose à plus d’un titre comme une pièce atypique dans le paysage cinéma d’action actuel. Si l’on ajoute à cela la magnifique bande-son signée Massive Attack et qui renforce à la fois le rythme et l’ambiance intimiste du film, <strong>Danny The Dog</strong> marque le grand retour de Jet Li à l’écran aussi bien en tant qu’acteur et artiste martial – de quoi faire oublier son récent parcours à Hollywood.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://lesecransdelodie.com/critique-danny-the-dog-jet-li/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">610</post-id>	</item>
		<item>
		<title>10 films d&#8217;horreur scandinaves pour trembler de froid&#8230; et de peur !</title>
		<link>https://lesecransdelodie.com/10-films-dhorreur-scandinaves-pour-trembler-de-froid-et-de-peur/</link>
					<comments>https://lesecransdelodie.com/10-films-dhorreur-scandinaves-pour-trembler-de-froid-et-de-peur/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Apr 2020 16:04:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma européen]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers Ciné]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lesecransdelodie.com/?p=415</guid>

					<description><![CDATA[Entre vampires, zombies et chasse à l&#8217;homme, ces 10 films d&#8217;horreur venus de Suède, de Norvège, du Danemark ou encore de Finlande vont vous faire frissonner. Si les pays scandinaves sont connus pour leurs polars bien ficelés (Millenium et consort), ils ont également développé un certain savoir-faire dans le film d&#8217;horreur et d&#8217;épouvante. Pourtant, il&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Entre vampires, zombies et chasse à l&rsquo;homme, ces 10 films d&rsquo;horreur venus de Suède, de Norvège, du Danemark ou encore de Finlande vont vous faire frissonner.</strong></p>
<p>Si les pays scandinaves sont connus pour leurs polars bien ficelés (<strong>Millenium </strong>et consort), ils ont également développé un certain savoir-faire dans le film d&rsquo;horreur et d&rsquo;épouvante. Pourtant, il y a encore une vingtaine d&rsquo;années, le genre n&rsquo;était pas très développé dans le nord de l&rsquo;Europe. On pourra y voir un témoignage de l&rsquo;influence plus faible des religions sur les mentalités, le cinéma d&rsquo;horreur s&rsquo;inscrivant bien souvent soit dans la lignée de la morale religieuse soit en opposition à cette dernière, prenant une dimension subversive et contestataire. Quoiqu’il en soit, le cinéma d&rsquo;horreur scandinave s&rsquo;est développé dans les années 2000, au point de devenir, aux côtés des thrillers, l&rsquo;un des fers de lance de l&rsquo;exportation des films nordique dans le reste du monde, notamment par le biais des festivals tels que Gérardmer ou Fantasia.</p>
<p>Afin d&rsquo;étudier d&rsquo;un peu plus près de quoi nos voisins vikings sont capables, nous vous proposons un petit guide du débutant avec 10 indispensables à rattraper.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-424" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/morse-let-the-right-one-in-04.jpg" alt="" width="1200" height="798" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/morse-let-the-right-one-in-04.jpg 1200w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/morse-let-the-right-one-in-04-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/morse-let-the-right-one-in-04-1024x681.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/morse-let-the-right-one-in-04-768x511.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/morse-let-the-right-one-in-04-1140x758.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></p>
<h2><strong>Morse (Let the Right One in)<br />
</strong></h2>
<p>Un film de Tomas Alfredson / Suède / 2008</p>
<p><em><strong>Le chef d’œuvre</strong></em></p>
<p>Véritable chef d’œuvre du genre, <a href="https://lesecransdelodie.com/morse-de-tomas-alfredson-vampires-suedois/"><strong>Morse</strong> (<strong>Let the Right One In</strong>)</a> offre un mélange de genres étonnant. Quelque part entre le film de vampires, la chronique sur l’enfance et le drame social, cette superbe pièce de cinéma signée Tomas Alfredson adopte le point de vue d’Oskar, un petit garçon qui vit mal la séparation de ses parents et les persécutions de ses camarades de classe. Une nuit, il fait la connaissance de sa nouvelle voisine, Eli, une petite fille dont l’emménagement coïncide étrangement avec une vague de meurtres dans les environs.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-425 size-full" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/morse-let-the-right-one-in-img-une1.jpg" alt="Le film suédois Morse (Let the right one in)" width="750" height="437" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/morse-let-the-right-one-in-img-une1.jpg 750w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/morse-let-the-right-one-in-img-une1-300x175.jpg 300w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /></p>
<p>Baigné dans un univers hostile où règne une obscurité froide, <strong>Morse</strong> prend le contre-pied du film de vampires traditionnel en ancrant son histoire dans un contexte de misère sociale – les adultes sont des laissés-pour-compte – pour raconter avec délicatesse une histoire d’amour d’une rare fraîcheur. Elégante et inspirée, la mise en scène joue la carte de la sobriété pour traduire les émotions intimes d&rsquo;Oskar et d&rsquo;Eli, tandis que les explosions de violence atteignent une sauvagerie qui tranche avec l&rsquo;innocence des deux enfants.</p>
<p>Classique instantané, <strong>Morse</strong> a déjà fait le tour du monde et raflé de nombreux prix dans des festivals internationaux (dont le grand prix à Gérardmer 2009). Le film est sorti dans les salles françaises en février 2009 et devrait arriver dans les bacs début 2010. Il a connu un remake américain, <strong>Laisse-Moi Entrer</strong>, réalisé en 2010 par Matt Reeves (<strong>Cloverfield</strong>), dans lequel nous retrouverons Richard Jenkins et Kodi Smit-McPhee.</p>
<h2><strong>Cold Prey I &amp; II</strong></h2>
<p>Un film de Roar Uthaug (2006) – Pays : Norvège</p>
<p><strong><em>Le slasher</em></strong></p>
<p><strong>Cold Prey</strong> fait partie des films qui ont incité les yeux du monde à se tourner vers la Scandinavie pour chercher la relève de l&rsquo;Espagne en matière de cinéma d&rsquo;horreur.</p>
<p>Le pitch du film s&rsquo;avère pourtant basique : une bande de jeunes se rend au sommet d&rsquo;une montagne isolée pour faire une partie de snowboard, mais lorsque l&rsquo;un d&rsquo;entre eux se casse la jambe, le groupe se voit contraint de se réfugier dans un chalet abandonné. On l&rsquo;aura compris, les lieux n&rsquo;ont pas été totalement désertés puisqu&rsquo;un tueur rôde dans les environs, bien décidé à punir les intrus d&rsquo;avoir pénétré son territoire.</p>
<figure id="attachment_419" aria-describedby="caption-attachment-419" style="width: 1200px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-419 size-full" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/cold-prey-01.jpg" alt="Le film norvégien Cold Prey" width="1200" height="693" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/cold-prey-01.jpg 1200w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/cold-prey-01-300x173.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/cold-prey-01-1024x591.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/cold-prey-01-768x444.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/cold-prey-01-1140x658.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption id="caption-attachment-419" class="wp-caption-text">L&rsquo;actrice Ingrid Bolsø Berdal dans Cold Prey</figcaption></figure>
<p>Puisant ses inspirations dans le cinéma d&rsquo;horreur des années 70, le cinéaste Roar Uthaug prend le temps de planter les relations entre les personnages avant de faire intervenir l&rsquo;action, ce qui distingue <strong>Cold Prey</strong> des <em>slashers</em> américains. Il n&rsquo;oublie pas non plus de tirer parti de son décor &#8211; superbes montagnes enneigées -, afin d&rsquo;ancrer son histoire dans un univers visuel.</p>
<p>Aidée d&rsquo;une réalisation et d&rsquo;un montage efficace, chacune des mises à mort s&rsquo;accompagne d&rsquo;un suspense viscéral, qui confère au film une dimension nerveuse et angoissante qu&rsquo;il est de plus en plus rare de trouver dans un <em>slasher</em>. Témoignant d&rsquo;un vrai savoir-faire, <strong>Cold Prey</strong> s&rsquo;impose comme l&rsquo;une des meilleures incursions dans le genre que la Norvège nous ait délivré jusqu&rsquo;à présent.</p>
<p>Fort de son succès au box-office et de sa diffusion à l&rsquo;international, <strong>Cold Prey</strong> a engendré une suite deux ans plus tard, <strong>Cold Prey II</strong>, sortie sur les écrans norvégiens en octobre 2008 et projetée en France au Festival de Gerardmer dans le cadre d&rsquo;une nuit réunissant les deux opus. Bien emballé et divertissant, <strong>Cold Prey II</strong> n&rsquo;atteint pas le niveau du précédent, la réalisation de Mats Stenberg étant loin d&rsquo;égaler celle de Roar Uthaug (producteur et co-scénariste sur le film). On se raccroche tout de même aisément au cauchemar vécu par le personnage interprété par l&rsquo;actrice Ingrid Bolsø Berdal, toujours aussi charismatique.</p>
<h2><strong>Dead Snow<br />
</strong></h2>
<p>Un film de Tommy Wirkola (2009) – Pays : Norvège</p>
<p><em><strong>Délire zombiesque en montagne<br />
</strong></em></p>
<p>S&rsquo;il est un film d&rsquo;horreur nordique indispensable pour le fun, c&rsquo;est bien <strong>Dead Snow</strong>. L&rsquo;histoire débute un peu à la manière de <strong>Cold Prey</strong> puisqu&rsquo;elle met en scène une bande de jeunes venus là encore passer des vacances dans les montagnes enneigées. C&rsquo;est avec un certain enthousiasme que cette bande de joyeux lurons se rend dans la cabane où ils ont été invités par une de leurs amies. Mais à leur grand étonnement, la propriétaire demeure injoignable. C&rsquo;est alors qu&rsquo;un homme mystérieux et un peu malsain leur apprend qu&rsquo;une menace sordide règne sur la forêt depuis qu&rsquo;une unité nazie a disparu cinquante ans plus tôt. Bientôt, les jeunes gens vont se retrouver assiégés par une horde de créatures assoiffées de sang aux costumes ornés de croix gammées…</p>
<figure id="attachment_420" aria-describedby="caption-attachment-420" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-420 size-full" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/dead-snow-01.jpg" alt="Le film norvégien Dead Snow" width="800" height="600" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/dead-snow-01.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/dead-snow-01-300x225.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/dead-snow-01-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-420" class="wp-caption-text">Après tout, nazi rime avec zombie&#8230;</figcaption></figure>
<p>A partir d&rsquo;un pitch insolite, Tommy Wirkola (<strong>Kill Buljo</strong>) signe une comédie débridée, rythmée par des séquences gore absolument hilarantes. Il faut les voir, ces zombies nazis, grognant et courant avec leurs uniformes de la Seconde Guerre Mondiale, écartelant les corps et déchiquetant les boyaux de leurs victimes, non sans un sadisme certain. Pour autant, Tommy Wirkola ne se moque pas du genre puisqu&rsquo;il délivre par-dessus le marché un <em>survival</em> bien huilé, le mélange de massacre et d&rsquo;humour décalé fonctionnant du tonnerre grâce à une mise en scène énergique qui dévoile progressivement ses cartes, pour atteindre une hystérie collective réjouissante dans son climax. Un délire jouissif à ne pas manquer.</p>
<p>J&rsquo;ai découvert ce film au marché du film du Festival de Cannes 2009, en compagnie des acheteurs, et la salle était écroulée de rire.</p>
<h2><strong>Tale of Vampires (Frostbiten)</strong></h2>
<p>Un film d’Anders Banke (2006) – Pays : Suède</p>
<p><em><strong>Vampires, vous avez dit vampires ?</strong></em></p>
<p>Deux ans avant la claque <strong>Morse</strong>, un autre film de vampires suédois voyait le jour : <strong>Frostbiten</strong>, long métrage indépendant signé Anders Banke et acheté dans plus de 45 pays à l’international, dont la France où il est sorti sous le titre contestable <strong>Tale of Vampires</strong>.</p>
<p>Première véritable incursion suédoise dans le genre vampirique, cette comédie noire nous immerge en pleine nuit polaire (un contexte repris un an plus tard par <strong>30 Jours de Nuit</strong>), dans une petite ville située au nord de la Suède, et nous invite à suivre la propagation d’un mystérieux virus ayant pour effet de transformer ses victimes en brutes assoiffées de sang.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-422 size-full" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/frostbiten-01.jpg" alt="Le film Frostbiten (Suède)" width="1024" height="768" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/frostbiten-01.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/frostbiten-01-300x225.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/frostbiten-01-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p>Tout commence par l&#8217;emménagement d&rsquo;une médecin et de sa fille sur les lieux. Tandis que la fille peine à accepter sa nouvelle vie, la mère intègre le service d&rsquo;un célèbre généticien. Seul problème, ce dernier sse livre à des expériences douteuses matérialisées par une pilule qu&rsquo;il a lui-même mise au point. Lorsqu&rsquo;un jeune interne tombe sur une boîte entière de ces comprimés, qu&rsquo;il prend pour de l&rsquo;ecstasy, et les vend à une adolescente sur le point de se rendre à une soirée bien arrosée, la situation dégénère.</p>
<p>Si <strong>Frotsbiten</strong> n’est pas exempt de quelques petits défauts, à commencer par un montage inégal, et si certains effets spéciaux paraîtront un peu kitsch pour un œil habitué aux prouesses hollywoodiennes, le film comporte une pelleté de bonnes idées et quelques moments d’anthologie. Citons notamment un mémorable dîner familial, plus exactement la rencontre entre un jeune homme et ses futurs beaux parents, une séquence dont il n’est pas impossible que Sam Raimi se soit inspiré dans son récent <strong>Jusqu’en Enfer</strong>. Un bain de sang tout à fait recommandable.</p>
<p><strong>Frostbiten</strong> est disponible dans les bacs français sous le titre<strong> Tale of Vampires</strong>.</p>
<h2><strong>Sauna</strong></h2>
<p>Un film d’Antti-Jussi Annila (2008) – Pays : Finlande</p>
<p><em><strong>Plongée en enfer</strong></em></p>
<p>Film d&rsquo;auteur sans concession, <strong>Sauna</strong> n&rsquo;est pas le divertissement idéal pour passer un bon vendredi soir entre copains, mais mérite absolument le coup d&rsquo;œil pour les amateurs d&rsquo;expérience étrange et immersive.</p>
<p>Nous sommes en 1595, alors que la guerre russo-finlandaise vient tout juste de s&rsquo;achever, deux frères finlandais sont intégrés à une commission chargée de dessiner les nouvelles frontières entre les deux pays. En chemin, ils se rendent responsables de la mort d&rsquo;une jeune fille russe. Au cours de leur périple, l&rsquo;un des deux frères se croit poursuivi par le fantôme de la morte. Arrivé dans un petit village perdu au beau milieu d&rsquo;un marais, le groupe décide de faire une halte. Non loin de là se trouve un sauna, bâtiment insolite fiché dans un marais et sujet à des légendes locales. Le groupe tombera-t-il dans le piège du sauna ?</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-427 size-full" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/sauna-01.jpg" alt="Le film finlandais Sauna" width="1000" height="563" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/sauna-01.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/sauna-01-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/sauna-01-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Baigné dans une ambiance totalement malsaine, <strong>Sauna</strong> déroute, dérange, imposant insidieusement son rythme lent mais envoûtant. Au jeu remarquable des acteurs s&rsquo;ajoute une mise en scène d&rsquo;une remarquable précision, servie par un décor source de fantasme et d&rsquo;angoisse. <strong>Sauna</strong> est avant tout un film introspectif, exploitant habilement sa symbolique religieuse pour délivrer une allégorie sur la culpabilité. Les dernières minutes du film sont tout simplement sublimes, vision d&rsquo;horreur prenant littéralement aux tripes pour nous laisser tétanisés sur notre siège. Fascinant.</p>
<h2><strong>Manhunt (Rovdyr)</strong></h2>
<p>Un film de Patrik Syversen (2008) – Pays : Norvège</p>
<p><em><strong>Le survival</strong></em></p>
<p>A l’instar de <strong>Cold Prey</strong>, <strong>Manhunt</strong> confirme que les <em>slashers</em> norvégiens puisent davantage leurs inspirations dans le cinéma américain des années 70 que dans les <em>slashers</em> actuels. En l’occurrence ici, nous avons affaire à un <em>survival</em> en forêt dont l&rsquo;argument &#8211; une chasse à l&rsquo;homme &#8211; est somme toute assez conventionnel, mais dont la réalisation se révèle d&rsquo;une grande efficacité. La mise en place n’est pas sans rappeler celle de <strong>La Dernière Maison sur la Gauche</strong> de Wes Craven, classique auquel le cinéaste Patrik Syversen fait quelques clins d’œil explicites &#8211; il y a pire, comme inspiration.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-430 size-full" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/manhunt-01.jpg" alt="Le film norvégien Manhunt" width="601" height="403" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/manhunt-01.jpg 601w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/manhunt-01-300x201.jpg 300w" sizes="(max-width: 601px) 100vw, 601px" /></p>
<p>A défaut d’être révolutionnaire, cette chasse à l’homme en forêt permet au cinéaste norvégien de démontrer un savoir-faire comparable à celui de son confrère britannique James Watkins, dont le récent <strong>Eden Lake</strong> nous avait bien plu. La nature de la menace mise à part, <strong>Manhunt</strong> se situe d&rsquo;ailleurs dans la même veine et comporte quelques belles montées d&rsquo;adrénaline, agrémentées d&rsquo;explosions de violence viscérales et sadiques, sur le plan physique comme moral.</p>
<p>Ajoutons que, contrairement aux <em>slashers</em> américains qui laissent immédiatement deviner quel personnage sera soit le survivant soit le dernier sur la liste, le scénario de <strong>Manhunt</strong> prend un malin plaisir à brouiller les pistes. On décèlera en outre un propos féministe à peine déguisé dans la manière dont les caractères des victimes se révèlent au grand jour en situation de survie.</p>
<h2><strong>Midsummer</strong></h2>
<p>Un film de Carsten Myllerup (2003) – Pays : Danemark, Suède</p>
<p><strong><em>Promenade en forêt&#8230; avec des fantômes</em><br />
</strong></p>
<p>Les forêts scandinaves sont décidément dangereuses ! Christian, un étudiant de 19 ans, achève ses examens et participe à une fête de fin d&rsquo;année. Mais au beau milieu des festivités, sa sœur se suicide à l&rsquo;étage dans la salle de bain. Très affecté par le geste de sa cadette, Christian est convaincu que cette dernière tentait de lui délivrer un message. Malgré ce contexte tragique, le garçon et sa bande d&rsquo;amis décident de faire tout de même leur traditionnel voyage de fin d&rsquo;année dans une forêt suédoise avant de se quitter pour les vacances. Tout semble se dérouler sans heurt, jusqu&rsquo;à ce que le garçon soit perturbé par d&rsquo;étranges apparitions.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-423 size-full" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/midsummer-01.jpg" alt="Midsummer (Danemark, Suède)" width="800" height="508" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/midsummer-01.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/midsummer-01-300x191.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/midsummer-01-768x488.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></p>
<p>Coproduction entre la Suède et le Danemark, <strong>Midsummer</strong> se destine clairement à un public jeune si l&rsquo;on en juge par la moyenne d&rsquo;âge de son casting. Le film ne repose guère sur les effets d&rsquo;hémoglobine, qui se réduisent à néant, et mise davantage sur son atmosphère, exploitant là encore sans retenue le décor de la forêt comme source d&rsquo;angoisse. Un bon divertissement pour le vendredi soir.</p>
<h2><strong>Room 205 (Kollegiet)</strong></h2>
<p>Un film de Martin Barnewitz (2008) – Pays : Danemark</p>
<p><strong><em>Fantômes urbains</em> </strong></p>
<p>Film indépendant danois signé Martin Barnewitz, <strong>Room 205</strong> (aka <strong>Kollegiet</strong>) puise ses influences du côté de la <em>J-horror</em> (cinéma d&rsquo;horreur japonais) et se présente à l&rsquo;instar de <strong>Dark Water</strong> comme un quasi huis clos plantant son décor dans un immeuble hanté.</p>
<p>Le film s’intéresse à une jeune fille qui s’installe dans un logement étudiant et se retrouve confrontée à l’esprit de groupe sectaire de ses colocataires, dont certains manifestent un goût affirmé pour les humiliations. La situation se complique lorsque le fantôme d’une ancienne locataire assassinée se manifeste par le biais d&rsquo;apparitions inquiétantes. Chose encore plus étrange, le fantôme semble s&rsquo;en prendre à toutes les personnes qui nuisent à l’héroïne.</p>
<figure id="attachment_426" aria-describedby="caption-attachment-426" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-426 size-full" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/room205-01.jpg" alt="Scène de meurtre dans Room 205" width="800" height="520" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/room205-01.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/room205-01-300x195.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/room205-01-768x499.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-426" class="wp-caption-text">Des inspirations du côté de Psychose ?</figcaption></figure>
<p>S&rsquo;appuyant sur un scénario bien écrit, qui dépeint la jeunesse danoise sous un jour peu valorisant, Martin Barnewitz installe avec talent une atmosphère oppressante et envoûtante grâce à un décor bien exploité et une esthétique reposant sur une palette de tons limitée. Ce qui ne signifie pas que <strong>Room 205</strong> ne comporte pas son lot de meurtres sanglants, certaines mises à mort s&rsquo;avérant à ce titre plutôt bien trouvées (mention à la scène de l’ascenseur qui renvoie directement au classique <strong>L&rsquo;Ascenseur</strong> de Dick Maas).</p>
<p>Ce mélange de film d&rsquo;épouvante et de thriller psychologique au dénouement ambigu s’est d’ores et déjà fait une petite réputation à l’international et a bénéficié d’une sortie DVD aux Etats-Unis dans une version doublée. Sam Raimi a déjà prévu d’en faire un remake. Mais l’histoire aura-t-elle la même saveur une fois revisitée à travers le prisme du puritanisme américain ?</p>
<h2><strong>Villmark (Dark Woods)</strong></h2>
<p>Un film de Päl Øie (2003) – Pays : Norvège</p>
<p><em><strong>Le Blair Witch-like ?</strong></em></p>
<p>Le pitch de départ de <strong>Villmark</strong> ne paie pas de mine : pour faire partie d’un <em>reality show</em> dont le thème n’est autre que la survie dans la nature, une équipe de jeunes gens partent dans la forêt à l’écart de toute civilisation pour être testés par leur recruteur. Coupés du monde, interdits de portable et de cigarette, ils ne tardent pas à nourrir quelques angoisses dans ces contrées hostiles, surtout lorsqu’ils découvrent, non loin de leur cabane, un cadavre tapi dans la rivière.</p>
<figure id="attachment_428" aria-describedby="caption-attachment-428" style="width: 750px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-428 size-full" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/villmark-01.jpg" alt="Le film Villmark" width="750" height="500" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/villmark-01.jpg 750w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/villmark-01-300x200.jpg 300w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /><figcaption id="caption-attachment-428" class="wp-caption-text">Quand une émission de téléréalité tourne au cauchemar&#8230;</figcaption></figure>
<p>Si le prétexte de l&rsquo;émission de TV présente quelques similitudes avec <strong>Le Projet Blair Witch</strong>, <strong>Villmark</strong> se détache assez vite de son modèle en s’écartant du cinéma à la première personne et en développant une intrigue reposant sur la folie potentielle de l’un des personnages. Là où Päl Øie emprunte explicitement au film de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez, c’est non seulement en pompant l&rsquo;idée des inscriptions sur les arbres mais aussi en jouant sur le hors champ pour suggérer la menace, réussissant ainsi à créer efficacement la sensation que les personnages sont dominés par leur environnement. Le fin mot de l’histoire s’avèrera un peu décevant et échouera à faire de <strong>Villmark</strong> une expérience mémorable, mais le film n’en possède pas moins quelques bons moments de tension, et c&rsquo;est déjà ça.</p>
<p>Du même réalisateur, <strong>Hidden</strong> (<strong>Skjult</strong>) poursuit l’exploration du genre par Päl Øie, toujours aussi influencé par le cinéma américain. A partir d’un scénario alambiqué reposant sur l’ambiguïté de son personnage principal, <strong>Hidden</strong> témoigne là encore d’un réel effort d’installer une atmosphère mais souffre d’effets de terreur trop classiques pour surprendre l’amateur du genre.</p>
<p><strong>Le mot de la fin<br />
</strong></p>
<p>Qu’il s’agisse de la Norvège, de la Suède, du Danemark ou encore de la Finlande, chaque pays y va de son <em>slasher</em> ou de son <em>survival</em>, de son film de fantômes, de vampires ou encore de zombies, démontrant au passage une belle qualité de production (la mise en scène et la photographie sont en général soignées) et un bon sens du rythme.</p>
<p>On relèvera quelques constantes, telles que l&rsquo;exploitation de superbes décors enneigés bien entendu (<strong>Cold Prey</strong>, <strong>Dead Snow</strong>, <strong>Morse</strong>), mais aussi de la forêt qui apparaît bien souvent comme un personnage à part entière du film (<strong>Manhunt</strong>, <strong>Sauna</strong>, <strong>Villmark</strong>, <strong>Midsummer</strong>), tandis que les films d&rsquo;horreur urbains se font plus rares (<strong>Room 205</strong>).</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-421" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/dead-snow-02.jpg" alt="" width="849" height="549" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/dead-snow-02.jpg 849w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/dead-snow-02-300x194.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/dead-snow-02-768x497.jpg 768w" sizes="(max-width: 849px) 100vw, 849px" /></p>
<p>Si les inspirations américaines sont évidentes, la morale puritaine est évacuée d&rsquo;un revers de main, ce qui apporte un petit coup de frais au genre dans sa manière de représenter la jeunesse et les rapports hommes/femmes. Pour exemple, le sexe se fait plus rare à l&rsquo;écran mais s&rsquo;apparente à un acte naturel et non plus à une expression de la débauche comme c&rsquo;est si souvent le cas dans les <em>slashers</em> hollywoodiens.</p>
<p>Force est cependant d&rsquo;admettre que les sous-genres explorés sont calqués sur le cinéma US, du moins en ce qui concerne les films <em>mainstream</em> (<strong>Morse</strong> et <strong>Sauna</strong> s&rsquo;inscrivent davantage dans le cinéma d&rsquo;auteur). La Norvège demeure certainement le pays qui brasse le plus large public et il est à ce titre intéressant de voir naître une franchise (<strong>Cold Prey</strong>) dans un pays dont le nombre de films produits par an reste encore dérisoire par rapport au cinéma français ou anglais.</p>
<p>Comme on s&rsquo;en doute, plusieurs remakes américains ont vu le jour (nous avons cité celui de <strong>Morse</strong> par Matt Reeves et celui de <strong>Room 205</strong> par Sam Raimi), une affaire qui n&rsquo;est pas nouvelle puisque le thriller <strong>Nightwatch</strong> (1997) avec Ewan McGregor était déjà le remake d&rsquo;un film danois de 1994 par son propre réalisateur Ole Bornedal.</p>
<p>La fuite des talents est d&rsquo;ailleurs l&rsquo;enjeu principal de ce cinéma de genre scandinave. En plus du Suédois Mikael Håfström (<strong>Evil</strong>, <strong>Drowning Ghost</strong>) qui signait <strong>Chambre 1408</strong> avec John Cusack, Tomas Alfredson (<strong>Morse</strong>) s&rsquo;est exporté aux Etats-Unis en 2011 en réalisant <strong>La Taupe</strong>, tandis que Tommy Wirkola (<strong>Dead Snow</strong>) s&rsquo;est légèrement compromis avec <strong>Hansel et Grete</strong>l, avec Gemma Arterton et Jeremy Renner. Comme pour les cinéastes asiatiques, il est parfois préférable de rester chez soi.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<p><em>Article publié sur <a href="http://cinema.jeuxactu.com/dossier-cinema-special-halloween-la-terreur-qui-vient-du-froid-7972.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Filmsactu.com</a> le 31 octobre 2009 et réécrit pour StellarSisters.<br />
</em></p>
<blockquote><p><strong>A LIRE</strong></p>
<p><a href="https://lesecransdelodie.com/the-rain-saison-1-quand-la-pluie-tue/"><strong>The Rain (Netflix) : une série danoise post-apocalyptique à découvrir</strong></a></p></blockquote>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://lesecransdelodie.com/10-films-dhorreur-scandinaves-pour-trembler-de-froid-et-de-peur/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">415</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Jeune, jolie et prostituée : le tiercé gagnant pour les critiques français ?</title>
		<link>https://lesecransdelodie.com/jeune-jolie-et-prostituee-le-tierce-gagnant-pour-les-critiques-francais/</link>
					<comments>https://lesecransdelodie.com/jeune-jolie-et-prostituee-le-tierce-gagnant-pour-les-critiques-francais/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jan 2020 16:30:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma européen]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers Ciné]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lesecransdelodie.com/?p=515</guid>

					<description><![CDATA[Après la projection du film Jeunes et Jolie à Cannes, certains journalistes se sont laissé aller à quelques débordements, associant ouvertement sexualité féminine et prostitution. Coup de gueule. Cet article a été publié le 24 mai 2013 sur Agoravox.fr et a fait polémique. Je me suis pris des insultes et des menaces et je remercie&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Après la projection du film Jeunes et Jolie à Cannes, certains journalistes se sont laissé aller à quelques débordements, associant ouvertement sexualité féminine et prostitution. Coup de gueule.</strong></p>
<p><em>Cet article a été publié le 24 mai 2013 sur Agoravox.fr et a fait polémique. Je me suis pris des insultes et des menaces et je remercie l&rsquo;équipe d&rsquo;Agoravox d&rsquo;avoir modéré en temps réel les messages de leur forum. <a href="https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/jeune-jolie-et-prostituee-le-136305">Voir la publication originale</a>.<br />
</em></p>
<p>Sous des dehors de simple phénomène cannois, <strong>Jeune et Jolie</strong> a une fois de plus libéré la parole sexiste. Désormais célèbres, les propos tenus par le réalisateur François Ozon <a title="Interview de François Ozon par The Hollywood Reporter" href="https://www.hollywoodreporter.com/news/cannes-francois-ozon-says-a-525566" target="_blank" rel="noopener noreferrer">sur la prostitution en tant que fantasme féminin</a> dans une interview du <em>Hollywood Reporter</em> ont été relayés par la presse française et ont suscité leur lot de réactions. Aujourd’hui, on parle de polémique. Mais avant ces débordements, un certain nombre de journalistes cinéma avaient déjà franchi les limites de l&rsquo;acceptable.</p>
<p><strong>Jeune et Jolie</strong>, c’est donc l’histoire d’Isabelle, une jeune fille de 17 ans issue de la bourgeoisie, et qui choisit de se prostituer. Pas vraiment de quoi grimper au rideau – du moins pas pour la gent féminine. Mais après tout, quelque soit le sujet d’un film, si racoleur soit-il, la liberté d’expression artistique est une valeur qui nous est chère à tous.</p>
<p>Il suffisait pourtant de lire certaines critiques presse pour comprendre que quelque chose ne tournait déjà pas rond avant les déclarations de M. Ozon. Trop occupés à s’émouvoir devant le physique de l’actrice Marine Vacth, nos critiques de cinéma auraient-ils perdu leur esprit critique ?</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-524 size-full" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/jeune-et-jolie-francois-ozon-04.jpg" alt="Marina Vacth dans Jeune et Jolie" width="1000" height="561" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/jeune-et-jolie-francois-ozon-04.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/jeune-et-jolie-francois-ozon-04-300x168.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/jeune-et-jolie-francois-ozon-04-768x431.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<h2><strong>Un film paraît-il dérangeant</strong></h2>
<p>Afin de lever toute ambigüité, je précise que je n’ai pas vu le film. Pas encore. Car non, je ne suis pas à Cannes. Le propos de cet article n’est donc pas de juger le film lui-même mais de faire ressortir un certain imaginaire qui se dégage des échos de la presse. [update 2020: j&rsquo;ai finalement vu le film fin 2013 et je campe sur mes positions]</p>
<p>S’il est un mot que l’on a beaucoup lu ces derniers jours à propos de <strong>Jeune et Jolie</strong>, c’est bien le terme <i>dérangeant</i>, souvent doublé de ses variantes que sont <i>perturbant</i> ou <i>choquant</i>. C’est ainsi qu’<b>Evène</b> nous parle de «<i> film mystérieux et dérangeant </i>» et de « <i>dérangeante inspiration</i> », <b>Lacroix.fr</b> de « <i>sujet dérangeant</i> » et <b>Rue89</b> de « <i>parcours initiatique mystérieux et dérangeant</i> ». De son côté, <b>Europe1.fr</b> désigne un film « <i>qui pourrait choquer</i> », cependant que <b>Puretrend.fr</b> n’y va pas avec le dos de la cuiller avec une expression à la mode : « <i>film coup de poing</i> ».</p>
<p>En lisant les premières critiques, je m’attendais donc à des réactions contrastées : déjà un scandale à Cannes ? J’avais tort, du moins jusqu’aux propos navrants de François Ozon face à la journaliste Rhonda Richford de <a href="https://www.hollywoodreporter.com/news/cannes-francois-ozon-says-a-525566" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b>The Hollywood Reporter</b></a>. Auparavant, on ne peut pas dire que <strong>Jeune et Jolie </strong>ait su s’entourer d’un parfum de scandale. Nous avons plutôt eu droit à un discours unique, souvent dithyrambique. Le sujet latent – la prostitution « choisie » chez les jeunes – est passé comme une lettre à la poste.</p>
<p>Or, si l’on s’intéresse au seul sujet de la prostitution chez les jeunes et notamment les étudiants, il faut tout de même remettre les choses en place. Depuis quelques années, plusieurs universités tirent la sonnette d’alarme sur le phénomène certes pas nouveau mais croissant de la prostitution estudiantine. Précarité grandissante, coût de la vie, crise du logement, marché de l’emploi sinistré y compris pour les petits jobs d’appoint ou l’intérim, les causes sont nombreuses. Selon l’UNEF, la précarité concernerait plus de 10% des étudiants, ce qui représente 230 000 jeunes.</p>
<p>A l’Université de Rennes, un sondage révélait récemment que sur 1 500 étudiants ayant répondu, 150 avait déjà songé à la prostitution et 30 l’avaient déjà fait (<a href="https://www.ouest-france.fr/la-prostitution-gagne-les-bancs-de-luniversite-211294" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b>Ouest France</b>, article du 9 avril 2013</a>). A Poitiers, on s’affole également suite au témoignage courageux d’une ancienne étudiante et prostituée. La <a title="Osons en parler - Afep" href="https://www.fage.org/les-assos-etudiantes/federations-fage/federations-annuaire/afep-poitiers.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">campagne « Osons en parler » </a>a d’ailleurs été lancée il y a quelques mois par l’Afep, avec le soutien de la Médecine Préventive Universitaire, de l’Université de Poitiers, de la Mairie de Poitiers ou encore du Crous. « <i>Ils seraient 40 000 étudiants à se prostituer pendant le temps de leurs études, dont une écrasante majorité de jeunes femmes</i> », nous apprenait encore récemment le site de <b>France 3 Poitou-Charentes</b>.</p>
<p>Si un cinéaste demeure libre de son propos, les critiques, eux, se doivent de remettre celui-ci en perspective par rapport à son contexte social. Le relier au phénomène de la prostitution estudiantine eut été une piste de réflexion valable, bien que non-exclusive, afin de juger de sa pertinence. La journaliste et professeure Karin Badt le fait très bien dans sa critique publiée sur le <a href="https://www.huffpost.com/entry/prostitution-as-a-teenage_b_3297896?guccounter=1" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><b>Huffington Post</b> version anglaise</a>. Si l’on en croit cet article, l’enseignante ne serait d’ailleurs pas la seule à avoir émis quelques doutes, au sein de la presse étrangère, quant à la « <i>légèreté</i> » avec laquelle la prostitution est envisagée par le réalisateur François Ozon.</p>
<p>Où sont passés ces questionnements dans la presse française ? Si les émotions suscitées par un film ne se discutent pas, le contenu se doit d’être débattu dès lors qu’il s’attaque à un sujet aussi sensible, dès l’instant où il présente comme un choix une activité aussi destructrice. A quelques exceptions près, les échos de <strong>Jeune et Jolie</strong> démontrent une chose : les enjeux liés aux représentations des femmes et de leur sexualité n’intéressent que mollement les détenteurs de la parole.</p>
<h2><strong>Quelques grammes de poésie dans un monde de machos</strong></h2>
<p>On comprend aisément pourquoi nos journalistes ont pour beaucoup oublié de questionner le propos du film : ils étaient tous hypnotisés par le physique de Marine Vacth (c’est donc encore la faute d’une femme, en fin de compte !). Soulignons à ce titre que les critiques de <strong>Jeune et Jolie</strong> portent les signatures d’une écrasante majorité d’hommes.</p>
<p>Face à cette vacuité idéologique, il faut voir les envolées lyriques de nos chers journalistes devant le physique de l’actrice : de vraies midinettes !</p>
<p>On commence doucement avec <b>LeFigaro.fr </b>qui nous parle de « <i>Marine Vacth, nouvelle déesse d’Ozon</i> ». Sur <b>L’Humanité</b>, on se lèche les babines : « <i>Nous sommes en été et le soleil brûle la peau appétissante de son corps idéalement bronzé</i> ». Toujours dans le registre culinaire et parfumé, <b>Libération</b> nous explique que l’on fait fausse route si l’on prend la belle pour un « bonbon » : « <i>Car si la demoiselle de 23 ans est d’une plastique rare, une bouche perlée et un petit corps de lolita timide, son charme esquive toute niaiserie, lorgne vers le vénéneux, le toxique. Boulette d’opium plus que mignardise</i> ».</p>
<p>Dans le journal <b>Le</b> <b>Monde</b>, édition du vendredi 17 mai, on s’y perd entre l’actrice et le rôle qu’elle interprète : « <i>la jeune fille, beauté fascinante, offerte ici et là sur les mâts-affiches d’une Croisette battue par des rafales de pluie</i> ». Offerte à qui ? Peut-on dire que le physique avantageux de Ryan Gosling nous est « offert » sur l’affiche de <strong>Only God Forgives</strong> ?</p>
<p>De son côté, <b>Slate.fr</b> théorise sur les forces du film, dont la première tiendrait à : « <i>la beauté de Marine Vacth qui joue Isabelle, beauté d’autant plus troublante d’être de manière aussi instable entre adolescente et femme, enfant éperdue et allumeuse, force érotique et être mélancolique ». </i>Oui mais attention, le journaliste tient à lever une ambigüité : il s’agit bien de la beauté, et non du talent, de Marine Vacth. Le véritable talent, lui, appartient à l’artiste génial (et donc forcément homme) qui a su la sublimer : « <i>La jeune actrice est assurément très charmante, mais pour faire percevoir, et faire vivre dans la durée cette complexité, il faut en outre une mise en scène inhabituellement subtile »</i>.</p>
<p>La mise en scène n’est cependant pas du goût de tous. Certains déplorent l’absence de scènes explicites, comme le souligne l’article de <b>LeFigaro.fr</b> consacré aux réactions sur Twitter : « <i>Au-delà du sex-appeal de Marine Vacth ? Certains tweets regrettent un film hermétique et une mise en scène finalement assez chaste. Trop pudique, la caméra Ozon ?</i> ».</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-519" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/05/jeune-et-jolie-francois-ozon-03.jpg" alt="" width="400" height="250" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/05/jeune-et-jolie-francois-ozon-03.jpg 400w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/05/jeune-et-jolie-francois-ozon-03-300x188.jpg 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></p>
<p>Une chose est sûre, à la sortie en 2005 du superbe film <strong>Mysterious Skin</strong> de Gregg Araki, aucun de ces journalistes ne s’était compromis dans de telles envolées poétiques sur la silhouette élancée de Joseph Gordon-Levitt, qui interprétait alors lui aussi un adolescent se prostituant volontairement. Un film qui pour le coup apportait un véritable éclairage sur ce comportement autodestructeur.</p>
<h2><strong>Un film de plus traitant de prostitution « choisie »</strong></h2>
<p><strong>Jeune et Jolie</strong> parle donc d’une adolescente qui se prostitue volontairement. L’année dernière, nous avons déjà eu le sordide <strong>Elles</strong>, de Malgorzata Szumowska. L’histoire d’une journaliste (interprétée par Juliette Binoche) qui enquête sur des étudiantes qui se prostituent. Outre ses scènes de sexe trash, le propos en avait laissé plus d’un(e) perplexe : mais que voulait donc nous dire la réalisatrice ? Le film s’attardait sur deux étudiantes-prostituées – l’une avait besoin d’argent, l’autre non – et laissait notamment planer le mystère sur les motivations du personnage d’Anaïs Démoustier, dont on entrevoyait tout juste un dîner de famille en guise de contexte familial.</p>
<p>Pouvoir de la suggestion, paresse d’écriture ou dilution du sujet dans un trip narcissique personnifié par le protagoniste de la journaliste ? Libre à chacun de juger, même si pour notre part, nous pencherons pour la troisième option – les étudiantes étaient littéralement laissées en plan durant une bonne partie du film.</p>
<p>Justement, dans <strong>Jeune et Jolie</strong>, il s’agit apparemment d’un personnage similaire à celui d’Anaïs Démoustier dans <strong>Elles</strong>. Sauf que non. Car à l’inverse de Szumowska qui tentait maladroitement de saisir quelque chose de la psychologie des étudiantes-prostituées, Ozon, lui, vend son film d’une manière tout autre : «<i>Qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est d&rsquo;avoir 17 ans et de sentir son corps se transformer ?</i>, s’interroge le cinéaste, oubliant au passage que la puberté s’arrête vers 16 ans chez les filles. <i>Dans tous les films français et autres, j’ai l’impression que l’adolescence est idéalisée, sublimée alors que moi je garde un souvenir douloureux de ma propre adolescence</i> ».</p>
<p>M. Ozon pourrait-il avoir l’extrême gentillesse de m’indiquer les films français récents idéalisant l’adolescence ou la jeunesse ? La dernière fois que j’en ai vu un, il s’agissait de deux étudiantes qui se prostituaient et d’une journaliste qui en était tout émoustillée. « <i>L’idée était de faire un portrait d’une jeune fille d’aujourd’hui ancrée dans une certaine réalité mais ne pas donner toutes les réponses, partager le mystère (d’Isabelle) avec les spectateurs </i>».</p>
<p>Élémentaire, mon cher Watson ! <strong>Jeune et Jolie</strong> ne parle pas du tout de prostitution mais de sexualité féminine. A moins que l’idée ne soit d’instrumentaliser un problème de société, celui de la prostitution chez les jeunes, pour livrer une vision très personnelle de l’éveil sexuel chez une jeune fille…</p>
<h2><strong>L’interprétation des critiques de cinéma</strong></h2>
<p>Et si les jeunes prostituées faisaient cela par plaisir et pas du tout par besoin d’argent ? Ce n’est pas du tout ce que nous disent les études réalisées sur le sujet. Ce n’est pas non plus ce que disait récemment Amélie, cette ancienne étudiante de Poitiers qui a courageusement livré son témoignage dans le cadre de la campagne « Osons en parler » (évidemment, l’expression prend à présent un caractère ironique). Pour les personnes confrontées à cette réalité, le pitch de <strong>Jeune et Jolie</strong> ne risque-t-il pas de<b> </b>ressembler aux caprices d’un bourgeois en mal d’inspiration.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-523" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/jeune-et-jolie-cannes2013-05.jpg" alt="Festival de Cannes 2013" width="421" height="551" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/jeune-et-jolie-cannes2013-05.jpg 421w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/jeune-et-jolie-cannes2013-05-229x300.jpg 229w" sizes="(max-width: 421px) 100vw, 421px" /></p>
<p>Mais qu’importent ces témoignages. Pour certains critiques, il ne s’agit surtout pas de porter un regard moralisateur. Ce serait trop « facile ».</p>
<p>Or jusqu’ici, le cinéma français brille surtout pour son incapacité à apporter un quelconque éclairage sur le problème. Sur <b>Slate.fr</b>, on parle de « <i>déjouer les explications prévisibles du comportement de l’héroïne</i> ». Sur <b>Le Monde</b>, on évalue que « <i>Le prix du film tient à la manière dont François Ozon préserve le mystère, et le scandale de son personnage, en prenant garde d&rsquo;évacuer les unes après les autres toutes les pistes, sociales ou psychologiques, qui pourraient expliquer un tel comportement</i> <em>». </em></p>
<p>Sur <b>Rue89</b>, on est parfaitement d’accord et on emploie même des mots savants : « <i>un film qui court-circuite les explications rassurantes (sociologiques comme psychologiques), dynamite les clichés et, « en passant », radiographie l’obsession mercantile de l’époque</i> ».</p>
<p>Il est vrai que la sociologie et la psychologie sont de vraies pertes de temps ! Ici, les résultats du travail d’enquête réalisé par ceux qui se sont vraiment penché sur la question, à savoir la récurrence des cas de violences et d’abus sexuels dans le passé des jeunes gens, sont réduits à l’état de « clichés » tout juste bons à être « dynamités ».</p>
<p>D’autre part, nous sommes ici face à un cas de parfaite intégration de l’une des idées reçues les plus pernicieuses sur la prostitution : les personnes qui vendent leur corps seraient gouvernées par le consumérisme. De quoi balayer d’un revers de main le témoignage de la fameuse Amélie qui disait justement il y a quelques semaines : « <i>La prostitution étudiante, ce n’est pas une petite merdeuse qui s’offre un bel homme de 40 ans, fait son affaire et qui va s’acheter un sac de marque</i> ».</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-525" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/jeune-et-jolie-francois-ozon-06.jpg" alt="" width="1125" height="612" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/jeune-et-jolie-francois-ozon-06.jpg 1125w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/jeune-et-jolie-francois-ozon-06-300x163.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/jeune-et-jolie-francois-ozon-06-1024x557.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/jeune-et-jolie-francois-ozon-06-768x418.jpg 768w" sizes="(max-width: 1125px) 100vw, 1125px" /></p>
<p>Sur <b>Evène.fr</b>, on valide les idées des confrères : « <i>Pourquoi ce passage à l’acte chez cette jeune fille en aucun cas dans le besoin financier et, a priori, en tout point « normale » ?</i> <i>Ozon se garde d’apporter de réconfortantes réponses à la question et suit à la trace son héroïne </i>». De réconfortantes réponses ? Et si le réconfort venait précisément de cette absence de réponse ?</p>
<p>Imaginer que ces jeunes filles font cela non pas par besoin ou par aliénation mais par plaisir n’est-il pas une manière, pour le commun des mortels, de s’arranger avec sa conscience ? Le journaliste d’<b>Evène</b> poursuit : «…<i> adolescente qui jouit (en apparence) de son propre mystère, de son secret essentiel et qui, sans même s’en apercevoir, applique à son échelle la loi libérale de l’offre et de la demande</i> ».</p>
<p>Tout va bien, nous sommes dans le domaine du « mystère féminin », insondable et porteur d’un « secret essentiel ». Il est vrai qu’il est tellement plus simple d’expliquer les fléaux de la société par des notions telles que le « mystère féminin ». On pourrait faire de même avec les adolescents qui se scarifient, à classer dans la catégorie des « mystères de l’adolescence »…</p>
<h2><strong><strong>L&rsquo;identité</strong> féminine en question</strong></h2>
<p>Outre la légèreté avec laquelle est traité le fléau, nous avons eu droit à une belle brochette de considérations mettant sur un même plan la prostitution et la construction de la sexualité voire de l’identité féminine…</p>
<p><strong>Allociné </strong>: « <i>La révélation Martine Vacth incarne une jeune fille qui découvre la sexualité</i> », « <i>Le film dresse le portrait sans fard d&rsquo;une adolescente en émois et en quête de soi. Avec subtilité </i>».</p>
<p><strong>Rue89</strong> : « <i>Un parcours initiatique mystérieux et dérangeant, celui d’une fille de son temps</i> ».</p>
<p><strong>Métrofrance</strong> : « <i>Quand le regard se charge de désir, l&rsquo;ado se transforme en femme, avec toutes les ambiguïtés liées à ce passage délicat entre les deux</i> ».</p>
<p><strong>L’Humanité</strong> : titre de l’article : « <i>Quand la chrysalide devint papillon</i> ». « <i>Avec Jeune et jolie, François Ozon dresse le portrait d’une adolescente d’aujourd’hui à la découverte de sa sexualité</i> ».</p>
<p><strong>Evène</strong> : « … <i>l’aventure d’une fille qui, au-delà du bien et du mal, éprouve son pouvoir (sur les hommes, ses parents, ceux de son âge) et accomplit un parcours initiatique qui ne l’entrainera pas nécessairement à mieux se connaître</i> ».</p>
<p><strong>L’Express</strong> : « <i>Ici, c&rsquo;est Isabelle, une jeune fille sans histoire qui, l&rsquo;année de ses 17 ans, commence à se prostituer. Ne comptez pas sur Ozon pour en faire une victime ou vous livrer clés en main les motivations précises de la conduite de la jeune fille. (…) son film quitte rapidement ce terrain pour s&rsquo;en tenir au portrait passionnant d&rsquo;une jeune fille d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.</i> »</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-526" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/jeune-et-jolie-imgune.jpg" alt="Jeune, jolie et prostituée : le tiercé gagnant des critiques français ?" width="1260" height="712" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/jeune-et-jolie-imgune.jpg 1260w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/jeune-et-jolie-imgune-300x170.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/jeune-et-jolie-imgune-1024x579.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/01/jeune-et-jolie-imgune-768x434.jpg 768w" sizes="(max-width: 1260px) 100vw, 1260px" /></p>
<p>On distingue plusieurs idées maîtresses dans ces extraits, des idées tristement banales dans le cinéma français comme dans les médias. Des idées jetées en pâture au grand public, au contraire du film qui, pour le moment, ne demeure visible que pour une élite :</p>
<p>&#8211; <strong>Une banalité</strong>. Le film met en scène une jeune fille qui se prostitue. Soit. Il s’agit d’un personnage identifié. Pourtant, à lire certaines critiques, il faut y voir un portrait générationnel de l’adolescence d’aujourd’hui (et plus particulièrement des filles, cela va sans dire). C’est le reflet de notre époque, point barre.</p>
<p>&#8211; <strong>Un parcours initiatique</strong>. Le terme aurait-il été employé si le personnage avait été masculin ? Nous n’en sommes pas convaincus. <b>Rue89</b> et <b>Evène</b> font plus que banaliser la prostitution : celle-ci devient pour la jeune fille un moyen de se définir, de devenir adulte.</p>
<p>&#8211; <strong>Un épanouissement au féminin ?</strong> C’est ce que suggère<b> L’Humanité</b> avec sa chrysalide qui devient papillon ( !). On s’interroge sur ce que veut dire<b> Métrofrance</b> à propos des « ambigüités » liées au passage entre l’ado et la femme : la prostitution procéderait-elle d’une mécanique intrinsèquement connectée au développement de l’identité féminine ? Sans rire,<b> Evène</b> y voit presque une marque de « pouvoir » de la femme sur l’homme.</p>
<p>Vous l’aurez deviné, au vu des premières critiques françaises, il n’y avait pas vraiment de quoi parler de polémique puisqu’une grande majorité de critiques abondait dans le sens de M. Ozon. <strong>Jeune et Jolie</strong>, un classique instantané sur l’adolescence ? Tempérons tout de même un peu les choses : quelques rebelles émettaient déjà des doutes, tels que le journaliste de <b>RFI</b>, qui déplorait justement le manque de sérieux dans le traitement d’un sujet aussi tragique : « Ozon <i>ose à mettre des images jolies sur une réalité crue</i> », « <i>L’histoire est grave, le ton reste léger</i> ».</p>
<p>Il fallait se tourner vers des sites féministes, tels que <b>Tess Magazine</b>, pour trouver une approche idéologique : « <i>Ozon essentialise une problématique qui mériterait un regard neuf</i> ». Ici, on a bien compris les dangers d’un tel sujet dépourvu de véritable traitement, et de son amalgame avec la sexualité des filles.</p>
<h2><strong>Un parfum de scandale… enfin !</strong></h2>
<p>Ce que la presse française n’avait pas prévu, c’est que le cinéaste déraperait dans la presse étrangère. François Ozon voulait-il absolument son scandale cannois ? Nul ne le sait. Mais c’est ce que suggèrent ces propos balancés à la figure de la journaliste du <a href="https://www.hollywoodreporter.com/news/cannes-francois-ozon-says-a-525566" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Hollywood reporter</a> : « <i>Je pense que les femmes peuvent vraiment se reconnaître dans cette jeune fille parce que se prostituer est un fantasme chez beaucoup de femmes. Cela ne veut pas dire qu’elles le feront, mais le fait est qu’être payée pour coucher est quelque chose d’évident dans la sexualité féminine</i> ». Incrédule, la journaliste lui tend une perche pour se rattraper.</p>
<p>Mais Ozon persiste : « <i>C’est la réalité</i>. <em>Il suffit de parler avec plusieurs femmes, ou avec des psys, tout le monde sait ça. Bon, peut-être pas les Américains </em>». Et si vous doutiez encore, Mesdames, de l’impensable confusion du réalisateur entre vos éventuels fantasmes de dominées et la situation de soumission perverse induite par la prostitution, M.<i> </i>Ozon vous explique que c’est exactement pareil : « <i>Je pense que </i><i>vouloir être un objet sexuel, être désiré, être utilisé, est quelque chose de très courant. C&rsquo;est le genre de passivité que les femmes recherchent ». </i></p>
<p>Si les critiques cannois, dont le planning est très certainement chargé, sont déjà passés à autre chose, un vent de révolte commence à se faire ressentir sur le Web français. Outre les tweets incendiaires de Laurence Rossignol, porte-parole du PS, et des Fémen, la parole se diversifie un peu dans la presse française.</p>
<p>Une journaliste de <b>Pure Ciné</b> réagit même assez vivement : « <i>Il aurait pu s&rsquo;agir d&rsquo;une forme de maladresse, mais c&rsquo;est finalement quand Ozon explique son propos qu&rsquo;il prouve combien il a les idées courtes </i>». Ozon dont elle déplore un peu plus loin le « <i>manque de subtilité</i> ».</p>
<p>Ces réactions contredisent légèrement les propos des critiques précédents, qui vantaient justement l’extrême « subtilité » de <strong>Jeune et Jolie</strong>… Il faudra découvrir le film pour déterminer s’il est plus fin que son auteur.</p>
<h2><strong>Et la liberté sexuelle des femmes ? </strong></h2>
<p>On entend d’ici les voix s’élever, accusant les personnes qui réagissent de « puritaines ». Car si les pouvoirs publics parlent aujourd’hui d’abolir la prostitution – ce qui au passage représente un assouplissement par rapport à la politique de prohibition en vigueur précédemment –, les mythes sur la prostitution comme signe de liberté sexuelle ont la vie dure.</p>
<p>Mais qui sont les puritains, dans cette histoire ?</p>
<p>S’il est une chose qui dérange visiblement, dans le monde d’aujourd’hui, c’est bel et bien l’idée d’une sexualité féminine débridée, libérée de toute contrainte. Tant que l’adolescente, la jeune fille ou la femme qui enchaîne les amants est estampillée « prostituée », tout va bien. Certains se découvrent alors des velléités de défenseurs du droit des femmes à disposer de leur corps.</p>
<p>Au contraire, si une femme enchaîne les amants pour son seul plaisir, sans transaction d’aucune nature, on prend peur. Nous le savons dès le lycée, où les premières à tenter l’expérience sont des « putes » aux yeux de leurs camarades. Nous l’avons tous déjà entendu dans le monde du travail, où telle collègue, secrétaire, graphiste, commerciale ou directrice, affichant un tableau de chasse un peu trop fourni devient elle aussi une « pute », au contraire de son homologue masculin qui est un « tombeur ».</p>
<p>C’est peut-être ça, le puritanisme. Cette incapacité à envisager la liberté sexuelle des femmes, cette déformation du concept même de liberté.</p>
<p>Aussi, le jour où le cinéma français sera capable de dresser le portrait d’une jeune fille qui prend goût au sexe pour le sexe, nous pourrons nous détendre face à la complaisance des critiques sur ce <strong>Jeune et Jolie</strong>.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<p><a href="https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/jeune-jolie-et-prostituee-le-136305">Article publié le 24 mai 2013 sur le site Agoravox.fr.</a></p>
<blockquote><p><strong>SUR LE FEMINISME</strong></p>
<p><a href="https://lesecransdelodie.com/femmes-et-blockbusters-i-quarante-ans-apres-ripley-ou-en-est-on/"><strong>Femmes et blockbusters I : quarante ans après Ripley, où en est-on?</strong></a></p>
<p><strong><a href="https://lesecransdelodie.com/femmes-et-blockbusters-ii-de-gravity-a-hunger-grames-le-blockbuster-de-demain-sera-feminin/">Femmes et blockbusters II : de Gravity à Hunger Games, le blockbuster de demain sera féminin</a></strong></p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-518" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/05/jeune-et-jolie-francois-ozon-02.jpg" alt="" width="1023" height="1391" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/05/jeune-et-jolie-francois-ozon-02.jpg 1023w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/05/jeune-et-jolie-francois-ozon-02-221x300.jpg 221w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/05/jeune-et-jolie-francois-ozon-02-753x1024.jpg 753w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/05/jeune-et-jolie-francois-ozon-02-768x1044.jpg 768w" sizes="(max-width: 1023px) 100vw, 1023px" /></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://lesecransdelodie.com/jeune-jolie-et-prostituee-le-tierce-gagnant-pour-les-critiques-francais/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">515</post-id>	</item>
		<item>
		<title>La Belle et la Bête, de Christophe Gans : la version « moderne » du conte de fées ?</title>
		<link>https://lesecransdelodie.com/la-belle-et-la-bete-de-christophe-gans-la-version-moderne-du-conte-de-fees/</link>
					<comments>https://lesecransdelodie.com/la-belle-et-la-bete-de-christophe-gans-la-version-moderne-du-conte-de-fees/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Dec 2019 13:08:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma européen]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques Ciné]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lesecransdelodie.com/?p=402</guid>

					<description><![CDATA[Le réalisateur de Silent Hill revisite le célèbre conte de La Belle et la Belle avec une superproduction formellement élégante, mais machiste sur le fond. À l’heure où la plupart de nos productions sont calibrées pour la télévision, on ne peut que se réjouir du succès commercial de La Belle et la Bête, dernier film&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-403" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-01.jpg" alt="" width="1000" height="625" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-01.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-01-300x188.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-01-768x480.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p><strong>Le réalisateur de Silent Hill revisite le célèbre conte de La Belle et la Belle avec une superproduction formellement élégante, mais machiste sur le fond.</strong></p>
<p>À l’heure où la plupart de nos productions sont calibrées pour la télévision, on ne peut que se réjouir du succès commercial de <strong>La Belle et la Bête</strong>, dernier film en date de Christophe Gans, soit l’un des seuls réalisateurs français actuels à avoir à cœur de nous offrir du grand spectacle. Si le marché français ne suffit pas à en faire une opération rentable, il a tout de même attiré près de 2 millions de spectateurs dans les salles obscures de l&rsquo;hexagone et s&rsquo;est vendu dans de nombreux pays.</p>
<p>Pourtant, malgré toute la bonne volonté du monde, je n’ai pas été convaincue par le film. Ayant toujours apprécié le cinéma de Christophe Gans – l’esthétique manga de <strong>Crying Freeman</strong>, les mystères du <strong>Pacte des Loups</strong>, l’atmosphère oppressante de <strong>Silent Hill</strong>… – j’aurais voulu vous dire que sa version de <strong>La Belle et la Bête</strong> apportait un coup de neuf à la légende. Or c’est exactement le contraire qui s’est produit…</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-408" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-06.jpg" alt="" width="1000" height="528" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-06.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-06-300x158.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-06-768x406.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<h2>Production de luxe made in France</h2>
<p>De courage et d’ambition, l’entreprise de Christophe Gans ne manque pas. Il fallait du courage pour monter un film comme <strong>La Belle et la Bête</strong> en France, où tout ce qui a trait à l’imaginaire est bien souvent mésestimé, voire dénigré, et où le romantisme n’a plus droit de cité. Il en fallait aussi pour s’attaquer à ce conte classique et se frotter ainsi aux précédentes adaptations filmiques, à commencer par le chef-d’œuvre de Jean Cocteau, encore vivace dans les esprits ; depuis, malgré les multiples versions au cinéma comme à la télévision, seul le film d&rsquo;animation des studios Disney a véritablement réussi à apposer sa marque.</p>
<p>Enfin, le projet nécessite de l’ambition pour des raisons évidentes : 35 millions d’euros de budget, un casting vendeur, un travail minutieux sur la direction artistique…</p>
<p>Commençons par les qualités de cette production de luxe, car il y en a bel et bien et elles apparaissent au premier coup d’œil.</p>
<h2>Maquillage bestial et robes de princesse</h2>
<p>Avec ses décors chiadés fourmillant de détails, <strong>La Belle et la Bête</strong> utilise en abondance les effets digitaux puisque le film est presque intégralement tourné devant un écran vert. Pourtant, à l’exception de quelques plans d’ensemble, l’image ne souffre pas de l’effet désincarné que l’on peut déplorer dans pas mal de blockbusters hollywoodiens actuels. Et si l’on eut aimé que la Bête soit recréée au moyen d’un maquillage artisanal, le design s’avère suffisamment fin pour que la créature prenne vie à l’écran.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-405" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-03.jpg" alt="" width="800" height="1014" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-03.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-03-237x300.jpg 237w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-03-768x973.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></p>
<p>Il nous faut également saluer le travail splendide sur les costumes, en particulier sur les toilettes de Belle… Je l’avoue, ses robes de princesse ont ravivé mes fantasmes de petite fille !  S’appuyant sur quelques éléments qui rappellent de loin le film de Cocteau (manches bouffantes, décolletés plongeants), le style du personnage est revisité avec élégance et se pare de couleurs flamboyantes, de textures délicates et d’accessoires somptueux. Certaines toilettes s’avèrent délicieusement tape-à-l’œil (la robe et la coiffe rouge vif), apportant la petite touche d’extravagance qui fait par ailleurs un peu défaut dans les partis pris visuels du film.</p>
<p><strong>La Belle et la Bête</strong> est ainsi l&rsquo;occasion de souligner un atout du cinéma de M. Gans : si ses films se veulent accessibles au plus grand nombre, ils n’en demeurent pas moins soutenus par un vrai travail de recherche artistique. Ainsi, là où les films d&rsquo;un Luc Besson utilisent le langage cinématographique de manière purement fonctionnelle, <strong>La Belle et la Bête</strong> voit son esthétique visuelle et sonore mise au service de l&rsquo;évolution du personnage principal.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-406" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-04.jpg" alt="" width="1000" height="527" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-04.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-04-300x158.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-04-768x405.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>La connexion étroite qui s’établit entre Belle et la nature foisonnante qui l’entoure vient d’ailleurs appuyer un propos écologique qui n’est pas sans rappeler l’œuvre de Miyazaki &#8211; certaines séquences oniriques évoquent <strong>Princesse Mononoke</strong>. Pourquoi pas.</p>
<p>Sur le plan formel, les films de Gans ont toujours du style &#8211; ce qui manque cruellement aux productions françaises &#8211; et La Belle et la Bête en est une démonstration éclatante. C&rsquo;est sur le fond que le film dérange. Au banc des accusés, une écriture insuffisante, un casting qu’il faudrait revoir de fond en comble et un propos fumeux sur la sexualité féminine.</p>
<h2>La romance réduite au minimum syndical</h2>
<p>Le premier problème du film vient de la difficulté à définir sa cible. Gans affiche une intention louable de s’adresser aux enfants en agrémentant l’univers du château de créatures toutes mignonnes (les beagles mutants qui hantent le palais), et de proposer parallèlement une autre lecture pour les adultes, à travers les nombreux symboles sexuels (même s&rsquo;ils ne sont pas toujours très subtils). Soit. Mais pour que cela fonctionne, il était vital de mener en amont un travail approfondi sur les personnages. Or ce travail est exactement ce qui manque dans <strong>La Belle et la Bête</strong>.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-410" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-08.jpg" alt="" width="1000" height="528" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-08.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-08-300x158.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-08-768x406.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Rappelons-le, <strong>La Belle et la Bête</strong> est une histoire d’amour. Si Christophe Gans entend y ajouter un propos écologique ou sur la crise économique, grand bien lui en fasse. Du moment que le public retrouve ce qu&rsquo;il est venu chercher : de l&rsquo;amour, du sentiment. Ce qui veut dire que les personnages devraient en partie se révéler à travers la romance, qui constitue le fil rouge de l&rsquo;histoire. Or la romance à proprement parler se réduit au minimum syndical, faute d’un nombre suffisant de scènes entre la Belle et la Bête.</p>
<p>Si l&rsquo;on sent la lutte de pouvoir qui se joue entre les deux protagonistes, on ne perçoit pas vraiment la naissance de l’amour chez la jeune captive, dont le film adopte pourtant le point de vue avec l&rsquo;intention évidente de raconter son éveil sexuel et amoureux. Les sentiments de Belle semblent se réduire à la culpabilité qu’elle ressent lorsqu’elle se trouve loin de lui – et ça, ce n’est pas de l’amour mais de l’emprise psychologique. On est loin de la poésie et des envolées lyriques du film de Disney.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-404" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-02.jpg" alt="" width="1000" height="527" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-02.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-02-300x158.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-02-768x405.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Le désir, quant à lui, n&rsquo;est figuré que dans la scène de danse (plutôt réussie). Ou presque. Le contact physique brutal qui survient sur la glace, alors que Belle tente de s&rsquo;échapper du château, est une allusion sexuelle évidente. Et une allusion un peu limite, si l&rsquo;on envisage la scène du point de vue féminin, comme si l&rsquo;éveil sexuel d&rsquo;une jeune fille ne pouvait passer que par la violence masculine.</p>
<p>Dès lors qu&rsquo;il s&rsquo;agit de filmer son acteur principal, Gans n&rsquo;assume pas le point de vue féminin qu&rsquo;il a décidé d&rsquo;adopter. Ainsi, même lorsque Belle découvre le passé du prince dans le miroir, et que celui-ci apparait sous son visage humain (c&rsquo;est-à-dire sous les traits de Vincent Cassel) à travers les yeux de la nymphe des bois, le réalisateur ne fait rien, mais alors strictement rien, pour sublimer son physique si particulier. Pourtant, ces rêveries ne sont pas dénuées de voyeurisme et il y avait donc matière, même en restant très pudique, à érotiser davantage le regard féminin. Pour cette fois-ci, Christophe Gans rate en beauté son rendez-vous avec le <i>female gaze</i>*.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-407" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-05.jpg" alt="" width="1000" height="527" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-05.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-05-300x158.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-05-768x405.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<h2>Les bouffons du film en vedette</h2>
<p><strong>La Belle et la Bête</strong> aurait non seulement gagné à soigner davantage sa romance mais aussi à consacrer un peu moins de temps de pellicule aux bouffons qui font office de méchants&#8230; Un défaut qui a tout à voir avec la carence d&rsquo;écriture développée précédemment : axé sur l&rsquo;action au détriment de l&rsquo;émotion, le climax fait passer les deux protagonistes principaux au second plan, donnant presque l&rsquo;impression que les vedettes du film sont en réalité les méchants.</p>
<p>Dans une histoire d&rsquo;amour, négliger le point de vue du couple romantique dans le final est une erreur fatale ! Pas étonnant que l&rsquo;aveu final de Belle (« <em>Mais je vous aime déjà !</em>« ) arrive comme un cheveu sur la soupe à la fin de la scène, alors qu&rsquo;il aurait dû être la conclusion d&rsquo;une montée en puissance de l&rsquo;émotion&#8230;</p>
<p>Si encore les seconds rôles étaient charismatiques, on aurait presque pu pardonner une telle erreur, mais c&rsquo;est loin d&rsquo;être le cas. À ce propos, un dépoussiérage du traitement de ces personnages n’aurait pas été un luxe, surtout s&rsquo;ils sont censés être porteurs d&rsquo;une réflexion sur la lutte des classes et la crise économique.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-413" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-10.jpg" alt="" width="700" height="892" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-10.jpg 700w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-10-235x300.jpg 235w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /></p>
<p>N’importe quel méchant de dessin animé japonais aurait fait mieux que le <em>bad guy</em> de cette version de <strong>La Belle et la Bête</strong>, le mauvais bougre qui a chipé sa cicatrice à Albator et qui répond au doux nom de Perducas (rien à voir avec le Père Ducras, même si le film des Inconnus est sorti le même jour). Son interprète, Edouardo Noriega, acteur espagnol pourtant recommandable, semble se livrer à un concours de la prestation la plus pitoyable avec sa partenaire (Myriam Charleins), la chamane qui regarde dans le vague continuellement.</p>
<p>Mention spéciale à leur échange dialogué au bord du gouffre, qui remporte la palme du comique involontaire.</p>
<p>Pour le titre du duo le plus ridicule, ils trouvent des adversaires de taille avec Audrey Lamy et Sara Giraudeau, qui campent les deux sœurs stupides et mauvaises de Belle. Au passage, après des décennies de féminisme, on s’attendait quand même à une modernisation du regard sur ce type de personnage, dont le comportement illustre la soumission à l’ordre patriarcal. Et dire qu’une femme (l’auteure Sandra Vo-Ahn) cosigne le scénario !</p>
<p>L&rsquo;échec de la romance et l&rsquo;attention inutile portée à ces seconds rôles donne l&rsquo;impression d&rsquo;un film mal défini, qui peine à choisir entre une pelleté de thématiques amorcées mais dont aucune n&rsquo;aboutit à quelque chose de concluant.</p>
<h2>La romance improbable de Léa Seydoux et Vincent Cassel</h2>
<p>Mais ce qui plombe le plus <strong>La Belle et la Bête</strong>, c’est le couple vedette du film. D’abord parce que Léa Seydoux ne fait pas une Belle très convaincante : il lui manque ce soupçon d’innocence dans le regard, ce résidu d’enfance propre aux héroïnes de conte, et qui, dans l’histoire, doit se heurter à la découverte du masculin d’une part, et de sa propre sensualité d’autre part. Il faut dire qu&rsquo;elle est un peu âgée pour jouer les jeunes filles ignorant les choses de la vie.</p>
<p>Les compétences de l’actrice ne sont même pas en cause : il s’agit juste d’une erreur de casting, une vraie, dans les grandes largeurs. D’ailleurs, il eut été plus judicieux de nous faire découvrir une nouvelle tête, plutôt que de se reposer sur la notoriété d’une actrice en vogue. Pour Léa Seydoux, le pari s’avère cependant gagnant : grâce à <strong>La Belle et la Bête</strong>, elle se positionne enfin sur le terrain du blockbuster grand public, un territoire qu’elle peinait justement à conquérir.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-411" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-09.jpg" alt="" width="1000" height="528" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-09.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-09-300x158.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-09-768x406.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Abordons à présent le cas Vincent Cassel… Mettre Vincent Cassel dans un tel rôle, c’est un peu comme mettre Gérard Depardieu en personnage historique : tellement attendu que cela en devient un énorme cliché. D’autant qu’on a connu l’acteur plus inspiré : il se contente de jouer la carte du contraste à outrance entre les deux facettes du personnage, et si sa voix fait habituellement partie de ses atouts de séduction, elle s’avère étrangement sans saveur pour la Bête. Sous forme humaine, Cassel se montre cabotin et sans finesse en jeune premier arrogant.</p>
<p>Jeune premier, avons-nous dit ? Nous en venons à un autre souci majeur du film : l’âge du prince et sa différence d’âge avec sa dulcinée… Léa Seydoux est déjà trop âgée pour jouer les jeunes filles en fleurs, mais avec Vincent Cassel, on touche le fond.</p>
<p>Entendons-nous bien : le même acteur était très sexy, il n’y a pas si longtemps, face à Natalie Portman dans <strong>Black Swan</strong>. Leur relation était sulfureuse, leurs corps-à-corps dans la salle de danse troublants. Le film œuvrait dans un registre plus mature et l’on comprenait très bien l’emprise qu’il avait sur elle.</p>
<p>Dans <strong>La Belle et la Bête</strong>, le même acteur se ridiculise à se prendre pour ce qu’il n’est plus : un jeune premier. Il y a quinze ou vingt ans, Vincent Cassel aurait fait un superbe prince de conte de fées, superbe car singulier, aux antipodes des princes à la sauce Disney. Mais aujourd’hui, il n’a plus l’âge de jouer à ça ! <i>Too old for this shit</i>, dirait Murtaugh dans <strong>L&rsquo;Arme Fatale 4</strong>. Au fait, à presque cinquante balais, le prince ne devrait-il pas être devenu roi ?</p>
<h2>Le fond machiste du film</h2>
<p>Et non et encore non, vingt ans d’écart dans un couple de conte de fées, ce n’est ni glamour ni sensuel. C’est au mieux suranné, vieux jeu. Au pire un déni total des fantasmes des jeunes filles.</p>
<p>Doit-on rappeler que <strong><em>La Belle et la Bête</em></strong> est un conte de fées ? Un conte dont l’histoire d’amour emprunte certes des chemins non conventionnels et peut donner lieu à plusieurs lectures. Mais un conte qui s’achève par un dénouement limpide, une récompense pour l’héroïne qui a su voir au-delà des apparences : le monstre se transforme en prince charmant. Et comme nous l&rsquo;avons vu, Cassel n&rsquo;a plus l&rsquo;âge de jouer les princes charmants.</p>
<p>Quoiqu’on en dise, ces histoires de princes et de princesses sont au départ destinées aux jeunes filles. Ce n&rsquo;est certes pas moi qui vais critiquer l&rsquo;intention d&rsquo;universaliser le propos en s&rsquo;adressant à un public mixte et de tout âge. Mais il ne faut pas perdre de vue les attentes du cœur de cible. Que dis-je, il faut respecter ce cœur de cible. Et éviter de tomber dans le piège de l&rsquo;appropriation des codes féminins par les fantasmes masculins.</p>
<p>Un tel couple plaira indubitablement aux hommes d&rsquo;âge mûr qui rêvent de retrouver leur jeunesse. Mais les jeunes filles, elles, ne s&rsquo;y retrouveront pas. En tant que trentenaire, j&rsquo;ai trouvé bien triste de voir, à la fin du film, une jeune fille en fleurs finir avec un homme qui a l&rsquo;âge d&rsquo;être son père sans avoir connu l&rsquo;amour avec un jeune.</p>
<p>L’idée est d’autant plus navrante qu’elle montre que les créateurs du film n&rsquo;ont pas vraiment compris le conte qu&rsquo;ils ont tenté d&rsquo;adapter. La conclusion donne l’impression que Belle quitte une figure paternelle pour en trouver une autre, qu’elle fait tout ce chemin intérieur pour finalement revenir à son point de départ, sans jamais réussir à résoudre son complexe d’Électre (équivalent, ou presque, du complexe d’Œdipe pour les filles).</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-409" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-07.jpg" alt="" width="1000" height="666" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-07.jpg 1000w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-07-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2020/04/belle-et-la-bete-gans-07-768x511.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p>Bon, et si l&rsquo;on y réfléchit, le parti pris de faire du glamour destiné aux personnes d&rsquo;âge mûr est-il vraiment cohérent avec la présence de bestioles pour les petits ?</p>
<p>Si cette faute de goût est aussi irritante, c&rsquo;est aussi parce qu&rsquo;elle est symptomatique d’une forte tendance dans le cinéma français actuel, où il est devenu rarissime de trouver un couple situé dans la même tranche d&rsquo;âge.</p>
<p>Bien entendu, toutes les modalités de couples sont envisageables au cinéma, comme dans la réalité, et il ne s’agit pas de stigmatiser les personnes qui tombent amoureuses d’une autre nettement plus âgée ou plus jeune qu&rsquo;elles. Mais il ne faut pas se voiler la face : cette situation ne représente pas la majorité des couples. Or dans le cinéma français d’aujourd’hui, c’est devenu la norme – uniquement quand l’homme est plus âgé, il va sans dire. En témoignait, il n&rsquo;y a pas si longtemps, le récent remake d’<strong>Angélique</strong> par Ariel Zeitoun, où Gérard Lanvin jouait les jeunes premiers de 63 ans face à une partenaire de 24 ans…</p>
<p>De qui se moque-t-on ? Jusqu’où iront les cinéastes d’aujourd’hui pour travestir les rêves des jeunes filles ? (oui, Angélique était l’une de mes héroïnes quand j’étais gamine).</p>
<p>Si tous les goûts sont légitimes, la négation des évolutions de la société que sont l&rsquo;émancipation des femmes et la libération sexuelle des femmes n&rsquo;est pas acceptables. Ces évolutions, le cinéma français semble avoir énormément de mal à les accepter, engoncé qu&rsquo;il est dans le passéisme dès lors qu’il s‘agit des relations hommes/femmes. Au passage, ce triste constat montre à quel point notre cinéma est dominé par le point de vue masculin.</p>
<p>Alors non, le couple Cassel-Seydoux n’est pas sexy dans un conte de fées. Il est ringard et androcentrique.<br />
Et le rêve dans tout ça ? Il s’est perdu en route.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<p>*J&#8217;emploie le terme <em>female gaze</em> en référence au <em>male gaze</em> théorisé par la critique britannique Laura Mulvey dans son ouvrage <strong>Visual Pleasure and Narrative Cinema</strong> (1975). Voir sur le dossiers <a href="https://www.stellarsisters.com/monde/femmes-et-blockbusters-1-35-ans-apres-ripley-ou-en-est-on/" rel="noopener"><strong>Femmes et Blockbusters : 35 ans après Ripley, où en est-on ?</strong></a> publié sur StellarSisters.com.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://lesecransdelodie.com/la-belle-et-la-bete-de-christophe-gans-la-version-moderne-du-conte-de-fees/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">402</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Morse, de Tomas Alfredson : vampires suédois</title>
		<link>https://lesecransdelodie.com/morse-de-tomas-alfredson-vampires-suedois/</link>
					<comments>https://lesecransdelodie.com/morse-de-tomas-alfredson-vampires-suedois/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Sep 2019 13:28:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma européen]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques Ciné]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lesecransdelodie.com/?p=202</guid>

					<description><![CDATA[Véritable claque cinématographique venue de Suède, Morse (Let The Right One In) réussit un pari audacieux, celui d&#8217;utiliser le mythe très codifié des vampires pour se pencher avec réalisme sur la transition douloureuse entre l&#8217;enfance et l&#8217;adolescence. Revisitant un genre populaire sans pour autant le détourner, le cinéaste Tomas Alfredson adopte un style de mise&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-203" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/lettherightonein_01.jpg" alt="" width="2417" height="1618" /></p>
<p><strong>Véritable claque cinématographique venue de Suède, Morse (Let The Right One In) réussit un pari audacieux, celui d&rsquo;utiliser le mythe très codifié des vampires pour se pencher avec réalisme sur la transition douloureuse entre l&rsquo;enfance et l&rsquo;adolescence.</strong></p>
<p>Revisitant un genre populaire sans pour autant le détourner, le cinéaste Tomas Alfredson adopte un style de mise en scène d&rsquo;une sobriété qui n&rsquo;a d&rsquo;égale que sa précision et son pouvoir de suggestion, tant pour saisir les sentiments de ses personnages que pour traduire la sauvagerie des meurtres sanglants. Baigné dans un univers où règnent une obscurité froide et une véritable misère affective, <strong>Morse</strong> raconte une histoire d&rsquo;amour d&rsquo;une tendresse et d&rsquo;une innocence rares, distillant avec délicatesse une émotion qui s&rsquo;insinue durablement en vous. Un film d&rsquo;une singularité, d&rsquo;une force et d&rsquo;une poésie telles qu&rsquo;il risque bien de faire une petite révolution.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-206" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/lettherightonein_04.jpg" alt="" width="1590" height="1058" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/lettherightonein_04.jpg 1590w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/lettherightonein_04-300x200.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/lettherightonein_04-768x511.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/lettherightonein_04-1024x681.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/lettherightonein_04-1140x759.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1590px) 100vw, 1590px" /></p>
<p>A l&rsquo;origine de <strong>Morse</strong>, il y a le roman <em><strong>Let The Right One In</strong></em>, best seller de John Ajvide Lindqvist qui signe aussi le scénario du long métrage. L&rsquo;auteur avait déjà reçu de nombreuses propositions d&rsquo;adaptation en provenance des quatre coins du monde, à commencer par les pays scandinaves mais aussi les Etats-Unis. C&rsquo;est finalement Tomas Alfredson, cinéaste suédois avant tout connu localement pour ses réalisations télévisuelles, qui met la main sur le projet. Intitulé <strong>Let the Right One In</strong> pour le public l&rsquo;international, <strong>Morse</strong> fait rapidement le tour du monde par le biais des festivals, provoquant un buzz et raflant au passage un grand nombre de prix, à Fantasia comme à Sitges ou encore à Neûchatel. Un engouement amplement mérité pour un film qui sort véritablement de l&rsquo;ordinaire.</p>
<p>On l&rsquo;aura compris dès les premières images, <strong>Morse</strong> n&rsquo;est pas un film de vampires comme les autres. Pas plus qu&rsquo;il ne ressemble à aucun drame psychologique ou aucune romance vue auparavant. Inclassable, l&rsquo;oeuvre de Tomas Alfredson repose sur un pari risqué, celui de confronter une esthétique très sobre de film d&rsquo;auteur avec les codes d&rsquo;un mythe directement issu d&rsquo;un cinéma d&rsquo;horreur dans la veine populaire et habituellement propice à tous les excès. Un parti pris original qui ne fait pas pour autant de <strong>Morse</strong> un monument de glauque à la manière de <strong>La Sagesse des Crocodiles</strong>. Car en dépit des meurtres qui se succèdent dans l&rsquo;univers glacial de cette petite banlieue de Stockholm,<strong> Morse</strong> est aussi un film empreint d&rsquo;une grande puissance émotionnelle.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-205" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/lettherightonein_03.jpg" alt="" width="1741" height="1275" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/lettherightonein_03.jpg 1741w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/lettherightonein_03-300x220.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/lettherightonein_03-768x562.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/lettherightonein_03-1024x750.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/lettherightonein_03-1140x835.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1741px) 100vw, 1741px" /></p>
<p>Ce qui rend l&rsquo;expérience aussi forte, c&rsquo;est certainement le choix de son point de vue. C&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;Oskar (Kåre Hedebrant), un enfant solitaire de 12 ans qui rencontre des difficultés à communiquer avec sa mère et qui subit au quotidien des persécutions de la part de ses camarades de classe.</p>
<p>La première partie du film est imprégnée d&rsquo;une pénétrante monotonie et d&rsquo;une indicible tristesse, celle d&rsquo;un enfant dont la vie n&rsquo;offre aucune perspective. Habitué à encaisser les coups sans rien dire, défoulant au couteau son agressivité latente sur des victimes imaginaires, Oskar se trouve bloqué dans cette période floue et douloureuse de transition entre l&rsquo;enfance et l&rsquo;adolescence. Mais l&rsquo;arrivée d&rsquo;Eli (Lina Leandersson) dans l&rsquo;appartement voisin va bouleverser son monde. Avec cette fille étrange qui semble frappée par une cruelle malédiction va se créer un lien, une amitié qui va progressivement l&rsquo;aider à relever la tête.</p>
<p><strong>Morse</strong> fait partie de ces films à la fois dépaysants et universels qui, par les moyens les plus inattendus, notamment ce mélange de genres inhabituel, éveille des sentiments familiers. Une sorte de nostalgie de l&rsquo;enfance, à la fois mélancolique et réconfortante, qui s&rsquo;insinue peu à peu.</p>
<p>Offrant différents niveaux de lecture puisque les événements extérieurs peuvent être mis en relation avec le parcours intérieur d&rsquo;Oskar, <strong>Morse</strong> émeut avant tout par son histoire d&rsquo;amour, d&rsquo;une innocence qui tient tout autant à l&rsquo;âge des personnages qu&rsquo;à la simplicité de leurs échanges. Là où une production hollywoodienne se serait complu dans une romance aseptisée (une pensée furtive pour <a href="https://lesecransdelodie.com/twilight-episode-1-mon-avis-mitige/" rel="noopener"><strong>Twilight</strong></a>, qui part d&rsquo;un postulat similaire, la poésie en moins), Alfredson ne recherche nullement l&rsquo;effet lyrique, encore moins la pose, et préfère travailler subtilement ses cadrages et son ambiance sonore, collant au plus près des émotions d&rsquo;Oskar et d&rsquo;Eli avec une pudeur et une sensibilité à fleur de peau.</p>
<p>Interprétées avec naturel par les deux jeunes comédiens (mention à Lina Leandersson, très douée), les scènes intimistes partagées par les deux enfants sont traversées par des sentiments très purs et entrent en contraste de manière saisissante avec la rudesse de l&rsquo;environnement enneigé qui les entoure, avec la misère affective qui semble régner dans le monde des adultes.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-207" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/lettherightonein_05.jpg" alt="" width="2345" height="1510" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/lettherightonein_05.jpg 2345w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/lettherightonein_05-300x193.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/lettherightonein_05-768x495.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/lettherightonein_05-1024x659.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/lettherightonein_05-1140x734.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2345px) 100vw, 2345px" /></p>
<p>Le choix d&rsquo;une identité visuelle reposant sur une palette de tons peu étendue et d&rsquo;une mise en scène tout en retenue, dont aucun élément ne paraît avoir été choisi au hasard, confère un véritable impact à la moindre effusion de sang. Certaines séquences de <strong>Morse</strong> s&rsquo;avèrent impressionnantes alors qu&rsquo;elles reposent sur très peu de choses, si ce n&rsquo;est des maquillages et des effets spéciaux quasi invisibles. Preuve qu&rsquo;il n&rsquo;est nul besoin d&rsquo;en faire des tonnes avec des moyens tape-à-l’œil pour frapper les esprits. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des attaques des victimes se déroulant presque toujours devant témoin, de la séquence de combustion spontanée remarquablement réalisée, ou même d&rsquo;un simple coup de bâton reçu par un enfant et filmé en plan large, jamais l&rsquo;intrusion de la barbarie ne paraît anodine.</p>
<p>La violence sourde rencontrée au quotidien par Oskar se superpose de manière très signifiante à celle, beaucoup plus explicite et très métaphorique, des meurtres sauvages perpétués par le vampire, dont le caractère bestial est appuyé par des jeux subtils sur les effets sonores (respiration animale, bruits de succion).</p>
<p>Sur le plan du rythme, <strong>Morse</strong> comporte bien une ou deux petites faiblesses, paradoxalement dues à des coupes trop précipitées à la fin de certaines séquences. Un défaut négligeable comparé à l&rsquo;émotion qui se dégage de cette histoire singulière, une émotion précieuse qui vous hante et vous tenaille durablement. Véritable claque, <strong>Morse</strong> risque fort de faire une petite révolution dans l&rsquo;approche du thriller horrifique, en plus de révéler un réalisateur avec lequel il va falloir compter dans les prochaines années.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<p><em>Article publié sur <a href="https://cinema.jeuxactu.com/critique-cinema-morse-let-the-right-one-in-4594.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Filmsactu.com</a> le 28 novembre 2008.</em></p>
<blockquote><p><strong>&gt;&gt; A LIRE &#8211; <a href="https://lesecransdelodie.com/the-children-la-terreur-enfantine-qui-gache-les-vacances/">The Children : la terreur enfantine qui gâche vos vacances</a></strong></p></blockquote>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://lesecransdelodie.com/morse-de-tomas-alfredson-vampires-suedois/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">202</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Cold Prey : coups de hache dans les grands froids</title>
		<link>https://lesecransdelodie.com/cold-prey-coups-de-hache-dans-les-grands-froids/</link>
					<comments>https://lesecransdelodie.com/cold-prey-coups-de-hache-dans-les-grands-froids/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Aug 2019 14:07:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma européen]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques Ciné]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lesecransdelodie.com/?p=224</guid>

					<description><![CDATA[Ce sympathique slasher norvégien a contribué à attirer l’attention des amateurs de films d’horreur sur le cinéma scandinave. Critique de COLD PREY Gros succès au box-office norvégien, Cold Prey a fait le tour des festivals et fait indéniablement partie des films qui ont déclenché le petit effet de mode actuel autour du cinéma d&#8217;horreur scandinave.&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-227" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_01.jpg" alt="" width="1360" height="785" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_01.jpg 1360w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_01-300x173.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_01-1024x591.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_01-768x443.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_01-1140x658.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1360px) 100vw, 1360px" /></p>
<p><strong>Ce sympathique slasher norvégien a contribué à attirer l’attention des amateurs de films d’horreur sur le cinéma scandinave.</strong></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Critique de COLD PREY</strong></h2>
<p>Gros succès au box-office norvégien, <strong>Cold Prey</strong> a fait le tour des festivals et fait indéniablement partie des films qui ont déclenché le petit effet de mode actuel autour du cinéma d&rsquo;horreur scandinave. Pourtant, le synopsis laisse présager d&rsquo;un <i>slasher</i> des plus classiques : une bande de jeunes se rend au sommet d&rsquo;une montagne isolée pour faire une partie de snowboard, mais l&rsquo;un d&rsquo;entre eux se casse la jambe et le groupe se voit contraint de se réfugier dans un chalet laissé à l&rsquo;abandon.</p>
<p>On l&rsquo;aura compris, les lieux n&rsquo;ont pas été totalement désertés puisqu&rsquo;un tueur rôde dans les environs, bien décidé à punir les intrus d&rsquo;avoir pénétré son territoire. Si le pitch pourrait ressembler à celui du énième remake de <strong>Vendredi 13</strong>, Roar Uthaug ne puise pas ses inspirations dans les <i>slashers</i> actuels mais plutôt dans le cinéma d&rsquo;horreur des années 70, celui qui savait prendre le temps d&rsquo;installer son atmosphère avant de faire intervenir l&rsquo;action à grands coups de hache.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-232" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_06.jpg" alt="" width="1400" height="828" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_06.jpg 1400w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_06-300x177.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_06-768x454.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_06-1024x606.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_06-1140x674.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1400px) 100vw, 1400px" /></p>
<p>Les coups de hache ou autres ustensiles tranchants auront bel et bien lieu – et ils seront méchants – mais pas avant que le spectateur n&rsquo;ait fait connaissance avec des personnages un peu moins clichés que prévu (la morale puritaine, toujours sous-jacente dans les productions américaines, est en général absente des films d’horreur scandinaves) et interprété avec grand naturel par les comédiens. Le suspense n&rsquo;en devient que plus fort puisque l&rsquo;éradication progressive de cette bande de jeunes inoffensifs conserve une portée tragique tout au long du film, chacune des mises a mort atteignant un degré de violence assez viscérale sans jamais que le regard porté sur les événements ne verse dans le cynisme.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-230" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_04.jpg" alt="" width="1400" height="828" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_04.jpg 1400w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_04-300x177.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_04-768x454.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_04-1024x606.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_04-1140x674.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1400px) 100vw, 1400px" /></p>
<p><strong>Cold Prey</strong> exploite de manière plutôt inspirée les superbes montagnes enneigées qui cernent les personnages, et dont l&rsquo;immensité tranche avec le caractère claustrophobe des décors intérieurs afin d&rsquo;accentuer la sensation d&rsquo;isolement. Roar Uthaug ancre ainsi son histoire dans un univers visuel bien défini appuyé par une esthétique arborant des tons presque monochromes dès lors que les jeunes gens se retrouvent plongés dans l&rsquo;horreur. Parmi ces derniers, l&rsquo;héroïne est incarnée par Ingrid Bolsø Berdal, révélation du film, et qui côtoie l&rsquo;actrice Viktoria Winge, vue dans <strong>Nouvelle Donne</strong>. Témoignant d&rsquo;un vrai savoir-faire, <strong>Cold Prey</strong> s&rsquo;impose comme l&rsquo;une des meilleures incursions dans le genre que la Norvège nous ait délivrés jusqu&rsquo;à présent.</p>
<p>Cold Prey renvoie davantage au cinéma d&rsquo;horreur des années 70 qu&rsquo;aux <i>slashers</i> actuels et prend le temps de planter son décor et son atmosphère avant de laisser entrer l&rsquo;horreur par la grande porte. L&rsquo;efficacité de la mise en scène et le naturel des comédiens (Ingrid Bolsø Berdal, parfaite) font de <strong>Cold Prey </strong>une virée cauchemardesque bien emballée, la violence et les mises à mort atteignant parfois un degré assez viscéral. Rien de révolutionnaire dans ce film d&rsquo;horreur sans prétention, juste une incursion réussie dans un genre qui se complait trop souvent dans la paresse. Retrouvez ci-dessous la critique du film et celle de sa suite, <strong>Cold Prey II</strong>.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-228" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_02.jpg" alt="" width="2362" height="1397" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_02.jpg 2362w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_02-300x177.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_02-768x454.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_02-1024x606.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_02-1140x674.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2362px) 100vw, 2362px" /><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-229" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_03.jpg" alt="" width="2362" height="1397" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_03.jpg 2362w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_03-300x177.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_03-768x454.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_03-1024x606.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey_03-1140x674.jpg 1140w" sizes="(max-width: 2362px) 100vw, 2362px" /></p>
<h2 style="text-align: justify;"><strong>Critique de COLD PREY II</strong></h2>
<p>Fort de son succès au box-office et de sa diffusion à l&rsquo;international, <strong>Cold Prey</strong> a engendré une suite deux ans plus tard, <strong>Cold Prey II</strong>, sortie sur les écrans norvégiens en octobre 2008 et projetée en France au Festival de Gérardmer. Réalisateur du premier et producteur de celui-ci, Roar Uthaug passe la main à Mats Stenberg qui délivre une production efficace mais loin d&rsquo;atteindre le niveau de son prédécesseur, que ce soit en termes d&rsquo;écriture, de mise en scène ou de soin visuel. Du réchauffé parsemé de situations convenues même si l&rsquo;expérience demeure divertissante.<br />
<strong>Elodie Leroy</strong></p>
<p><em>Article publié sur <a href="http://cinema.jeuxactu.com/critiques-direct-to-video-cold-prey-8372.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Filmsactu.com</a> le 5 janvier 2010</em></p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-233" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey2_01.jpg" alt="" width="1600" height="1001" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey2_01.jpg 1600w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey2_01-300x188.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey2_01-768x480.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey2_01-1024x641.jpg 1024w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/09/coldprey2_01-1140x713.jpg 1140w" sizes="(max-width: 1600px) 100vw, 1600px" /></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://lesecransdelodie.com/cold-prey-coups-de-hache-dans-les-grands-froids/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">224</post-id>	</item>
		<item>
		<title>Les Contes de la Nuit, de Michel Ocelot : critique</title>
		<link>https://lesecransdelodie.com/critique-les-contes-de-la-nuit-michel-ocelot/</link>
					<comments>https://lesecransdelodie.com/critique-les-contes-de-la-nuit-michel-ocelot/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Aug 2019 21:20:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma européen]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques Ciné]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lesecransdelodie.com/?p=156</guid>

					<description><![CDATA[Véritable festival de couleurs chatoyantes et détails somptueux, Les Contes de la Nuit réunit de cinq courts métrages revisitant des légendes traditionnelles d&#8217;origines géographiques variées. La sortie d&#8217;un long métrage de Michel Ocelot est toujours un événement. Pour les enfants mais aussi pour tous les amoureux de cinéma d&#8217;animation qui se respectent, ou même les&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Véritable festival de couleurs chatoyantes et détails somptueux, Les Contes de la Nuit réunit de cinq courts métrages revisitant des légendes traditionnelles d&rsquo;origines géographiques variées.</strong></p>
<p>La sortie d&rsquo;un long métrage de Michel Ocelot est toujours un événement. Pour les enfants mais aussi pour tous les amoureux de cinéma d&rsquo;animation qui se respectent, ou même les amateurs de contes quelque soit leur âge.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-171 size-full" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_imgune.jpg" alt="Critique du film Les Contes de la Nuit" width="800" height="450" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_imgune.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_imgune-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_imgune-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><br />
Avec les chefs d&rsquo;œuvres que sont <strong>Kirikou </strong>et sa suite<strong> Kirikou et les Bêtes Sauvages</strong>, mais aussi <strong>Azur et Asmar</strong>, Michel Ocelot fait partie, aux côtés de Sylvain Chomet (<strong>L&rsquo;Illusionniste</strong>), des auteurs qui ont su apporter un nouveau souffle à l&rsquo;animation française en employant à bon escient les techniques modernes, tout en conservant une délicieuse touche traditionnelle et un style très affirmé. Des auteurs qui ont aussi su résister au formatage des productions d&rsquo;Outre-Atlantique et respecter l&rsquo;esprit du cinéma d&rsquo;animation français, qui a toujours mis en avant de véritables personnalités artistiques.</p>
<p>Avec <strong>Les Contes de la Nuit</strong>, Michel Ocelot se livre à de nouvelles expérimentations graphiques en s&rsquo;essayant à la 3D et revisite par la même occasion cinq contes traditionnels d&rsquo;origines géographiques variées. Si pour des raisons thématiques le film ne nous a pas autant convaincus que ses précédents, Michel Ocelot signe une fois de plus une œuvre pleine de magie et visuellement magnifique.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-167 size-full" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_03.jpg" alt="Les Contes de la Nuit de Michel Ocelot" width="800" height="461" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_03.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_03-300x173.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_03-768x443.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><br />
Dans un vieux cinéma, une fille, un garçon et un vieux technicien se retrouvent chaque soir pour créer des dessins, fabriquer des costumes et inventer des histoires pour les jouer. Véritable promesse de poésie jouant sur la mise en abyme, le décor qui ressemble à un vieux théâtre abandonné fait tout simplement rêver, cependant que les personnages élaborent leurs pièces sous l&rsquo;œil observateur d&rsquo;une chouette dont le hululement lancera chacune des histoires de princes et de princesses.</p>
<p>N&rsquo;ayons pas peur des mots, le graphisme des <strong>Contes de la Nuit </strong>est tout simplement sublime, avec ses couleurs chatoyantes, ses personnages en ombre chinoise dont seuls les yeux ressortent avec une grâce  folle, ses décors somptueux aux feuillages minutieusement dessinés (une véritable marque de fabrique chez Ocelot qui fascine toujours autant). Avec de tels partis pris graphiques, on se demandait comment Michel Ocelot allait introduire la 3D, censée mettre en valeur les volumes.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-166" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_02.jpg" alt="" width="800" height="450" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_02.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_02-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_02-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><br />
C&rsquo;est toute la subtilité visuelle du film : la 3D différencie les plans du décor pour lui apporter un relief tout particulier sans jamais trahir les effets d&rsquo;aplats auxquels l&rsquo;auteur nous avait habitués. Une manière aussi belle qu&rsquo;originale d&rsquo;utiliser le procédé, que l&rsquo;on doit en l&rsquo;occurrence à Mac Guff Films, studio auquel l&rsquo;auteur avait déjà fait appel pour <strong>Azur et Asmar</strong> et qui œuvre également pour des productions hollywoodiennes (<strong>Moi, Moche et Méchant</strong>).</p>
<p>C&rsquo;est étrangement sur le fond que <strong>Les Contes de la Nuit</strong> révèle quelques faiblesses. Si l&rsquo;on est séduit de manière inconditionnelle par <em>Le Garçon Tamtam</em>, nouvelle déclaration d&rsquo;amour de l&rsquo;auteur au continent africain, ou encore par <em>La Fille-Biche et le Fils de l&rsquo;Architecte</em>, on reste cependant dubitatif sur la morale du<em> Garçon qui ne mentait jamais</em>, dont la noirceur extrême constitue une prise de risque appréciable et s&rsquo;allie à une réelle émotion mais laisse finalement la place à un dénouement des plus perturbants.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-169" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_05.jpg" alt="" width="800" height="450" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_05.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_05-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_05-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><br />
D&rsquo;autre part, le principe de répétition parlera indéniablement au jeune public, mais les traits communs entre les histoires – un garçon innocent sauve une princesse – misent tout de même sur des clichés légèrement éculés. De la part de Michel Ocelot, on s&rsquo;attendait à un contenu plus original, notamment à un traitement plus égalitaire entre le garçon et la fille, cette dernière se voyant systématiquement reléguée au second plan dans ces créations auxquelles elle est pourtant censée prendre une part active.</p>
<p>Au-delà de ce constat quelque peu dérangeant – on ne répétera jamais assez à quel point les schémas véhiculés dans les histoires pour enfants ont leur importance –, <strong>Les Contes de la Nuit </strong>effectue presque un sans faute sur le plan éducatif, en donnant comme il se doit la part belle à l&rsquo;imaginaire et au triomphe de l&rsquo;amour, du courage ou encore de l&rsquo;innocence face à la cruauté et aux préjugés.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<p><em>Article publié sur </em><a href="http://cinema.jeuxactu.com/critique-cinema-les-contes-de-la-nuit-3d-14022.htm"><em>Filmsactu.com</em></a><em> le 13 avril 2011</em></p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-170" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_06.jpg" alt="" width="800" height="450" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_06.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_06-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_06-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-168" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_04.jpg" alt="" width="800" height="450" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_04.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_04-300x169.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_04-768x432.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-165 size-full" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_01.jpg" alt="Les Contes de la Nuit" width="800" height="1084" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_01.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_01-221x300.jpg 221w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_01-768x1041.jpg 768w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/contes-de-la-nuit_01-756x1024.jpg 756w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://lesecransdelodie.com/critique-les-contes-de-la-nuit-michel-ocelot/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">156</post-id>	</item>
		<item>
		<title>The Prodigies : de la SF, de la 3D&#8230; et c&#8217;est français !</title>
		<link>https://lesecransdelodie.com/the-prodigies-de-la-sf-de-la-3d-et-cest-francais/</link>
					<comments>https://lesecransdelodie.com/the-prodigies-de-la-sf-de-la-3d-et-cest-francais/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elodie Leroy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Aug 2019 20:50:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma européen]]></category>
		<category><![CDATA[Critiques Ciné]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://lesecransdelodie.com/?p=146</guid>

					<description><![CDATA[Véritable OVNI dans le cinéma hexagonal, le film d&#8217;animation français The Prodigies se frotte aux productions Pixar, aux classiques de Robert Zemeckis et aux films d’anticipation japonais. Le film qui n&#8217;est pas exempt de quelques maladresses, notamment un développement des personnages un peu sommaire, mais surprend par son audace et ses qualités formelles dans un&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Véritable OVNI dans le cinéma hexagonal, le film d&rsquo;animation français The Prodigies se frotte aux productions Pixar, aux classiques de Robert Zemeckis et aux films d’anticipation japonais. Le film qui n&rsquo;est pas exempt de quelques maladresses, notamment un développement des personnages un peu sommaire, mais surprend par son audace et ses qualités formelles dans un registre négligé par le cinéma français. Rien que pour cette raison, il ne faut pas manquer The Prodigies.</strong></p>
<p>On s’étonne encore que la presse française n’ait pas davantage relayé l’événement ! Avec <strong>The Prodigies</strong>, le cinéma hexagonal joue dans la cours des grands : l’animation en <em>performance capture</em> et qui plus est en 3D relief. Deux territoires quasi monopolisés par Hollywood, un défi technique et artistique qui aura nécessité plus de trois ans de travail – et des financements en provenance de plusieurs pays d’Europe. Et un défi d’autant plus grand, pour le réalisateur Antoine Charreyron, que le film explore un genre injustement malaimé en France, celui de la science-fiction pour adultes. La prise de risque est énorme.</p>
<p>Le film parvient-il à égaler les productions 3D de haute volée façon Pixar et les films d’animation SF visionnaire à la japonaise ? Pas tout à fait. Mais ses immenses qualités méritent le détour et laisse présager du meilleur pour l’avenir du cinéma d’animation français. Le début d’une révolution ?</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-154" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-imgune.jpg" alt="" width="800" height="600" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-imgune.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-imgune-300x225.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-imgune-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><br />
Tout d’abord, qu’est-ce que la <em>performance capture</em> ? Il s’agit d’un procédé utilisé dans le jeu vidéo et consistant à capturer les mouvements d’acteurs réels pour les appliquer à des personnages virtuels. Au cinéma, le grand spécialiste n’est autre que Robert Zemeckis, avec <strong>Le Pôle Express</strong> (1,5 million d’entrées en France) mais aussi les excellents <strong>La Légende de Beowulf</strong> (environ 415 000 entrées en France) et <strong>Le Drôle de Noël de Scrooge </strong>(1,35 million d’entrées en France).</p>
<p>Deux ans après, nous avons eu <strong>Avatar</strong> de James Cameron (près de 15 millions d’entrées en France), qui utilisait le procédé pour ses Na’vis. Le très attendu <strong>Les Aventures de Tintin</strong>, réalisé par Steven Spielberg et produit par Peter Jackson, devrait apporter à la fin de l’année une pierre non négligeable à l’édifice.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-148" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-01.jpg" alt="" width="800" height="500" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-01.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-01-300x188.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-01-768x480.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><br />
En France, les débuts sont plus timides. Christian Volckman utilisait cette technique en 2006 avec <strong>Renaissance</strong> dont les scores au box-office se sont avérés décevants (à peine plus de 200 000 entrées). Cumulant seulement 126 000 entrées au bout de ses deux premières semaines d’exploitation, <strong>The Prodigies</strong> prend le même chemin. Le public français ne s’intéresserait-il aux avancées techniques que si elles sont américaines ? Une chose est sûre, il passe à côté d’un événement.</p>
<p>Comme par hasard, on retrouve au générique de <strong>The Prodigies</strong> les mêmes scénaristes que dans <strong>Renaissance</strong> : Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte. C’est ce qui s’appelle de la persévérance : <strong>Renaissance</strong> osait déjà jouer la carte du polar futuriste alors même que la SF n’a pas le vent en poupe dans notre cinéma, encore engoncé dans une dichotomie opposant les genres « nobles » (le drame social ou psychologique, la comédie de mœurs, etc.) à d’autres considérés comme mineurs (le fantastique, la SF, l’horreur).</p>
<p>Pourtant, si notre cinéma ne brille pas la présence d’une véritable culture de la SF, la littérature de science-fiction française, elle, existe bel et bien. Et en attendant que quelqu’un veuille bien porter à l’écran l’œuvre de Pierre Bordage avec un film digne de ce nom, <strong>The Prodigies</strong> est en l’occurrence l’adaptation d’un roman culte du Français Bernard Lentéric, <em><strong>La Nuit des Enfants Rois</strong></em> (1981).</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-150" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-03.jpg" alt="" width="800" height="500" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-03.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-03-300x188.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-03-768x480.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><br />
Bonne nouvelle, <strong>The Prodigies</strong> affiche dès la toute première séquence une très nette intention de s’adresser à un public adulte, à travers une entrée en matière choc au cours de laquelle Jimbo, un enfant génie de l’informatique et détenteur d’un étrange pouvoir, se retrouve impliqué dans une scène de maltraitance domestique d’une brutalité inouïe.  Le ton est donné : le film sera noir, très noir. Il sera pour ainsi dire parsemé de séquences de violences plutôt gratinées (viols, meurtres sanglants, etc.) mais jamais gratuites puisqu’elles viendront servir le développement du personnage principal.</p>
<p>Or une fois devenu adulte, ce dernier découvre l’existence de cinq adolescents surdoués possédant le même pouvoir que lui : contrôler les corps des autres. Le problème, c’est qu’en plus d’être des génies, ces ados ont sacrément la rage puisqu’ils trainent derrière eux un passé affectif ayant de quoi les rendre quelque peu misanthropes. Donnez une arme à un être humain qui encaisse la violence des autres, et les conséquences peuvent rapidement virer à la catastrophe…</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-153" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-06.jpg" alt="" width="800" height="426" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-06.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-06-300x160.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-06-768x409.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><br />
Imaginez cinq Tetsuo lâchés dans la nature… Cette référence au mythique <strong>Akira</strong> (1988) n’a rien d’un hasard : on sent planer l’ombre tutélaire du film culte de Katsuhiro Otomo dans les personnages des adolescents mais aussi à plusieurs reprises dans le traitement graphique de l’univers urbain de <strong>The Prodigies</strong>, dont l’essentiel de l’action se situe dans un New York envahi par les images publicitaires. D’abord anonymes, les enfants prodiges seront projetés du jour au lendemain sous les feux des projecteurs à l’occasion d’un jeu ultra médiatisé censé déboucher sur une finale les confrontant dans une ultime épreuve à la Maison Blanche.</p>
<p>Seulement voilà, suite à l’agression sexuelle de l’une d’entre eux à Central Park, ils disjonctent littéralement et entreprennent non seulement de se venger des agresseurs mais aussi de la Terre entière. De quoi donner du fil à retordre à Jimbo, jeune homme sur le point d’être père de famille et qui a déjà maille à partir avec ses propres démons.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-149" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-02.jpg" alt="" width="800" height="433" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-02.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-02-300x162.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-02-768x416.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><br />
Le mystère qui entoure la mort de ses parents constitue à ce titre l’un des moteurs du récit et se voit éclairci pas à pas grâce à des procédés narratifs originaux voyant réalité et souvenir se côtoyer à l’image, dans une sorte de délire schizophrénique savamment mis en scène par un Antoine Charreyron qui a visiblement décidé d’en finir avec le statisme habituel des productions françaises.</p>
<p>Là où le bât blesse, c’est dans la manière dont le scénario tente de résoudre l’escalade de violence orchestré par les garnements. Si les deux premiers tiers se distinguent par une grande fluidité narrative, <strong>The Prodigies</strong> souffre malheureusement du défaut qui caractérise la plupart des films de genre français, à savoir la difficulté à dégager de véritables thématiques de fond (<strong>Kaena</strong> et <strong>Dante 01</strong>, même combat). La ville apparait certes comme un décor organique et cannibal qui engendre des monstres mais la réflexion ne va guère plus loin, de même que le thème de la sur-médiatisation demeure sous-exploité.</p>
<p>Si les design des adolescents, qui repose sur un casting très « United Colors of Benetton », s’avère être une belle réussite graphique, il est dommage que leur psychologie individuelle reste sommaire, surtout qu’ils traversent la période ô combien difficile et passionnante de l’adolescence. Les scénaristes se rattrapent quelque peu avec un semblant de psychologie de groupe et surtout la relation amour/haine des ados avec Jimbo, comme s’il représentait la part de lui-même qu’il avait refoulée.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-152" src="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-05.jpg" alt="" width="800" height="428" srcset="https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-05.jpg 800w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-05-300x161.jpg 300w, https://lesecransdelodie.com/wp-content/uploads/2019/08/the-prodigies-05-768x411.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><br />
Malgré ses défauts, parmi lesquels un final peu crédible à la Maison Blanche (où l’on rentre visiblement comme dans un moulin), <strong>The Prodigies</strong> parvient à maintenir une atmosphère tendue jusqu’au bout, et même à émouvoir à plusieurs reprises grâce à un développement réussi de Jimbo (très bon Matthieu Kassovitz au doublage). Mais ce sont surtout ses trouvailles visuelles qui  font pencher la balance. Le traitement de l’action s’avère tout simplement brillant, dans les séquences inquiétantes de meurtre comme dans les fusillades. Mention à la séquence où des cadavres de militaires se relèvent pour charger dans une sorte de ballet désarticulé sur fond de fusillade – tout simplement jouissif.</p>
<p>Antoine Charreyron n’atteint pas les hauteurs philosophiques d’un <strong>Akira</strong> ou d’un <strong>Ghost in the Shell</strong>, mais il n’en signe pas moins une œuvre techniquement bluffante et artistiquement inspirée. On s’étonne presque que ce soit français…</p>
<p>Alors mettez vite vos lunettes 3D : <strong>The Prodigies</strong> est une vraie tuerie visuelle et un événement technique dans le cinéma hexagonal.</p>
<p><strong>Elodie Leroy</strong></p>
<p><em>Article publié le 8 juillet 2011 sur </em><a href="https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/the-prodigies-de-la-sf-en-3d-et-c-97235"><em>Agoravox.fr</em></a></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://lesecransdelodie.com/the-prodigies-de-la-sf-de-la-3d-et-cest-francais/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<post-id xmlns="com-wordpress:feed-additions:1">146</post-id>	</item>
	</channel>
</rss>
